CHAPITRE II
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Situation sur la frontière du nord à la fin de 1647. — La première thèse de Bossuet. M. le Prince, général de l'armée de Flandre, part pour Arras (Avril 1648). — Projet présenté par les gouverneurs de Dunkerque et de Courtrai. — Observations de M. le Prince. Mazarin passe outre. — Siège et prise d'Ypres (13-29 mai).
— L'archiduc reprend Courtrai, 19 mai. — Le gouvernement d'Ypres. promis au duc de Châtillon, est donné à Paluau. — Tentative d'Ostende (14 juin). Rantzau, Condé et le cai'dinal. — Espérances de Tarchiduc. Intrigues deM"<^ de Chevreuse et de Saint- Ibal. — L'archiduc entre en France et s'établit près de Landrecies. Condé le suit, s'arrête à l'abbaye de Vaucelles (fin de juin). — Misère, épuisement de l'armée. — D'Lrlach et les troupes d'Alsace, successivement rapprochés, arrivent au\ environs de Nancy, 6 juillet. — L'archiduc retourne à Lille. Condé, appelé à Paris,
• y reste deux jours (20 et 21 juillet) . DErlach est dirigé sur Guise.
— M. le Prince à Béthune (30 juillet), puis à Hinges. Il ne peut empocher Sfondrato de prendre Furnes (3 août).
Situation Les incicleiits de la guerre de Catalogne exercé -
froi.tit're du nord relit pcu d'effet sur les résultats généraux de la campagne de 1647; c'est la défection des Weymariens qui troubla l'équilibre des combinaisons de ]^Iazarin. Fatigué de la rivalité de Gassion et de Rantzau, n'osant les déplacer, le cardinal avait eu l'heureuse inspiration d'appeler l'armée d'Allemagne aux Pays-Bas. On comptait que Turenne serait
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à Thionville du 12 au 15 juin, aux eiiviions de Maubeuge quelques jours plus tard, et que son seul passage outre Meuse ferait signer la paix à Munster. Ralliant toutes nos forces, il eût peut-être écrasé relies d'Espagne, terminé la guerre ; mais les Weynia riens y mirent bon ordre : Turenne fut ramené sur la rive droite du Rhin par l'insurrection de son armée'. A sa place on envoya Villeroy, ce n'était pas la monnaie d'une barre d'or. Villeroy s'elTaça, évitant surtout de se compromettre entre le bouillant Gascon et l'heureux Danois favori du premier ministre. La Ferté-Senneterre, qui avait aussi un commandement, acheva de tout brouiller, et la partie d'échecs continua dans l'Artois et les Flandres, partie confuse et sans plan. A la fin de Tannée (16i7), de maintes villes prises et reprises les Espagnols conservaient Dixmude, Armentières, Aire, Landrecies ; les Français, La Bassée et Lens. En somme ce sont les Espagnols qui ont le plus de points : à Aire, comme à Landrecies, ils nous ont porté des coups pénétrants, et notre armée du Nord demeurait fort éprouvée. Les débris de l'infanterie sont répartis dans les places : grosse garnison à Courtrai, que la pei'te d'Armentières laisse en tlèche sur le territoire ennemi ; plus de monde encore