La Popelinière en cite plusieurs, t. II, liv. xn
et secrètes.
était partout très vive : mécontents, indignés des conditions de la paix, ceux qui étaient restés neutres jusqu'alors consentaient maintenant à signer la Ligue, et cette association, dont Condé s'était ainsi deux fois trouvé le prétexte, commençait à recevoir l'organisation puissante qui devait la rendre si redoutable. C'est au milieu de ce mouvement que se firent les élections pour les états généraux.
Cette assemblée se réunit à Blois vers la fin de irritation l'année. Ses dispositions ne pouvaient être dou- D' Biois.
, . , , -, .. , -. , Négociations
teuses ; mais la violence de la majorité dépassa officielles toute prévision, et des catholiques très fervents en furent effrayés. Le duc de Montpensier essaya en vain de modérer ces entraînements; il détestait cependant l'hérésie; il passait, non sans raison, pour cruel et fanatique, et, depuis quinze ans qu'il faisait la guerre aux huguenots, il l'avait toujours faite sans pitié ; mais il était ennemi de l'intrigue, des perfidies et des agitations inutiles ; il avait refusé de prendre part à la Saint- Barthélémy, et, aujourd'hui, il travaillait sincèrement, mais infructueusement, au maintien de la paix. Cependant il obtint que des députés fussent envoyés au roi de Navarre et au prince de Condé. Condé ne voulut pas entendre ces ambassadeurs, déclarant « qu'il ne reconnoissoit pas les états gé-
néraux du royaume dans une assemblée pratiquée et corrompue, disait-il, par les ennemis du royaume ». Le roi de Navarre, comme toujours, fut moins tranchant : il refusa de se rendre à Blois, et répondit en ternies vagues, mais courtois, et qui ne témoignaient pas d'une grande ferveur protestante. A côté des ambassades publiques, les intrigues secrètes continuaient. L'opiniâtreté de Condé était bien connue, et, soit qu'on renonçât à le fléchir, soit qu'il excitât des haines trop vives, les agents de la cour ne tentèrent rien auprès de lui ; mais on espérait mieux de son cousin , et on réussissait complètement avec d'autres. La confédération de l'année précédente était déjà toute désorganisée par ces menées. Le duc d'Alençon était gagné. Damville, qui en public était toujours le même, « démaçonnoit la porte par derrière » *, et faisait traiter sa réconciliation par sa femme. Navarre était plus ferme et moins vénal ; mais il laissait négocier les catholiques qui étaient encore auprès de lui. Condé le sut, et « cela descousit, sans déchirer, leur amitié »2.
Nouvelle guerre. Cependant leur union officielle n'en fut pas trou- Mauvais succès de condé; blée. La guerre recommençait de toutes parts.
divisions'
des partis; paix Condé appela aux armes la noblesse réformée de