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Fig. 2:16. Graine de Haricot en germination.
On a été assez longtemps sans comprèndre comment l’amidon, qui constitue presque entièrement l’albumen du B/é, peut être absorbé par le jeune embryon, puisque les radicules des plantes n’absorbent que les matières solubles, et que l’amidon est entièrement insoluble dans l’eau froide. Mais on à fait, de nos jours, cette découverte intéressante, que l’amidon insoluble devient soluble sous l'influence d’un agent énergique, qui se développe près des germes, au moment de la germination des graines : cet agent de dissolution a reçu le nom de dastase.
La matière amylacée, transformée par la diastase en substance soluble, porte alors Le nom de dextrine. À son tour, la dextrine se modifie sous l'influence de la diastase, et passe à l’état de sucre.
Il est donc vrai de dire que la première nourriture de la jeune plante, c’est de l’eau sucrée.
On a cherché à savoir si le grain d’amidon, en se transformant en dextrine, ne présente pas de traces visibles d’une modification moléculaire aussi profonde; s’il disparaît subitement sous l’action de la diastase, ou s’il n’est transformé que graduellement en matière assimilable, de manière qu’on puisse suivre sous le microscope toutes Les phases de cette altération. Il à été prouvé que cette modification ne s'opère que par des degrés successifs, et l'on a pu suivre les progrès de cette altération des granules d’amidon dans la germination d’un certain nombre de plantes.
Revenons à l’évolution de l'embryon. Ainsi nourri et fortifié, soit aux dépens de l’albumen, soit aux dépens de ses propres cotylédons, l'embryon ne tarde pas à presser de toutes parts
Fig. 217. Germination du Haricot d'Espagne, apparition des premières feuilles.
les téguments qui l’enveloppent, et qui finissent par se rompre, pour lui livrer passage.
Cette rupture se fait, tantôt d’une manière irrégulière, comme dans le Maricot d'Espagne (fig. 277), les Fêves, etc. ;
tantôt d’une manière très régulière, comme dans l’Éphémère de Virginie, le Dattier, le Balisier, etc. Dans ce dernier cas, en effet, l'embryon apparaît au dehors au travers d’une ouverture très régulièrement découpée dans l'enveloppe tégumentaire de la graine. Cette ouverture est primitivement dissimulée par une sorte de disque ou d’opercule, que la petite racine de l'embryon soulève, pour s'échapper au dehors et s’enfoncer dans le sol.
La figure 278 montre les états successifs par lesquels passe une graine de Balisier en germination. Le petit opercule est soulevé et chassé (1); — le cotylédon se développe, s’allonge
Fig. 2178. Germination du Balisier.
horizontalement et pousse la radicule au dehors (2); — celleci se dirige bientôt vers la terre (3); — la gemmule fait saillie hors de la fente cotylédonaire transformée en gaîne (4) ; — la ra-
dicule augmente de volume et le rudiment de la tigelle apparait (5); — la tigelle se forme (6).
Les graines de la plupart des plantes monocotylédones sont pourvues d’un albumen, et, au moment de la germination, comme on le voit dans les Pamiers, les Balisiers, les Éphémères de Virginie, le limbe cotylédonaire reste inclus dans la graine. Quant aux végétaux dicotylédones, tantôt, comme dans le Æaricot d'Espagne, le Radis, le Tilleul, les cotylédons se dégagent et sortent de terre; tantôt, comme dans le Chëne, le Chätaignier, le Marronnier d'Inde, ils restent dans le sol. Dans le premier cas, les cotylédons sont dits épigés : ils sont généralement minces el verts, et constituent en réalité Les premières feuilles
pu
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de la plante; dans le second, les cotylédons sont dits kypogés : ils sont épais et charnus.
Fig. 279. Germination d'une graine sans albumen, montrant les cotylédons qui se sont élevés avec la tige.
La figure 279 donne un exemple de la germination d’un végétal dicotylédone, dans lequel les cotylédons s'élèvent hors de la terre avec la jeune tige.
cb