CONIFÈRES
lâche. Les Mélèces perdent leurs feuilles pendant l'hiver.
Le Mélèze d'Europe atteint une hauteur de 30 à 35 mètres.
Son bois est rougeâtre, d’un tissu plus serré, d’une durée plus
considérable que celui du Sapin. Des fentes de son écorce suinte
une térébenthine très pure, qui est employée dans la médecine et dans les arts.
Les Cèdres se distinguent des Mélèzes en ce que leurs feuilles persistent pendant plusieurs années après l'allongement du bourgeon et que les écailles du cône sont plus étroitement imbriquées.
On a placé le Cèdre tantôt parmi les Mélèzes, tantôt parmi les Pins, mais on a fini par en faire un genre à part, qui se distingue par les feuilles persistantes après l'allongement du bourgeon, et, comme il a été dit plus haut, par les écailles du fruit, eu cône, qui sont très serrées, enfin par son port particulier.
Comme tous les arbres de la famille des Conifères, le Cèdre a des fleurs à sexes séparés sur le même individu.’Les chatons mâles sont ovoïdes, les chatons femelles sont presque cylindriques, et placés au sommetdes jeunes rameaux. Le fruit reste fixé aux branches pendant deux ans; ce n’est qu'alorsque les graines parvenues à maturité tombent sur le sol.
Le Cèdre est célèbre entre tous les arbres de la famille des Conifères par son extrême élévation, la vieillesse qu'il peut acquérir, et l’indestructibilité de son bois. Le Cèdre du Liban que Bernard de Jussieu apporta à Paris, en 173%, vit encore au Jardin des plantes.
Les branches du Cèdre (fig. 366) s'étendent horizontalement, et semblent se courber vers la terre, en se couchant les unes surlesautres. Lesfeuilles persistantessontaiguës, raides, courtes, et réunies en faisceaux divergents.
Les plus beaux Cèdres se voyaient autrefois sur les montagnes du Liban, qui en sont aujourd’hui à peu près dépouillées. Cet arbre est maintenant cultivé en Europe, mais c’est dans les montagnes de l'Afrique française qu'il faut aller chercher ses plus beaux types. |
Sur le revers de l'Atlas, au nord de l'Afrique, et dans les contrées tempérées de l'Asie, le Cèdre forme des forêts immenses, du plus majestueux et du plus imposant aspect. |
Toutes les plantes dont nous venons de parler appartiennent
à une vaste section de la famille des Conifères, désignée sous le nom d’Abtétinées, et offrent un grand nombre de caractères essentiels communs. Les arbres que nous avons maintenant à signaler, les Thuya, les fs, les Genévriers, s'éloignent, sous beaucoup de rapports, de la tribu des Abiétinées.
Les Thuya sont des plantes monoïques. Leurs fleurs mâles se composent d’un axe floral filiforme, sur lequel s’insèrent de nombreuses étamines, qui ressemblent à des clous portant au-dessous de leur tête quatre anthères uniloculaires. Les fleurs femelles sont disposées en chaton, dont chaque écaille porte deux ovules orthotropes dressés. Ceux-ci deviennent bientôt charnus et se soudent entre eux. Mais à la maturité ils se dessèchent, se dessoudent, et s’écartent, pour mettre en liberté les graines. Les Thuya sont des arbres verts, à rameaux comprimés, à très petites feuilles imbriquées et serrées.
Les Cyprès (tribu des Cupressinées) se rapprochent beaucoup des Thuyas ; ils s'en distinguent essentiellement par le grand nombre de graines qui se pressent à la baie de chaque écaille.
Le Genévrier commun (Juniperus communis) est un arbrisseau indigène, à feuilles verticillées par trois, étalées, raides, et presque épineuses. Cet arbre est monoïque. Les écailles du chaton femelle, au nombre desix, présentent ce fait curieux qu’elles deviennent charnues et constituent par leur soudure une sorte de baie sphérique, noirâtre ou bleuâtre, contenant ordinairement trois graines osseuses. Dans quelques contrées du nord de l'Europe on fait fermenter ces fruits, et l’on en retire une espèce d’eau-de-vie connue sous le nom de gen.
Le Juniperus Virginiana, nommé aussi Cèdre rouge, offre un bois odorant, léger, avec lequel on fabrique les petits cylindres dans lesquels on renferme le graphite de nos crayons.
La Sabine, espèce du genre Genévrier, est un arbrisseau d’environ 4 mètres de hauteur, à feuilles extrêmement petites, dressées, imbriquées sur la tige et les rameaux opposés et non épineuses. Les fleurs sont dioïques et leurs chatons sont portés sur de petits pédoncules recourbés et écailleux.
On trouve la Sabine dans les lieux secs et rocailleux du midi de la France. L’'infusion de ses feuilles était vantée autrefois contre le rhumatisme, la goutte et les fièvres intermittentes. Ses feuilles sont âcres et irritent la peau, si on les tient appliquées quelque temps à sa surface.
*ULAIT NP 01p99 ‘998 SM
BÉTULINÉES. 397
- Les 7/s (tribu des Taxinées) sont des arbres à feuilles rapprochées, presque distiques, linéaires, aiguës, d’un vert foncé en dessus, et à fleurs dioïques. Les fleurs mâles se composent d’un axe floral allongé, le long duquel s’insère un nombre variable d'étamines. Elles ressemblent à des clous dont le connectifserait la tête. A la face inférieure de ce connectif sont adossées six à huit anthères biloculaires, disposées circulairement autour du filet. Leurs fleurs femelles, solitaires et ceintes de bractées 1mbriquées, se composent d’un ovule sessile, au centre d’un disque très développé. À la maturité, ce disque devient charnu et forme une petite cupule d’un rouge vif qui enveloppe lâchement la graine. L'arbre semble alors couvert de petites cerises.
BÉTULINÉES.
Le Bouleauetl’Aune constituent la petite famille des Bétulinées.
L’Aune glutineux, qui habite le bord des eaux et les lieux marécageux des bois, a des feuilles presque orbiculaires, souvent tronquées au sommet, crénelées, dentées, coriaces, glabres, d’un vert sombre en dessus, d’un vert pàle en dessous, couvertes, dans leur jeunesse, d’un enduit collant. Cet arbre est monoïque. Dès le mois de février, et avant l’apparition des feuilles, il laisse pendre des chatons cylindriques allongés, composés de fleurs mâles, et il dresse vers le ciel des chatons ovoïdes, composés de fleurs femelles.
A l’aisselle de chaque écaille du chaton mâle, on compte trois fleurs, une médiane et deux latérales. Ces trois fleurs se com-
Bractée portant Chaton mür. Bractée portant Fleur mâle isolée. deux fleurs femelles. trois fleurs mâles.
Fig. 367. Fleurs de 1 Aune.
posent chacune d’un périanthe à quatre divisions (fig. 367) et de
quatre étamines opposées à ces divisions, à anthères biloculaires s’onvrant en dehors par deux fentes longitudinales. Elles
Fig. 368. Aune,
sont entourées, indépendamment de l’écaille du chaton, par quatre autres écailles secondaires, dont deux à droite et deux à gauche.
ULMACÉES. 399
A l’aisselle de chaque écaille du chaton femelle de l’Aune (fig. 368) on observe quatre écailles secondaires et deux fleurs. Chacune de ces fleurs se compose d’un pistilunique, dont l'ovaire libre est surmonté d’un style court, divisé en deux branches stigmatiques. L’ovaire présente deux loges; dans chaque loge est suspendu un ovule anatrope. Les chatons fructifères sont en forme de cônes de Pin, à écailles persistantes, horizontales, étroitement juxtaposées et rendues cohérentes par une substance résineuse, s’écartant à la fin pour laisser échapper les fruits. Ces fruits sont comprimés, entourés de chaque côté d’une bordure coriace subéreuse ; ils sont uniloculaires et ne renferment qu’une graine.
Les Bouleaux(Betula alba) sont, comme les Aunes, des arbres monoiques. Leurs feuilles sont alternes, pétiolées, ovales, acuminées, dentées ou doublement dentées, vertes et luisantes en dessus, à face inférieure d’un vert pâle, glabre. Ce sont des arbres à tronc droit, à épiderme lisse, d’un blanc satiné, qui se détache facilement par lames circulaires, à rameaux flexibles, déliés et retombants.
Les Bouleaux fleurissent au mois d’avril. La couleur blanche de leur écorce produit, au milieu des forèts, les plus heureux effets de contraste avec les couleurs sombres des troncs des Chênes et des Ormes.
ULMACÉES.
L'Orme champêtre (Ulmus campestris), vulgairement connu sous le nom d’Orme commun (fig: 369), croît dans les bois montueux. On le plante fréquemment au bord des chemins et dans les promenades publiques. C’est habituellement un grand arbre, à tige nue, à cime abondamment fournie, conique, formée de fortes branches ascendantes, terminées par des rameaux rapprochés, garnis de ramules serrés et régulièrement distiques. Ses feuilles sont alternes, munies de deux stipules caduques, ovales, aiguës, irrégulièrement obliques à la base, doublement dentées, ordinairement pubescentes et rudes. Elles ne paraissent qu'après les fleurs, qui sont rougeûtres et disposées en fascicules sessiles. Chaque fleur, toujours dépourvue de corolle, se compose d'un calice à quatre ou cinq lobes, de quatre à cinq étamines opposées à ces lobes, à anthères bilo-
‘culaires, s’ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales, et d’un ovaire libre, à deux loges contenant un seul ovule ana-
FAGUET. del
Fig. 369. Orme.
trope. Le fruit de l'Orme, ou samare (fig. 369), est sec, comprimé, largement ailé, membraneux dans toute sa circon-
CUPULIFÈRES. 401
férence, échancré au sommet, indéhiscent et uniloculaire. Le tronc à bois dur et serré de l’Orme fournit le meilleur bois de chauffage.
CUPULIFÈRES.
Le Coudrier (Corylus avellana) est un arbrisseau Mmonoïque, ordinairement assez élevé. Il est
Fig. 310.
commun dans les bois, les taillis, les buissons ; on le plante souvent dans les haïeset les jardins. {Re RE
Ses rameaux sont dressés, effilés, flexibles, à
feuilles simples, alternes, doublement dentées, quelquefois superficiellement lobées, accompagnées de deux stipules caduques. Les fleurs mâles sont en chatons pendants, disposés 1 à 3, à l'extrémité des rameaux, ou sur des ramuscules latéraux courts. Ces chatons commencent à paraître vers la fin de l’automne, avant la chute des feuilles, et fleurissent à la fin de l'hiver, avant le développement des feuilles nouvelles. Les fleurs mâles, contenues entre deux petites écailles, ont cinq étamines, à anthère uniloculaire, s’ouvrant en dehors. Les fleurs femelles se composent d’un calice, à limbe très petit, denticulé, et d’un ovaire infère, à deux loges, contenant chacune un ovule anatrope suspendu. Cet ovaire est surmonté de deux longs styles, d’un rouge vif. A l’époque de la fructification, l’involucre a pris un grand développement, il est devenu foliacé, un peu charnu et campanulé à la base, ouvert au sommet, et contenant un fruit (noisette) qui est un akène par suite de l’avortement de l’une des loges et de l’ovule qu’elle renferme. La graine à testa membraneux, mince, contient sous un mince tégument un embryon dépourvu d’albumen, à cotylédons plans d’un côté et convexes de l’autre.
Le Charme commun (Carpinus betulus) est un arbre de taille moyenne, à écorce d’un gris cendré, lisse, mince. Il fleurit avec les premières feuilles, en avril et mai. Ses fleurs mâles sont disposées en chatons cylindriques, dont les écailles imbriquées protègent directement de six à vingt étamines à filets courts, bifurqués, à anthères unilobées, barbues au sommet. Les fleurs femelles, disposées en façon de grappes dont les bractées extérieures caduques portent chacune deux involucres uniflores,
présentent une structure très analogue à celle des fleurs du Coudrier. Il en est de même du fruit, qui est accompagné d’une cupule foliacée, veinée, réticulée, à trois lobes, dont le moyen est beaucoup plus grand que les deux autres.
L'importance principale du bois de Charme est dans sa puissance calorifique. C’est un excellent bois de chauffage. On l'utilise dans l’industrie, pour la fabrication d'outils divers et de certaines pièces de machines qui, ayant à subir des frottements, doivent offrir une grande dureté.
Les Chênes (Quercus) sont des arbres monoïques, à feuilles alternes, simples, accompagnées chacune de deux stipules caduques. Les fleurs mâles sont disposées en chatons filiformes, gréles, interrompus et pendants. Chaque fleur mâle (fig. 371) pré-
Fig. 371. Fleur mäle du Chêne.
sente un calice à six ou huit divisions, libres, inégales, frangées, et un nombre égal d’étamines opposées, à anthères biloculaires, s'ouvrant en dehors par deux fentes longitudinales. La fleur femelle (fig. 373) se compose d’un ovaire infère, surmonté d’un périanthe à trois ou six divisions, et d’un style court, qui se divise en trois branches stigmatiques. Elle est, en outre, entourée d’une sorte de petite coupe, ou cupule, formée par un repli du pédoncule sur lequel sont insérées un grand nombre
iliflora).
Quercus sess
Fig. 372, Chêne Rouvre
(LSRe OR LT 2 puis STE, de te
CUPULIFÈRES. 405
de petites bractées imbriquées. Son ovaire présente trois loges, et dans chaque loge sont deux ovules anatropes. A la maturité deux de ces trois loges ont avorté avec leur contenu. Le fruit, que l’on désigne sous le nom de gland (fig. 314), de forme ovoide
Fig. 313. Fleur femelle du Chêne. Fig. 314. Fruit du Chêne.
ou oblongue, ombiliqué au sommet, à péricarpe coriace et luisant, devient, de cette façon, uniloculaire et monosperme. Cette graine présente sous ses téguments un embryon dépourvu d’albumen, dont les cotylédons, convexes en dehors, plans en dedans, sont charnus et farineux. Le fruit est enveloppé à sa base par la cupule dont nous avons parlé plus haut, indurée et ligneuse.
Le genre Chêne appartient presque exclusivement à l’hémisphère boréal, dont il habite les régions tempérées, ainsi que les hautes montagnes des contrées équatoriales. Les espèces qu’il renferme sont nombreuses et difficiles à distinguer. C'est au genre Chêne que se rapportent les arbres les plus majestueux de nos forêts, à tige robuste et à ramification puissante.
Le Quercus sessiliflora (Chêne, Chêne rouvre, Rouvre), représenté par la figure 372, est un arbre de port et de taille variables, à feuilles pétiolées, oblongues, à peu près ovales, sinuées, à pédoncule fructifère plus court que les pétioles, à fruits arrivant à maturité dans l'année même de l'apparition des fleurs qui les ontproduits. me
Le Quercus pedunculata, où Chène pédonculé, est un arbre ordinairement très élevé, pouvant atteindre 30 à 35 mètres et
une énorme circonférence, grâce à sa puissante longévité. Ses feuilles sont brièvement pétiolées ou presque sessiles. Les pédoncules fructifères sont très longs et les fruits mürissent, comme ceux de l'espèce précédente, l’année mème de l’apparition des fleurs qui les ont produits.
Le Quercus cerris, assez rare et disséminé en France, est remarquable par les écailles de sa cupule, qui sont linéaires, recourbées en dehors et contournées. dans leur moitié supérieure, Dans cette espèce, les fleurs femelles restent stationnaires pendant une année à partir de leur apparition et ne complètent leur évolution qu’à l’automne de la deuxième année.
Le Quercus ilex (Yeuse, Chêne vert) est un arbre de 15 à 18 mètres de hauteur, dont les feuilles sont luisantes en dessus, grises ou blanchätres et tomenteuses en dessous, dont les fruits sont sessiles ou portés par des pédoncules courts, tomenteux, à cupule tuberculeuse, écailleuse, cotonneuse. Il croît dans les lieux arides et découverts de la France méridionale. C'est un combustible de premier ordre. Le bois d’Yeuse est employé, en outre, dans les constructions navales, la menuiserie et l’ébénisterie. |
Le Quercus suber (Chéne-liège), dont nous avons déjà parlé au chapitre de l’Écorce, est assez voisin de l’Yeuse. Ses feuilles persistent jusqu’à la fin de la deuxième et même de la troisième année. C’est, comme nous l'avons dit, la partie subéreuse, très développée, de son écorce, qui produit la substance désignée sous le nom de Lêge. Il croît sur les coteaux ou sur les montagnes de moyenne élévation, et s écarte peu du bassin de la Méditerranée. Limité à quelques contrées du midi de la France, le Chéne liège est l'essence dominante des forêts de l'Algérie. Il y constitue seu ou mélangé, des forêts d’une grande étendue.
Le Quercus coccifera |(Chène du kermès) est un arbrisseau touffu de 2 à 3 mètres, à feuilles persistantes, petites, oblongues, cordées, dentées, épineuses, vertes et glabres, commun dans les lieux secs, pierreux et sablonneux de la région méditerranéenne. C’est sur ce petit Chêne que vit le hermés, insecte hémiptère, dont on retirait une belle teinture écarlate avant l'introduction en Europe et l'emploi de la cochenille du Cactus nopal.
Le Quercus tinctoria, qui croît aux États-Unis, est un autre
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