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Fig. 428. Dragonnier d'Orotava (Ile de Ténérifte).

dans une vallée supérieure qui n’est éloignée du Sacramento que de 80 kilomètres.

La vallée où croissent les Sequoias est située à 1,660 metres au-dessus du niveau de la mer. Elle jouit, pendant l'été, d’un climat délicieux. On n’y ressent point les chaleurs étouffantes des basses terres. La végétation y est toujours fraîche et verte, et l’eau abondante. Sur une superficie de 50 hectares, on a compté 92 de ces géants, dont le tronc a plus de 100 mètres de hauteur et 30 mètres de contour. Les branches ne commencent qu'à 40 mètres du sol; elles sont peu nombreuses, mais couvertes d’un joli feuillage. D'après l’examen de la coupe du tronc d’un de ces arbres abattus, il n'a pas fallu moins de 4,000 ans pour qu'ils aient atteint leur développement.

Les gigantesques Sequoias sont accompagnés de Pins et de Cyprès qui ont plus de 70 mètres de haut et un diamètre de 7 à 8 mètres.

Ces arbres sont souvent joints l’un à l’autre ou rapprochés dans des positions bizarres. C’est ce qui leur a fait donner des

noms particuliers, tels que le Mari et la Femme, parce qu’il s'appuient l’un sur l’autre; — Hercule, à cause de son apparence de vigueur; — l’Ermite, à cause de sa position isolée des autres; — la Mère et le Fils; — les Jumeaux, — V Ami, etc. Tous ces derniers arbres ont une hauteur qui n’est jamais moindre de 100 mètres et une circonférence de 15 à 20 mètres. — Le Père de la forêt (fig. 431, page 565), a plus de 170 mètres.

M. A. Carlisle a publié, en 1876, un Voyage autour du monde, qui à été traduit par M. G. Marcel, de la Bibliothèque nationale. M. Carlisle a visité l’Inde, la Chine, le Japon, la Cali-

fornie, l'Amérique du Sud. Nous extrayons de cet ouvrage ce qui a rapport aux arbres géants de la Californie.

« À huit milles au delà de Whites, à trois mille pieds au-dessus de la mer, nous atteignons, dit le voyageur anglais, la lisière des magnifiques forêts de pins de la Sierra-Nevada. Encore huit milles et nous sommes sur une haute suite de collines qui descend du massif central de la Sierra. Les pins de Norvège, les sapins d’Argyle ne sont, à côté des arbres que nous y rencontrons, que de simples bâtons.

« À chaque coup d'œil il nous semble voir un tronc plus fort, plus huit, plus gros que les autres, mais à côté il en est un autre qui nous paraît

encore plus gigantesque. À certaines places, nous nous arrêtons et nous comptons autour de nous une douzaine d'arbres dont pas un ne mesure moins de cent quatre-vingts pieds de haut, et pour entourer ces troncs, au sortir de terre, il faudrait quatre hommes les bras tendus. Les plus nombreux et les plus remarquables entre ces nobles arbres sont les Sugar-Pine, les Yellow-Pine, et les Sapins rouges ou de Douglas.

« Si les Pins l’'emportent comme grosseur et comme masse, les Sapins ont une grâce imposante que rien ne dépasse. Certains atteignent une hauteur de plus de deux cents pieds; avec leurs tiges en forme de flèche et leur pyramide de feuillage qui se termine très symétriquement par de petites branches élancées, on dirait qu'ils ont fait naître l'idée des flèches de cathédrale et l’on pourrait croire que l'architecte du Dôme de Milan en a pris un groupe pour modèle.

« Chacun de ces Pins, de ces Sapins pleins de vie, est l'image parfaite de la force et de la beauté; chaque tronc est droit et rond, chaque couronne de feuillage est fraiche et vigoureuse, et pas un ne s'appuie contre son voisin et ne le presse. De chaque côté c’est une suite serrée de tiges imposantes comme si la nature s'était élevé à elle-même un temple orné d’une myriade de colonnes entre lesquelles existe un large entre-colonnement. Ces rois des arbres ne souffrent à leurs pieds aucun parasite qui vienne cacher leur beauté et diminuer leur force. Pas une plante grimpante ne s’enroule autour de leurs formes hardies et ne pend de leurs branches élevées ; ces dernières ne commencent qu’à soixante, soixante-dix et même cent pieds de haut; le sol au-dessous est en grande partie aride et brun, troué çà et là de racines tordues et noueuses ou rarement couvert de plantes basses semblables au mûrier sauvage ou à l’épine-vinette.

« Mais à une moins grande altitude, là où ces forêts commencent à se montrer dans leur pleine vigueur, et dans les ravins abrités au milieu d'eux, poussent avec exubérance d’autres arbres, de la même famille que les Pins et les Sapins. Ceux qui s’en rapprochent le plus comme taille, ce sont le Sugar-Pine (Pinus lambetiana), le Pin jaune (Pinus ponderosa), et le Sapin rouge (Abies Douglast), l'Arbor vitæ (Thuya gigantea), connu aussi en Californie sous le nom de Cèdre rouge, arbre magnifique, au feuillage gracieusement languissant, à l'écorce rouge profondément couturée, dont la hauteur atteint quelquefois jusqu'à deux cents pieds. On remarque aussi les jeunes pins à baume (Piceu grandis) avec leurs branches horizontales, leurs troncs parsemés de goultes transparentes de résine odorante.

« Les Pins jaunes et les Cèdres blancs rencontrent également ici le sol qui leur convient; mais à mesure que nous dépassons la lisière inférieure des forêts de Pins, les espèces différentes deviennent plus rares et les arbres gigantesques sont plus espacés.

« Le voyageur a atteint le sommet des collines ; il y passe la nuit et, le lendemain matin, il visite Mariposa Grove, l’une des plus belles forêts d'arbres géants de la Californie. Une promenade matinale à travers les collines nous conduit à l'habitat écarté de ces merveilles du règne végétal. Pendant toute notre promenade à cheval, nous passons au milieu d'arbres semblables à ceux que nous avons vus hier, et nous admirons de nouveau leur vigueur, leur taille et leur grâce. Un Sugar-Pine nous est désigné comme ayant deux cent cinquante-cinq pieds de haut et neuf pieds de diamètre au sortir de la terre. Après avoir pris soigneusement des mesures, il

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