‹ Histoire des plantesChapitre 8 sur 114 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

est M. Faguet, préparateur du cours de botanique à la Faculté des sciences de Paris, qui a su très heureusement combiner dans cette œuvre le sentiment de l’artiste et la précision du savant.

Grâce au soin qui a présidé à la rédaction de cet ouvrage, comme à l'exécution des figures qui l’accompagnent, nous espérons atteindre le but que nous nous sommes proposé, c’est-à-dire donner à la jeunesse une idée précise des merveilles de la nature considérée dans les plantes, et cela, non par des considérations vagues, mais par des indications rigoureuses, qui représentent exactement l'état actuel de la science des végétaux.

à PREMIÈRE PARTIE

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Confiez une graine à la terre; placez, par exemple, une graine de haricot (fig. 1) à quelques centimètres de profondeur dans la terre végétale humectée; si la température extérieure est de + 15 à + 20°, la graine ne {ardera pas à germer : elle segonflera, et par cet admirable travail de la nature dont il nous est permis de contempler les merveilleux résultats, maïs non de com-

Fig. 1. Graine de Haricot en germination.

prendre l’étonnant mystère, un végétal en miniature ne tardera pas à éclore. Deux parties bien distinctes apparaîtront : l’une, de couleur jaunâtre, habituellement ramifiée, s’enfoncera dans le sol : c’est la racine; l'autre, colorée en vert, se

dirigera à l'opposé de la première et s’élèvera vers le ciel : c'est la tige (fig. 2).

Étudions d’abord, d’une manière générale, la racine et la tige, organes essentiels des végétaux, parties fondamentales qui

Fig. 2. Jeune Haricot.

existent ehez toutes les plantes, ou du moins, si l’on fait abstraction de certains végétaux d’un ordre inférieur, qui existent chez toutes les plantes’ parées de feuilles et de fleurs. Nous passerons ensuite à l'étude générale d’autres organes essentiels des végétaux, tels que les branches, les bourgeons, les feuilles, les fleurs, les fruits, les graines, etc.

Le Créateur des mondes semble avoir voulu embellir ce qui -est visible pour nous et refuser l'élégance à tout ce quise dérobe à nos yeux. Tandis que les feuilles, suspendues aux rameaux, se balancentavec grâce au souffle des airs; tandis que les tiges, les rameaux et les fleurs font, par leurs couleurs variées, l’ornement de nos campagnes, les racines, d'aspect informe, dépouillées de toute nuance brillante, et revètues le plus souvent d'une même couleur brune, accomplissent dans l'obscurité leurs fonctions, qui sont pourtant tout aussi importantes que celles’ des tiges, des feuilles, des rameaux et des fleurs. Quelle différence entre la cime verdoyante et fleurie d’un arbre ou d’un arbrisseau qui s'élève avec élégance au milieu des airs, et la masse grossière de ses racines, divisée en rameaux tortueux, sans harmonie, sans symétrie, et formant un inextricable réseau, comme une chevelure en désordre! Ces organes, si peu favorisés sous le rapport de la beauté, sont appelés à remplir des fonctions d’une importance fondamentale dans l'ordre des actions vègétales. Commençons par exposer les dispositions extérieures et La

Fig. 3. Racines ajuatiques de la Lenulle d’eau.

structure intime des racines; nous passerons ensuite à l'étude des fonctions physiologiques qui leur sont dévolues.

Toutes les racines ne sont pas implantées dans le sol. Il en est qui flottent dans l’eau, comme celles de la Lentille d'eau (fig. 3), et ne touchent aucunement la terre. Il en est qui vont puiser leur nourriture dans les tissus mêmes d’autres végélaux : telles sont les racines du Gui, plante singulière qui forme sur le Pommier, le Peuplier et une foule d’autres arbres, des touffes d’un beau vert.

Certaines racines paraissent n’avoir d'autre fonction que de fixer la plante au sol; elles ne contribuent en rien à leur nutrition. Telles sont les racines des Orchidées et surtout celles des plantes dites grasses. Nous avons vu, au Muséum d'histoire naturelle de Paris, en 1860, un magnifique Czerge du Pérou, d’une hauteur extraordinaire, qui poussait avec vigueur et avec une grande rapidité d'énormes rameaux. Ses racines élaient renfermées dans une caisse d’un mètre cube, remplie d’une terre que l’on ne renouvelait et n’arrosait jamais! Évidemment les racines de ce Cactus ne lui servaient que

comme moyen d’attache.

« Au milieu d'une contrée où six mois se passent sans qu'il tombe jamais de pluie, j'ai vu, dit Auguste de Saint-Hilaire, durant la sécheresse, des Cactus chargés de fleurs se soutenir sur des rochers brûlants, à l’aide de quelques faibles racines enfoncées dans l’humus desséché qui s'était introduit dans des fentes étroites. »

Cependant la plupart des plantes se nourrissent au moyen de leurs racines. Aussi voit-on cet organe se développer, se ramifier, et se multiplier indéfiniment dans presque tous les végétaux.

La multiplication des racines se fait de deux manières. Tantôt la racine s’allonge et s’épaissit, en n’émettant latéralement que des appendices grêles et courts, que l’on nomme radicelles, et * qui accompagnent le corps, ou le pivot du système descendant. On nomme ces racines pivotantes. Tantôt, au contraire, la racine est entièrement composée d’axes plus ou moins nombreux, à peu près du même calibre et qui partent de la partie inférieure de la tige, On nomme ce dernier type racines fasciculées.

La Betterave, la Carotte, le Navet (fig. 4), les arbres de nos bois, nous offrent des exemples de racines pivotantes. Le Melon

(fig. 5), le Blé, le Lis, les Palmiers, donnent des exemples de racines fasciculées.

Cette différence dans la constitution du corps radiculaire doit ètre prise en considération dans un grand nombre de circonstances. Le vieux Sapin, fixé au sol par un enracinement profond, brave les plus violents orages, et sur le sommet des montagnes,

Fig. 4. Racine pivotante du Navet. Fig. 5. Racine fasciculée du Melon.

il résiste à l'assaut des plus terribles tempêtes. Au contraire, le Palmier à éventail, dont les racines fasciculées courent et s’allongent horizontalement dans le sable, est renversé, abattu par le vent, dès qu'il a atteint une hauteur de un à deux mètres. Mais si l’on soutient d’une manière artificielle la tige de ce Palmier, il peut atteindre, même dans nos climats, une hauteur de 15 à 20 mètres. Devant le grand amphithéâtre des cours du Muséum d’histoire naturelle de Paris on voit deux Palmiers ainsi

Fig. G. Palmier placé à l'entrée de l'Amphithéätre du Jardin des Plantes de Paris.

soutenus, élevertres haut leur tête, chargée de feuilles en éventail (fig. 6).

La connaissance de la forme des racinestrouve des applications pratiques.

Quand on arrose une plante, il faut verser l’eau à son pied, si sa racine est pivotante ; on la verse, au contraire, à une certaine distance de ce pied, si les racines sont fasciculées. Quand on veut tenter la culture d’une plante, on doit se préoccuper de la nature des couches superficielles du sol ou de ses couches profondes, selon que cette plante a des racines pivotantes ou fasciculées. Dans un même champ, on doit faire succéder à une plante à racines fasciculées, qui épuise le sol à la surface, une plante à racine pivotante ,;. qui, va chercher sa nourriture à une plus grande profondeur.

Cette diversité dans la structure des racines n’est pas, d’ailleurs, le fait du hasard, mais le résultat d’un dessein prémédité de la nature. La composition du sol varie singulièrement dans les différentes parties du globe. Pour que tous les points de la surface de la terre fussent couverts de végétation, pour qu'aucune de ses parties ne füt privée de cet incomparable ornement, il fallait que les formes des racines fussent très variables, afin de s’accommoder aux variations de la composition du sol. Iei, le terrain est dur et pierreux, fort ou léger, formé de sable ou d'argile; là, il est sec ow humide; ailleurs, il est exposé aux ardeurs d’un soleil brûlant, ou balayé, sur les hauteurs, par la violence des vents et des courants atmosphériques. D’autres fois, le sol est abrité des agitations de l’air, dans le fond de chaudes vallées. Il faut des racines dures, ligneuses, divisées en ramifications robustes, et pourtant très divisées à leur terminaison, pour les plantes destinées à vivre sur les montagnes, au milieu des rochers ou entre les pierres, afin que leur enracinement soit solide et que ces ramifications, pénétrant entre les fentes des rochers, s’y cramponnent avec assez de force pour résister à la violence des ouragans et des tempêtes aériennes. Les racines droites, pivotantes, peu ramifiées, conviennent aux sols meubles et perméables. Elles ne conviendraient pas aux terres compactes, argileuses, peu profondes. Dans ces derniers terrains prospèrent les plantes aux racines qui s’étalent horizontalement, à peu de distance de la surface du sol.

Ces considérations importent beaucoup à l’agriculteur, qui, pour propager des plantes avec succès, doit s’appliquer à bien connaître la nature du sol, et choisir pour ses plantations ou semailles des terrains appropriés à la forme des racines de chaque végétal.

Deux modifications peuvent se présenter dans les deux types principaux de racines dont il vient d’être question, c’est-à-dire dans les racines pivotantes et fasciculées. On voit quelquefois des racines se transformer en masses plus ou moins volumineuses, gorgées de matière nutritive, et qui sont destinées à

nourrir la plante, ou à favoriser sa multiplication. Des exemples vulgaires de cette structure nous sont offerts par les Orchis de nos prés et de nos bois, connus sous le nom vulgaire de Pentecôte; par les Anémones, les Renoncules, les Dahlias, de nos par-

terres. On nomme ces racines fubéreuses quand elles présentent la forme de celle du Dahlia (fig. 7), ou tubéreuses-fibreuses quand elles présentent la forme de celle de l’Orchis (fig. 8). Ces renflements de la racine ont une utilité spéciale 10 la vie de la plante : ils ont pour destination d'accumuler à la partie inférieure du végétal des réservoirs de matière nutritive, consistant surtout en fécule, laquelle doit servir à son développement pendant une certaine période de son existence.

Fig. 7. Racine tubéreuse du Dahlia. Fig. 8. Racine tubéreuse-fibreuse de l'Orchis.

La plupart des plantes se nourrissent principalement au moyen de leurs racines. On serait donc naturellement porté à croire que le volume des racines est toujours en rapport avec « la grandeur des tiges et des rameaux d'une plante. Ceci est généralement vrai pour une même espèce, et l’on sait, par exemple, que plus les rameaux d’un Chène sont nombreux, plus ses racines sont abondantes; bien plus, sur un Chêne, les plus fortes racines correspondent aux plus fortes branches. Mais si l’on passe d’une espèce végétale à une autre, on Constale, non sans surprise, que les Palmiers et les Pins ont des racines peu en rapport avec leur grande élévation, tandis que certaines plantes, comme la Luzerne, la Bryone, \'Ononis

arrête-bœuf, sont munies de racines énormes, relativement aux faibles dimensions de leur tige. à.

Si les racines n'’offrent pas dans leurs ramifications cette disposition régulière et constante que l’on remarque dans les feuilles et les rameaux, c’est qu’elles rencontrent dans le sein de la terre bien plus d'obstacles que n’en éprouvent dans les airs les feuilles et les rameaux. Ces derniers peuvent s'étendre librement dans tous les sens, tandis que les racines sont sans cesse arrêtées par toutes sortes de résistances. Elles sont génées dans leur allongement ou leur grosseur, forcées de se détourner de la route qu’elles doivent naturellement suivre, obligées de contourner, de surmonter les obstacles que leur oppose l'inégale dureté du sol, la présence de murs, de rochers ou d’autres racines. De là les difformités que l’on remarque dans leur structure extérieure, et les déviations nombreuses que présentent leurs rameaux.

La manière dont les racines parviennent à triompher de tous les obstacles a toujours été, pour le naturaliste, un sujet d’étonnement. Qui n’a vu des racines d'arbres ou d’arbrisseaux, gênées, empêchées dans leur marche, développer une force mécanique considérable, renverser des murs ou fendre des rochers; dans d’autres circonstances se réunir en touffes, ou bien étaler leurs ramuscules sur une longueur prodigieuse, pour suivre le trajet d'un ruisseau aux eaux bienfaisantes! Qui n’a vu avec admiration les racines s’accommoder aux dispositions spéciales du sol : dans un sol convenable, diviser à l'infini leur chevelu; ailleurs, abandonner un sol stérile, pour aller chercher plus loin une terre propice, et varier leurs formes, selon que la terre est plus ou moins dure, selon qu’elle est humide ou sèche, forte ou légère, sablonneuse ou pierreuse! On ne peut s'empêcher de reconnaître qu'il y a dans cette élection faite par les racines, la manifestation d’un véritable instinct vital.

Duhamel, botaniste du siècle dernier, voulant préserver un champ de bonne terre des racines d’une allée d’Ormes qui l’épuisaient, fit creuser entre le champ et l'allée, un fossé, pour intercepter le passage aux racines d’Ormes. Mais il vitavec surprise celles des racines qui n’avaient pas été coupées dans cette opération, descendre le long du talus, pour éviter le contact de la lumière, passer sous le fossé, et aller de nouveau s’étendre dans le champ.

C'est à propos d’une merveille de ce genre que le naturaliste

suisse Bonnet disait spirituellement qu'il est quelquefois diffi-

cile de distinguer un chat d’un rosier.

Nous nous sommes occupé plus spécialement jusqu'ici des

Fig. 9. Racines adventives du Chiendent.

racines qui constituent le système descendant et normal des vegétaux. Cependant il est des racines qui se développent le long de la tige elle-même.

Organes supplémentaires, en quelque sorte, elles viennent en aide aux racines proprement dites, et les remplacent, lorsqu'une cause quelconque est venue les détruire.

Dans le Blé, le Chiendent (fig. 9), et en général dans toutes les plantes de la famille des Graminées, la partie inférieure de la tige donne naissance à des racines supplémentaires, auxquelles ces plantes, simples et rustiques, doivent une partie de leur résistance aux causes de destruction.

Dans la Primevère (fig. 10), la racine principale et les raci-

nes secondaires qui en naissent, se détruisent après quelques années de végétation; mais des racines adventives se développent à la partieinférieure de la tige, etempèchent la plante de périr.

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Dans les forêts tropicales de l'Amérique et de l'Asie, la Vanille, aux fruits si recherchés pour leur suave arôme, enroule autour des arbres, comme une guirlande aérienne, sa tige allongée, élégante et flexible, ornement gracieux de ces solitudes. Les racines souterraines de la Vanille ne pourraient suffire à la nutrition d’une plante munie d’une aussi longue tige, et le transport des sucs nourriciers se ferait avec trop de lenteur. La nature a paré à ces inconvénients par les racines adven-

Fig. 10. Racines adventives de Primevère.

tives qui naissent, de distance en distance, le long de sa tige. Ces utiles auxiliaires descendent presque verticalement du haut de l’arbuste. Flottant librement et vivant sans peine dans l’atmosphère humide et chaude de ces forêts, elles en aspirent l’humidité et transportent cette humidité à la plante elle-même. Quelques-unes mêmes, mais en petit nombre, s’enracinent dans le sol.

On peut constater, au Muséum d'histoire naturelle de Paris, ce mode intéressant de végétation de la Vanille. Cet arbuste élégant est, en effet, cultivé dans les serres chaudes, de notre Jardin des Plantes, dont il constitue l’un des plus intéressants ornements (fig. 11).

Un grand arbre qui embellit les paysages de l'Inde, le Figuier des Pagodes (Ficus religiosa), est muni de racines adventives,

qui descendent verticalement des rameaux vers le sol. Ces racines demeurent minces et d’égale diamètre tant qu'elles n’ont pas pénétré dans la terre ; mais, dès qu’elless”y sont fixées, elles grossissent rapidement, et forment autour de la tige des milliers de colonnes, d’une longueur souvent considérable. Les Indiens aiment à bâtir des chapelles dans les intervalles que laissent entre ellesles racines adventives de ce Figuier sauvage ; de là le nom de Ficus religiosa donné à cet hôte imposant des plaines et des forêts de l'Asie (fig. 12).

L'un de ces arbres vénérés, le Fiquier de Narbuddah, avec ses 390 grosses racines, auxquelles viennent se joindre quelquefois plus de 3000 autres, plus petites, constitue une sorte de forêt dans la forêt.

Les voyageurs modernes qui ont décrit les euriosités de l’Inde, désignent le Ficus religiosa sous le nom de Fiquier de Banyans. 1] est bon de savoir que ces noms de Figuier des Pagodes, de Ficus religiosa et de Figuer de Banyans, se rapportent au même végétal. | at)

Le Pandanus utilis, arbre propre aux régions tropicales, donne un autre exemple de racines adventives présentant quelquefois un grand dévoloppement.

Les rameaux du Lierre sont pourvus d’une quantité de crampons qui s’incrustent dans l’écorce des arbres, ou à la surface des*murs. Ces crampons (fig. 13), sont de très courtes,

Fig. 13. Crampons de la tige du Lierre.

) arbre de l'Inde.

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Fig. 12. Ficus religiosa (Fi

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racines adventives qui servent à soutenir la plante, mais ne la nourrissent pas. Toutefois, quand ces crampons sont mis au contact de la terre, ils s’enracinent, comme des racines adventives ordinaires.

Il est pourtant des plantes dont les crampons, qui s’implantent sur d’autres végétaux, y puisent leur nourriture. La Cuscute (fig. 14) nous donne un exemple de ces plantes parasites dont les crampons forment de véritables racines nourricières.

La propriété fondamentale des racines, au point de vue physiologique, c’est de tendre sans cesse à s'enfoncer dans le sol ; elles semblent donc fuir la lumière du jour. Cette tendance se remarque dès lespremiers moments de l’apparition de la radicule dans une graine en germination. Elle est si prononcée, elle paraît tellement inhérente à la vie de tous les végétaux, en général, que si l’on essaye de la contrarier,si,par exemple, on s'amuse à renverser une plante germante, en la plaçant, pour ainsi dire, la tête en bas, la racine et la tige se retourneront d’elles-mêmes, la tige pour tendre vers le ciel, la racine pour s’enfoncer en terre.

On peut se convaincre, par une expérience fort simple, de la vocation naturelle des tiges pour rechercher et des racines pour fuir la lumière du jour. Dans un appartement éclairé par une seule fenêtre, placez sur du coton, que vous ferez flotter sur l'eau d’une écuelle, quelques graines de Moutarde en germination; vous verrez les petites racines se diriger vers la partie non éclairée de la chambre, et les tigelles s’infléchir, pour aller à la rencontre des rayons lumineux venant de la fenêtre.

Fig. 14. Tiges à suçoirs de la Cuscute.

Quelle est la cause qui détermine cette naturelle et invincible tendance des racines vers l’intérieur de la terre? Les racines veulent-elles éviter la lumière, dont l’action leur serait nuisible ? Cherchent-elles l'humidité ? Les deux expériences suivantes répondent à ces deux questions.

Placez des graines sur une éponge humide contenue dans un tube de verre, etéclairez l'appareil par en bas; quand la plante aura germé et poussé des radicules et des tigelles, vous verrez, comme le représente la figure 19, les petites racines descendre vers le bas du tube, et par conséquent se diriger du côté de la lumière, plutôt que de ne pas obéir à leur tendance naturelle.

Ce n’est donc pas pour éviter la lumière que les racines s’enfoncent dans le sol, car dans cette expérience c’est précisément vers la lumière qu’elles affluent.

Remplissez de terre une boîte dont le fond soit percé de plusieurs trous, comme le représente la figure 16; placez des graines de haricot dans ces trous, et suspendez l'appareil en plein air. Les radicules ne monteront pas, pour aller chercher cette terre humide. Obéissant à la loi inflexible qui les sollicite, elles descendront dans l'atmosphère, au milieu de l'air sec, et elles ne tarderont pas à s’y dessécher. Ce n'est done pas l'humidité que les racines recherchent.

On a pensé que l’action de la pesanteur pouvait être pour quelque chose dans la direction des radicules. C'est en elfet ce qui paraît résulter des expériences suivantes.

On a fait germer des graines de haricot placées à la circon-

Fig. 15. Expérience sur les racines.

Fig. 16. Autre expérience sur les racines.

férence d’une roue de fer ou de bois, entourée Fe mousse,

pour maintenir l’humidité des graines, et contenant de petites auges pleines de terre, " ouvertes de deux côtés (fig. 17). La roue, mise en mouvement dans le sens vertical, par un courant d’eau, décrivait 150 révolutions par minute. En raison de ce mouvement de rotation, qui produisait la force particulière connue en mécanique sous le nom de force centrifuge, V'action de la pesanteur était comme annulée,

. 17. Roue de Knight.

et la graine germante, échappant à l'influence de cette force,

élait uniquement soumise à la /orce centrifuge. Or, voici ce qui se produisit. Les petites tigelles qui, dans les circonstances normales, se dirigent vers le ciel, c'est-à-dire en sens inverse de l’action de la pesanteur, se dirigèrent en sens inverse de la force centrifuge, c’est-à-dire vers le centre de la roue. Les radicules qui, dans les circonstances normales, s’enfoncent dans le sol, c’est-à-dire dans la direction de la pesanteur, se dirigèrent dans le sens de la force qui remplaçait ici la pesanteur, c’est-à-dire de la force centrifuge, et se rendirent vers la circonférence de cette roue.

Cette curieuse expérience, réalisée pour la première fois par Knight, physicien anglais, a été répétée et modifiée en France

Fig. 18. Roue de Knight tournant horizontalement.

par Dutrochet. Si l’on remplace la roue verticale par une roue horizontale (fig. 18) la pesanteur agit toujours sur les mêmes points de la graine germante ; mais comme celle-ci est soumise en même temps à l’action de la force centrifuge, développée par le mouvement de la roue, les petites racines suivent une direction intermédiaire entre la verticale, que devait déterminer la pesanteur, et l'horizontale, que devait déterminer la force centrifuge. Plus le mouvement imprimé à la roue est rapide, plus l’angle que fait la radicule avec le plan de la roue est aigu. Lorsque cet angle est nul, la radicule est horizontale, et se dirige en dehors de la roue.

L'influence de la pesanteur sur la direction des racines est mise hors de doule par ces curieuses expériences.

Il faut pourtant reconnaître que tout n’est pas mécanique dans les tendances des racines à s’enfoncer dans le sol, et qu'il

ya là, sans aucun doute, une véritable faculté organique, propre à l'être vivant. |

Pour terminer ce qui concerne la racine nous donnerons un aperçu de sa structure et des fonctions physiologiques dévolues à cet organe.

Si l’on rapproche et si l’on compare la coupe transversale de la tige et celle de la racine d’un des arbres de nos forêts, il est facile de constater que la différence entre ces deux parties du végétal se réduit à peu de chose. A l’extérieur de la racine se trouve l'écorce, semblable à celle de la tige des arbres ; seulement son parenchyme n'est jamais vert. À l’intérieur est un cylindre ligneux, représenté par des fibres, des vaisseaux et des rayons médullaires. Le bois forme donc la partie centrale de la racine, qui est | Lnved. > toujours Fig. 19. Coupe verticale de l’extrémité d’une racine dépourvue du genre vue au microscope.

de vaisseaux connus sous le nom de frachées; ce n’est même que d’après ce dernier caractère que la racine se différencie de la tige, au point de vue de sa structure. En étudiant la tige, dans le chapitre suivant, nous apprendrons à connaître, avec tous les détails nécessaires , ces fibres ligneuses, ces rayons médullaires, etc.

Les racines ne s’accroissent que par leurs extrémités. Aussi ces extrémités sont-elles toujours jeunes, toujours formées d’un tissu perméable et mou. C’est dans le voisinage de ces extrémités que se fait l'absorption des liquides ou des gaz destinés à pénétrer dans l’intérieur du végétal. Cette absorption est facilitée et multipliée : par des poils radicaux, fins et allongés.

La figure 19 représente la partie terminale d’une racine, vue

au microscope. Le véritable siège de l'absorption n’est pas situé, comme on pourrait se l’imaginer, à l’extrémité de la radicule, c’est-à-dire au point S, mais à une certaine distance de cette extrémité, dans la région représentée sur cette figure par la lettre O.

Les matériaux que la plante puise dans le sol, pour les faire passer dans son organisme, ne peuvent être que des liquides ou des gaz. Les corps solides, quelque atténués, quelque divisés qu’on les suppose, même quand ils sont en suspension dans l’eau, ne sauraient pénétrer dans les canaux infiniment étroits qui s'ouvrent à l'extrémité des racines. Aussi les substances absorbées par les racines ne peuventelles y parvenir qu'à l’état de dissolution dans l'eau. Les plus importantes de ces substances pour la végétation sont des sels de potasse, de soude, de chaux, les composés ammoniacaux, le gaz acide carbonique dissous dans l’eau, etc.

Mais quelle est la mystérieuse force qui détermine l'absorption opérée par les racines des plantes, c’est-à-dire le passage d’un liquide extérieur à travers un organe déjà gorgé de liquides? Les botanistes s’accordent'aujourd’hui à reconnaître que ce résultat est dü à la triple influence, aux actions successives ou combinées de l’endosmose, de la capillarité et de l'appel déterminé par les feuilles. Expliquons-nous.

Prenez une petite vessie A (fig. 20), formée d’une membrane animale ou végétale, contenant de l’eau sucrée ou gommée, et plongez cette petite vessie dans l’eau pure. Le liquide sucré ou

Fig. 20. Appareil d’endosmose.

gommé contenu dans la vessie, est plus lourd que l’eau pure qui l’environne. Cette densité inégale détermine aussitôt, au travers des parois de la vessie, un double courant: l’un qui va de dehors en dedans, ou de l’eau pure vers l’eau sucrée; l’autre qui marche en sens inverse. Mais le liquide le moins dense passe plus vite que l’autre, et si l’on adapte à la vessie un tube vertical, B, on voit peu à peu le niveau duliquide s'élever dans ce tube B. C’est là le curieux effet désigné par les physiciens sous le nom d’endosmose.

Ce phénomène, qui a été étudié avec soin par les physiciens, se voit en action dans les fonctions vitales des plantes. Les extrémités radiculaires des végétaux sont remplies de liquides et de sucs plus lourds que l’eau qui imbibe la terre environnante. Par un phénomène d’endosmose, l'infiltration ou le passage de cette eau peut donc s’opérer à travers les minces parois du tissu extérieur; de là cette eau s’élève à l’intérieur des vaisseaux de la plante, comme nous l’avons vue s'élever dans le tube de l’endosmomètre (fig. 20). Ainsi se produit un premier mouvement d’ascension.

Mais la force de l’endosmose ne pousserait pas bien avant les liquides extérieurs dans les vaisseaux de la plante. Une seconde force qui intervient ici, active singulièrement la marche ascensionnelle du liquide. Quand un liquide a commencé de pénétrer, par endosmose, à l'extrémité de la racine, la densité du liquide contenu dans ces extrémités radiculaires étant ainsi diminuée, il se fait un courant de celles-ci dans l’intérieur des racines.

C’est la force connüe en physique sous le nom de capillarité, qui, venant après le phénomène de l’endosmose, provoque ensuite l'ascension des liquides dans les parties plus élevées de la racine. La paroi interne de chaque vaisseau de la racine exerce sur le liquide qu'il contient un effet de capillarité, en d’autres termes, une attraction, qui détruit une partie de l'effet de la pesanteur, et détermine l'ascension du liquide bien audessus du niveau auquelil seserait arrêté dans un tube pluslarge.

Le phénomène de la capillarité vient donc s'ajouter à l’action de l’endosmose, pour favoriser l’absorption des liquides par les extrémités radiculaires.

Lorsque la plante est munie de feuilles, il est une troisième force qui vient se joindre aux deux autres, pour activer l’ab-

sorption. Les feuilles sont le siège d'une évaporation considérable. L’eau disparue en vapeur dans l’atmosphère, laisse dans les vaisseaux un vide partiel; ce vide est tout aussitôt comblé par l’afflux des liquides qui remplissent les racines. Il se produit de cette manière un appel, une sorte de succion, qui entraîne vers les feuilles un afflux de liquides, afflux auquel l'absorption radiculaire est forcée constamment de suffire.

Ainsi, endosmose, capillarité, succion par le haut du végétal, telles sont les forces physiques qui paraissent jouer un rôle dans l’absorption opérée par les racines. Il faut, en outre, pour expliquer ce grand phénomène de la vie des plantes, faire intervenir une force bien supérieure à toutes les actions physiques : c’est la force vitale, cette secrète et invisible puissance qui ne se manifeste que par ses effets.

La tige est l’axe du système ascendant du végétal. Elle est garnie, par intervalles, de nœuds vitaux (ce que l'on nomme vulgairement les yeux de la tige, d’où s’échappent des feuilles et des bourgeons, disposés dans un ordre parfaitement régulier. La racine ne présente rien de semblable. Ce caractère permet toujours de distinguer dans l'axe végétal ce qui appartient réellement à la tige de ce qui est propre à la racine.

La tige est la partie des plantes qui, dirigée dans l'air, supporte et produit les branches, les rameaux, les feuilles et les fleurs. C'est à travers son tissu que les liquides aspirés par la racine pénètrent dans l’intérieur du végétal, pour lui apporter les sucs nouriciers qui doivent servir à son accroissement et à l'entretien de ses fonctions vitales.

La forme, la grosseur, la direction des tiges, dépendent du rôle que chaque plante doit jouer dans la vaste population végétale qui couvre et embellit notre globe. Les plantes qui ont besoin pour vivre d’un air pur et souvent renouvelé, sont portées sur une tige droite, robuste ou élancée. Quand elles n’ont besoin que d’un air humide, plus condensé, plus rarement renouvelé; quand elles doivent ramper sur la terre, ou se glisser dans les broussailles, les tiges sont longues, flexueuses et trainantes. Si elles doivent flotter en l’air, en se soutenant sur des végétaux plus robustes, se suspendre aux arbres des forêts, en festons gracieux, en guirlandes légères, elles sont pourvues de tiges flexibles, grèles et souples, pour embrasser, dans leurs élégantes volutes, le tronc des arbres et des arbrisseaux. Ainsi, la nature façonne les formes extérieures des

plantes d’après le rôle qu’elle leur a tracé d’avance, et d’après les fonctions qu’elle leur a assignées.

Fig. 21. Tronc de Chêne,

Rien n’est plus variable que le port des tiges végétales qui, dans leur infinie diversité, nous présentent quelquefois des types accomplis de beauté et d'élégance. La sculpture et le dessin ont emprunté au tronc de certains arbres les modèles

d'une architecture élégante ou majestueuse, dont les types, qui nous ont été transmis depuis l'antiquité la plus reculée, se sont conservés jusqu'à nos jours.

L'homme a trouvé dans les formes végétales ses premiers dessins d’ornement, de construction et de décor.

La tige du Palmier et du Dattier, les feuilles de l’Acanthe, ont donné le modèle des majestueuses colonnes de l’ordre Corinthien; les pampres de la Vigne, les guirlandes naturelles des jeunes plantes grimpantes, ont fourni à l’art ancien les types des dessins d’ornement, qui se sont conservés dans l'architecture moderne. C’est en imitant la nature que l’art a pris naissance à son origine, et qu'il s’est perfectionné.

Dans le langage botanique, les tiges des diverses plantes ne sont pas désignées par le même nom. Les tiges des arbres de nos climats, comme le Chéne (fig. 21), portent le nom de #onc.

Les tiges des Graminées, or- .

dinairement cylindriques, presque toujours creuses et garnies de nœuds annulaires, d’où partent les feuilles, sont désignées sous le nom | de chaumes (fig. 22); celles des Palmiers, qui ressemblent à des

Fig. 22. Chaume de Seigle.

colonnes couronnées d’un chapiteau de feuilles, se nomment stipes (fig. 23).

Fig. 23. Stipe de Palmier.

La grosseur et l'élévation des tiges varient beaucoup, chez les végétaux. Tandisque les troncs de certains arbres exotiques, comme le monstrueux Baobab, ou l’élégant Eucalyptus, attei-

gnent des dimensions gigantesques, les tiges de plusieurs de nos plantes printanières ont à peine la grosseur d’un fil: telles sont celles de la Saxifrage à trois droigts et de la Drave printanière.

« En traversant le Rio Claro, rivière de la province de Goyas (Brésil), dit A. de Saint-Hilaire, j'aperçus sur une pierre une plante qui n’avait pas plus de trois lignes, ct que je pris d’abord pour une Mousse. C'était cependant une espèce d’un ordre supérieur et pourvue d'un appareil reproducteur comme nos chênes et nos hêtres. A côté d’elle, des arbres gigantesques élevaient, à cent pieds leur cime majestueuse. »

Fig. 24. Tige de Cactus.

Selon qu'elles durent un an, deux ans ou davantage, on dit que les tiges sont annuelles, bisannuelles ou vivaces. Les tiges arborescentes qui vivent un nombre d'années plus ou moins considérable, et forment un bois solide, sont dites ligneuses.

Les tiges molles des plantesannuelles, bisannuelles ou vivaces, sont dites Aerbacées ; enfin on nomme succulentes, les tiges des Joubarbes, des Cactus, de quelques Euphorbes, etc.

La figure 24 représente la tige d’un Cactus en fleur.

Dans un grand nombre de plantes, la tige s'élève ferme et

droite, vers le ciel : on la nomme alors #ige dressée, I] en est, au contraire, qui n'ont pas assez de consistance pour se maintenir verticales : elles s'étendent sur la terre, et ne lèvent pour ainsi dire que la tête (#iges couchées); ou bien, étant couchées, elles se fixent par des racines adventives (ges rampantes).

La figure 25 représente la tige couchée de la Véronique officinale.

D'autres tiges, comme celle du Lterre, s'accrochent aux corps voisins, à l’aide de crampons, ou bien, ce mme celle du Ziseron, s’'enroulent, en spirale, autour des arbres. Les premières sont dites grimpantes; les secondes, volubiles.

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Fig. 25. Tige couchée de la Véronique officinale.

Les tiges volubiles ne s’enroulent pas toutes dans le même sens. La direction de l’enroulement des tiges est invariable pour chaque espèce, et résiste même aux efforts que l’on fait pour la changer. Les unes, comme le Z2seron, si nous supposons qu'elles s’enroulent autour de notre corps, vont de droite à gauche; les autres, comme le Æoublon, vont de gauche à droite (fig. 26 et 27).

« Les lianes qui produisent dans les forêts primitives les accidents les plus variés, dit A. de Saint-Hilaire, et qui communiquent à ces forêts les beautés les plus pittoresques, sont des plantes ligneuses, les unes grimpantes,

les autres volubiles. Ce sont des Bigonia, des Baubhinia, des Cissus, etc. ; et si toutes ont besoin d’un appui, chacune a pourtant un port qui lui est propre. Quelques lianes ressemblent à des rubans ondulés, d’autres se tordent et décrivent de larges spirales. Elles pendent en festons, serpentent entre les arbres, s’élancent de l’un à l’autre, les enlacent et forment des masses de feuilles et de fleurs où l'observateur a souvent peine à rendre à chaque végétal ce qui lui appartient. »

Fig. 26. Liseron. Fig. 27. Houblon.

Ces Lianes des forêts d'Amérique sont bien imparfaitement représentées dans nos climats, par le Zierre, le Chévrefeuille et la Clématite.

Les tiges dont nous avons parlé jusqu'ici sont aériennes ; mais il en est de souterraines. Le Sceau de Salomon présente une lige souterraine, épaisse, charnue, blanchâtre, creusée, à sa face supérieure, de cicatrices, correspondant à la base d’anciennes tiges aériennes (de là le nom de sceau qui est resté à cette plante). Cette tige souterraine se termine, à son extrémité antérieure, par un axe feuillu et florifère, placé en arrière d’un

bourgeon terminal, quise développera l’année suivante (fig. 28). Beaucoup de plantes, comme l’/res, le Jonc fleuri, le Trèfle d'eau, le Carex, présentent également des tiges souterraines. La figure 29 représente la tige souterraine de l’/ris germanica. Ces tiges ont reçu des botanistes le nom de rhizomes. On reconnaît le r.izome à la présence d’écailles, ou de traces d’écailles, qui sont symétriquement placées sur la tige souterraine, et à l’aisselle desquelles, se trouvent les bourgeons.

Fig. 28. Rhizome, ou tige souterraine du Sceau de Salomon.

Les rhizomes rampent obliquement ou horizontalement sous le sol, et végètent par leur partie antérieure, pendant que leur partie postérieure se détruit peu à peu, par suite de l’âge.

Ce mode d'existence des tiges souterraines est parfaitement mis en évidence par la figure 30, qui représente la végétation d’un jet de Carex!.On y voit un axe horizontal rampant, qui présente

1. Carex est le nom latin, le nom botanique, d’un genre de plantes de la famille des Cypéracées, connue sous le nom de Laiche. La plus commune des espèces du genre Carex, le Carex paludosn, que nous représentons dans la figure 30, est munie de feuilles engainantes, dures, longues, droites et aux bords coupants. La Laiche des marais (Carex paludosa) vit dans les terrains marécageux, sur le bord des eaux stagnantes ou courantes. On l'arrache dans les lieux cultivés, mais dans les marais, elle a l'avantage de fixer les sables et d'empêcher l’éboulement des

terres placées au bord des eaux courantes.

à la fois des écailles ou feuilles modifiées, et des fibres radicales, et qui émet, de distance en distance, des pousses feuillues. La pousse { n’a qu’un an; au printemps suivant, elle prendra la forme de la pousse 2; l’année suivante, elle donnera des fleurs

Fig. 29. Rhizome, ou tige souterraine de l’Iris germanica.

et des fruits, comme on le voit sur la pousse 3, dont l’évolution signalera le terme de son existence, comme le montre le n° 4. |

Une autre sorte de tige souterraine bien remarquable est celle qui forme la partie centrale et essentielle des bulbes, ou

oignons. Coupez longitudinalementun bulbe de Jacinthe ou de Lis, vous verrez qu’il se compose d’un plateau charnu, plus ou moins conique supérieurement, tronqué inférieurement, constituant une tige courte, à entre-nœuds très rapprochés. Ce plateau donne naissance, par sa face supérieure, à des écailles charnues (feuilles modifiées) pressées les unes contre les autres,

SC CArAÎTE: 3°

Fig. 30. Tige souterraine de Carex; pousses de trois années.

età un bourgeon central, formé de feuilles et de fleurs rudimentaires, tandis que de sa face inférieure partent des fibres radicales. 1

Dans la Jacinthe(fig. 31 et 32), les écailles forment des gaines complètes, qui s’emboîtent les unes dans les autres : son bulbe

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Fig. 31. Bulbe de Jacinthe. Fig. 32. Bulbe de Jacinthe (coupé verticalemnte).

est tuniqué. Dans le Lis (fig. 33 et 34), les écailles, plus étroites, ne se recouvrent qu'à la manière des tuiles d’un toit : son CSS

Î \ Fig. 33. Bulbe de Lis. Fig. 34, Bulbe de Lis (coupé verticalement.)

bulbe est écailleux. Dans le Safran (fig. 35 et 36), la tige, extrémement développée, de forme globuleuse ou déprimée, ne porte que quelques écailles minces et membraneuses : son bulbe est solide et superposé.

Fig. 35. Fig. 36. Bulbe de Safran (coupé Bulbe de Safran. verticalement).

Le rl1zome et le bulbe ne se distinguent que par le plus ou moins de longueur du plateau et la consistance plus ou moins charnue des feuilles souterraines.

Nous avons maintenant à étudier la structure des tiges chez les différents végétaux. Pour en donner une idée exacte, il nous suffira de considérer : 1° la tige des arbres de nos forêts; 2° celle des Palmiers; 3° celle des Fougères arborescentes.

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