‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e siècles (volume 2)Chapitre 43 sur 236 · Motteville · texte numérisé non relu

Motteville

3. Il avait toujours été fort bon pour eux, plus large même que ses habitudes ne le feraient croire, les appelant ses premiers pauvres, et poussant le souci jusqu'à prendre de leurs intérêts spirituels un soin qui étonnerait aujourd'hui.

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ne furent pas oubliés; tenant à leur restituer le produit des bénéfices dont il avait joui indûment, il ordonna de grandes largesses et en arrêta la forme dans un long entretien avec le nonce du pape et le coadjuteur de Paris (le futur cardinal de Retz). Son corps fut porté à l'église paroissiale de Valéry, près de ses père et grand-père ; il donna son cœur à la maison professe des Jésuites S et ses descendants suivirent cet exemple.

Nous avons assez parlé du troisième prince de „ n aimau Condé. Rappelons que, pour juger sa conduite sous ses opini'Jns la régence d'Anne d'Autriche, on ne saurait s'en son intolérance, rapporter au portrait du « Rosso » tel qu'il figure dans les « carnets ». Mazarin supportait avecimpa- (icnce non seulement riuimeur de M. le Prince, mais le contrôle que le titre de clief du conseil lui permettait lui prescrivait d'exercer sur les actes du gouvernement. Cette sorte de surveillance agrée

1. Rue Saint-Antoine, aujourd'hui église Saint-Louis et collège Charlemagne. C'est pour honorer ce dépôt que Perrault, devenu riche et président des comptes, fit élever par Sarrazin le beau monument de bronze que Le Bernin admirait tant. Cœurs et statues sont aujourd'hui recueillis dans la chapelle de Chantilly. Un autre monument d'un bon style fut élevé dans l'église de Valéry. Le même Perrault avait légué une rente aux pères de la compagnie de Jésus, avec obligation de faire prononcer tous les ans l'oraison funèbre du prince Henri IL A la longue, l'accomplissement de cette tâche devint un exercice littéraire assez ditticile. Bourdaloue fut un de ceux qui s'en tirèrent le mieux.

rarement aux dépositaires du pouvoir ; ils n'en voient que la gêne et ne reconnaissent pas le service. Le contrepoids qui réglait l'action du ministre fit défaut plus tard. — En somme, avec ses façons bourrues, malgré quelques incartades et quelques bouffées d'égoïsme, Henri de Bourbon avait, depuis le commencement du règne, aplani bien des conflits, affermi l'autorité de la Régente et soutenu le ministre ; écartant les intrigants, les songe-creux, traquant les pillards de la fortune publique. '( donnant toujours ses conseils avec beaucoup de lumière et dans l'ordre de la justice ' », méritant enfin cet éloge que lui ont accordé ses contemporains, même les plus sévères : il aimait l'Etat. Ménager de l'argent du Roi autant que du sien, il avait de saines idées en matière de finances, voulait que les dettes publiques fussent régulièrement acquittées, résistait aux prodigalités, à l'accroissement constant des dépenses comme à l'exagération des impôts. Il inspirait confiance aux hommes d'affaires sérieux, qui ne voulaient jamais conclure un traité quand il n'assistait pas au conseil. Les financiers empiriques, les d'Emery et autres, le redoutaient et se réjouirent de sa mort ; ils eurent beau jeu après lui.

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