A Mazarin ; A.. G
2. Sans quitter les fonctions d'officier-général. — Né en 1611, François Broglia avait été appelé par Mazarin au service
LOLIS II DE BOURBON. l.'iO
taines, d'hommes d'Etat, d'écrivains, portant haut le sentiment de l'honneur, éminents avec des mérites très divers, tous sans peur, inflexibles dans leurs convictions, et conservant à la tribune comme sur le champ de bataille la même allure militante. Les sorties se renouvelaient presque tous les jours et n'étaient pas repoussées chaque fois avec la même vigueur. Le G juin, les Suisses montrèrent quelque faiblesse ^ ; l'alTaire serait devenue grave sans l'intervention habile et énergique d'un officier allemand formé à l'école du roi Gustave et de Gassion, et qui deviendra célèbre dans les guerres civiles, le colonel Balthazar-.
de France en 1643. Sergeni-de-bataille en 1646, maréchal-decamp et mestre-de-camp du réginaent de Champagne (1647), gouverneur de Consianti et Salo, puis de la Bassée, lieutenant-général eu I6o0. Blessé au siège d'Arras, il avait la promesse du bâton quand il fut tué au siège de Valence en Italie (l6o6/. C'est l'ancêtre des trois maréchaux de Broglie et des Broglie actuels. — Son frère cadet Charles, dit le comte Carie, servait aussi à l'armée de Catalogne. Condé accommoda une querelle que Broglie le jeune eu' avec un oSGcier suisse de la famille Fabri de Genève. Le comte Carie mourut en 1702 lieutenant-général.
1 , Ces Suisses étaient de nouvelle levée (régiments de Praromnn et Rohen . Par punition ils fuient mis plusieurs jours à la queue de la tranchée, mais ils se relevèrent brillamment dans la nuic du -H au 12. M. le l'r nce l'ur rendit leur ;our de garde.
2. Johann von Balthazar, né à Simmeren dans le bas Palatirat, engagé dans l'armée suédoise, passa au service de
100 LES PlUXCES DE CONDÉ.
Les Français gagnaient du terrain, mais lentement. 11 fallut deux assauts pour occuper le couvent de Saint-François, transformé en ouvrage avancé ; l'assiégeant se heurtait partout à de nouveaux et solides retranchements qu'il fallait démolir par le canon ou la mine, la mine surtout, et les cheminements étaient fort ditTiciles. La Pomme, f[ai avait si bien servi à Thionville, et « le premier homme de son temps dans cet art », dirigeait les travaux souterrains; mais il fut tué le 6 juin; la veille, un coup de mousquet avait enlevé le chef d'état-major, le savant et courageux La Vallière ; deux hommes qui ne pouvaient être remplacés.
Cependant les galeries arrivent au château
France en 1634 comme capitaine au régiment de Gassion. Devenu lieutenant-colonel (1641), il conduisit six compagnies de ce corps en Catalogne, et ce détachement fut le noyau du régiment Baltliazar, resté célèbre dans l'armée française sous le nom de Royal-Cravate. Ayant embrassé le parti de M. le Prince (1631), Balthazar battit plusieurs fois les troupes du Roi en Guyenne; son fameux cheval Demi-Diable \\\l lue au combat de Mugron (mars 1603). Rentré en grâce et nommé lieutenant-général (1654), il retourna en Catalogne, d'où il partit (1657) pour prendre, avec la permission du Roi, le commandement des tionpes de l'électeur palatin, Charles- Louis. Vers '1668, il se retira en Suisse, dans la bironnie de Prangins, qu'il avait achetée. Ses descendants ont continué de servir avec distinction dans l'armée française. Sa postérité existe encore.
(12 juin). Les batteries de brèche ouvrent leur feu (nuit du Ol au 15). Dans toute l'Europe, on tenait que les jours de la résistance étaient comptés, et le gouverneur lui-même ne témoignait pas grande confiance \ L'Espagne paraissait résignée à la perte de Lérida et se préparait moins à sauver cette place qu'à créer d'autres embarras au général ennemi. La France avait foi dans l'étoile de M. le Prince, et chacun répétait avec Mazarin : « Vous menez Brito d'autre façon qu'il ne s'y estoit attendu- ». Il y avait bien çà et là dans les dépêches du général en chef quelques traits qui n'étaient pas rassurants : « Les ennemis s'assemblent fort à Fraga, écrivait-il le 5 juin ; ils ont levé toutes leurs garnisons; nous tascherons, si ils viennent, de nousempescherd'estre battus»; mais Condé avait l'habitude de ces réserves à la veille des actions, et si l'on se montrait quelques lettres particulières plus positivement alarmantes, le public ne tenait pas compte de rumeurs qui se reproduisaient chaque année.
'I. (< Las ullimas carias que hemos lenido de Brito son
de la 7 deste,y aunque no habla con grande apierlo
puede V. E. considerar de mas o menos el juycio que se podra hazer desle negocio sino se exécuta el socorro muy brevemente. » (D. Luis de Haro au marquis de los Balbazes; Madrid, 17 juin 1647. A. C;