LE PRINCE DK CON'DE AUX ARCHIDUCS
Landrecies, 1er décembre 1609.
Messeigneurs.
Aïant dessain d'envoïer ma femme vers Madame ma sœur la princesse d'Orenge, et moy d'aller trouver Vos Altesses pour des raisons que je les suplie très-humblement vouloir ouïr de maibouche, j'ai despesché ce gentilhomme exprès pour suplier tres-humblement Vos Altesses vouloir me donner seureté en vos terres, et permission de vous aller béser les mains. Si vous ne m'accordes ceste grâce, il y va de mon honneur et de ma vie, mais l'assurance que j'ay que.Vos Altesses ne refuseront refuge aus affligés m'a fait entreprendre ce chemin. Croies, Messeigneurs, que vous n'obligerés un ingrat, qui aura, avec la grâce de Dieu, moïen de vous rendre du service, vous supliant très-humblement me tenir à jamais,
Messeigneurs, Voslre très-humble et très-obéissant serviteur,
Henky de Boiruox,
Prince de Condé.
CHARLES, DUC DE CROY ET d'aRSCHOT, A L'ARCHIDUC ALBERT.
2 décembre 1609.
Monseigneur,
J'ay receu la lettre qu'il a pieu à Vostre Altèze m'escripre en créance sur le comte de Fontenoy1, lequel m'ayant communicqué tout au loing le contenu de tout ce quy s'est passé, touchant le personnaige qui est arrivé à Landrechies avecq sa femme, comme aussy du contenu de la lettre qu'iceluy a escript à Vostre Altèze, et sur quoy Vostre Altèze me commande de luy réservir de mon advis. et encores que ci me sens incapable de lui donner quelque bon advis là-dessus, sy est néantmoins qu'il ne manquera au debvoir et fidélité mienne de m'en acquitter suivant mon petit talent, comme ung vray fidel vassal et très-humble serviteur est tenu et obligé de faire.
Je serois doncque d'avis, Monseigneur, soubs très-humble correction de Vostre Altèze, que, n'ayant faict ledict personnaige chose contrevenant au debvoir qu'il doibt à son Roy et royaulme, et estant venu se mectre en lieu en-debsous de l'obéissance de Vostre Altèze, pour le subiect par luy alléghé, qu icely est tel que Vostre Altèze ne luy doibt refuser touttes sortes de courtoisies et faveurs, estant de la qualité qu'il est, et de mesme à sa femme. Et à ces fins, le plustot le meilleur, craindant quelaue réquisition hâtive qui pourroit venir de la part du roy de France à Vostre Altèze touchant ce faict, et quy pourroit mectre en doubte ou en paine icelle de deux costez, que Vostre Altèze donnast incontmant permission à sa femme de pouvoir librement passer son chemin par les pays de son obéyssance, pour pouvoir aller trouver sa sœure où elle est. Sy, comme dame et esseullée qu'elle est, Vostre Altèze, par son