Bâtiments de transport
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hommes et les éléments. Ici pas de témérité folle Guillaume
. de Lede
comme devant Mardick, ni le décousu de Gourtrai, et don jacinto
de Verre.
mais l'action concentrée dans la main d'un chef Mon de Lavai
etdcChabotv
qui chaque jour brave le péril sans forfanterie. La Reddition.
de Dunkerqu*;
mort passe souvent près de lui . un soir il est près- en octobr») que renversé par la chute d'un ingénieur qui tombe tué en lui rendant compte ; au même moment il a le visage et le cou déchirés par les éclats du crâne d'un valet de pied qui portait son manteau. Les deux attaques avaient été poussées jusqu'à la contrescarpe; Laval, maréchal-de-camp de garde, allait attacher le mineur, lorsqu'il fut mortellement blessé à la tête (1" octobre). — C'était un jeune homme de grande espérance, allié de M. le Duc et par lui tenu en haute estime. — L'assiégé disputait le terrain pied à pied, contreminant les galeries de l'assaillant, renversant ses logements, multipliant les retranchements qu'il ' fallait emporter de vive force ; mais l'heure approchait où la défense serait rejetée sur l'enceinte intérieure, vieille muraille sans dehors. Guillaume de Lede^ n'attendit pas jusque-là.
Il était depuis le commencement du siège en
1. Lede, baronnie de la chàtellenie d'Alost, avait été érigée en marquisat eu faveur de Guillaume Belle, issu d'une des plus anciennes familles de Gand, et qui, des 1632, s'était illustré par la défense de IMaëstricht.
rappofts courtois avec le duc d'Anguieu ; des communications avaient été échangées au sujet du traitement des prisonniers, des sauvegardes, etc. L'intermédiaire habituel était le sergent-major de bataille, don Jacinto de Vera, homme d'esprit, connu, trop connu peut-être, dans l'armée française. (( Il avoit esté autrefois nostre prisonnier et s'estoit, à ce qu'on dit, sauvé de nos mains avec assez de mauvaise foy ; cela luy faisoit appréhender d'y tomber de nouveau... Aussi retournoit-il à dessein de faire tous ses elTorts pour obliger le gouverneur à capituler ' . » Guillaume de Lede se laissa-t-il surprendre aux rapports intéressés de Vera? Il avait bien préparé, bien dirigé sa défense ; au point de vue rigoureux des devoirs d'un gouverneur, on peut admettre cju'au dernier moment il ne montra pas toute l'énergie dont il avait fait preuve en défendant Maëstricht contre le prince d'Orange. En fait, il ne pouvait sauver la place; mais il sauva la garnison, épargnant la captivité aux troupes qu'il conserva ainsi à son roi. C'était un vaillant et ferme vieillard ; rappelé au gouvernement de Dunkerque et de nouveau assiégé douze ans plus tard, il se fit tuer sur la brèche. Dans la nuit du 6 au 7 octobre, Vera était déjà
I. Sarasin. — Nous laissons à IVloqucnt narrateur du siège de Dunkerque la responsabilité de cette insinuation.
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au quartier général de 31. le Duc pour signer la capitulation ; les attaques se poursuivaient en quelque sorte pour la foi"me, comme s'il fallait couvrir par les progrès de l'assiégeant la responsabilité du gouverneur, lorsque le chevalier de Chabot, qui entrait en garde, reçut à la tète plusieurs éclats de grenade; il « mourut avec une constance de héros ^ ». Laval ayant montré quelque trouble au milieu des dernières douleurs, ses amis surpris remarquèrent que « jamais homme de courage n'eut tant de peine à se résoudre à la mort - )>, et l'on compara la lin agitée de l'un à la suprême sérénité de l'autre.
Chabot fut frappé au moment où les défenseurs de Dunkerque tiraient leurs derniers coups de mousquet. Quelques instants après on faisait trêve
1. Mémoires de Bussy.peu suspect de bienveillance envers les Chabot. — Charles, s"" de Sainle-Aulaye, frère aîné du duc de Rohan et du chevalier Guy, venait d'être tué devant Lérida (27 mai -1646).
2. Ibid. — Chabot, blessé six jours plus tard, avait succombé le premier (M. le Duc à Mazarin ; 18 octobre. A. C. . — Guy de Montmorency-Laval-Bois-Dauphin, fils de la marquise de Sablé, avait épousé (janvier 1644) Madeleine Séguier, veuve de César du Cambout, marquis de Coislin, malgré la vive opposition du chancelier, beaucoup plus touché de la pauvreté de Laval que de sa naissance. Le duc d'Anguien avait été le principal intermédiaire de la réconciliation du beaupère avec le gendre. [Sur Chabot et Laval, voir t. IV, p. 4o et pa^sim.)
et des gardes étaient posées à tous les travaux pour qu'il n'y fût rien entrepris pendant les trois jours de répit laissés aux généraux espagnols. Le il octobre, le marquis de Lede sortit de la place avec ses troupes, qui furent escortées jusqu'à Nieuport; le duc d'Anguien l'attendait sur la route, mit pied à terre en l'apercevant. Les deux généraux en chef s'embrassèrent et assistèrent au défilé de la garnison française qui entrait dans Dunkerque. Rantzau prit possession de ce gouvernement, dont il avait la promesse; M. le Duc demanda celui de Bergues pour Marchin '; mais le cardinal le donna aussi à Rantzau, alors au comble de la faveur, faveur éphémère et qui devait aboutir à une chute soudaine.
Dunkerque pris en fin d'automme, c'était un résultat inespéré. Après avoir si longtemps hésité à (notembre'i64G) . autorisci" Ic slègc dc ccttc placc, Mazarin se plaisait à exagérer les conséquences du succès, parlant d'attaquer Gand, Bruges, d'anéantir l'armée d'Espagne. Plus modeste dans ses désirs, Anguien aurait voulu fortifier l'occupation du littoral par la prise de Dixmude ou reconquérir la position perdue à Menin sur la Lys. La saison était trop avan-
1 . Comme déjà il avait vainement demandé pour Arnauld le gouvernement d'Ardres, vacant par la mort de Lermont, maréchal-de-camp tué devant Courtrai.
Derniers mouvements Séparation
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cée; à peine restait-il le temps de réparer les murs de Dimkerque et de mettre Gourtrai iiors de péril. Couverts par un traité passé avec la Hollande % débarrassés de tout souci du côté du prince d'Orange, qui s'en était allé au fond du Limbourg continuer un simulacre d'opérations, les Espagnols reparaissaient menaçants. L'armée française resta en bataille, pendant que Gassion, av.ec la cavalerie, conduisait un grand convoi dans Gourtrai. G'est la dernière fois qu'on vit le maréchal dans son vrai rôle : circonscrit dans une tâche définie et qui ne dépassait pas l'horizon limité de sa vive intelligence, il était sans rival jiour conduire les troupes, prendre hardiment son parti, saisir les occasions. Pourquoi cédait-il trop souvent aux caprices de son humeur mobile et jalouse ? Habitué depuis deux ans à tout dominer par sa verve, sans que la contradiction vînt entraver une indépendance presque absolue, confiant dans le
i. Lo traité défi ni lif ne fut conclu qu'à la un de l'année; mais dès le mois d'août les préliminaires étaient signés, et presque toutes les provinces avaient accepté la trêve. On était heureux d'avoir pu obtenir la coopération de Tromp devant Duiikerque. — Pour finir la campagne, le prince d'Orange assiégea Yenloo, sans beaucoup presser la place qui fut secourue par le prince de Ligne, et les Hollandais se retirèrent. Gramont et les débris de sa cavalerie furent rapairiés par Maëstricht et Sedan.
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sentiment du premier ministre, il était arrivé à cet état d'infatuation où la reconnaissance pèse ^ Excédant les bornes d'une juste et noble rivalité de valeur, à peine retenu par Tautorité du rang et du caractère, le maréchal semblait épier l'occasion d'éclipser le prince par son audace, et de s'affranchir de toute contrainte; Condé Tobservait. non sans chagrin, essayant de le ramener; m.ais les incartades se multipliaient. Aux derniers jours du
1. >'oii seulement il devait son bâton de maréchal à l'insistance du duc d'Anguien ; mais, dès les premiers démêles des maréchaux, ^1. le Duc avait pris parti pour son lieutenant de Rocroy (à Mazarin, 14 août 1644, A. C.) et l'avait constamment soutenu, ne faisant pas mystère du concours qu'il avait trouvé pendant sa première campagne chez cet excellent ofïicier de cavalerie. En groupant une foule de renseignements recueillis rà et là, nous avons essayé de mettre en lumière toute l'habileté dont Gassion fit preuve en i643, et nous croyons avoir exactement défini son rôle le 19 mai durant l'action. Les épisodes qu'on a signalés depuis l'impression do notre quatrième volume nous étaient connus et cadrent avec notre récit; ils font partie d'un ordre de faits qui ont un carac tère général et que nous avons e.-sayé de résumer sans égarer le lecteur dans le détail de tcus les incidents.
Si le duc d'Anguien n'avait pas conduit lui-même son aile droite le 49 mai 1643, ou s'il avait été tué en chargeant, ou bien encore si c'était sa seule victoire ; et si d'autre part le vaillant otïicier qu'on veut placer sur un piédestal où il n'a que faire avait gagné plusieurs batailles rangées, on pourrait se demander quel est le véritable vainqueur de Rocro} . La carrière de Condé comme celle de Gassion donnent la réponse.
siège, dans la ti'anchce, au milieu d'une conférence, Gassion affecte de sauter sur le terrain découvert pour achever sa démonstration sous un feu assez vif et s'attire cette rebuffade : u Croyezvous, monsieur, qu'il fût nécessaire de me donner cette preuve de votre grand courage, ou douteriez-vous que. dans l'occasion, j'osasse moins que vous? '» l'-t conmie la garnison défilait : « Vous a-t-on rendu les hommes qu'on vous a pris »? demande M. le Duc au marquis de Lede. — ic II en manque six retenus par les gens de M. de Gassion. — C'est une infraction aux clauses de notre accord », lit remarquer le prince. Hautaine réplique du maréchal. — « Rendez ces hommes, monsieur, rendez-les tout présentement; quand je commande, j'entends qu'on obéisse, et vous m'obéirez comme le dernier de l'armée. » — Gassion perdait de gaieté de cœur l'appui qu'il avait longtemps reçu de M. le Duc; le cardinal allait l'abandonner; sa disgrâce était certaine, lorsqu'à l'automne suivant ^ un coup de mousquet termina la carrière du rude et vaillant soldat, La Hire du xvif siècle.
L'armée s'arrêta sur la Lys; les Espagnols se renfermèrent dans leurs places. Après avoir assuré