‹ Histoire des plantesChapitre 68 sur 114 · RARE · texte numérisé non relu

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arbrisseau qui fournit la matière colorante jaune, connue sous le nom de quercitron.

Le Quercus insectoria, ou Chène-galle, qui appartient également à la division des Chënes nains, est un arbrisseau tortueux, qui croît en Orient. Sur ses branches et rameaux se développent, à la suite des piqüres d’un insecte, le cypnis, des excroissances ligneuses, sphéroïdes, formant des espèces de tubercules. Le tannin qui existe dans l'écorce de toutes les espèces de Chênes s’accumule dans ces excroissances morbides produites par la piqûre de l'insecte. On recueille ces tubercules, et on les vend dans le commerce, sous le nom de noir de galle, comme une source abondante de tannin et d’acide gallique.

Le Hêtre (Faqus sylvatica) est une des essences forestières les plus répandues et les plus importantes. Il atteint de grandes dimensions et peut s'élever jusqu’à 40 mètres. Sa tige, droite et circulaire, demeure apparente jusqu’à l’extrémité de sa cime. Elle est quelquefois nue sur une longueur de 20 mètres au-dessous des branches principales. Ses feuilles pétiolées, ovales ou ovales oblongues, ordinairement aiguës ou acuminées, lâächement dentées ou sinuées, ondulées, coriaces, d’un beau vert, à nervures saillantes, ciliées, soyeuses au bord, sont alternes et accompagnées de deux stipules brunâtres. Les fleurs, qui sont unisexuées, paraissent en même temps que les feuilles. Les fleurs mâles sont disposées en chatons globuleux, longuement pédonculés, pendants, à écailles très petites, caduques. Les fleurs femelles sont enveloppées, au nombre de deux ou trois, dans un involucre commun à deux lobes, recouvert à l’extérieur d’une foule de filaments. Le fruit porte le nom de faine. La graine contient un embryon sans albumen, dont les cotylédons sont irrégulièrement plissés en dedans et étroitement cohérents. L'huile qu’on retire de cette graine est comestible et bonne pour l'éclairage.

Le Hêtre est très employé comme bois de chauffage.

Le Chätaignier (Castanea vulgaris) est un grand arbre à végétation rapide et doué d’une grande longévité. Il peut atteindre une hauteur de 30 mètres, en présentant une circonférence énorme. Ses feuilles sont grandes, pétiolées, oblongues, lancéolées, aiguës, fortement dentées, coriaces, glabres, luisantes, à nervures secondaires parallèles très saillantes, accompagnées de deux stipules caduques.

Les fleurs sont unisexuées et paraissent après les feuilles. Les fleurs mâles forment de très petits chatons. Chaque fleur mâle se compose d'un calice à cinq ou six divisions, avec autant ou plus d’étamines, à anthère biloculaire, s’ouvrant en dehors. Les fleurs femelles sont enveloppées, au nombre de deux à cinq, dans un involuere commun, quadrilobé, soudé extérieurement avec des bractéoles nombreuses, linéaires, inégales. Chaque fleur femelle se compose d’un ovaire infère, surmonté d’un limbe calicinal à 5 à 8 lobes et d’un nombre égal de styles. Il renferme un pareil nombre de loges contenant deux ovules anatropes. A l’époque de la maturité, qui arrive en septembre ou octobre, l’involucre est épais, coriace, chargé en dehors d’épines vulnérantes, fasciculées, et renferme 1 à 5 fruits uniloculaires par avortement, connus sous le nom de châtaignes. Le péricarpe en est coriace et fibreux, tomenteux à la face interne. La graine, sous un tégument membraneux, contient un embryon sans albumen, dont les cotylédons sont volumineux, plissés, à fissures plus ou moins profondes, et, comme on le sait, farineux.

La châtaigne est le principal produit que l’on demande à cet arbreutile. Ce fruit fait la de base l'alimentation des populations pauvres du plateau central de la France.

Amélioré par la culture, le Chataiynier a donné le Marronnier, dont on connaît un grand nombre de variétés.

ARTOCARPÉES

Le Fiquer (Ficus carica est originaire des régions méditerranéennes orientale et méridionale. Il fut introduit et cultivé en Europe dès la plus haute antiquité. On le rencontre fréquemment, croissant presque spontanément, dans le midi de la France. Le plus souvent à l’état d'arbrisseau, le Fiquier peut aussi devenir un arbre de 4 à 5 mètres de hauteur. Les feuilles varient de forme sur le mème individu. Elles présentent ordinairement de 3 à 7 lobes, inégaux et obtus. Les fleurs sont unisexueés et placées sur les parois internes d’un réceptaele commun, percé à son sommet d’une petite ouverture, que protègent un grand nombre de bractées imbriquées. Les fleurs mâles ont un calice à 3 sépales, et 3 étamines opposées à ces sépales, à anthères biloculaires s’ouvrant en dedans par deux fentes longi-

ARTOCARPÉES. AI!

tudinales. Les fleurs femelles ont un calice formé de 5 sépales et un pistil composé d’un ovaire supère, surmonté d’un style qui se divise en deux branches stigmatiques. Cet ovaire est uniloculaire et renferme un seul ovule. Le fruit (pour le botaniste, car pour les gens du monde le véritable fruit est ce réceptacle épaissi, charnu et succulent qui constitue la Figue), le fruit, disons-nous, est un akène, et la graine contient sous ses téguments un albumen charnu, dans lequel est un embryon recourbé.

Le Fiquier commun (Ficus camca) vient bien partout, mais il craint les hivers. Il est tellement vivace que quand on l’arrache,

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Fig. 376. Figuier sycomore.

pour peu qu il reste des racines, on voit repousser de nouvelles tiges de ces racines oubliées.

Le suc laiteux de cet arbre est âcre et caustique.

Les principales variétés de Figuier sont, après le Ficus carica le Fiquier des Pagodes, ou Fiquier de Banyan, que nous avons déjà représenté (fig. 12, page 17) en parlant des racines adventives, et le Fiquier sycomore, connu en Orient sous le nom simple de Sycomore; nous le représentons dans la figure 376.

On à fait une famille particulière (Morées) du genre Mürier, mais il est plus simple de le ranger, près du Figuier, dans la famille des Arfocarpées.

Le Mürier (Morus papyrifera) est un arbre dont l'importance est grande en agriculture, non comme arbre fruitier, mais parce que ses feuilles servent de nourriture au ver à soie. Les espèces de ce genre sont assez nombreuses, mais la seule qui intéresse l’agriculteur est le Mérier blanc.

Originaire de la Chine, le Mérier blanc fut d’abord transporté dans l'Inde, et de là dans la Perse, d'où 1l passa en Europe, vers 1540. On commença à cultiver cet arbre en Sicile et en Italie. Les compagnons de Charles VIII dans les guerres d Italie rapportèrent en France, à Montélimar, les premiers pieds de Mürier, et tout le monde sait que ce fut Henri IV qui établit les premières pépinières de Müriers aux Tuileries, à Paris. Olivier de Serres contribua beaucoup à répandre dans le midi de la France la culture du Mûrier, qui n'avait, on le comprend, d'autre but que l'élevage du ver à soie. Aujourd'hui, le Murier blanc a pris possession des Cévennes, où il est l’objet d’une culture à peu près exclusive.

Le Mérier blanc est un arbre de 4 à 5 mètres de haut. Le tronc se divise en branches épaisses et nombreuses, qui forment une tête arrondie. Les feuilles sont pétiolées, ovales, un peu échancrées et assez aiguës à leurs extrémités, dentelées sur leurs bords, et, comme nous l'avons fait remarquer dans une autre partie de ce volume, tantôt entières et tantôt découpées, bien que sur le même arbre. Leur couleur est d’un vert luisant, non velues audessus, mais tomenteuses au-dessous. Les fleurs sont mâles ou femelles, disposées en chatons ovoïdes. Les mâles ont quatre étamines, les femelles un ovaire cordiforme libre, surmonté de deux styles allongés. Le calice est à folioles ovales et concaves. Le fruit, qui rappelle beaucoup la fleur, est une baie charnue, succulente; on l'appelle Mure.

La müre, était fort appréciée sur les tables des anciens. Virgile, dans une de ses Egloques, dépeint la nymphe Æglé, la plus belle des Naïades, barbouillant de suc de la mûre le front et les tempes de Silène, ivre encore du vin qu'il avait bu la veille.

.... Timidisque supervenit Ægle Ægle Naïadum pulcherima ; jamque videnti Sanguineis frontem moris et tempora pingit !.

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