RÉCEPTACLE
Le calice, la corolle, les étamines, les pistils, s'insèrent sur l'extrémité du pédoncule floral, qui porte le nom de réceptacle.
La forme du réceptacle est très variable, Dans les Renoncules ilest conique: le calice, la corolle, les étamines et le pistil s’insèrent et s'étagent successivement sur ses flancs, ces derniers organes occupant jusqu’à son sommet. Dans le Myosurus (fig. 217), le réceptacle de la fleur s’allonge tellement qu'il ressemble à un petit épi dont les fleurs seraient les carpelles. Comme dans ces circonstances les élamines sont insérées au-dessous des pistils, on dit que les étamines sont Aypogynes.
Dans l’Abricotier, le Pêcher (fig.
218), le réceptacle de la fleur a la forme d’une coupe, au fond de laquelle se trouve lepistil, tandisque la corolle et les étamines s’insèrentsur ses bords. Les étamines alors entourent le pistil, et sont dites périgynes.
Dans la Rose (fig. 219), le récep- A tacle se creuse tellement qu'il prend
, nn = Ja forme d'une bouteille, dont le
fond est occupé par les carpelles et sur les bords supérieurs de laquelle s’insèrent les sépales, les pétales et les étamines. Celles-ci sont encore périgynes.
Fig. 218. es Fig. 219.
Réceptacle de Là Fleur de Pécher. Réceptacle de la Fleur de la Rose pinpinella.
Dans tous les exemples que nous avons cités jusqu'ici, le pistil ne contracte aucune adhérence avec le réceptacle. Aussi dans tous ces cas, dans celui même où le réceptacle est creusé en bouteille, l'ovaire est Zbre, ou supère. Mais il n’en est pas toujours
FRUIT. 189 ainsi. Le réceptacle creusé en coupe se soude asssez fréquemment avec la partie ovarienne des carpelles qu'il renferme, et cette soudure se fait plus ou moins haut, de manière à présenter tous les degrés possibles, d’adhérence.
C'est ce qu’on voit dans la fleur des Saxifrayes (fig. 220), du Pommier du Néflier, des
Fig. 220. Ovaire adhérent. (Fleur de … Fig. 221. Ovaire adhérent. (Fleur de Saxifrage.) Fuchsia.)
Myrtes du Fuchsia (fig. 221). L'ovaire est dit alors adhérent.
Les fleurs n’ont qu’une existence éphémère. Après la fécondation, elles disparaissent ; l’ovaire, fécondé et grossi, persiste seul. Les débris flétris et désséchés de la corolle jonchent la terre ou sont emportés par les vents. Mais si la plante a perdu ce qui lui prêtait son élégante décoration, si elle n’a plus cette parure brillante qui attirait et charmait nos yeux, le spectacle qui reste a bien son intérêt. C’est une décoration nouvelle qui remplace la première, et nous n’avons pas beaucoup à regretter à ce changem: | de tableau. Aux blanches fleurs des Rosacées succèdent les jeunes fruits, aux teintes d’un vert engageant. En se dépouillant de leur corolle, les Sorbiers, les Néfliers, les Nerpruns, étalent des fruits d’un rouge écarlate. Aux fleurs parfumées des Orangers succèdent les pommes d’or des Hespérides; aux tendres corolles du Cerisier le globe empourpré de
la Cerise. La verdure de nos moissons séchées par le soleil de juillet fait place aux épis jaunissants, courbés sous le poids de leur fruit dur et corné. Comment ne pas admirer le tendre duvet de la Pêche, les globes énormes des Cucurbitacées, la chair épaisse et succulente de la savoureuse Prune, la substance nutritive des Légumineuses ou les grappes vermeilles de la Vigne, que dore L soleil d'automne? Si les fleurs éveillent en nous le sentiment du bonheur et de la joie, les fruits nous annoncent l'abondance et la richesse. L'homme contemple avec une juste satisfaction ce résultat, longtemps attendu, de ses soins et de ses travaux.
La fécondation des fleurs une fois opérée, la vie se concentre dans les ovules, ainsi que dans l'ovaire qui les renferme et les protège. Ces deux parties continuent à croître, et offrent bientôt de nouveaux caractères. L'ovule devient la graine, l'ovaire devient le péricarpe et leur ensemble constitue Le fruit. Le fruit est donc l'ovaire qui a müri, ou qui a noué, comme disent les jardiniers.
L'aspect du fruit n’est pas le même suivant que l'ovaire était libre ou adhérent. Dans le premier cas, le fruit n'offre à sa surface que la cicatrice du style, et quelquefois, à sa base, les restes du calice, de la corolle, de l’androcée. Dans le second cas, le fruit présente à sa surface, et près de son sommet, les restes ou les cicatrices d'insertion des sépales, des pétales, des étamines. C’est ainsi qu’une pomme, un coing, une groseille, qui résultent de la maturation d’un ovaire adhérent, sont munis d’un œil, qui manque complètement à la prune, à la cerise, à la pêche, parce que ces derniers fruits résultent de la maturation d’un ovaire libre.
« L'analogie des fruits avec les feuilles, dit Adrien de Jussieu, se montre dans leur nutrition aussi bien que dans leurs caractères extérieurs. Comme les feuilles, quoique à un degré plus faible, les fruits, verts sous l’action de la lumière, prennent dans l'air environnant de l'acide carbonique, en dégageant de l'oxygène ; la nuit, ils prennent de l'oxygène en dégageant de l'acide carbonique. Leur vie passe par les mêmes phases; leurs tissus, d’abord mous et riches en sucs, se solidifient graduellement, et, arrivés à une certaine période, commencent à se dessécher, à perdre la couleur verte, pour en prendre une autre, soit celle de feuille morte, soit des teintes différentes analogues à celles que certaines feuilles revè-
tent en automne ; et le péricarpe flétri continue à rester attaché à l'arbre ou tombe en se désarticulant. »
Les fruits peuvent se diviser en deux grandes sections : les fruits secs et les fruits charnus.
Fruits secs. — Parmi les fruits secs, il en est qui s'ouvrent, à la maturité, pour laisser échapper 1 graines; il en est, au contraire, qui restent toujours clos. De là la division des fruits secs en déluscents et indéhiscents.
Les fruits du Pessenlit, de la Chicorée, du Sarrasin, du Bleuet (fig. 222), de la Renoncule (fig. 223), sont secs et ne s'ouvrent
Fig. 222. Fig. 223. Fig. 224.
Akène de Bleuet. Akène de Renoncule. Samare de l'Orme. pas. La graine unique qu'ils contiennent n’adhère pas au péricarpe : on nomme ce genre de fruits akènes.
L'Orme a pour fruit un akène; seulement, comme il est entouré d’un repli membraneux en façon d’aile, on le nomme
Fig. 225. Samare de l'Érable. Fig. 226. Caryopse du Blé.
samare. La figure 224 représente le samare del eme, la figure 225 le samare de l’Érable.
Le fruit du Blé, de l’'Orge, de l’Avorne, etc., est, comme l’akène, sec et indéhiscent; mais la graine unique qu'il renferme adhère au pécicarpe, de manière à ne former qu'un seul corps avec lui : ce fruit s'appelle caryopse. La figure 226 représente le fruit,oule caryopse, du Blé, selon le terme nique,
Rs.
192 STRUCTURE ET FONCTIONS DES PLANTES. 8 Quede variété, dans la manière dont s’ouvrent les fruits secs! n es uns, composés d’un seul carpelle, s'ouvrent en deux valves, qui portent chacune un rang de graines sur un de leurs bords, telles sont les gousses du Pois, des Haricots (fig. 227), etc. Les autres se fendent longitudinalement d’un côté, et prennent, en s’étalant, la forme d’une feuille qui porterait des graines sur ses deux bords : c’est le follicule ; tel est celui de l’Aconit (fig. 228).
Fig. 221. Fig. 229. Fig. 230.
Gousse de Haricot. Pyxide de la Jusquiame. Silique de la Giroflée.
Il est des fruits secs qui s'ouvrent en deux parties par une fente horizontale circulaire, en sorte que la partie supérieure du fruit se détache comme un opercule. Ce genre de fruit sec se nomme pyxide ; on le voit dans le Mouwron rouge, la Jusquiame (fig. 229).
Chez d’autres, le péricarpe se détache en deux valves, qui mettent à nu, par leur chute, un châssis formé par les placentas garnis de leurs graines. Ce genre de fruit se nomme silique : tel est le fruit de la Géroflée (fig. 230).
Est-il rien de plus ingénieux que le mode de déhiscence de la capsule du Coguelicot ou du Pavot (fig. 231)? L'ouverture de ce fruit se fait par un certain nombre de petites valvules réfléchies, disposées en cercle au-dessous du sommet aplati du fruit. Ces graines y sont très nombreuses ; mais, grâce à l'élégante disposition que nous venons de rapporter, elles ne
» tombent, pour ainsi dire qu’une à une, lorsque le vent incline la capsule, qui forme ainsi une sorte de semoir naturel.
Fig. 231. Capsule Fig. 232. Capsule Fig. 233. Capsule ou fruit du Pavot. ou fruit de la Digitale. ou fruit de la Tulipe.
Le fruit de la Digitale (fig. 232), qui est aussi une capsule, s'ouvre en deux valves, par le décollement des cloisons, et chaque valve correspond à une carpelle (déhiscence septicide), La capsule de la Tulipe (fig. 233) s'ouvre en trois valves; chaque valve correspond à deux moitiés de carpelle, et porte une cloison sur son milieu (déhiscence /ocuhcide).
Dans quelques plantes la dispersion des graines est assurée par des moyens assez difficiles à expliquer. Tout le monde sait qu’il suffit de toucher le fruit des Balsamines pour que ses valves se roulent tout à coup sur elles-mêmes, et projettent les graines à une certaine distance. C’est cette propriété qui à fait d nner à l’une des espèces de la famille de ces plantes le nom d'Impatiente n’y touchez pas.
Le fruit capsulaire et ligneux du Sablier élastique (fig. 234), arbre américain de la famille des Euphorbiacées, est composé de 12 à 18 coques, qui, par la dessiccation, s'ouvrent subitement, par le dos, en deux valves et se détachent de l'axe avec une sorte de détonation. On a beau entourer un de ces fruits avec des fils de métal, la force de déformation est telle que les val-
Fig. 234. Fruit du Sablier élastique. Fig. 235. Fruit du Géranium. bec-de-grue.
es s’écartent encore l’une de l’autre. Enfin, pour prendre plus près de nous un dernier exemple, les graines des Géraniums, (fig. 235) sont enfermées dans de petites loges membraneuses, qui sont enchässées au bas d’un axe allongé et soutenues par un filet qui part du sommet de cet axe. A la maturité, ce filet se courbe en volute ou en spirale, et en soulève la loge, avec la graine qu'elle contient dans sa cavité. C’est ainsi que le fruit du Géranium bec de grue, qu'on rencontre à chaque instant aux environs de Paris, ressemble à une sorte de candélabre à cinq branches suspendues au sommet d’une colonne centrale.
Fruits charnus. — Quand le parenchyme des fruits prend un grand développement et qu’il se gonfle de liquides, le fruit devient charnu. L'homme tire de ce genre de fruits un si grand parti pour sa nourriture, qu'il a exclusivement appelé arbres fruitiers ceux qui fournissent ce produit végétal. D’après cétte singulière erreur, on croirait que l’Abricotier, le Pécher, etc, portent seuls des /ruits, et que tous les autres arbres en sont privés! Il y a ici un étrange désaccord entre la science et le Jangage vulgaire. ;
Le fruit charnu est coloré en vert dans les premières phases
de son développement. Il dégage alors, comme toutes les parties vertes des végétaux, de l’oxygène à la lumière solaire, et de l'acide carbonique pendant la nuit. Mais bientôt son volume augmente; il reçoit par son pédoncule l’eau et les substances minérales indispensables à son développement. C’est dans cette première période que les principes immédiats solubles prennent naissance; leur proportion s'accroît à mesure que le fruit se developpe. Ces corps solubles sont : le tannin, les acides organiques, qui varient suivant les différents fruits (acide malique, citrique, tartrique,etc.), le sucre, la gomme, la pectine, ete.
La formation de la pectine, substance qui compose les gelées des confitures de nos ménages, est due à la réaction des acides sur une matière insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, qui accompagne presque constamment la cellulose dans le tissu des végétaux.
Le sucre provient de la modification de certaines matières neutres, comme la gomme etl’amidon. En effet, l’amidon existe en grande quantité dans certains fruits verts,.et il en disparaît complètement au moment de la maturité. IL est donc extrêmement probable que c’est cet amidon qui se transforme en sucre (glucose) sous l'influence des acides. Le tannin lui-même, qui existe dans presque tous les fruits verts, et qu’on ne retrouve plus dans un fruit mûr, se transforme en glucose, sous l'influence des acides.
La disparition de l'acidité dans les fruits est le fait le plus curieux de la maturation. On à constaté que cette disparition n'est pas due à la saturation des acides par les bases minérales, que les acides ne sont pas simplement masqués par le sucre ou les matières mucilagineuses existant dans le fruit mùr, mais qu’ils sont vraiment détruits pendant la maturité. C’est les tannin qui disparaît le premier, puis viennent les acides, comme - les acides tartrique, oxalique, acétique, malique, etc.
Le moment où le tannin et les acides ont disparu est celui que l’on choisit, en général, pour manger les fruits. Si on attendait plus longtemps, le sucre lui-même disparaîtrait, et le fruit serait fade.
Vers l’époque de la maturité, les fruits exhalent de l’acide carbonique. Ils ne présentent plus, dès lors, aucun dégagement d'oxygène pendant le jour, et, comme toutes les parties non vertes des végétaux, ils respirent, à la façon des animaux.
Le fruit peut enfin subir un troisième ordre de modification : nous voulons parler du b/ésissement. Cette modification nouvelle a également pour effet de faire disparaître du fruit les principes immédiats qu'il renferme. Une Nèfle, par exemple, d'abord très acide et astringente, perd son acide et son tannin, et ne devient comestible que lorsqu'elle est Olette. Mais ce qui établit une grande différence entre la maturité et le blésissement d'un fruit, c’est que ce dernier étatse manifeste seulement lorsque, la peau du fruit-s’étant modifiée, l'air a pu pénétrer dans les cellules du péricarpe, les colorer en jaune et les détruire en partie.
Nous n'avons pas besoin de rappeler le rôle immense que jouent les fruits charnus dans la production des boissons alimentaires. Le jus du fruit de la vigne qui a subi la fermentation, nous donne le vin ; le jus fermenté de nombreuses variétés de Pommes et de Poires nous donne le cidre et le poiré.
C’est dans les fruits charnus que l’on distingue le plus aisément les trois parties constitutives du péricarpe, c’est-à-dire de cette partie du fruit qui forme les parois de l'ovaire. Ces trois parties sont, en allant de dehors en dedans : l'épicarpe (ëxi,audessus, zapxé, fruit), membrane épidermique plus ou moins épaisse, — le mésocarpe (uéses, milieu, xapés, fruit), qui constitue ordinairement la chair ou la pulpe des fruits, — et l’endocarpe (#3, en dedans, xxprés, fruit), qui forme souvent le noyau des fruits, mais dont la consistance varie, comme nous le verrons bientôt.
L'ovaire résultant de la transformation physiologique d'une feuille, et le fruit n’étant qu’un ovaire mûr, on peut considérer l’épicarpe et l’endocarpe comme représentant les deux épidermes de cette feuille, et le mésocarpe comme le parenchyme de cette
“feuille primitive.
Comment faut-il classer les fruits charnus?
La plupart des botanistes actuels n’admettent que deux classes de fruits charnus : les drupes et les bases. ".
La Pêche, la Cerise, la Prune, la Nèfle, la Cornouilifé so des drupes ; È Raisin, la Groseille, la Dares l'Orange, la Gre
nade, sont des bates.
Tous ces fruits sont plus ou moins charnus ou pulpeux. Is sont, de plus, éndéhiscents; mais il y a dans les drupes un ou plusieurs noyaux qui manquent dans les baes.
Jetons d’abord un coup d'œil sur les drupes.
Dans la Pêche, la Cerise et la Prune, qui résultent de la maturation d’un ovaire simple et supère, il est facile de distinguer trois parties : 1° une peau extérieure, plus ou moins épaisse, lisse ou veloutée, ou couverte d’une sécrétion cireuse, connue sous le nom de velouté : c'est l’épicarpe ; 2° une chair épaisse, pulpeuse, succulente : c’est le mésocarpe; 3° un noyau ligneux, lisse ou creusé d’anfractuosités profondes, qui constitue la chambre solide et protectrice de lagraine:
c'est l’endocarpe.
La figure 236, qui montre la forme du fruit de la Cerise, et la figure 237, donnant une coupe verticale du mème fruit, font voir les dispositions intérieures et extérieures de Fig. 236. Cerise. Fig. 231. Coupe d’une cette drupe. TE
Le fruit du Véflier résulte de la maturation d’un ovaireinfère,
composé, à 5 loges, soudé avec une enveloppe extérieure, que l’on considère comme une expansion du réceptacle floral. Aussi ce fruit est-il encore couronné par les sépales du calice. La mème Nèfle présente cinq noyaux osseux plongés au sein d’une masse pulpeuse, qui résulte de la transformation et de la fusion des parois ovariennes (moins les endocarpes ligneux) et de ce réceptacle envahisseur.
Le petit fruit oblong et rouge du Cornouiller est pareïllement drupe, qui résulte de Htond unovaire infère et comé. Ici seulement les noyaux se sont soudés entre eux, de le sorte qu’on en trouve au centre un seul qui présente deux ou trois loges contenant la semence.
Il Bit de ce que nous venons de dire, que de la Pêche, la Cerise, la Prune, la partie comestible provient exclusivement de la maturation du péricarpe, ou des parois de l'ovaire, tandis
que dans la Nèfle, ou le fruit du Cornowller, la partie comestible résulte non seulement de la maturation du péricarpe, mais aussi de la transformation du calice de la fleur qui s’est accru et est devenu succulent.
Les baies sont, comme les drupes, des fruits charnus et indé-
Fig. 238.
Baies du Groseillier.
hiscents, mais privés de noyau. Telles sont les baies de la Vigne ou du Groseillier (fig. 238). Il faut remarquer seulement, à l’occasion de ce dernier fruit, que sa partie comestible et pulpeuse n’appartient pas seulement au péricarpe, mais aussi aux graines, qui présentent un {estagélatineux assez développé. Les graines de la Grenade présentent également un festa rempli de pulpe.
Il est d’autres baies dont la structure est si particulière, qu’on leur a donné des noms spéciaux. Nous nous contenterons de mentionper ici les fruits des Pommiers et des Orangers.
La Pomme résulte de la rnaturati dieu ovaire infere et composé, à » loges. Il est enveloppé, comme le fruit du Wéflier ou du Cornouiller, par une expansion du réceptacle
floral. Cette enveloppe est devenue charnue et succulente, comme l'ovaire avec lequel elle est confondue, et dont l’en-
Fig. 239. Coupe d'une Orange.
docarpe seul, qui tapisse la cavité des cinq loges, est mince et cartilagineux.
L’endocarpe constitue ces sortes d’écailles qui s'arrêtent souvent entre les dentslorsqu'on mange une pomme.
Le fruit de l’Oranger (fig. 239) résulte de la maturation
d'un ovaire supère, composé et à plusieurs loges. La peau extérieure, colorée en jaune, à surface mamelonnée, parsemée de glandes qui sécrètent un liquide odorant, est l'épicarpe. La
couche blanche, spongieuse et sèche, qui suit immédiatement la peau extérieure, est le mésocarpe. Enfin la mince membrane qui tapisse les quartiers, est l’endocarpe. Ces quartiers eux-mêmes forment autant de loges contenant les graines vers leur angle interne, et remplies d’un tissu nouveau et particulier. Ce tissu se développe sur la paroi opposée de chaque loge. Il y apparaît d’abord sous la forme de poils. Ces petits organes, se multipliant, encombrent peu à peu la cavité entière, se gorgent de sucs, et finissent par constituer un parenchyme succulent, c’est-à-dire la pulpe savoureuse de l'Orange.
Ainsi, dans cet admirable fruit, la partie comestible n’appartient pas au mésocarpe, comme dans la Cerise ou le Raisin; on peut même dire qu'elle n’appartient qu’accessoirement au péricarpe, puisqu'on rejette les trois parties principales qui constituent ce tégument. La partie comestible est un tissu additionnel pour ainsi dire, et qui n’existe pas dans d'autres fruits.
On voit, par cet exemple, combien est variable la structure des fruits, et quelles difficultés doit en présenter l’étude quand on veut embrasser le règne végétal tout entier. Aussi borneronsnous là ces considérations scientifiques sur les fruits secs et charnus. Seulement, pour compléter le rapide aperçu qui précède, nous nous arrêterons un instant sur quelques fruits vulgaires, dont les aspects divers et particuliers exigent quelques mots d'explication.
Qu'est-ce que la Fraise? La partie charnue, succulénte, qui la constitue essentiellement, est-elle le fruit? En aucune. façon. Les véritables fruits du Fraisier (et ils sont très nombreux) sont ces petits globules brunâtres, secs, insipides, croquant sous la dent, qui restent au fond du vase, mèêlés à des petits fils noirâtres, quand on à arrosé les fraises avec du vin. Les petits grains brunâtres sont des akènes, c’est-à-dire les véritables fruits; les pe- Fig. 40. Fraise. tits fils noirâtres sont les styles de la fleur séchée. Ce que nous mangeons dans la Fraise, c’est le réceptacle de la fleur, lequel, peu à peu, se gorge de sucs, augmente de volume, déborde les petits akènes, les enchâsse
dans son parenchyme, et prend, avec une riche couleur, une odeur des plus suaves, une saveur douce, aromatique et acidule.
Au contraire, dans la Framboise (fig. 241), le réceptacle est sec et porte un certain nombre de fruits, qui, loin d’être des akènes, comme dans la Fraise, sont de petites drupes. Le siège de la partie charnue et sapide se trouve ici entièrement déplacé.
Dans la Fique (fig. 242), la partie comestible est, comme pour
Fig. 241. Framboise. Fig. 242, Fruit composé de la Figue. Fig. 243. Mùre.
la Fraise, constituée par un réceptacle fait en forme de gourde, épaissi, charnu et succulent. Les véritables fruits, que le lecteur aura sans doute pris pour les graines elles-mêmes, et qui sont des akènes, sont insérés à la face interne du réceptacle. Mais la Figue présente cette différence avec la Fraise que, tandis que tous les fruits de la fraise appartiennent à une même fleur, tous les fruits d'une même figue appartiennent à autant de fleurs différentes.
La Mire (fig. 243) n’est pas un fruit charnu proprement dit, c'est un akène, renfermé dans un calice persistant devenu charnu.
On appelle cône, le fruit propre à un groupe naturel de
plantes désignées pour cela sous le nom de Conifères.
Le cône est un fruit sec, composé | d’un grand nombre de graines cCachées dans l’aisselle de bractées dures et très développées. La figure 244 représente le cône du Pin.
La graine est la partie essentielle du fruit. Elle présente au dehors un système d’enveloppesprotectrices, qui est ordinairement double. Cest à cette enveloppe défensive qu’elle doit
les aspects les plus variés.
Les graines sont tantôt lisses, comme celles du Tabac (fig. 245), ou du Poirier (fig. 246); tantôt ridées, Fig. 244. Cône du Pin. chagrinées, comme celles de la Nigelle (fig. 247); papilleuses, comme celles de la Stellaire (fig. 248); alvéolées, comme celles du Coguelicot (fig. 249);
Fig. 245. * Fig. 246. Fig. 217. Fig. 248. Fig. 249. Graine striée Graine lisse Graine plissée Graine papilleuse Graine alvéolée du Tabac. du Poirier. de la Nigelle. de la Stellaire. du Coquelicot.
ailées, comme celles du Pin (fig. 250); velues, comme celles du Cotonnier (fig. 252).
= Toute la partie qui est ainsi recouverte et protégée par cet appareil tégumentaire, se nomme l’amande,
Le caractère essentiel de l’amande, c’est de contenir l’embryon, c'est-à-dire un individu nouveau, une petite plante en miniature, qui présentera bientôt les caractères de la plante dont cet embryon est appelé à conserver l'espèce.
On distingue dans l'embryon : une petite tige, ou #igelle — une petite racine, ou radicule ; — un petit bourgeon, ou gemmute.
Fig. 250 Fig. 51. Fig. 252.
Graine ailée Graine du Cotonnier Graine du Cotonnier du Pin. (coupe). (graine entière).
Entre la radicule et la gemmule, on trouve la première feuille, ou les deux premières feuilles de l'embryon. Ces premières feuilles se nomment cotylédons.
La figure 253 montre ces diverses parties sur un embryon d’Amandier. |
Fig. 253. Fig. 251. Fig. 255. Fig. 256.
Gemmule radicule, Embryon du Embryon de Embryon du et cotylédons Potamogéton l’'Amandier Ricin.
d'Amandier. {monocotylédone). (dicotylédone. (dicotylédone).
Quand la plante n’a qu'une seule feuille germinative, ou qu'un seul cotylédon, comme le Blé, la Tulipe, le Palmier, le Potamogeton (fig. 254), on dit que l’embryon est monocotylé et la plante mooncotylédone. Quand il y en a deux, comme dans la Rose, l'Amandier (fig. 255), le Ricin (fig. 256) le Æaricot, on dit qu'il est dicotylé, et la plante est dicotylédone.
Les cotylédons du Ricin (fig. 256) sont minces et offrent à
leur surface des nervures bien distinctes. Ils ressemblent à de petites feuilles ; mais ceux de l’Amandier, du Haricotsont épais, charnus, et ne présentent, au premier abord, rien qui ressemble à une feuille. C’est qu'ils ont subi des modifications profondes et essentielles, appropriées aux fonctions qu’ils doivent remplir dans l’acte de la germination.
Dans un grand nombre de cas, l’amande est exclusivement constituée par l'embryon, c’est-à-dire que la graine tout entière n’est formée que de l'embryon et d’une enveloppe tégumentaire. Mais souvent aussi il se développe autour, ou à côté de l’embryon, un corps accessoire, complètement indépendant, sorte de réservoir de matière nutritive, dans lequel l'embryon puise les substances nécessaires à son premier développement. Ce corps, c’est l’albumen.
Quand l’albumen manque, ce sont Les cotylédons qui Le remplacent dans ses fonctions de nourrice de la jeune plante, et c’est dans ce but qu'ils subissent les modifications dont nous venons de parler. Ainsi, dans la graine du Haricot, qui ne possède pas d’albumen, les cotylédons, très développés, sont-ils tout gorgés de substances nutritives, dont l’embryon tirera un excellent parti, et dont nous provoquons la formation dans le jardinage, car elle constitue pour l’homme un bon aliment. Dans la graine du Ricin, qui renferme un a/bumen volumineux, les cotylédons conservent les caractères propres aux Organesqu'ils représentent:
ils sont minces et foliacés.
L'albumen varie beaucoup dans son volume, dans sa nature, dans sa position par rapport à l'embryon. Il est très considérable dans le Blé (fig.257) et dans le Lierre
(fig. 258); il est réduit à MER HEn2ss.
. d Caryopse du Blé. Coupe de la graine une couche mince dans D lire.
les Xetmies.
L’embryon est placé latéralement, à la base de l’abumen, dans le Blé. Il entoure complètement cet albumen dans la Vielle des
champs (fig. 259). Il en est, au contraire, entouré de toutes
Fig. 259.
Coupe de la graine dela Nielle des champs.
parts dans la graine de l’'Oxalis (fig. 260).
Arrêtons-nous un moment sur la structure de l’albumen et sur la nature chimique des
éléments qu'il renferme. Fig. 260. L'albumen est toujours Gone AE exclusivement formé de tissu cellulaire. On n’y observe ni
fibres, ni vaisseaux. Ces cellules ont tantôt des parois minces
Fig. 261.
Graine coupée du fruit du Dattier (Datte).
comme dans le Ztcin, le Blé et les autres céréales ; tantôt des parois très fortement épaissies , comme on peut le voir dans le tissu corné et résistant du noyau de la Datte ou fruit du Dattier (fig. 261), qui n’est autre chose que l’albumen de la graine.
Dans le grain du Blé et des autres céréales, c’est la fécule qui prédomine à l'intérieur des cellules de l’albumen.
La forme des grains amylacés varie avec les espèces, et cette forme n’est pas sans importance. Si l’on ajoute, en effet, à ce caractère quelques autres considérations, tirées de leur grandeur et de la structure des grains
d'amidonqu'ilsrenferment,on pourra reconnaître l’origine d’une
fécule inconnue, par une simple observation microscopique , et découvrir ainsi, d’un coup d'œil, la falsification d'une farine.
Les grains d’amidon du Blé (fig. 262) sont lenticulaires, ellipsoïdes, ovoïdes ; leur plus grand diamètre atteint à peine 0"%,0325. Il est
Granules d'amidon du Blé, vus au microscope. frès facile de les dis-
tinguer de ceux
de la Pomme de terre (fig. 263), qui sont
généralement plus volumineux, ovoïdes, munis d’une ponctuation autour de laquelle on observe des zones plus ou moins régulières et plus ou moins marquées.
Dans le Maïs, les granules amylacés de la partie cornée de l’albumen sont polyédriques, et offrent presque tous une ponctuation placée à leur centre.
Dans l’Avorne (fig. 264), les granules d’amidon sont de plu-
Fig. 263. Fig. 264.
Granules de fécule de Pomme de terre. Granule d’amidon de l'Avoine.
sieurs sortes. Il en est de simples, dont le contour peut être arrondi, ovoide, fusiforme. Il en est qui sont formés de deux, trois, quatre ou d’un nombre un peu plus élevé, mais restreint, d'éléments. Enfin il en est de composés, qui sont sphériques ou ovoïdes, dont le diamètre peut atteindre jusqu'à cinq centièmes de millimètre et dont la surface est comme une mosaïque de segments polyédriques.
On trouve d’autres substances organiques, en même temps que l’amidon dans les cellules, à parois très minces, de l’albumen du Ricin, comme dans les cellules, à parois très épaisses, de l’albumen de la Datte. La matière grasse abonde dans ces cellules. Elles sont gorgées de corpuscules d’une structure complexe, et dont la nature chimique n’est pas encore bien déterminée. Ces corpuscules, qui dans certaines plantes ne
sont pas sans quelque ressemblance avec des grains d'amidon, ont reçu le nom de grains d'aleurone. Plus ou moins solubles dans l’eau, ils se colorent en jaune par l’iode. Les grains d’amidon, au contraire, sont, comme on le sait, insolubles dans l’eau, et se colorent en bleu par l’iode.
Après ces considérations morphologiques et anatomiques sur la graine, nous avons à dire quelques mots sur le transport, la vitalité des graines en général, enfin sur le phénomène physiologique de la germination.
Le vent, les cours d’eau, les blocs de glace charriés par les mers septentrionales, l’action des animaux, enfin ceile de l’homme, c’est-à-dire ses cultures, ses vaisseaux, ses marchandises, ses voyages, telles sont les causes, plus ou moins puissantes, qui opèrent le transport des graines d’un lieu à un autre.
Si l’on considère qu’une multitude de graines sont légères, velues, pourvues de sortes de petites ailes ou d’aigrettes, on comprendra que le vent soit la cause la plus générale et la plus ordinaire de la dissémination des germes végétaux sur toute la surface d’un pays. Les- fleuves entrainent les graines des plantes à de grandes distances. Si leur cours va du nord au sud ou en sens inverse, ils portent les espèces végétales dans des climats où elles ne sauraient vivre ; mais si le fleuve coule de l’est à l’ouest ou de l’ouest à l’est, les graines végélales, transportées par les eaux courantes d’un point à un autre du globe, pourront étendre beaucoup les limites ordinaires de la végétation de ces plantes.
Les courants marins qui longent les côtes, ou qui passent d’une terre à une autre terre voisine, transportent les graines d'étape en étape, pour ainsi dire. Dans ce dernier cas, les graines restent peu de temps dans l’eau ; par conséquent, elles s’altèrent peu. En outre, la température graduée des localités successives qu’elles atteignent est favorable à leur acclimatation et à leur développement ultérieur.
Le rôle des glaçons dans le transport des graines végétales ne manque pas d’une certaine importance. Les navigateurs des mers polaires ont souvent rencontré des glaçons chargés d’une masse énorme de débris, mêlés de terre et de graines. Des plantes végètent sur ces débris. Si le glaçon vient à échouer sur une côte éloignée, il y dépose les graines, qui
bientôt produisent des plantes, lesquelles se répandent ensuite dans la contrée.
La disséminalion des graines est, dit-on, favorisée par les migrations lointaines des oiseaux granivores. Cependant l’influence des oiseaux, dans le cas qui nous occupe, paraît de peu d'importance. La plupart des oiseaux détruisent complètement les graines en les digérant : ce n’est que par exception que les graines traversent, sans être détruites, Le tube intestinal de ces animaux.
« Les oiseaux omnivores, dit le célèbre botaniste Auguste de Candolle, recherchent souvent les baies qui contiennent de petites graines dures, comme les raisins, les figues, les framboises, les fraises, l’asperge, le gui, etc. Leur estomac n’est pas aussi destructeur que celui des gallinacés, et il paraît que les petites graines peuvent traverser leur canal alimentaire sans s’altérer. Lorsque ces oiseaux sont voyageurs, ce qui n'estpas rare dans les régions lempérées et boréales, ils peuvent emporter fort loin des graines, en particulier lorsqu'ils quittent à l'automne les pays du Nord pour gagner le Midi; car, à cette époque, il y a beaucoup de fruits mûrs dans la campagne. Les grives, dont plusieurs changent de pays, soit en Europe, soiten Amérique, peuvent ainsi transporter des espèces. Lorsqu'elles avalent une trop grande quantité de fruits à noyaux, elles les digèrent mal et peuvent en semer les novaux. C’est une observation de Linné, lequel assure aussi que l’alouette sème beaucoup de graines dans les champs. »
C’est par le même procédé, c’est-à-dire par une digestion incomplète des graines qui ont servi à leur alimentation, que certains quadrupèdes, particulièrement les herbivores, peuvent quelquefois transporter des graines d’un pays à l’autre. C’est ce qui arrive pour les Rennes, animaux qui vivent en troupes dans les plaines de la Sibérie, et qui, à une certaine époque, émigrent par bandes considérables. Tel est aussi le rôle que jouent des troupeaux de bétail que l’homme conduit souvent à de grandes distances, dans nos climats européens, et en général dans tous les pays civilisés.
L'action de l’homme pour la dissémination des graines végétales se manifeste de mille manières. Nous emprunterons à M. Alphonse de Candolle quelques considérations intéressantes à ce sujet.
«Les premières peuplades qui se sont répandues sur chaque continent, dit ce savant botaniste, ont porté probablement avec elles quelques espèces de plantes utiles et surtout quelques-unes de ces graines qui s’attachent aux vêtements et aux animaux domestiques et qui se développent
bien dans le voisinage des habitations, près des fumiers, des terrains brûlés et des décombres. Plus une population est faible, plus elle est étrangère aux arts de la civilisation, plus ces premiers transports de graines sont insignifiants. Ensuite la population devenant plus dense, plus civilisée, l'agriculture ayant pris naissance et étendu son domaine, les occasions de transport se multiplient. Les peuples chasseurs ou pasteurs parcourent sans doute d’assez vastes étendues de pays, mais les peuples cultivateurs préparent des terrains propres à recevoir des espèces nouvelles et, faisant venir les graines de leurs champs de pays plus ou moins éloignés, ils introduisent avec elles des plantes diverses dont plusieurs naturellement deviennent spontanées. Enfin, lorsque la guerre a créé de vastes empires et forcé les hommes à de nombreux voyages, lorsque la navigation s’est étendue, lorsque des terres nouvelles ont été mises en rapport avec les anciennes, que l’agriculture a pu exporter ses produits et que l'horticulture s’est mise à peupler les jardins de milliers d'espèces étrangères, alors les transports de graines sont devenus de plus en plus nombreux. Ils ont pris une influence tout à fait prépondérante sur les transports par des causes naturelles !. »
Le commerce, qui, par ses vaisseaux, porte aux extrémités du globe les produits des échanges des peuples; qui fournit à l'Europe les produits du nouveau monde, et qui rend, en échange, à l'Amérique les productions de l’ancien monde, est quelquefois un agent indirect du transport des graines végétales. Les laines des moutons de Buenos-Ayres, du Mexique ou de la Plata, apportées en Europe, retiennent, engagées dans les toisons, des graines et des débris de plantes de ces contrées. Ces toisons, arrivées en Europe, sont nettoyées, battues et lavées. C’est alors que les graines s’en détachent. Elles peuvent germer sur ce nouveau terrain et transplanter sous nos climats des espèces végétales des régions situées au delà de l’Atlantique. Au bord de la rivière du Lez, près de Montpellier, dans un lieu nommé Port- Juvénal, les laines d'Amérique sont reçues, pour être nettoyées, purifiées et vendues aux fabricants de draps de Lodève. Or, les graines des plantes d'Amérique, apportées par ces toisons, ont fini par germer dans les environs du Port-Juvénal; si bien que tous les botanistes célèbres de Montpellier, les de Candolle, les Dunal, les Delille, les Godron, les Ch. Martins, ont vu et étudié, dans cette petite région du midi de la France, plusieurs espèces végétales empruntées à la flore de Buenos-Ayres ou du Mexique.
M. G. Planchon, aujourd’hui professeur à l'École supérieure
de pharmacie de Paris, dans sa thèse intitulée : Des modifications de la Flore de Montpellier depuis le seizième siècle jusqu’à nos jours, présentée en 1864 à la Faculté des sciences de Montpellier pour le doctorat ès sciences, a donné des renseignements précis sur ce que l’on nomme la Flore du Port-Juvénal.
« Tous les botanistes connaissent de réputation le Port-Juvénal et le caractère exotique de sa flore. Ils savent comment les laines étrangères exploitées dans nos environs apportent avec elles de nombreuses graines; commeñt étendues, après le lavage, sur des champs caillouteux que nous nommons prés à laine, elles laissent tomber ces germes sur le sol échauffé par les rayons solaires, et comment enfin toute une végétation exotique se trouve ainsi transplantée dans nos environs. Il ne sera cependant pas inutile, pour notre sujet, de rappeler les principaux traits de l’histoire commerciale et botanique de cette localité.
« Les prés à laine du Port-Juvénal existent depuis longtemps. Un traité passé le 6 janvier 1700, entre Me de Graves, concessionnaire du canal du Lez, et le corps des marchands de laine, autorisait ces derniers à utiliser, pour l’étendage de leurs marchandises, l'espace consacré de nos jours au même objet. Il est même probable, d'après quelques termes du traité, que les environs du port avaient été affectés à cet usage dès la création du canal, en 1686. Il y aurait donc déjà près de deux siècles qu'une flore exotique aurait eu l’occasion de s’établir à nos portes.
« Les laines étrangères provenaient toutes primitivement du bassin de la Méditerranée, et au commencement du siècle le commerce de cet article ne s'était guère étendu au delà de ces limites. Le Levant, la Barbarie l'Espagne, l'Italie, parfois la Russie méridionale, étaient les points principaux d’où provenaient ces importations; aussi les premières plantes observées aux environs des étendages et citées par de Candolle, appartiennent-elles toutes à la région méditerranéenne. Les mêmes habitudes ont subsisté jusque vers 1830; mais, à partir de cette époque, le commerce s’est tourné vers l’Amérique et principalement vers Buénos-Ayres et le Rio de la Plata. C’est encore de nos jours à ces régions lointaines que s'adressent nos principaux négociants.
« De tout temps, les laines ont été soumises au même traitement : plongées d’abord dans l’eau chaude, puis lavées à l’eau froide et étendues sur les prés pour y sécher.
« Les botanistes se sont surtout préoccupés de la première opération; ils se sont demandé quelle influence elle pouvait avoir sur la faculté germinative des graines, et ils s’en sont peut-être exagéré les mauvais effets. Une température trop haute serait nuisible aux marchandises : l’eau ne s'élève pas au-dessus de 50°, et les laines n’y restent plongées qu’un instant. Si donc quelques germes peuvent être détruits par une trop forte chaleur, le plus grand nombre conservent leur vitalité, et l’on peut même croire que les opérations du lavage, loin de nuire à leur développement, le facilitent ef l’accélèrent en rendant beaucoup moins résistantes les enveloppes de la graine.
« Il n’y a guère plus de cinquante ans que cette végétation exceptionnelle a attiré l'attention des botanistes. Magnol n’y fait aucune allusion,
ce qui nous ferait présumer qu’elle n'avait guère d'importance à cette époque. Les ouvrages de Sauvages et de Gouan ne font mention d'aucune espèce à laquelle on puisse attribuer ce mode d'introduction. Salzmann, Requien, Bouschet-Doumenq, au commencement du siècle, sont les premiers à recueillir quelques plantes exotiques dans les prés à laine, et de Candolle constate, pour la première fois, le résultat de leurs recherches dans la seconde édition de sa Flore française.
« Une fois avertis de la présence de ces richesses aux environs de Montpellier, les botanistes y recherchent à ler vi de nouvelles plantes. Millois, jardinier en chef, en découvre un certain nombre que Loiseleur des Longchamps admet dans son Flora gallica ; Delille se livre plus particulièrement à cette étude; il décrit les formes nouvelles et confie à l’habile pinceau dés Node la reproduction des plus intéressantes. M. Touchy seconde activement les recherches du savant professeur et les continue avec une louable persévérance. Ses herborisations multipliées au Port-Juvénal augmentent dans des proportions considérables l'herbier spécial de cette localité et en forment une collection précieuse.
« Delile avait fait de nombreuses descriptions de plantes trouvées dans les prés: à laine, mais il n'avait jamais donné de travail d'ensemble. M. Godron a comblé cette lacune par son Flora Juvenalis, publié en 1853. Les matériaux nombreux amassés déjà dans l’herbier du Jardin lui ont permis d'énumérer 390 espèces dont 82 non encore décrites.
« La session extraordinaire de la Société botanique, tenue à Montpellier en 1857, a attiré à la localité, désormais bien connue, du Port-Juvénal, de nombreux visiteurs et des explorateurs habiles. MM. Cosson, Gay, Lespinasse, Durieu de Maisonneuve, etc., ont signalé leur passage par la découverte de plusieurs espèces intéressantes, et le premier a pu, dès l’année suivante, publier un supplément au Flora Juvenalis de Godron, augmentant de 68 espèces le catalogue de 1853.
“« Ce dernier document porte donc à 458 le nombre des plantes trouvées au Port-Juvénal. Elles se répartissent, au point de vue de leur habitation, de la façon suivante :
Europe (sauf la région méditerranéenne). .... 20 Région de la Méditerranée...........,.... 396 a septentrionale.........., 10
SETAIUS méridionale... sas: 18 # Afriqte CenRale ne --cnti sem mbeee eee 1 ADSTAUC. eee. Ar moon liocr nec eve 1 ESDOCEICOBMODONTER eee een realeies « en ce o1e 1 Espèces à patrie inconnue................... 51
« Il est digne de remarque que les plantes américaines soient en si petit nombre: sur les 407 espèces dont la patrie est connue, moins de 7 p. 100 viennent du continent transatlantique, tandis que 86 p. 100 appartiennent à quelques points de la région méditerranéenne. Or, si l’on considère que la plupart des espèces du Port-Juvénal ne font que passer dans cette localité, disparaissant parfois l'année même de leur introduction; et d’un autre côté que, depuis plus de trente ans et dans la période des explora-
GRAINE. eZ V |
tions les plus actives, les laines exploitées dans nos environs ont été apportées presque exclusivement de l'Amérique méridionale, on s'étonnera de ce manque de proportion entre le nombre des espèces originaires d’un pays et la quantité des marchandises qui en sont provenues. On se gardera dès lors de résoudre, comme a essayé de le faire M. Godron, une question commerciale au moyen d’une question botanique. Si rationnelle que puisse paraître à priori la déduction du savant botaniste, elle est formellement contredite par les faits.
« Je viens de parler du caractère adventif de la flore du Port-Juvénal. On croit trop souvent que les prés à laine sont une espèce de jardin botanique où croissent à foison et côte à côte les espèces exotiques les plus variées. Il n’en est rien. Les 458 espèces qui y ont été signalées n’y ont apparu que successivement et sont le produit de plus de quarante années de nombreuses et persévérantes recherches. M. Touchy, dans une de ses communications à la Société botanique, établissait avec raison trois catégories dans les plantes du Port-Juvénal :
1° Espéces transitoires, ne paraissent que de temps en temps pour disparaître presque aussitôt; ce sont principalement les espèces des genres : Trigonella; Medicago; Trifolium; Enurthrocarpus; Diplotaxis ; Sinapis; Rapistrum; Aira; Briza; Bromus; Festuca; Vulpia; etc.
29 Acclimatées, se renouvelant chaque année : Centaurea iberica; C. diffusa; Verbascum cuspidatum; V. mucronatum; Ægylops cylindrica : Æ. ventricosa.
3° Naturalisées, s'étant propagées dans le pays, dont elles ont enrichi la flore. Ce sont celles qui nous intéressent le plus.
« Dans sa Flore française, de Candolle cite l’Onopordon virens (O. tauricum) comme ayant été trouvé par M. Pouzin sur la route de Montpellier à Pérols, sans indiquer les relations de cette localité avec le Port-Juvénal. Il n’est pas douteux cependant que cette espèce orientale ne fût sortie dès cette époque de l'enceinte des prés à laine et ne fût déjà répandue dans le voisinage. De nos jours elle a gagné du terrain : elle s’est étendue dans la direction de la rivière, et ne s’arrêtera probablement pas à ses limites actuelles. C’est en tout cas une acquisition assurée pour notre flore, la plus remarquable que nous devions à la végétation exotique du Port- Juvénal.
« Les Verbascum, qu'on signale comme s’y étant naturalisés, ont une
‘aire beaucoup plus restreinte et ne s’éloignent guère des enviro ns immé-
diats du Port. De Candolle, dans sa Flore française, signalait le Verbascum candidissimum (nunc mucronatum) au Port-Juvénal et à Grammont. Il semble depuis lors avoir disparu de cette dernière localité.
« En somme, l'Onopordon virens est la seule espèce d’une aire un peu étendue qu’ait apportée à notre flore cette riche colonie, établie à nos portes depuis plus de deux siècles et qui s’est successivement recrutée dans les quatre parties du monde.
« Une végétation semblable, signalée par MM. Lespinasse et Théveneau, celle des lavoirs à laine de Bessan, a encore moins donné de plantes nouvelles à notre flore. 44 espèces ou variétés étrangères ont passé dans cette localité, sans s’y fixer ou se répandre hors de son enceinte. Il est vrai que l'établissement a subsisté à peine quelques années, et que le terrain affecté à l’étendage a subi, depuis 1859, une transformation complète qui a dû
faire disparaître les moindres traces de ces espèces transitoires. Les galets ont été enlevés, le sol labouré et livré à la culture, »
Une autre cause peut encore produire le transport des graines. C'est le sable employé comme lest des navires. Le sable, qui joue souvent le rôle de lest, contient presque toujours quelques graines des plantes des régions où il a été pris. Jeté sur le rivage d’un autre pays, il y introduit le germe de nouvelles espèces, quand elles trouvent dans ce nouveau terrain les conditions physiques et chimiques qui leur conviennent. Si le climat leur est favorable, les graines ne tardent pas à lever et à s’établir du moins temporairement dans le pays. MM. Lespinasse et Théveneau ont recueilli, pendant les années 1856, 1857 et 1858, nous dit M. G. Planchon, dans la thèse dont nous venons de citer un extrait, trente-trois espèces étrangères à la flore de Montpellier et provenant de cette origine. Comme pour les plantes du Port-Juvénal, ces espèces ne sont guère, d’ailleurs, que transitoires dans le pays *.
Le transport des fourrages d'un pays à l’autre peut être la cause d’une apparition de plantes exotiques. On en a eu un exemple assez curieux en France, en 1872. Dans les régions du centre de la France, on vit apparaître un nombre considérable de plantes fourragères exotiques, à la suite du séjour plus ou moins prolongé qu'avaient fait, dans ces contrées, nos troupes, pendant les néfastes années 1870 et 1871. La dissémination de ces végétaux étrangers avait pour cause l'emploi de fourrages d'outre-mer. Les graines de ces fourrages tombées sur le sol avaient donné naïssance à une végétation luxuriante, qui excitait au plus haut degré l’avidité du bétail.
Les plantes méditerranéennes, algériennes pour la plupart, ayant bravé la rigueur des frimas, ayant supporté victorieusement les épreuves d’un hiver exceptionnel, se propagèrent avec une excessive abondance, au point de constituer artificiellement de remarquables spécimens de prairies naturelles, véritables oasis implantées sur des sols arides où nulle végétation de quelque importance ne s'était montrée jusqu'alors. On se serait étonné, à bon droit si l’on n’en eût connu la cause, de rencontrer ces plantes, avec une telle abondance, et en espèces
1. In-4°, Montpellier, 1864, chez Boehm, p. 39-43. 2. Thèse citée, p. 44.
aussi variées, au centre de la France, dans une zone beaucoup trop septentrionale pour le milieu qu’elles devraient naturelkement occuper et préférer.
C’est dès le mois d'août 1870 que l’on constata cette apparition de plantes, nouvelles apportées par les fourrages exotiques.
Les points sur lesquels a été le mieux observé ce phénomène au début, sont, dans le département de Loir-et-Cher : 1° sur la rive droite de la Loire, les abords du chemin de fer; et 2°, sur la rive gauche, l’ancien champ de course de Blois; puis dans les communes de Cour et de Cheverny.
Des observations du même genre ont été faites à Orléans.
Dèsle mois de mars 1871, les plantes nouvelles observées l’année précédente s'étaient développées, notamment à Blois et à Orléans, sur des sables arides, où de temps immémorial on ne voyait apparaître que des herbes chétives et rabougries. Chacun des emplacements fournissait une moyenne d’environ quatrevingt-dix à cent espèces; mais, comme les espèces n'étaient pas identiques sur tous les points soumis à l’observation, le nombre des espèces, à la même date, s'élevait à cent cinquante-sept, réparties entre vingt et une familles végétales. Aujourd'hui cependant, par l’absence de culture, presque toutes ces espèces exotiques ont disparu du sol.
Combien de temps peut durer dans une graine la faculté de germer ? Il est des graines qui perdent rapidement leur vie latente, ou, ce qui revient au mème, leur faculté de germer. Il en est d’autres qui, placées dans les mêmes circonstances, conservent très longtemps leur vitalité. Les graines de beaucoup de plantes de la tribu des Légumineuses germent encore plusieurs années après la récolte. Tout le monde a entendu dire que des graines de Haricot extraites, de nos jours, de l’herbier de Tournefort, célèbre botaniste du dix-septième siècle, germèrent parfaitement. En 1824, on semait encore, au Jardin des Plantes de Paris, des graines de Mimosa pudica (Sensitive) récoltées à Saint-Domingue en 1738.
Si les graines sont placées dans des conditions spéciales, à l'abri des agents atmosphériques, dans une terre plus ou moins sèche et tassée, par exemple dans des tombeaux ou des cata-
combes, leur vitalité peut se conserver un temps prodigieux. C’est un fait d'observation constante, qu'après la destruction d’une forêt, on voit apparaître sur l'emplacement qu’elle occupait jadis, une végétation nouvelle. On à admis, pour expliquer ce fait, que les graines d'arbres enfouies à l’époque de l’existence de la forêt s'étaient conservées dans le sol, que leur vie. avait été suspendue pendant un nombre d’années considérable, et que, sortant alors de leur sommeil léthargique, elles se développaient, sous l'influence de conditions nouvelles et favorables à leur germination. Cette hypothèse est assez plausible dans un certain nombre de cas; toutefois, comme aucune expérience scientifique rigoureuse n’a été faite à ce sujet, il se pourrait que, dans le cas dont il s’agit, la renaissance des arbres soit due à un transport par le vent ou par d'autres causes étrangères, de graines d'arbre qui auraient pu germer dès que le sol, devenu libre, à été rendu a la lumière.
On cite des exemples presque merveilleux de la longévité des graines. Lindley, savant botaniste anglais, affirme que des graines de Framboises, trouvées dans un tombeau celtique, qui comptait environ dix-sept-cents ans d’existencé, ont parfaitement germé, et donné des Framboisiers, lesquels existent encore aujourd'hui dans le jardin de la Société d'horticulture de Londres. Ch. Desmoulins assure que des graines de Luzerne lupuline, de Bleuet et d’Héliotrope, trouvées dans des tombeaux romains, qui remontaient au deuxième ou au troisième siècle de l’ère chrétienne, ont, non seulement germé, mais donné naissance à des individus, qui ont ensuite fleuriet fructifié.
On a vu renaître en 1875, près d'Athènes, une plante dont les graines sommeillaient depuis quinze siècles. Le fait nous est garanti par un botaniste allemand, le professeur Van Hendreich.
On sait que les mines du Laurium, qui ont donné lieu à de longs débats diplomatiques, consistent en scories provenant de l'exploitation de pyrites faite par les anciens Grecs, mais qui contiennent encore beaucoup d'argent, métal que l’on extrait aujourd'hui en recueillant ces anciennes scories et les traitant par les procédés perfectionnés de l’art moderne.
Or, sous ces scories, depuis au moins quinze cents ans, dormait la semence d’une Papavéracée du genre Glaucium. Depuis qu’on a enlevé ces scories, pour les porter aux fourneaux, sur tout
l’espace qu’elles recouvraient, on a vu pousser et fleurir les jolies corolles jaunes de cette fleur, qui était inconnue à la science moderne, mais qui se trouve décrite dans Pline et Dioscoride. Elle avait donc disparu de la surface du globe depuis quinze ou vingt siècles. |
11 faut cependant, pour de semblables faits, se tenir en garde, et n’ajouter foi qu'à ce qui est rigoureusement établi. Tout le monde a entendu parler de ces grains de Blé trouvés, à ce que l'on assurait, dans les tombeaux de l’ancienne Égypte. IL est reconnu di d'hui que l’on a abusé, dans cette affaire, de la crédulité des voyageurs. Une variété de blé dite de Momue circule, il est vrai, parmi les agriculteurs, mais aucun fait authentique ne justifie son nom.
Si la durée de la vitalité des graines est très variable, comme on vient de le voir, le temps nécessaire pour leur germination ne l’est pas moins. Certaines graines, comme celle du Cresson alénois, du Pavot, des céréales, germent en quelques jours. D'autres, comme celle du Pêcher, de l'Amandier, du Noisetier, du Rosier, exigent, pour lever, un an, ou même deux. Ces différences tiennent en partie à la grosseur des graines, à la dureté, à la nature osseuse de leurs téguments, et à la présence d’un noyau autour de la graine.
Ilest des graines qui semblent, pour ainsi dire, tellement pressées de se développer, qu’elles germent dans le fruit même qui les renferme. Ce cas se présente assez fréquemment dans les citrons, et chez certaines Cucurbitacées. L’embryon du Manglier, arbre qui habite les marécages, l'embouchure des fleuves et les rivages de la mer, dans les régions équinoxiales de l'Amérique, se développe dans le fruit attaché encore aux branches, et souvent on voit pendre de ce fruit une racine de plus de 30 centimètres de longueur.
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FÉCGONDATION ET GERMINATION
L'étude que nous venons de faire de la fleur et du fruit nous permet d'aborder maintenant deux grandes questions de la physiologie végétale : en premier lieu, l'influence des étamines sur le pistil, ou la fécondation dans les plantes; en second lieu, la germination.