‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 111 sur 236 · Journal de Dubuisson · texte numérisé non relu

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murailles, M. le Prince se décide à troubler cet état d'atonie par Tattaque de Gharenton. C'est le passage de la Marne et la seule position occupée dans la banlieue au nom du parlement. Là sont réunis les soldats c[ui ont quitté leurs drapeaux, la plupart de Paris et du régiment des gardes ; dangereux foyer d'embauchage!

Dans la matinée du 8 février, M. le Prince se combat place avec sa cavalerie en bataille sur « la hauteur et mon du duc

11 1 /^ n ^^ Châtillon,

de Fecamp » , au-dessus de Contlans, couvrant sfévner. le mouvement de l'infanterie qui s'approche et se prépare au combat. A la même heure, \ ingt mille hommes étaient passés en revue place Ro\ale par les généraux de Paris et sortaient des murs pour marcher au secours de Gharenton. Ils étaient encore douze mille àPicpus; mais quand on leur montra la ligne des escadrons royaux et qu'on leur parla de M. le Prince, tous se hâtèrent de rentrer, laissant le gouverneur, Glanleu, se tirer d'affaire avec sa bande de déserteurs. G'était un homme d'humeur sombre et chagrine, ses portraits le di-

1. Au nord -nord-est de ConQans et de Gharenton se développait la petite (t plaine de^Fescan » ou « vallée de Fécamp » ; I e le enca Irait un cours d'eau qui, partant de Saint-Mandé et ''■ passant près de la Gran.le-Pinte, se jetait dans la Seine ou se ; p^r.lait vers la Râpée, l.a h luteur, ou plutôt l'ondulat on qui \ bor.iait celte plaine au sud, poriait le même nom, qu'on ne retrouve pas sur les plans modernes.

sent; lieutenant-général avec de beaux services, mais disgracié à la suite de quelques malheurs de guerre % il en avait conçu un vif ressentiment. Ni lui ni ses soldats ne voulaient faire ou demander quartier et vendirent chèrement leui* vie; ce fut le seul engagement sérieux. Le combat fut concentré dans les rues de Charenton, M. le Prince n'ayant pas voulu charger les Parisiens durant leur retraite précipitée.

L'attaque du bourg avait été confiée au duc de Chàtillon, qui la mena vivement. A la dernière barricade, il tomba frappé mortellement, fut porté à A'incennes, où il expira le lendemain; avec lui s'éteint la descendance mâle de l'illustre amiral -. Grande douleur, double malheur pour Condé! il perdait le plus éprouvé de ses jeunes lieutenants, et le veuvage allait rouvrira la plus artificieuse des femmes l'accès d'un cœur dont elle s'était déjà un moment emparée. Isabelle de Montmorency n'avait pas attendu la mort d'un époux plus passionné que fidèle"' pour commencer une galanterie avec

1. Ou lui reprocliait h perte de Dixmude (I6i7). — Bertrand d'Osioré de Clanleu servait depuis 1635 et commanda plusieurs a inées un régiment d'iofanterie. Maréchal -de-camp du 10 mars 1646, il avait été employé sous M. le Prince au siège de Duukerque.

2. Un fils posthume naquit cinq mois après et mourut le 27 octobre 1657.

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