Elle était née en
en saintonge. premiers et des plus ardents ligueurs, un des plus
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charlotte violents adversaires de Conde, le duc de lhouars;
de la Trémouille . . , . t •
(mars 15861. mais ce seigneur était mort depuis une dizaine d'années, et Charlotte de la Trémouille habitait avec sa mère l'importante forteresse de Taillebourg. Elle était belle et romanesque, sa famille illustre et puissante. Très peu de temps avant le dernier renouvellement des hostilités, Condé, bien que du parti contraire et de l'autre religion, alla faire visite à Taillebourg; il vint sans escorte, avec une confiance qui toucha la jeune châtelaine, et se montra plus galant qu'à son habitude. Enfin il plut, et lui-même s'éprit; ne comptant guère sur les vagues espérances matrimoniales qui lui avaient été données par le roi de Navarre, il offrit sa main et fut agréé. Les hostilités recommencèrent; Condé dut se mettre à la tête des troupes. Après le désastre d'Angers, la vieille duchesse de Thouars, effrayée, voulut retirer son consentement; mais Charlotte tint ferme; les difficultés exaltèrent son imagination, et, quand la mère voulut ouvrir les portes de la forteresse à l'armée royale, la fille y introduisit les réformés avec un sang-froid et une résolution qui furent admirés. Après cet acte de dévouement à la cause de son fiancé, elle se rendit à la Rochelle, et fit armer à ses frais les deux navires qu'elle envoya à Guernesey. Le prince
revint plein de reconnaissance (janvier 158G), et, deux mois après (16 mars), le mariage fut conclu. La nouvelle princesse de Coudé se lit protestante, ainsi que son frère, le jeune duc de Thouars. Grâce à cette importante alliance, Condé put réorganiser sa petite armée, et reprit la campagne avec assez de succès.
Les protestants n'étaient entamés nulle part ; les Los
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généraux catholiques n avaient tire aucun parti de également la déroute d'Angers; le roi de Navarre, Montmo- ' c°ro"
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rency, Lesdiguieres se soutenaient avec avantage. Navarre. Aussi les ligueurs se plaignaient-ils vivement du Roi et des hommes qu'il employait. A les croire, si Biron s'était avancé avec les troupes qu'il commandait en Poitou, il eût arrêté les progrès de Condé en Saintonge, et, d'un autre côté, le maréchal de Matignon, secrètement d'accord avec Navarre, avait, par son mauvais vouloir, paralysé le duc de Mayenne; si bien que ce dernier avait dû quitter l'armée, malade et mécontent, sans avoir rien pu faire, et que le Béarnais, dégagé de tout souci pour ses États héréditaires, avait pu venir à la Rochelle se réunir à Condé (mai). Les protestants, à leur tour, n'approuvaient guère l'attitude du roi de Navarre : ils lui reprochaient de « jouer un rôle nouveau, ne parlant plus que de conserver l'Etat, et mettant les passions huguenotes en
croupe » 1. Pour nous, nous ne l'en blâmerons pas ; mais nous regretterons les sentiments peu charitables qui s'étaient manifestés dans la petite cour de Nérac à la nouvelle du désastre d'Angers. C'avait été à qui en rirait le plus. Navarre, moins affligé de l'échec subi par les armes protestantes que satisfait d'avoir vu rabattre l'orgueil de son cousin, avait lâché la bride à sa verve satirique et donné le premier le signal des quolibets. Justement blessé de ces railleries, Condé avait refusé de se rendre à l'appel de Navarre2, qui avait convoqué à Bergerac une assemblée des Eglises. Aussi ce dernier, toujours vigilant et empressé à prévenir les divisions sans cesse renaissantes de son parti, profita-t-il du premier moment de relâche que lui laissèrent les opérations de ses ennemis en Guyenne, pour venir à la Rochelle, comme nous l'avons dit, et y prendre lui-même la direction de la guerre.
Armistice La présence de l'aîné de la maison de Bourbon
NelocmVon^'m- donnait trop d'importance à ce qui se passait en Saintonge pour que l'inaction de Biron fût plus longtemps tolérée; c'était du moins l'opinion des meneurs de la Ligue, qui n'avaient pas attendu ce