‹ Histoire des plantesChapitre 76 sur 114 · OMBELLIFÈRES · texte numérisé non relu

OMBELLIFÈRES

belles. Elles sont petites et de couleur verdâtre. Le calice présente un limbe formé de cinq dents, très petites. La corolle se compose de cinq pétales libres, elliptiques, entiers, courbés en dedans. Il y a cinq étamines alternant avec les pétales, saillantes, attachées au filet par leur dos, s'ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Le pistil est formé d'un ovaire infère, surmonté de deux. styles divergents, terminés par un petit stigmate ovoide. Cet ovaire présente deux loges; chaque loge renferme un ovule anatrope suspendu. A la maturité, le fruit, qui est ailé, constitue deux akènes (un pour chaque loge), lesquels finissent par se séparer et demeurent suspendus à l’extrémité de deux filets qui sont des prolongements du réceptacle. Chaque akène renferme une graine presque entièrement formée d’un albumen corné, vers l'extrémité supérieure duquel est niché un petit embryon cylindrique.

La famille des Ombellifères est une des plus importantes du règne végétal, autant par le nombre des espèces qui la composent, que par les propriétés médicinales et économiques propres à ces plantes.

Un des traits caractéristiques de l’organisation des Ombellifères consiste dans la présence, au sein du fruit, de réservoirs ou canaux, qui contiennent des huiles volatiles aromatiques.

L'Angélique (Archangelica officinalis), que nous venons d'examiner, renferme en abondance un suc aromatique ei stimulant. On la cultive principalement pour les confiseurs, qui préparent avec ses jeunes tiges des conserves sucrées, parfumées, dépouillées de l’amertume et de l’âcreté de la plante. L’Angélique sylvestre, qui croît aux environs de Paris, au bord des eaux et dans les lieux marécageux, a des propriétés analogues, mais à un moindre degré. Il en est de même de l’Zmpératoire et de la Livéche.

Un grand nombre d'Ombellifères cultivées dans toute l’Europe fournissent des fruits d’une saveur chaude et aromatique, qui ont été employés, de temps immémorial, comme condiment. Tels sont l’Anis (Pimpinella anisum), le Cuman (Cuminum cyminum), V'Aneth (Anethum graveolens), la Coriandre (Coriandrum sativum), le Carvi (Carum carvi), le Fenouil (Fæœniculum vulgare), etc. |

Plusieurs Ombellifères occupent dans nos potagers une

place importante. La racine de la Carotte sauvage (Daucus carota), si commune dans nos prairies, est petite, dure, fibreuse, d’une saveur âcre. Cette racine, à l’état agreste, ne saurait être mangée; mais, sous l'influence de la culture, elle devient charnue, volumineuse, féculente et sucrée, tout en demeurant aromatique.

Le Panais (Pastinaca sativa) croît spontanément dans les prairies de toute l’Europe. Il a, comme la Carotte, une racine pivotante, que la culture a rendue alimentaire, mais dont la chair est pâteuse et légèrement amère.

L'Ache odorante (Apium graveolens) prend le nom de Céleri lorsqu'elle est cultivée. Ses racines, très âcres à l’état sauvage, et d’une odeur forte, prennent, sous l'influence de la culture, une saveur plus douce. Ses longs pétioles, quand ils ont été décolorés et attendris par le séjour de la plante dans l’obscurité, ne sont pas indignes de paraître sur nos tables.

Le Persil (Petroselinum sativum), indigène dans le midi de l’Europe, est maintenant cultivé partout, à cause deses feuilles. Il en est de même du Cerfeuil (Scandix cerefolium).

Quelques Ombellifères ont des propriétés vénéneuses ou narcotiques. Il faut citer en première ligne, à cet égard, la grande Ciquë ou C'iquë officinale (Conium maculatum). On la trouve sur le bord des chemins, dans les décombres, les cimetières, au voisinage des habitations. Sa racine est en forme de fuseau et de couleur blanche. Sa tige herbacée droite, rameuse, haute de 1 à 2 mètres, glabre, c’est-à-dire sans poils, cylindrique, glauque, un peu striée, est marquée de taches d’une couleur pourpre foncée. Ses feuilles sont alternes, très grandes, découpées, à folioles allongées, profondément dentées. Ses fleurs sont blanches, petites, disposées en ombelles terminales, composées d’environ 10 à 12 rayons. Les pétales sont presque égaux, à peu près en forme de cœur, sessiles. Le fruit, globuleux, offre sur chacune de ses deux moitiés latérales cinq côtes saillantes et crénelées, en sorte qu’il paraît tout couvert de petites aspérités ou de tubercules arrondis.

Toutes les parties de la grande Ciquë, froissée entre les doigts, exhalent üne odeur herbacée, vireuse et désagréable. Personne n'ignore que celte plante constitue un poison violent pour l’homme et pour beaucoup d'animaux. Les moyens propres à combattre l’empoisonnement par la grande Ciquë consistent à

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provoquer le vomissement et à administrer ensuite des boissons toniques.

La Ciguë et ses propriétés toxiques ont été connues depuis les temps les plus reculés. C’est en buvant le suc de cette plante que Socrate et Phocion furent récompensés des services qu'ils avaient rendus à la Grèce.

La Ciguë vireuse (Cicuta virosa) est encore plus active et plus délétère que la grande Ciquë. Elle est heureusement très rare dans les environs de Paris, où elle croît sur les bords des étangs, des fossés et des marais tourbeux.

Citons enfin l’Æthusa cynapium, ou petite Ciquë, qui se trouve communément dans les lieux cultivés.

Dans les potagers, on peut facilement prendre la petite Ciquë, lorsqu'elle n’est point encore suffisamment développée, ou en fleurs, pour le Persil, auquel elle ressemble beaucoup. On la distingue de cette herbe potagère aux caractères suivants. Les feuilles du Persil sont deux fois divisées, ses folioles sont larges, partagées en trois lobes sub-cunéiformes et dentés; la petite Ciquë a les feuilles trois fois divisées, ses folioles sont plus nombreuses, plus étroites, aiguës, incisées et dentées. D'ailleurs, l'odeur du Persil est agréable et aromatique, tandis que celle de la Ciquë est nauséabonde et vireuse. Si les deux plantes sont en fleur, on les distinguera au premier coup d'œil, car les fleurs du Persil sont jaunätres, tandis que celles de la Ciquë sont blanches. La tige présente aussi pour ces deux plantes des caractères différentiels: celle de la petite Ciquë est presque lisse, rougeâtre inférieurement, et un peu maculée de rouge foncé ; la tige de notre légume aromatique est, au contraire, cannelée et de couleur verte.

La petite Ciquë renferme un alcaloïde organique, la cicutine, qui agit comme les poisons narcotico-âcres.

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La Vigne (Vitis vinifera) est un arbrisseau sarmenteux, originaire de la Mingrélie et de la Géorgie, entre les montagnes du Caucase, de l’Ararat et du Taurus. Ses feuilles sont cordiformes, à cinq lobes sinués-dentés. La Vigne se cramponne aux objets, le long desquels elle grimpe, à l’aide de vrilles, qui

naissent des rameaux, juste en face du point où sont insérées les. feuilles. ,

Les fleurs de la Vigne sont disposées en une panicule multiflore, que tout le monde a vue. Ses fleurs, très petites et verdâtres, ont une odeur douce, qui, au printemps, parfume les campagnes du midi de la France, où cet arbuste est cultivé sur d'immenses surfaces.

Quelle est l’organisation des fleurs de la Vigne (fig. 406)? Le calice est très court, et se compose de 5 dents, à peine visibles. La corolle est formée de 5 pétales cohérents au sommet, et se détachant par le bas tout d’une pièce, comme une petite calotte, après la floraison. A ces 5 pétales sont opposées » étamines, à filets libres, à anthères biloculaires s’ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales et attachées sur le filet par leur dos. Au centre de la fleur se dresse un ovaire libre, entouré, à sa base, par un disque glanduleux, etsurmonté d’un stigmate sessile à tête aplatie. Cet ovaire est divisé en deux | loges et chaque loge ren-

rue Faites Sas. ferme deux ovules colla-

téraux ascendants à la

base de la cloison et anatropes. Chacun de ces ovaires devient une baie globuleuse, qui estle grain de raisin, et qui contient (lorsqu'il n'ya pas eu d’avortement) quatre graines, ou gepins. Ces graines, dont le test est osseux, renferment un très petit embryon, droit, dans l’axe d’un albumen charnu très abondant.

Le raisin bien mûr est un de nos fruits les plus délicieux. Il est, en outre, nutritif, rafraîchissant et salubre. Les raisins

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secs ne sont pas moins utiles, ni d’un goût moins agréable. On les prépare en faisant sécher au four les raisins frais, ou en les exposant, sur des claies, aux ardeurs du soleil. Les plus estimés sont ceux qui viennent de la Syrie, des iles de la Grèce et des contrées méridionales de l’Europe. On les appelle raisins de Corinthe, de Damas, de Malaga, suivant le lieu où ils ont été récoltés. Depuis l'invasion de nos vignobles par le phylloxéra, les raisins secs qui, autrefois, n’avaient qu’une médiocre importance commerciale, sont devenus l’objet d’une exportation considérable de l'Orient en Europe.

Il faut à la Vigne un climat tempéré, mais la prospérité de cet arbuste dépend moins de la température moyenne du pays que de la chaleur de l’été, qui doit être suffisante pour mürir ses fruits, et durer jusqu’à l’automne, saison pendant laquelle s'achève la maturation du raisin.

C’est pour cela qu'un si petit nombre de pays sont propres à la culture de la Vigne.

Les pays dans lesquels la Vigne prospère assez pour pouvoir mrir ses fruits et donner du vin sont : en Europe, l'Espagne, la France, l'Autriche, l'Italie, la Turquie; en Asie, la Russie méridionale, la Turquie d’Asie, l’Arménieet la Perse; en Amérique la côte occidentale du continent du Sud, c’est-à-dire le Chili et le Pérou; en Afrique, l'Algérie, le Cap de Bonne-Espérance et les îles du Cap-Vert.

Dans beaucoup d’autres pays la Vigne est cultivée et portedes fruits, mais, la température chaude ne se maintenant pas assez longtemps, le raisin n'arrive pas à une maturité suffisante pour permettre d’en obtenir du vin.

Les pays qui cultivent la Vigne pour ses fruits seulement sont : en Afrique, le Maroc, l'Egypte, la Nubie; en Asie, la Turquie d’Asie, l'Asie Mineure, le Turkestan, la Chine, le Japon, le bord occidental de l'Arabie, l’île de Java, et Sydney dans l’Australie.

Il existe un grand nombre de variétés de Vignes, dont les produits peuvent encore différer entre eux par l’effet de la culture. Les coteaux bien isolés donnent les vins les plus estimés. L'influence de la température est telle que, surun même coteau, on obtient, à des hauteurs variables, des qualités de vin variables aussi. Quant à l'influence qu’exerce la composition du sol, elle paraît porter davantage sur le bouquet que sur la qualité

des vins. On fabrique, en effet, d'excellents vins avec des raisins venus sur des terres de nature très différente. C’est sur un sol argilo-calcaire que se trouvent les meilleurs crus de la Bourgogne; ceux de la Champagne proviennent d’un terrain éminemment calcaire ; les Vignes de l'Hermitage mûrissent leurs fruits sur un sol granitique; celles de Châteauneuf sur un sol siliceux; des sables gras produisent les vins de Graves et de Médoc ; un sol schisteux produit le vin de Lamalgue, près de Toulon.

Il est très important de choisir convenablement les engrais qu'il faut fournir à la Vigne. Ceux qui sont trop actifs accroissent la quantité de produit aux dépens de la qualité ; ceux qui sont trop fétides altèrent l’arome du vin. Les engrais les mieux appropriés à la Vigne sont les engrais inodores et dont la décomposition est lente, comme les chiffons de laine, les rognures de corne. Les cendres de sarments constituent un amendement minéral excellent, parce qu’elles rendent à la vigne les sels de potasse que les récoltes enlèvent au sol chaque année.

La France est le pays privilégié entre tous pour la production du vin, c’est-à-dire pour la maturation de la Vigne. Avant l'invasion du phylloxéra, deux millions d'hectares de terrains étaient plantés en Vignes. Malheureusement, la production du vin subit en ce moment un temps d'arrêt funeste, par suite des ravages de l’imperceptible et fatal insecte qui, depuis 1870 environ, a envahi nos vignobles. Dans le midi de la France, le centre le plus important de la viticulture, les départements de l'Hérault, du Var, des Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes, le Gard, une partie de l’Aude, ont arraché leurs Vignes, et des propriétaires qui récoltaient 500 muids de vin par an n’ont pas un raisin à manger. Depuis 1879 La Bourgogne est atteinte, la Savoie infectée. Le Bordelais continue de se débattre en vain contre un mal qui ne fait que s'étendre. Les Charentes sont depuis longtemps envahies, et les sources de leurs eaux-de-vie supprimées. Les vignobles de l'Indre sont atteints, ceux de l'Aube bien malades et la Nièvre est menacée. 1 n'ya pas jusqu’à Fontainebleau, en Seine-et-Marne, qui ne conçoive des inquiétudes.

Quant à l'étranger, la Suisse ne peut plus se dissimuler les périls qu’elle court, et l'Espagne a vu avec terreur lapparition du terrible puceron dans les vignobles de Malaga.

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Bref, il serait plus court de dire où n’est pas le phylloxéra que de rechercher les lieux qu'il occupe. Les vins, qui rapportaient au budget français un revenu annuel de 300 millions, qui figuraient pour 2 milliards dans la fortune générale de la France, qui formaient un élément important du trafic des chemins de fer, dans un grand nombre de nos départements, sont menacés de disparaître, et avec eux cette vivacité, cet enjouement que leur usage donne au caractère national.

Les propriétaires ont courageusement lutté contre le terrible insecte qui tue la Vigne en l’attaquant dans sa vie souterraine, c’est-à-dire en détruisant les racines et radicelles de l’arbuste, qu'il prive ainsi presque soudainement de ses moyens de nutrition. Mais la profondeur à laquelle il se trouve, et qui n’atteint pas moins de 60 à 75 centimètres, ainsi quesa prodigieuse puissance de multiplication, enfin ses divers modes de transport d’un lieu à un autre, ont rendu la lutte à peu près impossible contre cet inaccessible insecte, tantôt caché dans la profondeur du sol, tantôt cheminant sur la terre, tantôt emporté par le vent.

Deux systèmes cependant ont une efficacité certaine pour la destruction du phylloxéra : la submersion des Vignes, préconisée et mise en œuvre avec le plus complet succès, par M. Louis Faucon de Graveson (Bouches-du-Rhône), et le sulfure de carbone injecté dans le sol et agissant comme insecticide.

Le procédé de la submersion est à peu près infaillible. Partout où l’on peut noyer les ceps pendant l'hiver, c’est-à-dire dans les vignobles de plaine parcourus par un cours d’eau, on a sous la main le remède, et le remède certain. Noyé pendant deux mois sous la terre recouverte d’eau, le phylloxéra est tué. Malheureusement, le cas est rare, les vignes étant plantées généralement sur des lieux élevés ou inclinés et non dans des plaines au niveau des rivières.

Depuis l’année 1870 les Académies, les Sociétés d'agriculture et les Conseils généraux des départements se sont appliqués à l’envi à chercher et à reconnaître les moyens les plus sûrs d’anéantir le terrible insecte. Il est résulté de cet ensemble d’études que le sulfure de carbone, versé dans les profondeurs du sol, est un moyen assuré de débarrasser les vignes de leur ennemi. Les applications de sulfure de carbone aux Vignes phylloxérées faites dans diverses parties de la France

ont donné des résultats qui ne permettent d'élever aucun doute sur l'efficacité de cet insecticide.

Ces résultats démontrent, en outre, qu'avec quelques soins et un peu de prudence l’emploi du sulfure de carbone est sans danger pour l’arbuste.

Les viticulteurs qui ont expérimenté le sulfure de carbone sen sont montrés satisfaits, et la consommation de ce produit par l’agriculture française est aujourd’hui considérable. D'après une communication de M. Paul Thénard à l’Académie des sciences, le 1° novembre 1879, la quantité de sulfure de carbone livrée au commerce par la Compagnie du chemin de fer de Lyon-Méditerranée, qui s’est adonnée à cette fabrication, n'aurait pas été de moins de 300,006 kilogrammes pendant la dernière année, c'est-à-dire en 1878-1879. Partout où les circonstances ont été favorables, les vignobles traités par le sulfure de carbone se sont régénérés avec une rapidité remarquable.

Toutefois, le prix du sulfure de carbone est assez élevé, si on le compare à la valeur de la marchandise à préserver, et, dans le midi de la France, l’eau qu’il faut employer pour étendre la liqueur insecticide manque trop souvent. Ces deux circonstances rendent difficile l'emploi du sulfure de carbone.

Après la submersion et les insecticides, un troisième système s’est fait jour. C’est la substitution de plants nouveaux, inattaquables par le phylloxéra, aux plants actuellement usités. Ces plants nouveaux sont d’origine américaine, et l’on se flatte que le plus grand nombre peut résister aux attaques du phylloxéra. Depuis l’année 1875 beaucoup de grands propriétaires de l'Hérault et du Gard essayent de reconstituer leurs vignobles détruits en plantant des vignes américaines.

Certaines variétés de Vignes d’origine américaine ont les racines formées d’un bois tellement serré que la piqûre de l’insecte n’a pas les conséquences funestes qu’elle produit sur les racines des Vignes françaises. Dans nos vignes indigènes l’altération des tissus par le phylloxéra est profonde; elle atteint jusqu’au centre de la racine. La piqüre produit sur la racine une sorte de tubérosité, qui ne tarde pas à pourrir. Les radicelles s’arrêtent dans leur développement, entraînant, par ce fait, la mort de la plante. Dans les Vignes américaines, au contraire, l’alté-

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ration est superficielle; la radicelle continue à pousser à travers le renflement anormal, et la végétation n’est nullement arrêtée.

Faisons bien remarquer que les nouvelles Vignes ne sont pas introduites dans le pays pour la production définitive du raisin et du vin. La plupart des Vignes américaines donnent des fruits qu'il serait difficile, à cause de leur saveur spéciale, d'utiliser comme raisins de bouche ou même pour la production du vin. Il en est cependant qu’on pourra employer directement : tel est, entre autres, le Jacquez. Le vin qu'on en a obtenu est d'une magnifique clou si belle qu’on a pu s’en servir en guise d'encre. Il contient, en outre, une proportion d’alcool qui dépasse celle des vins les plus riches de la région Montpelliéraine : elle atteint en effet 14 pour 100.

C'est uniquement pour servir de porte-greffe que l'on essaye de cultiver, dans le midi de la France, les Vignes américaines. La racine ayant résisté aux ravages de l’insecte, on peut, une fois l’arbuste en pleine végétation et âgé de six ou sept ans, greffer sur sa tige les variétés françaises qui poussaient dans la localité.

Telle est donc l’opération agricole en laquelle on a, dans le midi de la France, une confiance à peu près générale pour la reconstitution des Vignes.

Pour définir exactement, au point de vue botanique, les Vignes américaines qui sont en culture dans le midi de la France, nous emprunterons quelques lignes à un travail publié en 1878 par

M. G. Planchon, professeur à l'École supérieure de pharmacie de Paris.

« Les Vignes américaines appartiennent toutes, dit M. G. Planchon, à des types différents de notre Vigne indigène (Vitis vinifera). Ce sont des espèces parfaitement distinctes, originaires du sol américain, et dont les nombreuses variétés peuvent se grouper, d’après les botanistes, de la manière suivante :

« 17e espèce. — Vitis labrusca L. Feuilles revêtues en dessous d’un duvet serré ; gros grains à pulpe peu fondante, à goût foxé, c’est-à-dire rappelant un peu la saveur de cassis ou de framboise.

« La variété de ce type qu’on cultive surtout est le Concord.

« L’Isabelle, qui s’y rattache aussi, et qui est depuis longlemps connue en Europe, n’a pas une résistance assez marquée au phylloxéra pour qu’on la recommande dans les cultures.

« 2e espèce. — Vitis æstivalis Michx. Feuilles entières ou plus souvent lobées, épaisses, les adultes portant sur les nervures et les veinules de la

face inférieure un duvet floconneux. Grains à pulpe fondante, acidule, non

foxée.

« De nombreuses variétés de ce type sont introduites dans nos cultures ;ce sont les Cuningham, Cynthiana, Herbemont, Jacquez, Rulan-

der, etc.

« 3e espèce. — Vitis cordifolia Torrey et Gray et sa variété riparia (Vitis riparia Michx). Feuilles membraneuses, glabres, ou à pubescence peu abondante. Grains petits et à pulpe fondante, souvent acidulés, rarement foxés.

« Les variétés principales sont le Clinton et le Taylor.

« Nous ne parlons ici, bien entendu, que des variétés introduites dans nos pays. D’autres espèces existent en Amérique, que, pourdiverses raisons, on n’a pas cherché à cultiver en France. »

Pendant la réunion qui se tint à Montpellier, au mois de septembre 1879, pendant la session de l’Assocation française pour l'avancement des sciences, une séance fut consacrée à l'examen des différentes questions qui concernent le phylloxéra. La plupart des propriétaires reconnurent que le seul moyen de reconstituer les Vignes détruites, c’est l'introduction des ceps américains, qui offrent une résistance remarquable aux ravages de l’insecte. Selon M. G. Planchon, il faudrait choisir les espèces du groupe des Ripariées, des Labrusces et des æstivalis. Le Vitis æstivalis paraît une des espèces qui pourrait devenir particulièrement utile aux cultivateurs.

Ces dernières variétés présentent une résistance qui a été établie par un grand nombre de faits bien constatés et qui s'explique par la structure particulière des racines, dont les tissus sont en général extrêmement denses. L'expérience a prouvé qu’en effet la résistance des vignes est en raison de la densité du tissu des racines.

La réussite des cépages américains dépend, au reste, essentiellement des terrains sur lesquels ils sont plantés. Les sols les plus convenables sont ceux dont la composition présente une certaine proportion de silice et de fer. M. Viala pense même que ce dernier élément est indispensable. S'il manque, il est avantageux de l’introduire dans le sol avec les engrais.

Nous ajouterons qu’outre la nécessité de bien choisir le terrain propre à chaque variété, une autre difficulté réside dans les soins à donner à ces nouvelles plantations. Il faut beaucoup d'expérience et de connaissances agricoles pour amener à bien une plantation de Vigne américaine, et le meilleur résultat est promis à celui-là seul qui cultive avec intelligence

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et persévérance. À ces conditions on peut espérer, dans un avenir plus ou moins prochain, la reconstitution des Vignes détruites.

Nous ne terminerons pas cette digression sur les Vignes américaines, sans ajouter que les congénères américaines de la Vigne produisent des baies acerbes, et qu’une espèce, appartenant au genre Cüissus, voisindes Vitis, connue sous le nom de Vigne vierge, sert à former d’élégants berceaux, ou à tapisser la nudité de nos murs d’un magnifique manteau de feuilles d'un beau vert luisant, qui deviennent pourpres à l’automne.

La Vigne vierge était connue et employée pour l’ornement de nos jardins bien avant que l'invasion du phylloxéra eût fait songer à demander à l'Amérique de nouvelles variétés de la vigne.

RIBÉSIACÉES.

Les Groseilliers (fig. 407) sont des arbrisseaux souvent armés d’épines placées au-dessous de la feuille. Celles-ci sont alternes ou fasciculées, à limbe palmilobé, à pétiole dilaté à la base.

Les fleurs sont disposées en grappes axillaires dans les espèces dépourvues d’aiguillons; solitaires, ou peu nombreuses, dans les espèces à aiguillon.

Leur calice est monosépale, à à divisions, et la corolle a 5 pétales libres alternantavec les sépales; » étamines périgynes sont opposées aux sépales.

Leurs filets sont libres, leurs anthères biloculaires, s’ouvrant en dedans par deux fentes longitudinales. Le pistil se compose d’un ovaire infère, surmonté de deux styles courts, à stigmates

Fig. 407. Fleur de Groseillier rouge.

obtus. A l’intérieur de l'ovaire, qui est uniloculaire, on observe deux placentas, chargés d’ovules nombreux, horizontaux et anatropes. Le fruit est une baie, couronnée par le limbe persistant du calice et les pétales desséchés. Les graines qu'il renferme (dont le tégument externe devient gélatineux, tandis que l’interne est crustacé) contiennent un albumen presque corné, très abondant, à la base duquel se trouve un très petit embryon droit.

Plusieurs espèces de Groseilliers sont cultivées dans les jardins comme plantes d'ornement : tels sont les Rtbes aureum, Ribes sanquineum, ete. ; ou comme plantes alimentaires : tels sont le Ribes uva crispa ou Groseillier à maquereau, le Ribes rubrum ou Groseillier à grappes, et le Ribes nigrum ou Cassis. Le premier est un arbuste très épineux, surtout à l’état sauvage ; ses fleurs sont solitaires ou géminées, et varient beaucoup dans les jardins pour la grosseur et la couleur des fruits. Le second n’est pas épineux ; ses fruits en grappe sont rouges ou blancs. Le troisième a des grappes lâches de baïes noires, contenant, ainsi que les feuilles, un principe résineux aromatique.

RENONCULACÉES.

Pour donner une idée suffisante de cette importante famille, nous étudierons successivement l’Ancolie, l'Ellébore, le Pied-d'alouette, Y' Aconit, la Renoncule, la Clématite et la Pivoine.

Les gens de la campagne, frappés de la forme et de l’élégance de l’Ancolie (fig. 408), ont nommé ses fleurs Gants de Notre-Dame. Ses pétales sont façonnés en forme de cornets creux, recourbés à leur extrémité. Il y en a cinq, qui alternent avec autant de sépales, plans et pétaloïdes. Les étamines sont nombreuses, disposées en dix phalanges, dont cinq alternent avec les pétales et cinq alternent avec les sépales. Leurs anthères sont appliquées contre les filets par toute leur face intérieure et s'ouvrent par deux fentes latérales. Dix de ces étamines, représentées seulement par des filets dilatés sous forme d’écailles membraneuses d’un blanc argenté, plissées sur leurs bords, s'appliquent sur le pistil. Ce dernier organe se compose de

RENONCULACÉES. 477

cinq ovaires libres, uniloculaires, contenant plusieurs ovules anatropes, insérés sur deux séries verticales contiguës. Ces

Fig. 408. Ancolie.

ovaires se changent, à la maturité, en cinq follicules libres. Les graines qu'ils renferment contiennent un embryon très petit, placé à la base d’un albumen corné très abondant. Quant aux organes de la végétation, les tiges sont solitaires, ou plus ou

moins nombreuses, droites, pluriflores, rameuses supérieurement. Les feuilles, la plupart radicales, sont longuement pétiolulées, à divisions de premier ordre longuement pétiolulées et à lobes incisés.

Voilà l’Ancolie (Aquilegta vulgaris) dans sa simplicité primitive, telle qu’on peut la trouver dans les bois montueux, sur la lisière des forêts, à Bondy, Montmorency, Saint-Germain, Versailles, etc. Mais la culture a opéré dans l’Ancolie des modifications bien curieuses. On voit fréquemment, en effet, les cinq pétales en cornet en renfermer d’autres, emboîtés par séries, pendant que cinq autres séries semblables se trouvent vis-à-vis des sépales. [1 peut même arriver que la fleur soit entièrement composée de séries de cornets emboîtés les uns dans les autres. Dans d’autres variétés, au contraire, au lieu de cornets creux, on ne trouve plus que des pétales ovales et presque plans, souvent en nombre considérable. Comme dans tous ces cas les étamines deviennent d'autant plus rares que les pétales surnuméraires deviennent plus nombreux, on est porté à penser que la formation de ces pétales n’est point sans quelque relation avec la mélamorphose des étamines.

Les Ellébores ont un calice à cinq sépales, une a. à 5-10 pétales, courts, tubuleux, bilabiés, des étamines en nombre indéfini et des pistils dont le nombre varie de 2 à 10. Ils sont un peu cohérents à la base, et l'ovaire contient deux séries d'ovules, comme dans le genre Ancolie. Le fruit est également un follicule.

Pour donner au lecteur une idée de l'aspect des plantes propres à ce genre, nous lui présenterons le Pied-de-Griffon ou Ellébore fétide (Elleborus fœtidus), assez commun dans les lieux pierreux, sur les bords des chemins, dans les clairières des bois, aux environs de Paris. C'est une plante à odeur vireuse, dont la souche épaisse, ordinairement verticale, se termine par une racine pivotante. Les tiges, qui persistent pendant l'hiver, sont longues de 3 à 7 décimètres, robustes, droites, nues dans leur partie inférieure, feuillues supérieurement ; elles se partagent en rameaux florifères. Les feuilles, toutes caulinaires, très coriaces, d’un vert foncé, sont pétiolées, à segments lancéolés, étroits, dentés, ordinairement libres jusqu’à la base. Les fleurs sont penchées, disposées en corymbe rameux. Les sépales sont concaves, dressés, verdâtres, souvent

RENONCULACÉES. 479 bordés de pourpre. Les follicules sont oblongs, terminés en un long bec.

Tous les Ellébores intéressent les amateurs de jardins, parce que la plupart fleurissent pendant l'hiver; tels sont en particulier l'Ellébore noir ou Rose de Noël, etle petit Ellébore jaune connu des botanistes sous le nom d’Eranthis hyemalis, qui fleurit dès que les neiges commencent à fondre.

Les Dauphinelles (Delphinium) ont un calice à cinq sépales pétaloïdes, inégaux, le supérieur redressé en cornet pointu, en éperon, ou comme la queue d’un dauphin, ce qui leur a fait donner leur nom. Les pétales, au nombre de quatre dans certaines espèces, sont réduits à un seul dans d’autres, par suite de phénomènes d’avortement et de soudure; car à l'origine il y a toujours huit pétales, dont six se développent par paire en face de trois des sépales, et dont deux se développent isolément en face des deux autres sépales. Quoi qu’il en soit, les deux pétales supérieurs dans un cas, le pétale unique et supérieur dans l’autre cas, se prolongent en un cornet pointu, inclus dans l’éperon du calice. Les étamines, très nombreuses, sont disposées en huit séries, opposées aux huit pétales originaires. Les carpelles, au nombre de un à cinq, libres, sessiles, verticillés et qui se changent plus tard en follicules, occupent centre de la fleur.

On trouve fréquemment aux environs de Paris, dans les moissons, dans les champs cultivés, le Delphinium consolida, connu vulgairement sous le nom de Pied-d’alouette des champs, Pied-d'alouette sauvage, Éperon de chevalier. Sa tige est grêle, droite, à rameaux, nombreux; ses feuilles, découpées en petites lanières; ses fleurs, bleues ou blanches, en grappes courtes, forment une panicule.

On cultive de fort belles espèces de Dauphinelles dans les jardins, telles que les Delphinium elatum, Delphinium grandiflorum, etc., espèces vivaces, originaires de la Sibérie; une des plus élégantes est le Dc/phinium Ajacis, plante originaire d'Orient et d'Algérie, qu’on rencontre souvent dans le voisinage des jardins, d’où elle a disséminé ses graines.

Le genre Aconit (Aconitum) offre cinq sépales pétaloïdes, inégaux, dont le supérieur façonné en forme de casque(fig. 409) recouvre la corolle. Ce dernier organe se compose de deux à huit pétales, dont les deux supérieurs offrent un onglet

allongé, et se terminent en capuchon renversé, tandis que les inférieurs sont très petits, filiformes, souvent nuls. Les étamines, nombreuses, sont disposées en séries, comme dansles Dauphinelles; on trouve au centre de la fleur trois à cinq pisüls qui deviennent des follicules.

L'Aconit est une herbe narcotico-âcre, très vénéneuse, mais qui, appliquée avec discernement, constitue un médicament éminemment utile. On l’emploie contre les névralgies, les paralysies, les rhnumatismes, l'infection purulente, etc.

L'espèce la plus vénéneuse est l’Acont ferox, qui croit dans l'Himalaya, en Asie. L’Aconit napells est notre espèce offici-

Fig. 409. Fleur de l'Aconit napel. Fig. 410. Renoncule.

pale. Elle est très rare aux environs de Paris, mais les touristes la rencontrent fréquemment dans les montagnes de la Suisse et du Jura. Elle élève à 12 décimètres de hauteur ses tiges droites, simples, un peu rameuses supérieurement, munies de feuilles d’un vert foncé et luisantes en dessus, d’un vert pâle en dessous, à 5-7 segments, divisés en lobes oblongs, incisés. Ses fleurs (fig. 409), qui sont bleues et d'un aspect clégant, forment des grappes allongées; on voit deux petites bractées au-dessous de chaque fleur.

Les Renoncules (Ranunculus, fig. 410) ont le calice coloré en vert et composé de cinq sépales. La corolle présente cinq pétales, munis, à la base interne de leur onglet, d’une écaille, ou d’une fossette nectarifère. Les étamines et les pistils sont très nombreux. Les premières offrent la structure ordinaire ; mais les seconds, qui sont disposés en tête globuleuse ou oblongue et prolongés en un bec court, renferment un seul ovule,

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ascendant et anatrope. [ls deviennent plus tard des akènes.

Beaucoup d’espèces de ce genre possèdent une propriété vésicante, c’est-à-dire qu'appliquées sur la peau elles y produisent une irritation qui va jusqu’à déterminer la destruction de l’épiderme et la formation d’une petite plaie : telles sont les Ranunculus flammula (petite Douve), linqua (grande Douve), arvensis (Bassinet des champs), bulbosus (pied de Corbin, pied de coq), acris (Bassinet, Bassin d’or), sceleratus (scélérate), qui sont communes aux environs de Paris. Quand on distille ces plantes avec de l’eau, le liquide condensé et recueilli contient un principe tres âcre. Les animaux ne touchent pas aux ARenoncules, quand elles sont fraiches; cependant ces plantes desséchées sont bonnes pour faire du foin.

A côté des Renoncules, nous citerons les Anémones, les Hépatiques, les Adonis.

Les Clématites (Clemats) ont un calice à quatre divisions pétaloïdes et sont dépourvues de corolle. Les étamines et les pistils sont nombreux, comme dans les Renoncules. Ces pistils sont uniloculaires ; ils deviennent des akènes à graine renversée et surmontés d’une sorte de queue plumeuse, résultant de l’accroissement du style après la floraison. Les feuilles des C/ématites sont opposées, et leur tige ordinairement ligneuse, sarmenteuse, grimpante.

Dans les haies, les buissons, les taillis au nord de la France, on trouve souvent le Clematis vitalba (vulgairement Zerbe-auxqueux), dont les feuilles pilées, appliquées sur le corps, produisent la rubéfaction, la vésication et l’ulcération de la peau. Les mendiants se servent quelquefois de cette plante pour se procurer des ulcères artificiels et momentanés : de là son nom vulgaire. On rencontre quelquefois dans le voisinage des jardins le Clematis flammula (vulgairement Clémattie odorante), que l’on plante assez souvent pour garnir les palissades et les berceaux, et qui se distingue de l'espèce précédente par ses sépales tomenteux seulement aux bords. On entoure fréquemment les bosquets de Clematis viticella, dont les sépales sont violets, pourpres ou roses, et dont la fleur double par la culture.

On voit quelquefois, à côté de cette dernière espèce, l’Atragène des Alpes, remarquable par la beauté de ses grandes fleurs, d’un bleu violet. Le genre Atragène se distingue du genre

Clematis par l'existence d’une corolle composée de pétales nombreux plus courts que les sépales. :

Les Pivoines (Pæonia) ont le calice foliacé, coriace, persistant, à sépales inégaux. La corolle se compose de cinq, six, dix pétales orbiculaires, presque égaux. Les pistils,en nombre variable, renferment un grand nombre d’ovules. Les fruits sont des follicules coriaces. Le réceptacle se gonfle en un disque charnu, qui peut former comme une sorte de sac. Les graines sont munies d’un arille assez peu développé.

Les Pivoines sont des plantes herbacées, vivaces ou suffrutescentes, à feuilles alternes. Elles font, dès le printemps, l’ornement de nos jardins. Tous nos lecteurs connaissent la Pivorne mouton (vulgairement Pivoine en arbre), dont les pétales sont tantôt blancs, marqués à la base d’une tache pourpre, tantôt rosés et qui doublent par la culture. Les Chinoïs, qui la cultivent depuis quinze cents ans, en ont obtenu plus de deux cents variétés. La Pivoine a été introduite en France au commencement du siècle actuel.

Citons encore la Pivoine officinale, à pétales rouges, ou roses, ou panachés, dont les fleurs doublent facilement et qui était jadis fameuse dans la sorcellerie ; la Pivoine corail (vulgairement Pivoine mâle), etc.

NYMPHÉACÉES. :

La famille des Nymphéacées réunit un certain nombre de plantes qui nagent à la surface des eaux, et dont la tige forme une souche souterraine rampante. Leurs feuilles alternes, entières, orbiculées ou cordiformes, sont portées sur de très longs pétioles. Leurs fleurs, très grandes, sont attachées à de longs pédoncules cylindriques, qui se déroulent sur le courant de l’eau en flexueux replis. La fleur est composée d’un grand nombre de sépales et de pétales souvent disposés sur plusieurs rangs, et recouvrant l’ovaire, lequel est divisé en plusieurs loges.

La famille des Nymphéacées comprend deux tribus: les uryalées à l’ovaire adhérent, et les Nymphéacées à l'ovaire libre. Le genre Nénuphar, ou Nymphæa, est le seul important de cette tribu.

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