‹ Histoire des progrès de la civilisation en Europe depuis l'ére chrétienne jusqu'aù XIXe siècle (volume 2)Chapitre 24 sur 44 · HM · texte numérisé non relu

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part, à en juger par le traitement suivant : « Pour guérir l'impuissance , il faut s'attacher au cou un papier sur lequel on a écrit avec le suc de grande consoude: -f Dijcit Dominus : Cresci te -fVWùhoih ■\' Et multiplicamini \ Taljechay \ et replète tenanotamath ^. -j- ».

Après Gilbert d'Angleterre vient , sur la même ligne , Pierre d'Abano, zélé partisan d'Averroés et protecteur de l'astrologie. Il jouissait , en Italie surtout, de la plus gi-ande célébrité. On lit dans son principal ouvrage , que la saignée n'est dans aucun temps plus salutaire que dans le second quartier de lune; que pour guérir les douleurs néphrétiques, il faut, au moment où le soleil passe dans le méridien , avec le cœur de lion , tracer la figure d'un lion sur une plaque d'or que l'on attache au cou du malade. Les instruments de fer sont préférables pour la cautérisation à ceux d'or , parce que Mars exerce une grande influence sur la chirurgie... ^.

A|^rcs ces noms nous pourrions en citer un grand nombre d'autres moins célèbres : ainsi l'étude d'IIippocrate trouva un ardent protecteur dans Thaddeus de Florence; le dominicain, Vincent de Beauvais, mérita le surnom de Pluie du moyen dgej Simon de: Cordo, de Cîénes, rendit de grands services à la médecine et anx sciences

naturelles. Pierre d'Esjjagne , cardinal , et puis pape sous le nom de Jean XXI , fut aussi un excellent me'decin pour son siècle. Enfin , Jean Saint-Amand , chanoine de Tournay , composa un thérapeutique excellent pour l'e'poque.

Un assez grand nombre de chirurgiens italiens se firent connaître dans le cours de ce siècle par leurs écrits qui nous fournissent quelques données pour baser notre jugement sur Pétat dans lequel se trouvait la chirurgie. Ils ne formèrent, à proprement parler , que deux écoles, qui différaient en ce que l'une, pensant, avec Galien , que le relâchement et l'humidité sont un état plus naturel que la sécheresse , traitait toutes les plaies par les cataplasmes et les humectants ; tandis que l'autre, suivant une méthode directement opposée, employait seulement les dessicatifs, parce que Galien avait dit , dans un autre endroit, que le sec se rapproche plus de Tétat naturel que l'humide. C'est ainsi que , pendant ce siècle , on trouvait, dans un seul et même auteur, des raisons suffisantes pour autoriser des méthodes curatives entièrement contraires....

On cite parmi les chirurgiens les plus célèbres de cette époque , Roger de Parme , chancelier de l'université de Montpellier , Roland de Parme , Guillaume de Salicet, Lanfranc de Milan, Ovru-

mes de Padoue , Tlieodoric de Bologne, etc. «>.

Le quatorzième siècle fit de grands efforts pour sortir la raison de ses langes , et y réussit en partie.

On voit bien encore la danse de saint Guy, maladie e'pidëmique qui régna en Allemagne, guériepar la lecture de quelques versets de la Bible " , et d'autres exemples semblables; mais ils sont isolés, et d'un autre côté se fait remarquer le rétablissement de l'anatomie qui eut la plus puissante influence sur la marche que prit l'étude de la médecine. En 4315, Mondini de Luzzi, professeur de Bologne , disséqua, pour la première fois, deux cadavres de femmes , et publia bientôt après une description du corps humain qui avait sur tous les ouvrages anatomiqucs écrits depuis Galien , l'avantnge immense d'avoir été faite d'après nature. Depuis cette époque, l'usage s'introduisit dans toutes les universités d'ouvrir ]mbliquement une ou deux fois chaque année des cadavres humains. Un garçon barbier était toujours chargé delà dissection, qu'il exécutait d'une manière grossière avec un rasoir, et le j^rofesseurdémontrait les diverses parties d'après I'oun rage de Mondini , ou tout autre coinpeudiiim gcMiéralement estimé parmi les médecins du quatorzième siè(île, (]ui , depuis Mondini , se sont fait connaître par leurs ira-

— Ulf) — vaux en analomie : on distingue surtout Nicolas Bertrucci , Henri de Hermonda ville et Pierre de la Gerlata ^2,

La chimie fut aussi mieux cultive'e pendant le cours du quatorzième siècle. Au moins trouve-t-on plusieurs médecins qui enseignaient à pre'parer, d'après les principes de cette science , les médicaments tirés du règne minéral ; mais cette branche importante de l'histoire naturelle était encore confinée entre les mains des alchimistes.

L'un des plus célèbres alchimistes de ce siècle est Raimond Lulle, qui ne se rendit pas moins immortel par son charlatanisme philosophique et ses efforts pour convertir les païens.

Parmi les médecins et chirurgieiAS célèbres de ce siècle, on peut citer surtout Arnaud de Villeneuve (près d'Avignon), qui fut professeur à Barcelonue, à Montpellier, à Bologne, à Rome, et à Naples ; Torrigianî , qui se fit chartreux , après avoir laissé d'excellents ouvrages ; Gaddesden d'Oxford, le juif Varignana de Bologne, Gui de CauliacduGévaudan , et quelques autres moins célèbres ou célèbres à moins juste titre , et que la postérité à mis à leur place i3.

Rien n'est encore changé dans l'état de la botanique et de l'agriculture. L'Italie et la France prospérèrent plus que les autres nations de l'Eu-

rope et proiperèrent peu. Les esprits nV^taient pas tournés de ce côté. Les méthodes de la cour en France étaient à peu près au quatorzième siècle ce qu'elles étaient aux temps de Caton et de Golumelle, renouvelées par Pierre de Grescentes ^\

La charrue était à peu de chose près l'araire des Romains; on laissait reposer les terres, un an sur trois, sur quatre ou sur cinq, suivant leur fertilité ; on connaissait cependant les engrais artificiels depuis Albert-le-Grand ^', mais on semait, on fauchait,on sarclait, on moissonnait commeaux temps d'Hésiode et de Virgile....

Le setier de froment valait alors en France , quinze ou seize sols , et celui de seigle sept sols , une charretée de foin se vendait deux à trois livres. Un bœuf environ neuf livres, un porc deux livres et demie, cL la livre de beurre Jiuit sols....

La journée des moissonneurs était de deux sols six deniers, les faucheurs se louaient Ji quatre sols par arpent de pré. Les gages d'un garçon de charrue étaient de sept livres par an , et ceux d'un berger de trois livres dix sols '^.

Les sciences exactes et les sciences naturelles, étaient, on le voit, bien peu en progrès aux treizième et quatorzième siècles, et cependant les

champs d'observation ne manquaient pas aux dernières, car l'Europe fut bouleverse'e par les e'pide'mies, les tremblements de terre, et les révolutions de tout genre, qui s'étendirent d'Asie en Europe 1'. En était-il ainsi du commerce, de l'industrie et de l'économie politique leur première base ?

A en croire un grand nombre d'auteurs, l'économie politique n'existait pas, ou n'existait qu'en germe avant le dix-huitième siècle — Nous l'avons cru nous-mêmes sur la foi des autres j mais, en examinant de plus près , nous nous sommes convaincus que c'est la théorie , ou peut-être le nom seul qui n'était pas connu. Les républiques de l'antiquité , dit-on encore , n'ont pu la connaître, car elles se fondaient sur l'esclavage des masses , et vivaient de despotisme.... soit ; mais cVtait là leur économie , c'était ainsi qu'elles l'entendaient , il ne s'ensuit pas qu'elles n'en eussent point : l'esclavage dans les beaux siècles de Sparte et d'Athènes, la centralisation sous Cliarlemagne, le morcellement et l'isolement dans les siècles féodaux, le fisc et la corvée au dix-huitième siècle, et dans le nôtre le christianisme , la liberté et le bien de tous qui en découlent.... voilà les bases de chaque grande période , que les peuples européens s'en soient ou non rendu raison. Il est IV. 27

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