Henry de Lancy, baron, puis marquis du Rare
Rare, cet aimable garçon, Lequel a si bonne façon ;
[SCABBOXl,
fils de >-icolas de Lancy, baron de Rare, chambellan de Gaston d'Orléans, servait alors comme sèrgent-de-bataiUe et devint maréchal-de-camp. C'est probablement en prenant son nom qu'un imposteur avait fait à l'Espagne les propositions € diaboliques » dont parle Mazarin, (Mazarin au duc de Longueville, 14 août 1647.;
Je VOUS envoyé la copie du dernier mémoire du Roy pour M" les Plénipotentiaires, où vous verrez des choses assés curieuses. Je remets à vous entretretenir à vostre retour des particularitez de la négociation du faux Ra^e^ qui sont si estranges, qu'encore que
La bonne conduite de M' de Bavière est infiniment utile dens le rencontre de la mutinerie de nos Allements principalement, et dans Testât où on dit que sont à cette heure les Suédois avec l'Empereur; il ne fault^ ce me semble, rien oublier à la bien maintenir.
Je ne puis rien dire sur cet article là, estent présentement une chose si embrouilliée, qu'à moins de quelque décision par les armes ou par la révolte de Naples et de Sicile, je doute que les Espagnols se résolvent si tost à fleschir.
Pouitent l'entremise des Holandois, si ils y veulent bien agir, ne peut qu'estre merveilleusement utile.
je n'aye pas douté de la mauvaise volonté que les Espagnolz ont pour nous, je vous avoue que je n'aurois jamais pu croire qu'elle fût allée au point qu'elle est et qu'ils eussent esté capables de mesohancetez si noires.
M' de Bavière continue avec nous la mesme bonne intelligence et fermeté dans les choses qu'il a promises, ce qui donne grande facilité aux Suédois d'agir avec succez ; et il se voit aisément qu'encore qu'ils tesmoignent à Munster grand désir de la conclusion de la paix, ils ne seront pas faschez qu'il se rencontre des obstacles qui la reculent pour quelque temps.
Les députez de Hollande retournent à l'assemblée généralle et tesmoignent de vouloir fort presser les Espagnolz pour nous faire laisser toutes nos conquestes. Nous verrons bientost si cela et les révoltes de Xaples et de Sicile, joint à ce que les affaires de Cataloigne et de Flandres n'ont pas pris le train que les ennemis avoient cru et publié, les contraindra de consentir à la
l'IKCES ET DOCUMENTS.
Je suis ravy de la belle action de Paluau et de l'avantage que les troupes du Roy ont eu en ce rencontre.
L'approche des troupes de Lamel portera, je croy, un
paix, par le moyen de laquelle il est certain qu'ils retireront plus d'avantage qu'ils n'en pourroient espérer de longtemps dans la continuation de la guerre, supposé mesme que leurs âmes agissent avec plus de bonheur contre les nostres (]u'elle n'ont Tait à présent, puisqu'en nous relaschant.
comme nous avons desjà fait, de la trêve pour le Portugal, c'est autant que leur donner ce royaume, qui ne pourra se défendre longtemps, quelque faculté que nous nous réservions de pouvoir l'assister.
Le mareschal de Gassion a défait ces jours cy huit cens chevaux des ennemis à platte couïture; je ne vous entretiendray pas du détail de l'action après que le gazetier en a fait un extraordinaire; je vous diray seulement qu'il ne marque pas que nostre cavallerie française n'a pas mérité grandes louanges en cette rencontre, et que Paluau y a extrêmement bien fait avec les gendarme? et chevaux légers du Roy.
Le malheur est tombé principalement sur les troupes de
grand coup aus affaires de Flandres.
Je souhaitte avec passion que JF de Turène raccomode ses affaires et se remette en estai d'agir, estent, ce me semble, la chose de touttes qui doit le plus emporter la balance, de quel costé qu'il tourne.
yi'^ de Lorraine, qui en a esté si piqué qu'il a aussitost fait instance à l'archiduc de ravoir ses troupes pour venir prendre sa revanche à ce qu'il publie, vers nos frontières. Il sera bien receu s'il s'y présente ; les quinze cens chevaux de l'armée de M"" de Turène, qui estoient sur la Mozelle, commandez par le viconte de Lameth, s'avancent de deçà pour s'opposer à luy avec d'autres troupes qui y sont desjà; mais il faut espérer que la colère lu\ passera en chemin.
Nous n'avons point de nouvelles de M"" le mareschal de Turène qui viennent directement de luy; mais on a sceu de divers endroits qu'il s'estoit enfin résolu de charger les mutinez, dont il a défait bonne partie, et que le reste, au nombre de deux mille chevaux, a passé le Mein et marchoit vers l'armée de Suède pour se joindre à elle.
Ledit S' mareschal a avec luy deux mille chevaux, outre les régimens du nouveau Rose et de Ohem, et marchoit pour venir en Luxembourg. Si nous
Je suis ravy de la guérison de de Grave.
J'ay veu la lettre de M"' le mareschal deGramont, et, tout de bon, je ne comprens point pourquoy, me tesmoignent tenl d'amitié en touttes choses, vous voulés de gaieté de cœur me doner une mortification si sensible en celle-cy, etc.. Remettre à la fin l'affaire à mon retour à Paris.
pouvions faire joindre à lny le corps de Madame la Lantgrave (de Hesse) et quelque infanterie de M'' d'Erlac, il pourroit avant la fin do la cmpagne entreprendre quelque chose de considérable; mais pour cela il faut ajuster tant de pièces, que je ne sçay ce qu'on peut s'en promettre.
Le S"" de Grave se porte bien, et je m'asseure que vous serez bien aise, l'affectionnant comme vous faites, que ce soit cette raison qui m'ait empesché de faire ce que vous me tesmoigniez désirer pour le S'' de S^ Martin.
Je vous supplie d'agréer que je me remette à ce que j'escris a M"" le mareschal de Gramont sur le sujet de Fhx. Je ne sçaurois vous exprimer le desplaisir que j'ay, quand je voy que vous souhaitiez une chose et que je trouve impossibilité à vous y servir. J'ay entretenu M"' le chevalier de Rivière de quelque chose en gros pour m'en expliquer plus particulièrement à vostre retour ; ce que je vous puis dire, c'e;t que vous reconnoistrez en toutes rencontres que vous
Fault luy dire franchement Testât de la place, de la garnison, des ennemis, de la mer, du peu defourage, les remesdes pour le fourage, et ne pas conclure formèlement, puisque cela ne se peut sens sçavoirdes commendens de l'armée navale ce qu'ils peuvent
n'avez point de plus véritable serviteur que moy.
Je ne veux pas finir sans vous communiquer une pensée qui m'a passé par l'esprit, et à laquelle vos sentimens doivent donner la forme, ou la destruire tout à fait. Je considère la difficulté qu'il y a de pouvoir rien entreprendre pendant la belle saison, parceque les ennemis n'ayant à garder que trois places, il leur est facile, avec les soins qu'il y donnent, d'en venir à bout; de sorte que, s'il y a lieu d'y faire quelque progrez, vraysemblablement ce ne peut estre que pendant l'hy ver, qui est fort doux en ces pays-là; et d'ailleurs les ennemis ne se doutant point qu'on puisse avoir cette pensée, l'exécution de ce qu'on cnti éprendra sera vraysemblablement plus facile.
J'examine donc si, dans le mois de novembre que l'armée navale des ennemis aura infailliblement désarmé, nous ne pourrions point attaquer Tanagone, y envoyant de nos vaisseaux et galères sufïisament pour tenir la mer, et faisant passer des troupes en
PIÈCKS ET DOCLMEMS. 555
faire et la force des troupes Cata'oigno dims l'occasion que qu'on peut envoler. la personne destinée pour
Un compliment pour finir. commander les armées y passera ; et, comme en cliose semblable il faut songer de bonne heure, je vous prie de m'en oscrire un petit mot; et, si vous croyez qu'il y ail lieu d'y songer, je vous conjure qu'âme qui vive n'en puisse rien sçavoir, le bon succez dépendant princi; alement du secret. ... A. G.
M. LE PRINCt: A MAZARIX.
Villefranche de Panades, 10 septembre 1647.
Despuis que je ne vous ay escrit par mon laquais, j'ay faict un voiage à Biirselone, oîi j'ay distribué les bénéfices et donné ordre aus désordres qui couroient risque d'aiiver par la continuation de la haine de M. le gouverneur ^ et de don Joseph d'Ardène, lesquels j'ay accordés à fond et ay tiré les dernières paroles d'estre bons amis; j'ay aussy accordé le chancelier avec d'Ardène. M'' de Marca se portent mieus et estent tout k faict hors de denger, j'<iy creu que je devois at'endre son entière guérison pour disposer des charges du conseil, estent une chose très importante. Je suis party aujourd'uy de Barselone sur l'advis que M"" le mareschal de Gramont m'a doné que les ennemis s'assembloient et fe^oient coure le bruit de vouloir venirattaquernospostesducamp(cflw/)o)deTarragone;j'yseray demin à midy pour les visiter et y mettre touttes choses nécessaires; cependent j'aprens du conte de Broillio qu'ils commen-