Mémoires de Charles de Valois, duc d'Angoulême
ne poussa pas plus loin : satisfait du résultat obtenu, il jugea prudent de ne pas dépasser la portée de ses canons, qui lui avaient été d'un si puissant secours. Le Roi Trois autres jours s'écoulèrent sans que Mayenne
MayenneïereHre. renouvelàt l'attaque infructueuse du 21; de son Le ^ouseiesrait côté, le Roi n'était en mesure ni de prendre l'offenmurs de Pans, gjye m» même de défendre sa position si l'ennemi faisait mine de la tourner. Aussi ne tarda-t-il pas à évacuer son camp retranché d'Arqués : laissant garnison dans le château, il se retira à Dieppe. Le grand point pour lui était d'éviter les échecs, de disputer le terrain, d'user les forces de son adversaire; le temps le servait : il attendait des renforts, dont l'arrivée prochaine devait réduire la disproportion du nombre, tandis que les ligueurs, partis de Paris avec la confiance d'un prompt et complet triomphe, n'avaient rien préparé pour soutenir une lutte prolongée. Ceux-ci cependant firent encore un effort : la rivière d'Arqués fut franchie, et le village de la Barre, qui couvre le château de Dieppe, fut enlevé. Mais les tentatives dirigées contre cette dernière ville furent repoussées ; une partie du secours promis au Roi par Elisabeth venait aussi de le rejoindre : douze cents Ecossais avaient débarqué dans le port de Dieppe; un autre corps allait les suivre. D'autre part, le comte de Soissons et le maréchal d'Aumont s'avançaient à grandes
journées, à la tête des armées réunies de Picardie et de Champagne. Mayenne allait se trouver à son tour dans une situation assez périlleuse, et, n'osant l'affronter avec ses troupes découragées, il s'éloigna de Dieppe. Le Roi crut d'abord qu'il allait combattre le comte de Soissons, et se hâta de marcher sur ses traces, moins peut-être pour dégager l'armée de secours que par crainte de voir son turbulent cousin combattre et vaincre sans lui. Mais le duc, tournant au nord, s'enfonça en Picardie, afin de faire exécuter le traité récemment conclu par son parti avec le roi d'Espagne, et de hâter l'arrivée des régiments promis par ce prince, en faisant remettre à ses officiers les places qui devaient lui être cédées. Le Roi ne le suivit pas, reprit Lu et Gamaches, où il rallia les troupes de d'Aumont et du comte de Soissons; puis, renforcé d'un nouveau contingent anglais, il descendit rapidement sur la vallée de la Seine, et passa cette rivière à Meulan ; le 1er novembre, il enleva tous les faubourgs de la capitale sur la rive gauche.
Ce coup de main causa une profonde stupeur Marche habib dans Paris. Lorsque Mayenne en était parti, trois Progrès
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mois plus tôt, on louait déjà des fenêtres pour voir duRoi. passer le Béarnais chargé de chaînes, et voici que le Béarnais reparaissait, non pas captif, mais à la tête de ses soldats victorieux. Le Roi cependant
n'avait ni les moyens ni l'intention d'attaquer sérieusement la grande ville : il avait tenu à se montrer au cœur du royaume et à donner ainsi une preuve éclatante de ses derniers succès; il dut s'éloigner (ïll novembre) dès que Mayenne rentra dans Paris ; mais il fut assez heureux et assez habile pour ôter à son départ toute apparence fâcheuse, en dirigeant vers Tours la marche de son armée. C'est dans cette ville qu'avait été transféré le siège du parlement ; là se trouvaient réunis les membres des cours souveraines qui avaient pu ou voulu quitter Paris, et il était essentiel que le nouveau Roi s'entendît avec les dépositaires fidèles de son autorité. Tirer ainsi parti d'un mouvement rétrograde, rattacher une retraite nécessaire à l'ensemble des opérations qui doivent conduire au but , c'est résoudre un des problèmes les plus difficiles de la politique comme de la guerre.
L'armée royale ne resta pas inactive pendant l'hiver de 1589 à 1590. La Ligue perdit un grand nombre de places en Touraine et en Normandie; ses chefs étaient paralysés par des dissensions devenues publiques, et qui discréditaient leur cause :
A tant de roitelets ensemble Six Frances ne suffiraient pas *.