‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e sièclesChapitre 2 sur 131 · En · texte numérisé non relu

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3. Condé à M. d'Humières, 8 mai 1568; Bibl. nat., ms. Mémoires du roi Charles IX. — Norreys à Cecil, 12 mai 1568. Slale paper office. {Pièces et Documents, n° II.)

avait-il été informé de l'exécution de Rapin, qu'il apprenait la mort de deux autres officiers de sa maison : l'un avait été assassiné près de Blandy, l'autre près de Villers-Cotterets : « C'est le troisième gentilhomme des miens qui ont esté tuez depuis la paix, » écrivait-il au roi peu après1. Et le messager qui allait portera Paris une des lettres où le prince se plaignait de ces attentats trouva à l'entrée de la ville cinq cadavres de huguenots massacrés et abandonnés sur le grand chemin2. Enfin le bruit de projets sinistres, ourdis contre les chefs mêmes du parti protestant, se répandit de nouveau. Cette fois, on donnait des détails précis; on nommait les capitaines catholiques chargés de l'entreprise : la Valette devait tomber sur Condé à Muret, tandis que l'amiral serait surpris chez lui | iar Chavigny, d'Andelot par Ta vannes et Barbezieux3. Le séjour d'une maison ouverte, comme celles de Muret ou de Valéry, ne semblait plus présenter au prince une sécurité suffisante. Or sa femme avait en Bourgogne une place, Noyers4, qui passait

1. Le 29 juin. Archives du département du Nord. (Pièces et Documents,, n* 1.)

2. Norryes à Elisabeth, 4 juin 1568. State imper office. 'Pièces et Documents, n° II.)

3. Norreys à Elisabeth, 7 juin 4568. State paper office. (Pièces et Documents, n° II.)

4. Sur le Serein, à sept lieues et demie est-sud-est-d'Auxerre.

pour assez forte et qui devait être au moins à l'abri d'un coup de main : la ville avait de bonnes murailles; une rivière l'entourait; le château était solidement bâti, les fossés profonds. On y réunit une petite garnison de deux cents hommes sûrs, sans compter les gentilshommes et capitaines, et Condé s'y rendit. La Bourgogne était une des parties de la France les plus attachées à la religion catholique; mais ce coin de la province faisait exception. Tanlay, château de d'Andelot, n'était qu'à quatre lieues de Noyers, et, entre ces deux grandes demeures, le pays était peuplé de gentilshommes huguenots qui tenaient toujours leurs armes et leurs chevaux prêts1. Condé était donc là en sûreté plus que nulle part ailleurs. Cependant à peine y était-il arrivé, qu'il écrivit à la cour2 pour se plaindre des embûches qu'on lui tendait : des partis de soldats, sortis des places voisines, rôdaient sans cesse autour de sa demeure, et un espion venait d'être arrêté tandis qu'il sondait les fossés du château (juin 1568). Le Roi manda immédiatement à Tavannes, gouverneur de Bourgogne, de faire

'i. Norreys à Elisabeth, 23 juin. Slatepaper office. [Pièces H Documents, n° II.)

2. Lettre au Roi déjà citée, du 29 juin; lettres du 22 juillet au Roi et à la Reine mère. Archives du département du Nord. [Pièces et Documents, n° I.)

LOUIS DE ROURBON. 0

cesser les courses des garnisons placées sous ses ordres, et au premier président de Dijon de faire le procès à l'espion *.

C'était là une réparation purement officielle et Mosutea prises

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qui engageait peu : elle avait ete facilement accor- désarmer condé. dée. Pour le moment d'ailleurs, ce n'était point par la force qu'on cherchait à frapper les chefs protestants. Le Roi avait avancé cent mille écus pour la solde des reîtres. On exigeait le remboursement immédiat de cette somme, et, sans admettre qu'elle pût être répartie sur tous les réformés du royaume, on en réclamait le payement de Condé et de ceux qui avaient porté les armes avec lui. Le prince s'éleva contre « cette distinction entre ceulx de la religion reformée qui m'ont accompagné, disait-il, et les aultres qui sont demourez en leurs maisons, d'aultant que leur volonté estoit une semblable, et si tous n'y estoient en personne, ilz ne laissoient d'y estre de cueur2... » Il demandait qu'on s'en tînt à ce qui avait été convenu lors des négociations de la paix, et, comme il n'y avait pas assisté, il proposait qu'on s'en rapportât au cardinal de Ghâtillon ; enfin il insi. tait surtout pour que le Roi donnât

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