‹ Histoire des plantesChapitre 3 sur 114 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

lieux découverts, tandis qu'au milieu des forêts vierges une masse serrée de végétaux de tout ordre s’entrelace en formant un impénétrable réseau.

Au fond des mers, des Algues, aux mille couleurs, cachent sous les vagues leurs rubans onduleux et l’enchevètrement de leur délicat feuillage.

Dans les fleuves et les rivières vit une autre population d’herbages, qui se dérobe à nos yeux, tandis que des nappes de verdure, les Nymphea, les Lemna, les Victoria reqgia, s’étalent mollement à la surface des eaux.

Voilà un tableau fort abrégé des spectacles divers que présente la végétation dans les différents lieux du globe.

C’est peut-être un élan de reconnaissance pour le divin auteur de tant de merveilles, qui fait naître en nos âmes l’involontaire et puissante sympathie que les plantes nous inspirent. Personne, en effet, ne saurait rester indifférent à l’aspect des tableaux que la végétation étale à nos yeux. Une plante, une fleur détachée de sa tige, suffisent pour remuer notre cœur, pour nous rappeler le sol natal, les joies évanouies ou les affections perdues. Nous comprenons le transport de sentiments qui fait que le sauvage arraché des bords de l'Orénoque embrasse en pleurant l’arbre de son pays qu'il retrouve sur un sol étranger, et Les larmes qui coulaient des yeux de J. J. Rousseau à la seule vue d’une Pervenche.

Par suite de cette sympathie naturelle, l’homme a toujours demandé aux plantes les symboles divers de ses sentiments et de ses affections. Chez tous les peuples, des tresses de feuillage couronnent le front du vainqueur, ou récompensent la vertu. De frais bouquets, des guirlandes gracieuses, président aux fètes qui marquent les époques heureuses de notre vie. Pendant les heureux jours des fleurs ont orné notre berceau, et elles couvriront notre tombe, Des guirlandes de feuilles et de fleurs ont embelli nos demeures; de noirs Cyprès ombrageront notre dernier asile.

Il ne faut donc pas être surpris que l’étude des plantes soit aussi ancienne que la civilisation. Les livres sacrés nous parlent d’une foule de plantes qui étaient cultivées ou révérées

Page 1