novembre. Son Altesse pa\a les dulces (conûlures
3. Le maintien de l'Inquisition était une des conditions de l'union de la Catalogne à la France. Les conllits de juridiction, les différends entre les inquisiteurs et « Messieurs de l'audience royale » étaient continuels et causaient de grands embarras aux vice-rois.
Jes Catalans.
sentants des « Trois Bras de Catalogne » ne pouvaient témoigner d'une façon plus éclatante leurs sentiments pour ce \ice-ioiqui les quittait. En effet un grand revirement s'était fait dans les esprits; le courant de l'opinion revenait à la France, à M. le Prince surtout. Au mois de juin, il semblait que le roi catholique allait être acclamé à Barcelone; aujourd'hui que les troupes d'Espagne sont rentrées dans le royaume, Agerpris, (^onstanti dégagé, Tarragone et Lérida resserrés , les (Catalans auraient voulu retenir ce général qui avait si heureusement terminé cette campagne, si bien préparé la suivante, et la députation le supplia. s"il ne pouvait différer son départ, de promettre qu'il reviendrait au printemps '.
Il n'en était pas de même en France. Paris était Les t Lénda -.
T , -, T ' • 1 • Impression
toujoui's monde de « Lerida » ; car ces pasqunis laissée en Frar.cc avaient un nom générique; tout le monde les chan- réchecde condc. tait, et Condé fit chorus; plus d'une fois on l'entendit fredonner
Que son dada
Demeura court à Lérit!a-.
Les ciualités dont il fit preuve dans le cours de celte campagne, le tact stratégique, la mesure, le carac-
!. Procès-verbal de la séance de la deputalion, 5 novembre. Archives des « Trois Bras /.) 2. Le mot, la rime, sonl de M. le Prince et placés dans une
184 LES PRIXCES l)K CONDÉ.
tère surtout, ne sont pas celles qui séduisent le grand nombre ; c'est à l'histoire d'en tenir compte. — L'éclat manque : M. le Prince échoua dans sa principale entreprise, « la seule où les armes de la France n'ont pas esté heureuses entre ses mains ^>. On peut contester le choix du point d'attaque, et surtout relever une erreur de calcul dans la durée assignée d'abord à la résistance de la place. Assurément Condé en Catalogne ne put s'élever à la même hauteur que César ; mais peu s'en fallut qu'il n'infligeât à son adversaire le sort d'Afranius. Il
épitre que lui et ses amis adressèrent à M"'* de Montausier. Répondant, au nom de la marquise, « aux seigneurs chevaliers catalans », Voiture disait :
J'admire dans votre lettre
Celni qui dit que son dada
Demeura court à Lérida ;
Et dis de plus en assurance
Que je ne sçay qu'un homme en France;
Qui de la sorte osast rimer.
Et l'osant, osast se nommer.
Dans celte même épître. on lit quelques vers amers :
Les princes sont d'ebtranges gens ; Heureux qui ne les connaist guère:
Plus heureux qui n'en a que faiie.
C'était après l'échec. Rien de pareil dans les lettres ou stances que le poète adressait les années précédentes au vainqueur de Rocroy et de Norlingue, au conquérant de Dunkerque.
1. « Galerie où sont peintes les actions de M. le Prince >\ à Chantilly. Inscription du tab'eau de 16i7.
LOUIS II DE BOL l! BON. 185
avait liouvé l'anarchie, le pillage, les troupes sous le coup delà déroute ; il laissait l'ordre partout, les places pourvues, le commandement organisé, Tarmée relevée, toute prête à l'action, celle des ennemis abattue, rejetée au delà de l'Ebre.
Et cependant il revenait amoindri. L'envie, par l'organe des Importants, avait vainement essayé de ravir à Condé la palme de Rocroy ; écrasée par l'évidence, elle relève la tète après les combats indécis de Fribourg : la conquête du Rhin la réduit au silence. Elle compte les victimes à Noiiingue : mais rabattement de Bavière étoude encore sa voix. Dunkercjue ne lui donne pas prise ; elle a beau jeu après Lérida. L'impression du premier jour ne s'est pas eiïacée. Lorsqu'on 1710 Maulevrier vint annoncer à Louis XIV que le duc d'Orléans avait enlevé Lérida d'assaut, « la mortification des Condé fut grande, et le Roi s'écria : C'est une grande gloire à mon neveu d'avoir pris cette place, qui avait été l'écueil du comte d'Harcourt et oi^i M. le Prince le héros avait lui-même échoué *>/. Aujourd'hui encore le nom de Lérida est aussi étroitement associé à la mémoire de Condé que celui de Rocroy.