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CRUCIFÈRES

dont deux d’un vert foncé enchässent, pour ainsi dire, le pied des deux petites étamines, tandis que les quatre autres, beaucoup plus petites, sont placées en dehors des longues étamines. Le pistil se compose d’un ovaire très allongé, surmonté d’un style assez court, dont le stigmate est bilobé. Cet ovaire présente deux loges à l’état adulte. Il était cependant, dans le jeune âge, uniloculaire, avec deux placentas pariétaux, chargés d’ovules. Ce n’est qu’à une certaine période du développement qu'une lame, partie de l’un de ces deux placentas pariétaux, et s’avançant vers l’intérieur, a rencontré la lame provenant du placenta opposé, s’est soudée avec elle et a constitué ainsi une cloison, qui a divisé la cavité ovarienne en deux compartiments. A la maturité, cet ovaire est devenu une si/ique, dont les graines, dépourvues d’albumen, renferment un embryon à cotylédons plans et à radicule latérale, c’est-à-dire repliée sur la commissure des cotylédons.

Nous avons déjà dit que toutes les Crucifères sont construites sur un grand type commun. Cependant quelques caractères secondaires tirés de la régularité ou de l’irrégularité de la corolle, de la forme du fruit et de l'embryon, etc., servent à distinguer les genres. C’est ainsi que les Zberis ont deux pétales beaucoup plus grands que les autres; — que le fruit, qui est une silique dans la Géroflée, est une silicule dans les TAlaspt; — qu’il devient lomentacé dans les Raphanus, monosperme et indéhiscent dans l’/saties, etc. Quant à l'embryon, la radicule ne se replie pas toujours sur l'intervalle des deux cotylédons, comme dans la Giroflée. Elle peut.se replier sur leur dos, comme dans l’/satis. Ces cotylédons peuvent n’être pas plans, mais pliés longitudinalement, enroulés sur eux-mêmes, etc.

Parmi les plantes remarquables appartenant à cette vaste famille végétale, nous nous contenterons de citer : le Cochlearia officinal (Cochlearia officinalis), qui est le plus puissant des antiscorbutiques ; — le Cresson alénots (Lepidium sativum) ; — le Cresson de fontaine (Nasturtium officinale) ; — le Raifort (Cochlearia armoracia) ; le Radis (Raphanus sativus), dont les deux variétés, Radis noir et Petite Rave, paraissent sur nos tables ; — le Chou rave (Brassica rapa), dont la racine charnue est un peu âcre et presque sucrée ; — le Colza (Brassica oleifera), dont les graines fournissent une huile employée pour l'éclairage ; — le Chou potager (Brassica oleracea), qui nous donne le Chou vert,

le Chou cabus, le Chou-fleur, le Brocoli, ete.; — la Moutarde noire (Sinapis nigra), dont les graines renferment une huile fixe et une buile volatile très âcre, à laquelle il faut rapporter leur vertu excitante ; — la Guède (Isatis tinctoria), dont la racine fournit un principe colorant bleu, nommé pastel ; — diverses espèces d’£ris, de Lunaires ; —V'Alyssum saxatile(Corbeille d'or); le Matthiola (Quarantaine) ; les Cheiranthus; — les Hesperis (Juliennes), qui sont cultivés comme plantes d'ornement.

Presque toutes les plantes de la famille des Crucifères contiennent un suc d’une saveur àcre et piquante, due à la présence d’une huile volatile, qui tantôt préexiste toute formée, tantôt peut se développer sous l'influence de l'eau chaude, comme on l'observe dans la graine de Moutarde. La présence de cette huile âcre etexcitante communique à la plupartdes plantes de la famille des Crucifères des vertus antiscorbutiques dont la médecine tire parti.

Certaines Crucifères sont employées comme aliments, à cause des principes mucilagineux et sucrés qu'elles renferment, et qui corrigent l’âcreté de leur suc. D’autres fournissent, par leurs graines, une huile que l’on utilise pour l'éclairage. On cultive très peu de plantes de cette famille pour l’ornement des jardins.

VIOLARIÉES.

La Violette (fig. 414), type de cette famille, a des fleurs irrégulières, accompagnées chacune de deux bractées. Le calice a cinq sépales, et chacun de ces sépales présente, à sa base, un petit appendice, qui descend au delà de son point d'insertion. La corolle se compose de cinq pétales; l’inférieur, échancré, plus grand, se termine, à sa base, par un éperon court et obtus, et il se dirige en bas, avec les deux latéraux qui sont entiers et barbus ; les deux supérieurs, également entiers, sont dirigés en haut. Il y a cinq étamines, alternant avec Les pétales. Elles sont presque sessiles, légèrement soudées entre elles par leurs anthères. Elles sont biloculaires et s'ouvrent en dedans, par deux lentes longitudinales. Chaque anthère est surmontée d’une petite languette mince et jaune, qui est un prolongement du connectif, En outre, deux de ces étamines, les antérieures, sont

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pourvues, à leur base, d’une sorte de queue, qui se loge dans le cornet creux du pétale inférieur. Le pistil se compose d’un ovaire libre, surmonté d’un style ascendant, renflé un peu audessus de sa base, et terminé par un stigmate effilé en bec.

Fig, 414. Violette.

A l’intérieur de l'ovaire, qui est uniloculaire, on remarque trois placentas pariétaux chargés d’ovules droits, anatropes.

Le fruit est une capsule qui s'ouvre en trois valves, portant chacune un placenta dans leur milieu. Les graines contiennent un embryon droit, dans l’axe d’un albumen charnu.

La Violette est une plante acaule (sans tige), dont la hax teur ne dépasse pas de 1 à 2 décimètres. Ses feuilles radicales, ou portées sur des stolons, sont aiguës ou ovales, crénelées ou en forme de cœur. Les stipules sont ovales, acuminées ou lancéolées. Les fleurs, à odeur suave, d’un violet foncé ou d’un bleu rougeûtre, sont portées chacune sur un pédoncule grêle, qui se réfléchit au sommet. |

Telle est pour le botaniste la Violette (Viola odorata), dont les poètes donneraient assurément une autre description.

Tout le monde sait qu’on en trouve aux environs de Paris d'autres espèces qui, au grand désappointement des promeneurs, sont inodores. Telles sont la Violette sylvestre, \a Violette de chien, etc.

Qu'est-ce que la Pensée? Cette jolie plante appartient aussi au genre Viola, mais à une section de ce genre. En effet, dans les Pensées, les pétales supérieurs et latéraux sont dirigés en haut ; l'inférieur seul est dirigé en bas, et de plus, le stigmate est urcéolé, globuleux. En outre, la Pensée à une tige aérienne, tandis que la Violette est, comme nous l'avons dit, acaule, ou sans tige.

La Pensée (Viola tricolor) présente deux variétés : l’une, la Pensée sauvage, dont la corolle ne dépasse pas le calice ; l’autre, la Pensée des jardins, dont les pétales dépassent plus ou moins le calice. La culture fait considérablement varier les couleurs et les dimensions de la Pensée.

JUGLANDÉES

Le Noyer commun (Juglans regia, fig. 415) est un grand arbre, à écorce blanchâtre, plus ou moins gercée suivant l’âge, à lige cylindrique, nue, se partageant en grosses branches, qui forment une cime ample et arrondie. Les feuilles sont alternes, glabres, coriaces, composées, à 7 ou 9 folioles ovales aiguës, superficiellement situées, d’une couleur vert sombre. Le Noyer est indigène dans le Caucase, la Perse et l’Inde. Cet arbre ne prospère el ne fructifie abondamment que lorsqu'il est isolé.

Le Noyer est monoïque. Les fleurs mâles et femelles sont disposées en chaton ; seulement dans les chatons femelles les fleurs sont peu nombreuses. Les chatons mâles, à écailles lâchement imbriquées, sont pendants, cylindriques, très caduques, placés à l’aisselle des feuilles qui sont tombées l’année précédente. A l’aisselle de chaque écaille, on observe une fleur, qui se compose d’un périanthe à six divisions et d’un nombre variable

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d’étamines, dont les anthères, à deux loges, s'ouvrent en dehors par deux fentes longitudinales.

Fig. 415. Noyer.

Les fleurs femelles, agrégées 1 à 4, au sommet des jeunes rameaux, offrent une enveloppe extérieure très courte, à peine dentée, et une enveloppe intérieure à quatre divisions. Au

centre de la fleur s'élève un style court, qui se divise bientôt en deux lames stigmatiques. L’ovaire est infère, uniloculaire, et ne renferme qu'un seul ovule. Il est subdivisé par de fausses cloisons partant du placenta, en quatre loges incomplètes au sommet et à la base, et en deux loges incomplètes dans le reste de son étendue. Le fruit est une drupe, dont la partie charnue fibreuse (le brou) se déchire en fragments irréguliers, et dont le noyau, très dur, ligneux, est composé de deux valves concaves, irrégulièrement creusées de sillons anastomosés. La graine est très inégalement bosselée, tortueuse, quadrilobée au sommet et à la base, à lobes séparés par des cloisons. Son tégument propre extérieur, d’abord blanchâtre, puis d’un jaune plus ou moins foncé, est d’une remarquable astringence. L'embryon, dépourvu d’albumen, est droit. Les cotylédons épais, charnus, huileux, bilobés, semblent figurer les circonvolutions et les anfractuosités du cerveau des animaux vertébrés. Ce sont ces cotylédons qui forment la partie comestible de la noix.

. TILIACÉES.

Les Tilleuls sont de grands arbres, à bois blanc et léger. Leurs feuilles sont ovales, brusquement acuminées, dentées, pubescentes ou glabres. Elles sont alternes, distiques, munies de stipules caduques. Les fleurs présentent ce caractère remarquable, d’être disposées en corymbes axillaires, pauciflores, à pédoncule soudé, dans sa moitié inférieure, avec une bractée membraneuse et blanchâtre.

Le Tilleul commun ou Tulleul de Hollande (Tilia platyphylla, fig. 416) est disséminé dans les bois de plaines, de collines et de montagnes; il ne dépasse pas l'altitude de 40 mètres. On le plante dans les parcs et les promenades publiques. Ses bourgeons sont velus. Ses feuilles adultes sont un peu pubescentes à à leur face inférieure.

Le Tulleul sylvestre (Tilia sylvestris), qu'on trouve planté çà et là dans les parcs et sur nos promenades, et qui, de plus, est assez commun dans les bois des environs de Paris, se distingue aisément de la première espèce, par ses bourgeons, glabres, ses feuilles adultes, souvent très petites, à face inférieure glabre

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