décembre 16i6. B. H. W
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Chantilly ou à la cour, parlait, discutait. Tout ce mouvement, ces émotions ne laissaient pas d'éprouver sa santé, l'inllrmité dont il soutirait exigeant un repos physique et moral qu'il ne se donnait jamais. Autre agitation, autre chagrin : le procès pour la succession de Richelieu allait mal ; les plaidoiries furent très vives , l'avocat Gaultier traita M""^ d'Aiguilion de « monstre fardé '> ; mais Hilaire, dans ses répliques, malmena fort AI, le Prince, et les arrêts, sans être décisifs, n'étaient pas favorables. Là aussi M. le Prince supportait tout le poids de la lutte. Singulières relations des Condé avec les héritiers de Richelieu! Mêmes amis, mêmes ennemis politiques; échange d'injures devant les tribunaux ; c'est M. le Prince qui mène sa belle-fille à Taudience oi^i M'"*" d'Aiguillon est traînée dans la boue, et 31'-^" d'Aiguillon, qui soutient Tinstance avec non moins de vivacité, reste en correspondance amicale avec M. le Duc. « témoignant le désir de lui donner des marques de la passion qu'elle a pour son service'. » De son côté, M. le Duc veut répudier l'autre nièce du cardinal; son père l'en empêche; tous deux sont d'accord pour rechercher Famiral de Brézé.
1. 16 octobre 1646. A. C. — Marie-Madeleine Vignerot, nièce du cardinal de Richelieu, veuve de Combalet tué devant .Montpellier en 1621, créée duchesse d'Aiguillon en i638 (voir t. III, p. 454).
Mort de Henri II, M. Ic Priiice tomba tout d'un coup. Depuis dix- <ie condé, huit mois, il ne marchait pkis ^ ; mais l'intelligence
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ne baissait pas et 1 activité survivait au libre usage des jambes. Vers le commencement de décembre, il expédiait les afTaires avec sa lucidité habituelle, se faisait porter dans sa chaise à travers les rues de Paris, assistait aux représentations de Tabarin; car le redoublement de sa ferveur religieuse n'avait pas changé le tour gaulois de son esprit ni amorti son goût pour les amusements populaires, et, en sortant de l'église, il s'arrêtait volontiers devant les tréteaux de la foire. — Le 7 décembre, il se mit au lit et rendit l'esprit le lendemain de Noël i6i6, vers minuit. Sa fin fut calme et chrétienne ; sa femme, ses fils ne quittèrent pas son chevet et reçurent avec émotion les témoignages de sa tendresse; (( il parla à Madame la Princesse comme s'il l'avait aimée toute sa vie " » . Après avoir dicté de longues instructions au duc d'Anguien et à Perrault, il fit son testament et en confia l'exécution au président de Nesmond; tout y était réglé, jusqu'au traitement de ses plus humbles serviteurs ^ Les pauvres
'1. Lettre du chevalier de Rivière, 25 juin 1645. A. C.