‹ Histoire des progès récens de la chirurgieChapitre 6 sur 28 · RH\' M NO PLASTIQUE · texte numérisé non relu

RH\' M NO PLASTIQUE

Les progrès de la Thérapeutique chirurgicale ne sont pas toujours dus aux méditations du génie, la nécessité quelquefois y conduit. C'est ainsi que l'art s'est récemment enrichi d'un procédé curieux pour réparer la perte du nez. L'ablation de cette partie du visage est, comme on sait, un supplice usité dans l'Indostan; en sorte que dans ces contrées on rencontre aussi souvent des individus privés de leur nez, qu'en Europe, au seizième siècle, il était crr-

dinaire de voir des personnes ainsi mutilées par suite des ravages de la syphilis. A celte époque, Taillacot, chirurgien de Bologne, imagina de procurer la réunion des bords de l'ouverture rendus saignans, aune plaie faite par incision sur la partie antérieure de l'avant-bras. La réunion étant opérée dans cette sorte de greffe animale, Taillacot excisait les chairs de l'avantbras, et fabriquait à leurs dépens un nez toujours informe ; car le moignon , composé de peau, de tissu adipeux et de chairs musculaires, devait offrir une masse irrégulière, non moins hideuse que la difformité primitive. Au rapport du docteur Carpue, les Indiens corrigent cette difformité par un procédé plus ingénieux et plus efficace. Après avoir rendu saignant le contour de l'ouverture nasale, ils rabattent sur elle un lambeau triangulaire, taillé sur la partie moyenne du front. Ce lam beau de parties molles a sa base tournée en haut , tandis que son sommet est en bas , correspondant à la racine du nez. En rabattant le lambeau, on retourne sur lui-même ce sommet tronqué, en sorte que la base du lambeau ainsi renversé vient former le contoui

des nouvelles narines, que l'on maintient dilatées. Lorsque l'adhérence est établie entre le lambeau et le contour de l'ouverture , on incise son sommet tordu sur lui-même; et comme on a rapproché les bords de la plaie triangulaire avec perte de substance , faite au milieu du front, c'est par là que la cure s'achève. Quoique les nouvelles narines, dépourvues de cartilages , doivent rester affaissées et le bout du nez aplati, l'horrible difformité qu'entraîne la perte de cet organe, se trouve jusques à un certain point corrigée. Toutefois, une cicatrice au milieu du front résultant nécessairement de la dissection du lambeau qu'on rabat sur l'ouverture antérieure des fosses nasales pour leur servir d'opercule, bien des malades préféreraient à la méthode indienne, un nez de carton, d'une forme et d'une couleur le plus rapprochées possible de la forme et de la couleur naturelles.

M. le professeur Grcefe, de Berlin, a publié un cas où il a réussi par l'emploi du procédé que nous venons de décrire. Les occasions de le mettre en pratique se présentent rarement ; car, outre qu'il est peu commun de rencontrer

des malades disposes à s'y soumettre , il faut , pour entreprendre l'opération avec quelque espoir de succès, que la perte du nez résulte d'un accident, d'un coup de sabre par exemple. En effet, le nez détruit par suite des ravages d'une dartre ou d'un cancer, offre, à la suite d'une semblable érosion, une peau épaissie et rougeàtre, et tellement disposée à l'ulcération, que, rendue saignante, elle suppure au lieu de contracter l'inflammation adliésive,

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