‹ Histoire des progrès de la civilisation en Europe depuis l'ére chrétienne jusqu'aù XIXe siècle (volume 2)Chapitre 32 sur 44 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

(i) T'oj'. Pliiquet, Gitl'ia Clirisli, vaiiae appendices, elc,

(2) Voy. Pluquel et l'Histoire de Lnngnedoc.

(3) Voy. le deuiième chapitre de ce volume. Voy. aussi Roger de Hoveden, Pluquet, l'Histoire de Languedoc , Maller, etc.

(4) La discipline canonique de'crélée par le concile de Vërone en ii34a fait croire à quelques historiens que l'e'talilissement de l'inquisition datait de cette époque. L'idée principale de celte discipline était bien quelque chose de semblable, mais ce n'était pas encore l'inquisition.

(5') J^oy. Llorente, Gallois, etc.

(6) Voy. Scharliog ; de Sledingis comment.

(7) Boileau : Histoire des Flagellants.

(8) Voy. le livre intitulé : l'E-X'l'licateur du grand arrêt de malédiction, cité par Pluquel.

(o) Voy. dans Pluquet la doctrine de Wiclef. Elle se trouve aussi dans la collection des conciles d'Angleterre et dans les archives de l'Université d'Oxford. Cette dernière, après avoir examiné les livres de Wiclef, en tira deui cent soliante-dii-huit propositions qu'elle jugea dignes de censure.

(10) Jean Huss fut ainsi nommé, selon la coutume de ce temps, du nom d'une ville ou d'un bourg de Bohême dont il était originaire. Il fit ses éludes à l'Université de Prague, y prit le degré de maître es arts, devint doyen de la faculté de théologie et fût fait recteur de l'Université au commencement du quinzième sièle , en 1409.

(il) M. deRavignan : Conférences de Notre-Dame. —Cet éloquent orateur dont la parole est plus puissante encore dans la chaire que refroidie par le sténographe, a terminé les conférences de iSBj, par la preuve historique de la vérité et de l'eicellence du catholicisme. Ce morceau rentre assez dans notre sujet, pour que nous nous faisions un devoir de le reproduire :

« Ou bien le catholicisme n'est qu'un mot abusif, ou bien il sioni£e l'Eglise même de Jésus-Christ, fondée par lui et ses apôtres, l'Eglise avec l'ensemble

de ses dogmes, de ses lois et de sa liiérarchie Or, l'eiistence de l'Eglise est

un fait, bien supérieur sans doute, en importance et en dignité, à tous les autres ; maie enfin c'est un fait de la même nature, matériellement pris, que sont tous les faits hiitorique* et permanents, comme seraient, par exemple, les ios-

lilutions «l'un jranil peuple, »l:rs surtout q l'ellc» ont reçu la aancli>>n du temps.

« C'est (îonc commo un Rran.l f ill vivant et traiitionaol à la fois, comme iiQ Tiit eiistnnt et transmis, qu'il fuut de toute nécessité envisager le catliulic smc, comme uo fait positif, réel, achevd, et non pas comme une lliëorie vague et liumaioe.

« Sous ce point de vue, deux caractères principaux lui appartiennent incontestablement : te catliolicisme c'est par excellence le fait accompli, et, pardessus tout, le fait divin accompli. Fait accompli, fait divin, exposons en peu de mots ces deux caractères.

< La foi à une réparation divine, vous le savez , par l'espérance et par l'attente d'abord, avait été' donn(:e au monde, dès l'origine, comme voie de vérité et de vie, pour saluer et conquérir à l'avance la rég -nération Je l'homme en Jésus-Cliiist par r^jjlise; mais les nations corrompirent en foule leurs voies; la conservation ccpenJaut, la pir'paration puissante et fidèle eurent lieu aussi par le pacte mosaïque : Dieu s'était choisi une arche où il avait placé la vérité au milieu des ilôts tumultueux de ce déluge d'erreur. Il devait ainsi amener le grand jour des révélations plénières.

« Ce jour vient enfin : Dieu nous parla une fois dans son fils, .\lors les ombres disparurent, la réalité et la plénitude de la lumière furent données une fuis à la terre pour l'éclairer, la consoler et la guérir. Le calholicisme s'établit, se répandit partout l'univers, et des lors fut accompli ; il fut le grand fait accompli pour vivre et demeurer toujours tel que l'hommc-Dieu le fonda ; car j'entends, et l'on doit entendre, mcme par un fait véritablement accompli, celui qui , préparé et amené ainsi par les voies providentielle s'est réalisé d'une manière stable, et passe, pour y vivre et y demeurer, dap< les institutions et d>DS les mœurs des peuples. Or, tel est assurément et tel fut toujours le cathotirismc, même de nos jours.

« Suivez en effet ses traces au milieu des bouleversements des nations, suive i fidèlement les faits et la raison saine des faits; tout change, tout se modifie, tout s'ébranle, tu s'améliore, ou périt sur cette terre, l'Eglise resta et reste ce qu'elle est, malgré la lutte, malgré le condit des libertés cl des passions humaines. Spectacle étrange, et qui jamais ne sera assez étudié par vous ! C'est la Colonne antique et mystérieuse qui est debout quand tout s'écroule autour d'elle, et qui sert toujours d'appui à l'édifice qu'on veut relever. L'Eglise a vaincu le sophisme, et il est tombé accablé sous le poids même de ses armes. L'Eglise a vaincu l'énergie fjrourhc des baibares, qui a'est adoucie et abaissée devant la foi. Djus cette mêlée si confuse et si cruelle, la foi, vous le savei. sauva la civilisation et la science encore. Devant la fui tomba le schisme, malgré toutes SCS fureurs, toutes ses forces unies. Devant la foi. dosant la ligue clirélicnue, que guidait son chef auguste tt paternel, devant elle seulement

s'e«t ariêlé le géant envaliUseur de l'islamisme, cet ennemi redoutable de la sociabilité humaine. Devant la foi encore, devant le vif e'clat de l'unité, eu présence des gloires romaines, des gloires catholiques, la réforme se dissout et s'en va par lan)beaui, malgré toute son énergie d'indépendance ou plulôl à cause d'elle. Et puis, est venu l'inconcevable dii-liuitième siècle, enfant de la réforme, qui a passé à son tour, et nous avons su, grâce à Dieu, en rougir. Et nous passons à notre tour, nous-mêmes : l'Eglise demeure, demeure totijjurs ce <ju'tllB ftst, ce qu'elle a été, avec ses dogmes , ses lois, son culle, sa hiérarchie lacrt'e ; la voyez-vous?

« Aiusi l'Eglise esl-tlle ce grand f,4it accompli par excellence, quivi^, qui defljeurc, toujours inébranlable, au sein des icislilution» et des libertés humainés. Ainsi vous Vuyez qu'il y a dans l'Eglise cette foi ce surhumaine, cocstanle et divine, d'établissement et la durée, contre la lutte, contre tous le» assauts des passions humaines ; au milieu ce tjnt de causes de destiuction et de ruiues, quand toutes les dcctrioes humaines , toutes les opinions philosophiques de toutes les écoles sont bouleversées l'uue sur l'autre avec fracas, comme Its empires, le christianisme demeure toujours le même, toujours caime, toujours posé avec la coDStiiution de l'Eglise; il s'élève, il s'étend, il s'accomplit avec elle ; par un travail mystérieux et puissant, il entre et il s'incorpore, quoiqu'on en ait dit, au plus intime du cœur des nations, dans leurs institutions, dans leurs mœurs et dans leurs lois. Cette action, si douce et si forte, partout dans l'univers depuis dix-huit siècles, vous la retrouverez présente ; son histoire est inséparablement liée à toutes les histoires, ou plutôt, pour qui sait bien liie, l'histoire du christianisme est toute l'histoire prise sous un point de vue supérieur et universel. En lui se résume eu effet tuut le gouvernement providentiel du monde ; il est le grand, l'unique but des conseils divins ; à lui, sur cette terre, se rapportent irrévocablement toutes les révolutions et toutes les pluses de l'humanité; à lui, au grand œuvre de la réhabilitation de l'homme en Jésus-Christ par l'Eglise.

« Dans le catholicisme se résume encore toute vérité, comprenez-le bien; il est ce fonds de vérité une, imiverselle, souveraine, déposé parla maia divine dans le genre humain, pour servir de base et comme de nœud à toutes les doctrines et à toutes les institutions saines. Et les faits parlent ici bien haut, les faits parlent dans ces hommes-là même qui, naguère, attaquèrent l'Eglise et sa foi avec tant de haine et de violence : ce qu'ils retinrent d'élevé, de touchant et de pur, ce qu'ils ont dit de vraiment utile et de bienfaisant pour l'humanité, la révélation qu'ils ont blasphémée le leur donna toute seule, et le brusque et bizarre Sophiste de Genève savait bien le leur reprecher nettemsnt en face, en

les accusant d'injustice et d'ingratitude

M Vtilà 'comment encore le catholicisme est entré dans la civilisation, dans les institutions humaines, pour y \ivre et y demeurer toujours.

<c Et je n'ai pas Lcsoio de vous ra^ipelcr encore ce grand fait du catholicisme constitué en société, lui-même société si puissante et si forte, société spirituelle, qui. sius s'altérer jamais ilàot son unité, dans son autorité, s'accommode à tous les besoins, à tous les temps, à tous les lieux et à toiu les états. Là cependant, dans ce vaste ensemble, dans cette longue durée à travers les bouleversements des siècles, vous retrouverez une constilutioD toujours la même ; là seulement, un ponlifi.- toujours et toujours des évêques gouvernent : c'est la société des intelligences et des cœurs, la société de croyances et d'amour ; c'est la grinde, la seule unité du genre humain, l'unité vraie, universelle, de tous les liummes en Dieu, en Jésus-Christ ; c'est rK.;lise, et en elle seulement, comprenez-le bien jeunes gons! en elle seulement réside pleinement le principe réparateur et ditin de sociabilité humaine. El la dernière raison, la voulez-vous? La voiri : c'est qu'en Dieu seul, et par le lien seul d'autorité catholique dans la foi, les hommes sont un ; hors de là, sans la foi, sans ce lien de la foi, ils sont deux , divisés , troubles guerre, désordre, caho», ténèbres, agonie, mort! Et les faits, l'eipéricnce, l'ont assez prouvé.

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