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Fig. 411. Nélumbo (Lotus des Ésyptiens).
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Le Nymphæa est cette belle et grande fleur qui briile sur les eaux de nos rivières et de nos étangs, et qui produit un effet si pittoresque en étalant à la surface de l'eau tranquille ses larges corolles, d'un blanc virginal. Quand on passe en bateau, à l’époque de la floraison du Nymphæa, on ne peut résister au désir d’arracher une de ces belles fleurs au long pédoncule et aux pétales si richement colorées. C’est aux premiers jours d'automne que les feuilles apparaissent au-dessus de l’eau; elles sont alors très petites. Aux approches du printemps, elles commencent à grandir et à s’étaler. Dans l’été, les feuilles augmentent beaucoup de grandeur et les fleurs se montrent, pour disparaître en septembre ou octobre.
On peut aisément multiplier les Nymphæas dans les rivières en jetant au fond des eaux dormantes des capsules arrivées à l’état de maturité parfaite. Les semences tombent au fond de la rivière, y germent, et donnent des fleurs dès l’année suivante. Elles se propagent ensuite d’elles-mêmes, et finissent, en peu d’années, par couvrir toute la surface de l’eau.
Cette plante est l’ornement pittoresque des eaux; le propriétaire d’un lac ou d’un étang peut embellir à volonté par des semis son domaine aquatique.
Le Nénuphar jaune a des fleurs moins grandes et jaunes, comme l'indique son nom, maisses tentacules sont plus grandes que celles du Nénuphar blanc.
C'est au même genre qu’appartient le MNélumbo, le Lotus des anciens Égyptiens. Le Nélumbo (fig. 411) laisse flotter à la surface des eaux du Nil ses magnifiques corolles et ses feuilles arrondies, luisantes et d’un aspect foncé portées sur de longs pédoncules. IL orne également les eaux tranquilles dans les Indes et au Japon.
Nous avons vu, au Jardin des plantes de Montpellier, cette belle plante, que Delille y avait apportée d'Égypte, et qui est encore cultivée dans le même bassin.
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Les Pavots ont un calice à deux sépales caduques, une corolle à quatre pétales, de nombreuses étamines, munies d'un long filet et dont les anthères s'ouvrent latéralement par deux fentes longitudinales. L’ovaire, uniloculaire, est partagé presque
complètement par plusieurs lames placentaires qui, partant des parois, s’avancent presque jusqu’au centre, et portent un grand nombre d’ovules anatropes, insérés sur toute leur surface. Le stigmate se penche sur l’ovaire, en une sorte de collerette, dont le bord est découpé en autant de dents qu’il y a de placentas pariétaux, et porte un nombre égal de crêtes veloutées papilleuses. Le fruit est une capsule ovale-oblongue ou qui s'ouvre par de petites valvules placées au-dessous du stig-. mate. Les graines, très petites, renferment un minime embryon placé à la base d’un albumen charnu et oléagineux.
Les Pavots sont des herbes à suc laiteux blanc, à feuilles dentées ; les feuilles partant de la racine sont pétiolées, les feuilles partant de la tige sont sessiles ou embrassantes. Leurs pédoncules solitaires, uniflores, sont penchés avant la floraison.
Nous signalerons particulièrement trois espèces de Pavots :
1° Le Coquelicot, ou Pavot-coq (Papaver rhœus), est très commun dans les champs de blé, dont il forme, avec les B/euets, le plus gracieux ornement. Ses pétales mucilagineux, amers, sont émollients et légèrement narcotiques.
2° Le Pavot du Levant, ou Pavot de Tournefort, à pétales de couleur écarlale ou orange, à onglet de couleur noir-pourpre, ne diffère que peu du Pavot à bractées (Papaver bracteatum).
3° Le Pavot somnifère (Papaver somniferum), dont on distingue deux variétés : l’une nommée Pavot blanc (fig.412), parce que ses graines sont ordinairement blanches, est particulièrement cultivée pour en extraire l’opium ; l’autre nommée Pavot noir, parce que ses graines sont noires, et qui fournit l'huile douce connue sous le nom d'huile d'œillette.
Tout le monde sait que l’opium n’est autre chose que le sue épaissi du Pavot blanc. Ce suc découle de plaies faites aux ovaires, peu de temps avant leur maturation.
La Chélidoine,ou Grande Éclaire (Chelidonium majus), appartient à la famille des Papavéracées. C’est une plante vivace, à suc d’un jaune rougeâtre, qui jouit encore d’une certaine réputation pour la guérison des verrues. Ses tiges sont droites, rameuses, pubescentes, à longs poils épars, étalés. Ses feuilles ont trois à sept segments ovales, lobés, à lobes incisés, crénelés, glauques en dessous. Ses fleurs, qui sont jaunes et disposées en ombelle simple, diffèrent très notablement de celles du Pavot par la structure du pistil. Cet organe se compose, en effet, d’un
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ovaire uniloculaire, offrant seulement deux placentas pariétaux, et surmonté d’un style court, à stigmate bilobé. Le fruit est une capsule linéaire et s'ouvre en deux valves qui se déta-
Fig. 412. Pavot somnifère.
chent de la base au sommet, en laissant persister le châssis formé par les placentas. Les graines présentent, en outre, cette particularité remarquable, d’être munies d’une petite excroissance celluleuse blanche, en façon de cimier.
Citons encore dans cêtte famille : l'ÆscAoltzia Californica, herbe vivace, à fleurs solitaires, grandes, d’un jaune d’or, se fermant par les temps pluvieux, et dont les sépales cohérents
Fig. 413. Giroflée.
par la base se détachent d’une seule pièce à Ja façon d’un petit chapeau pointu.