‹ Histoire des princes de Condé pendant les 16e et 17e sièclesChapitre 73 sur 131 · G. NORTH A CECIL · texte numérisé non relu

G. NORTH A CECIL

ceiflbre 15GS et 11 janvier 1569.

Greting, ri g lit honorable. To encreas my creditt after Plimouth broylcs, I tendid my travell to Rochelle wher I arrivid the 26 of october, and hearing the princes of Navare and Condie were in campp before Pons, 14 leagues from thence, I presentid myself unto them the last of the same. The moroe, being the first of november, we herd that .Mon-1' de Guy-e. .Uonsr Briszack, and nions' Martigo were cum within 6 leages with 3,000 horse and 10,000 fotemen. The prince leavin? the chardge of Pons to M' de Pile, went to encountar the enemye, who, not léonine but leporine, lyett turnid the brydell. We folowyd them fower dayes, and so near as count Monr^omerie, who leads the poynct of the wauntgard, with whom by the prince commandement I continuallie was,

Salut, très -honorable. Pour accroître mon crédit après les troubles de Plymouth, je dirigeai mon voyage vers la Rochelle, où j'arrivai le 26 octobre, et, apprenant que les princes de Navarre et de Condé étaient campés devant Pons, à quatorze lieues d'ici, je me présentai à eux le dernier dudit. Le lendemain étant le 1er novembre, nous apprîmes que M. de Guise, .M. de Brissac et M. de Martigue étaient venus à six lieues de nous avec trois mille chevaux et dix mille fantassins. Le prince, laissant la garde de Pons à M. de Piles, alla au-devant de l'ennemi, qui, agissant non en lion, mais en lièvre, tourna bride. rsou3 le suivîmes quatre jours, et de si près, que le comte de Montgomery, qui commande l'avantgarde, et avec qui, par l'ordre du prince, je fus continuellement,

as appieryth by his lettars to Your Honour, sundrie tyraes dislodgid them, fynding theyr supper prepared, but we guests unlokid, for they wanted curradge to abyd and bed us welcome, never loking back till they came to Chavonie {Chauvigny), 7 leagues from Chatelero, and 8 from P03tiers, wher the count with 10 cornets of horsmen onlie presented them battell the 4 of november, which theyrefusid, andtruge the gard of a bridge wellonehundrid passe over. That nyght we wonne the saine, forcid the enemie to abandon the town, leaving 5 ensignes of footmen in the castell.

The 5 of november, by break of daye, we passid over owr vauntgard, folowyng the enemie as afore, leaving the caslell to the prince cumming, which was uppon the first summons rendrid.

The 6 we came within one miell of Chastelero, wher the Kyng's brother was with 3,000 horse and 8,000 footmen ; he then strong 6,000 horse and 18,000 fotemen.

The 7 we presentid them battell with owr vauntgarde in nomber 2,500 horse and 6,000 footmen, but they wold take no knowleJge of u^.

The 8 we kept the ficld the

comme il appert par ses lettres à Votre Honneur, les délogea plusieurs fois, trouvant leur souper préparé ; mais nous étions des hôtes inattendus, car ils manquaient de courage pour demeurer et nous donner la bienvenue, ne regardant jamais en arrière, jusqu'à ce qu'ils arrivassent à Chauvigny, à sept lieues de Châtellerault et à huit de Poitiers, où le comte, avec dix cornettes de cavalerie seulement, leur présenta bataille le 4 novembre. Ils la refusèrent, et se retirèrent derrière un pont à bien cent pas au delà. Ce soir, nous l'emportâmes et forçâmes l'ennemi à abandonner la ville, laissant cinq enseignes d'infanterie dans le château.

Le 5 novembre, au point du jour, nous dépassâmes notre avant-garde, suivant l'ennemi comme auparavant, laissant le château pour le prince, qui venait : il fut rendu à la première sommation.

Le 6, nous arrivâmes à un mille de Châtellerault, où le frère du P>oi était avec trois mille chevaux et huit mille fantassins; ce qui porta les forces de l'ennemi à six mille chevaux et dixhuit mille fantassins.

Le 7, nous leur présentâmes la bataille avec notre avant-garde au nombre de deux mille cinq cents chevaux et six mille fantassins; mais ils ne firent pas semblant de nous voir.

Le 8, nous tînmes la cam-

wholl day, till we hadd intelligence by certayn pressonars that they had fortifyed the passedge to Chatelero, entrenchid thcyr ordnance, and ment to stand to the gard of the same. The 9 and 10 we returned without any exployt.

The iltu we came to Chavonie (Cltauvigny) againe, meaning to traye the enemie from his force to the fleld. The 12lh to Mortimer, wher the prince and lords being in counsell, one sent from the bysshop of Poytiers to kyll the prince of Conde was taken in the counsell chamber, with his pistolet chargid for the same who at the first confessid the wholl, affirming that a hundred more hadd promesid the lyck attempt.

The 13 to Ganson (Gençay), wher the prince of Condee callid meprivatlie unto hym, and after long discourse he advancid himself to the rest of the lords, sayeng he covetid nothing more then once to speak with the Quene's Ma,u his mistres, commanding HerMUcsvertuoseabove ail princes christened, willing me (thoughe most unworthy) to wytnes of his repart, declaring that after his last warrs the french king desyrid hym to leade ane armie into England, which he utterlie refusid with much more then thés letters purport.

pagne toute la journée, jusqu'à ce que nous apprîmes, par quelques prisonniers, qu'ils avaient fortifié le passage de Chàtellerault, retranché leurs lignes, et qu'ils voulaient tenir dans cette position. Le 9 et le 10, nous revînmes sans aucun exploit.

Le 11, nous revînmes à Chauvigny, voulant attirer l'ennemi hors de ses retranchements, eii plaine. Le 12 à Mortimer1, où, le prince et les seigneurs étant en conseil, un homme envoyé par l'évêque de Poitiers pour tuer le prince de Condé fut amené dans la chambre du conseil, avec son pistolet chargé pour ce dessein.

Il avoua tout d'abord le fait et affirma que cent autres avaient promis d'essayer le même coup.

Le 13, à Gençay, où le prince de Condé m'appela en particulier, et après un long discours il s'avança vers le reste des seigneurs, disant qu'il ne désirait rien plus que de parler un jour à la Reine, sa maîtresse, traitant Sa Majesté de vertueuse par-dessus tous les princes chrétiens, et me chargeant (quoique trèsindigne) d'être témoin de ce qu'il disait, déclarant qu'après ses dernières guerres le roi de France avait voulu qu'il conduisît une armée en Angleterre, ce qu'il avait péremptoirement refusé, avec beaucoup plus de paroles que je n'en puis mettre dans cette lettre.

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