La Popeliuièi'o
dans l'Ouest.
assez de monde. Jeanne passa sans obstacle et fut reçue par le prince à Archiac. Tous deux étaient à la Rochelle le 28 septembre.
On s'occupa tout d'abord du plan de campagne : il en fallait un tout nouveau. Trouvant la royauté sur ses gardes, ayant perdu Orléans et les places de la Loire, on ne pouvait songer ni à faire la guerre offensive ni à menacer Paris. D'ailleurs, les protestants avaient acquis la conviction que le nord, l'est et le centre de la France étaient profondément catholiques, et que leur présence dans ces régions ne leur donnait pas un prosélyte, tandis qu'il leur était très difficile de s'y maintenir. Le plan qu'ils adoptèrent pour la troisième guerre civile, outre qu'ils n'avaient pas le choix, était plus méthodique et plus rationnel. 11 ne s'agissait plus de conquérir la France et de propager leur foi, mais de conquérir la liberté. Se rendre maîtres de la mer, afin de se procurer des ressources et de pouvoir communiquer avec la Normandie et l'Angleterre; s'emparer, autour de la Rochelle, d'une zone suffisamment large, s'y établir solidement, et cependant chercher à assurer les communications avec le Midi, d'où l'on pouvait tirer d'importants renforts; tâcher aussi de saisir un pont sur la Loire pour tendre la main aux secours qu'on pouvait espérer d'Allemagne : tel fut le
programme auquel on s'arrêta : c'était le seul possible, premières Par les soins de l'amiral, qui n'était pas homme
mcsTationTam~ de mer, mais qui n'était jamais resté étranger aux rtmÏÏSel questions de marine, et grâce au concours intelligent des Rochelois, une flotte fut organisée. Le cardinal de Châtillon, qui avait pu se sauver de Beauvais, s'embarquer en Normandie et gagner l'Angleterre, fut chargé d'obtenir l'assistance d'Elisabeth, « la reine nourricière de l'Église de Dieu » 1. Cette princesse était plus que jamais irritée contre la cour de France et la maison de Guise, par qui elle se croyait ou se disait menacée. Elle avait déjà prescrit à son ambassadeur, Norreys, d'annoncer au Roi très chrétien que, s'il continuait de faire exécuter dans son royaume les ordres tyranniques de Rome, elle serait obligée de prendre des mesures pour la sécurité de ses propres États2. Les huguenots devaient donc la croire bien disposée à accueillir leurs ouvertures. Un négociateur spécial, le sieur de Gavaignes, conseiller au parlement, fut expédié de la Rochelle à Londres 3 pour affirmer à la Reine que les projets
\. Jeanne d'Albret à Elisabeth, 45 octobre.