I.'escarmouclie
Avantage gauclie suivit, puis la première, sans quitter par les Lorrains, l'ordro do bataille, mals en donnant de l'aisance par une légère modification de la disposition compacte des unités. L'allure était lente, les haltes
fréquentes, les intervalles observés, les alignements rectifiés.
Plus rapprochée de l'ennemi et servant de pivot au changement de direction qui ramonait l'armée sur la route de Nœux\ l'aile droite couvre le mouvement général. — M. le Prince détache le régiment « Son Altesse Royale-cavalerie », qui engage l'escarmouche avec les vedettes et grand'gardes des Lorrains. Ceux-ci sont promptement renforcés. Le mestre-de-camp, Brancas % est blessé et pris, sa troupe culbutée.
Le duc de Chàtillon a laissé aux sergents de bataille le soin de diriger la marche de l'infanterie (centre); il s'est rendu à l'appel de Condé, qui lui a prescrit d'amener les gendarmes pour soutenir le premier échelon d'arrière-garde. L'ennemi grossit; bientôt la cavalerie lorraine est là tout
1. Le 19, l'armée, venant de La Bassée, marche du nord au sud et s'arrête déployée en face du rideau de Lens. Le 20 au matin, elle se retire sur Xœux, sans quitter l'ordre de bataille. La nouvelle direction étant est-nord-est, et la ligne de retraite par le plateau (entre Grenay et Mazingarbe), le mouvement devait commencer par un changement de front oblique, qui plaçait l'armée perpendiculairement à sa ligne de retraite.
2. Charles, comte de Brancas, second fils de Georges, marquis, puis duc de Yillars (rieii de commun avec l'illustre maréchal qui porta le même titre). Né en 1617, mestre-de-camp du régiment d'Orléans-cavalerie dit « Son Altesse Royale » (1647], se démit en 1630, mourut en 1681. Célèbre par ses distractions ; c'est le Ménalque de La Bruyère.
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entière. C'est la plus redoutée d'Europe ; rarement engagée, son choc a toujours été terrible. Mais les gendarmes n'hésitent pas, et, sans compter, chargent résolument, enfoncent tout ce qui est devant eux. Entourés, repoussés, ils se rallient, reprennent la charge, avec ce dévouement constant, toujours égal, dont ils légueront la tradition à nos cuirassiers.
M. le Prince conduit lui-même sept escadrons (première Hgne de l'aile droite) à leur secours. « Obligés de se renverser ». maltraités, mais groupés, se resserrant autour de leurs étendards, nos gendarmes se replient à travers les intervalles, découvrant le front des colonnes de chevaulégers \ Aussitôt la cavalerie de Lorraine s'avance si menaçante que les Français n'attendent pas le choc. Notre cavalerie légère n'était pas encore guérie de ses défaillances intermittentes; les mauvaises habitudes sont tenaces. M. le Prince ne put ni entraîner ni maintenir ses hommes. Abandonné, il ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval ;
1 . Suivant la tradition observée encore au milieu du xvii« siècle, nous appelons « clievau-légers » les « maîtres » de la cavalerie régimenlaire qu'on appelait alors « cavalerie légère ». Les compagnies de ctievau-îégers du Roi, de la Reine, des princes, etc., figuraient dans le corps de la gendarmerie, qui faisait le service de la cavalerie de réserve ou grosse cavalerie.
LOUIS II DE BOURBON. '2i3
moins bien monté, le page qui le suivait fut blessé et pris.
Dans la poursuite, un parti ennemi se rabattit sur l'infanterie et fut reçu par « Picardie » ^ et « d'Erlach » de façon à ôter l'envie de revenir. A ce moment, par un passage de ligne en avant, la seconde ligne de notre droite (huit escadrons) prenait la place de la première. M. de Ligni ville s'arrêta. Déjà éloigné du gros de son armée, il entendait sonner le ralliement et revint à sa place de bataille, satisfait d'avoir dispersé un de nos plus beaux régiments, repoussé les gendarmes, défait six escadrons de chevau-légers, fier surtout d'avoir vu fuir <i 31. le Prince le héros ».
Gondé ne faisait pas mystère de ces incidents de guerre, qui eussent causé à d'autres un certain embarras. « On lui a entendu dire ; je fuyais, avec la même grâce qu'il disait : nous les battîmes ^ »
Gramont est accouru ; il trouve Gondé tout ému Ramement
, , , , . , , de notre droite.
encore, non de sa courte mésaventure, mais de la Dispositions conduite de ses cavaliers : « Vaillants ou poltrons, des Espagnols.
,,.,., . I M p 1 1 • • • L'arbre de Condé,
S ecrie-t-il en jurant, il faudra bien que tous viennent aux mains » I — a Qui n'aurait pas connu
1. Bataillon complété par quelques compagnies de «Son Altesse Royale-infanterie «.