X INTRODUCTION
par les premiers hommes. Les anciens potes en ont tracé de gracieux tableaux ; Homère les a chantées sur sa lyre. Combien d’autres ont célébré dans leurs vers le plaisir des champs, le charme des ombrages ou les vertus des plantes ! Hésiode, Théocrite, Lucrèce, Virgile, Florace, Ovide, Tibulle, Claudien, les ont décrites tour à tour. Dans la littérature moderne, les plantes ont souvent inspiré le génie des poètes, qui se sont plu à en tracer les plus séduisantes peintures. Citons en exemple, le Tasse, l’Arioste, Métastase, Darwin, Pope, Thomson, Gessner, Rapin, Saint-Lambert, Parny, Delille, Roucher, Castel, J. J. Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre, et de nos jours, Lamartine et Victor Hugo.
Les plantes fournissent à tous les âges de la vie des distractions agréables ou des enseignements utiles.
L'enfance aime les fleurs; elle se plaît à les rechercher. Les fleurs font dans le jeune âge le charme des promenades champêtres; elles éveillent nos premières sensations. Nous saluons celles qui se rencontrent sous nos premiers pas, car notre cœur nous dit qu’elles ne sauraient nous être indifférentes. RÉ
Ce goût, naturel à l'enfance, ne s’affaiblit point dans la jeunesse. La simple culture d’un jardin procure au jeune homme des plaisirs sans cesse renaissants, et la jeune fille se plaît à retracer de son pinceau les formes capricieuses et le brillant coloris des fleurs.
Ces pures et délicates jouissances ne s’évanouissent pas à l’âge mûr, comme les amusements stériles de la jeunesse. Elles prennent, à l’âge de raison, une direction plus sérieuse. Pour peu que nous ayons porté notre altention sur le spectacle de la nature, ces productions que nous avons considérées dans le jeune âge, isolément et sans but particulier, nous offrent plus tard un intérêt que nous n’avions pas soupçonné. La végétation, prise dans son ensemble, revêt un caractère tout particulier de grandeur, qui nous étonne. Nous apprenons à considérer les plantes dans leur généralité. Leurs harmonies naturelles, leurs rapports avec le reste des êtres vivants, leur commune origine, tout nous conduit à l’idée d’un Dieu