‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 35 sur 236 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le coup de canon d'Orbitello. li juin 164(5. Vacance de l'amirauté; prétentions des Vendôme. — M. le Duc demande la succession de son beau-frère le duc de Brézé. La Reine garde l'amirauté. — L'affaire de Chantilly. — Le comté de Montbéliard. Procès de la succession Richelieu. — Mort de Henri II, prince de Condé. 26 décembre 1646. — « H aimait TÉtat. » Ses opinions religieuses. Son intolérance. — Règlement de la succession. Situalion de la princesse douairière et de ses fils — Le Clermontois donné au nouveau prince de Condé, qui est désigné pour commander en Catalogne, janvier 1647.

Le l!x juin i6!i6, l'amiral duc de Brézé fut tué lc coup de canon par un boulet, à son bord, en pleine victoire. D'humeur bizarre, le visage hardi comme le cœur, avec l'instinct tactique et une grande apphcation au service', Armand de Maillé semblait appelé à de hautes destinées. Il avait vingt-sept ans; sa

1 14 juin).

Vacance

de l'amirauté.

Préten'iions des Vendôme.

1. il surveillait lui-même les approvisionnements, rorganisation des équipages, résidant presque toujours à Toulon ou à la Rochelle, quand il n'était pas à la mer (nombreuses lettres, A. C). Voir t. III, p. 406.

mort arrêta pour un temps l'essor de notre marine; le coup de canon d'Orbitello fut le signal d'une débandade. Nos vaisseaux disparurent, emmenés par le vice-amiral du Daugnon, égoïste sans vergogne', qui courut s'installer dans le fort de Brouage pour se faire payer cher la clef de la Charente ; la fièvre des IMarennes fit le reste : il fallut lever le siège d'Orbilello - et rapatrier les débris de l'armée. IMazarin se résigna à de grands sacrifices pour réparer ce désastre; ritn ne lui tenait plus à cœur c[ue sa politique italienne. La flotte ne reparut pas ; mais, vers la fin d'octobre, du Plessis et La Meilleraie, débarques sur les côtes de Toscane, pourvus de troupes et de moyens suffisants, se saisirent de Piombino et de Porto-Longone. Le pape prit peur ; la famille et les amis de Mazarin s'en trouvèrent bien; ce fut tout. Cet effort, qui nous coûta peut-être la Catalogne, ne délogea pas les Espagnols des présides; le soulèvement des Napolitains, différé, changea de caractère ; le duc

L Louis Foucault, comte du Daiip:iion, sortait de la maison du cardinal de liichelieu et s'etait^fort poussé dans l'intimité d'Armand de .Alaillé, qui lui fil donner la chai'ge de vice-amiral de France, avec la lieutenance-de-roi de Brouage. Du Daugnon va passer tout le temps des troubles à trafiquer de cette place, qui lui valut le Iiàton de maréchal (K)o3). 11 prit alors le nom de maréchal Foucault et mourut en 1659. à quarante cinq ans.

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