‹ Histoire des progrès de la civilisation en Europe depuis l'ére chrétienne jusqu'aù XIXe siècle (volume 2)Chapitre 31 sur 44 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

(i) Voj'. Le Sem. Jpolog., t. V. — Le paganisme rejotait les liommes daa« l'ignorance en ouvrant la porte à toutes les erreurs; le maliomélisme en » fait autant plus tard, eu fermant toute issue à la vérité j le christianisme seul ordonne celte soumission éclairée qui tient le milieu entre le pyrrhonisme et la crédulité. (BACON.)

(î) La société temporelle est perfectible, parce qu'elle a sa racine dans une société plus parfaite, parce que, par cette société, elle est mise en rapport avec la source de toute perfection, avec Dieu. Le progrès social, c'est le mouvement par lequel la société temporelle s'efforce de s'élever à la hauteur de la pensée divine, d'où elle est sortie; c'est le travail par lequel elle cherche à réaliser dans ses institutions, dan» ses lois, dans toutes les forme» changeantes de son existence finie, au degré ou la chose est possible, le type que lui représentent les notions de justice infinie sur lesquelles sa base est posée, le progrès social c'est la gravitation naturelle par laquelle ces êtres collectifs que l'on nomme peuples doivent tendre, ainsi que tous les êtres libre», émanés de Dieu, à se rapprocher de Dieu.

Nous voyons, en même temps, à quelles conditions s'accomplit le progrès ; la part de Dieu et la part de Ihomme dans le mouvement du monde social.

Car la vie de îa société temporelle se développe en dehors de la société spirituelle, et par l'action libre de l'homme; mais, premièrement, le principe de cette vie ne vient pas de l'homme, mais de Dieu ; ce principe, ce sont ces primitives croyances, placée» au-dessus des entreprises de la raison humaine, parce qu'elles ont leur source dans la révélation ; ainsi, au milieu des mobiles révolutions qui modifient, qui transforment d'âge en âge, l'économie elle plan extérieur de la société, il est une chose qui doit demeurer immobile, c'est la base sacrée quia été -posée par la main de Dieu, et que la main de l'homme ne peut ébranler sans que tout l'édifice s'écroule.

Secondement, non seulement le progrès véritable ne brise point l'unité divine qui constitue la société, mais il sort de son unité comme le ftuit de son germe. Car, « tout droit émanant de Dieu,» ainsi que Rousseau lui-même le reconnaît, ii la justice des hommes ayant sa racine dans la justice ordinairement révélée, » comme Cicéron le proclamait au milieu des siècles pa'iei», il est évi-

dent que le développement de la lociuté temporelle ne peut i-tre autre chose que le développement des principes divins qu'elle a reçus de la tociélé spirituelle, que l'applica'ion de ces principes aux besoins que manifestent les périodes successives de son existence; en sorte que les peuples qui, dr'ournaut les yeux de la lun.iëre que la révélation fait luire devant eux, demandant à la raison seule de l'homme la roule du progros, ne peuvent que s'égarer et si; perdre dans d'inévitables abimes.

Cela posé, si nous nous transportons au point de départ de la race humaine, lorsque, après la chute, la miséricorde de Dieu recueille les débris du monde primitif, que voyons-nous?

Une reuvre qui commence, la réparaiion du monde, plus merveilleuse que la création ; l'amour infini qui renoue à l'espérance d'un Rédempteur le lien de la double société du temps et de l'éternité, brisé par le péché ; qui rétablit, qui rehausse en Jésus-Chiist tout ce qui est tombé en Adara.

Mais ce dessein qui doit remplir tous les temps, D-eu ne nous en montre que l'ébauche, à l'origine des siècles; nous n'apercevons encore que les pierres d'attente de l'édifice surnaturel, dont le sacrifice du Fils de Dieu doit poser un jour la base dans les profondeurs do la mort, et élever le faite jusqu'aux hau» teurs de l'éternité.

Si nous considérons la société de l'homme avec Dieu dans ces premiers eooimencemenls, et que nous la comparions avec le plan immortel, réalisé au Calvaire, nous la trouverons imparfaite sous un double rapport :

Premièrement, Dieu n'avait soulevé qu'un coin du voile qui couvrait l'ordre surnaturel dans lequel l'humanité devait être introduite par la parole de Jésus- Christ; la révélation qui éclaira le monde naissant n'était à l'admirable luniicre de l'Evangile, que ce que les premières et incertaines lueurs qui blanchissent l'horizon, encore à moitié enveloppé dans les ombres de la nuit, sont aux splendeurs du soleil après qu'il est monté au plus haut point du ciel.

Secondement, les premiers rudiments de la loi coleste, manifestés sur le berceau du genre humain, ne furent point confiés, comme la loi complète, promulguée sur le Calvaire, à une autorité extérieure, universelle, assistée de Dieu ; excepté chez la nation juive, point de tribunal, dans les temps anciens investi du droit de résoudre les doute* de la conscience; nul autre pouvoir dans l'ordre religieux, que le pouvoir du père de famille, chargé de transmettre à sa postérité les enseignement* qu'il a reçus de ses ancêtres ; point d'autre source de la vérité et de la justice que la source de la tradition dômes* tique, si facile à altérer et à corrompre.

De cette double imperfection de l.i srrli'té religieuse lésultait, nrcissairement, l'imperfection de la société temporelle.

Cette conséquence découle de tout ce <|iii a ifté dit sur le lien intime qui unit les deux socirlos.

Cette conséquence deviendra d'ailleurs un fait sensible pour nous, lorsque le moment sera venu d'étudier Toeuvre divine de la réparation ; lorsque, de la parole de celui qui d'un mot créa l'univers, nous verrons sortir un monde nouveau; lorsque le cercle des destinées temporelles de l'homme sera élargi sur le Calvaire en même temps que le cercle de ses éternelles destinées ; et que toutes choses seront renouvelées par le Sauveur, sur la terre comme dans le ciel; lorsque l'Eglise à qui a été confié le dépôt des vérités célestes , nous apparailça comme un phare immortel, placé par la main de Dieu, sur un rocher inaccessible aux nuages, et d'où s'échappe une lumièie croissante qui indique à l'humanité comme aux hommes la route du double progrès par lequel elle doit avancer peu à peu , à travers les écueils du temps , vers le port de réternité. (^L'abbé de Salinis. ).

(3) yoy. le meurtre de Th. Becket, dans le résumé de l'histoire d'Angleterre ; la longue querelle des Guelfes et des Gibelins, dans l'histoire d'Allemagne, et on peut consulter, pour avoir des détails circonstanciés et pleins d intérêt, VEisloire ecclésiastique de Fleiiry, celle do Beraut-Bercaslel, et mieux encore G uillaume de Tyr, Bernard, Baron, Duchesne, Zouare, Ducange, Baluze, Durand de MallUne, RajuaUi, Diipuy, Heisl , d'Argentré, la Bibliothèque ecclésiastique, etc., etc.

(4) Le concile général de Latran, {i.rmina réellement la querelle des investitures en II23. Rome avait triomphé en arrachant à Henri V la partie de la juridiclion spirituelle long-temps administrée par ses ancêtres, et qu'il avait juré lui-même de conserver av6c la puissance impériale.

(5) Montalembert, d'après Hurter, Kayneldus, Raumer, etc.

(6) Fiy.Giannone, Velly, Hallam et Muratori. Il parait, au dire de ce dernier, que le pape Boniface profita de cette solennité pour remplir le trésor pontifical : « Papa innumerabilem pecuniam ah iisdem recepit, quia die et nocte duo clerici stabant ad altare sancti Pauli, tenentes in eorum manibus rastellos, raslellantes pecuniam infmilam. ..» (MlIRATORI, Annales.)

(7) Baluze, Bercastel, Gibbon.

^8) Clément V fit, dit Baluze, tout de suite une promotion de dix cardinaux ; neuf Français et un Anglais.

(9) Desmichels.

(10) Voy. Tabbé de Siie , ti. Les Lettres de Pétrarque.

(11) Voy, Muratori, le père Ducerceau, Fleury, Baluze, Ducange, llallam, Gibbon, etc.

Nous joindrons ici, comme dans nos deux premiers volumes, la nomenclature des papes de ces trois siècles.

Douzième siècle. — Gehse II, Calixte II, Honorius II, Innocent II, Célestin II, Luce II, Eugène III, Anastase IV, Adrien IV, Alexandre 111, Luce 111, Urbain III, Giégoire VIII, Clément III. Cëlestin III, Innocent 111.

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Treizième siècle. — IIoDOnus lU, Grégoire IX, Cëieslia IV, IsDoceol IV, Alexandre IV, Urbain IV, Cl^mcnl IV, Grégoire X, Inooceol V, Adrien V, Jean XXI, Nicola» 111, Matlin IV. Ilonoriu* IV, Nicolai IV, Célei'in V, BoDiface VIII.

Qualoriième siècle. — Benoit XI, CItîment V, Jean XXII, Benoit XII, Innocent VI, Cléraent VI, Urbjin Y, Grégoire XI, Urbain VI, Clémint VII, Boniface IX, B.n.il XIII.

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