CHAPITRE SEPTIEME
(i') Les causes qui amtnèrent les conciles œcuméniques sont : i° l'unilé Je la foi, le pieniier lien de la sociélé clirélienne. Per illud (conc, gén ; Religio consecratur chrisliana in fitlei unilaîe quœ primùm est vinculum societatis liunianx. C. canones dist. i5.
a" Le plus grand éclaircissement de la vérité et un nouvel appui à la foi produit par le résultat d'une assemblée où tout se traite avec maturité et conseil : ad firmiorem et meliorem dilucidationem veritalis in dubiis. C. Prudentiam de ofHc. delcg.
3° Pour citirper l'hérésie : ad ericandos errores et vêpres de agro dominico et ad evellenda» et exliogutndar liœreses. C. Clericos 24) 1- 3-
4° Pour f,iire cesser les schismes et les scandales : ad extiogueadam scandala qua: suscitantur in Ecclesii.
5' Enfin Joan. de Turre cremata ajoute pour cinquième cause l'eiamen de la conduite et des actes de la puissance papale : Âd refrenandam cxorbitaati.im quorumdam pontifîcum qui pontificatum, îpretis sanctorum patrum regulis, pro voluntate exercent, aut simoniacâ pravitate pontificatum deshonestant, aut seculi vanitate vel vitâ scandalosâ omnia confundunt. ( JacobA , in tract, concil. — f^. aussi Durand de Maillane : Droit canonique.
(i) Ce n'est point , nous l'avons dit , dans des livres apocryphes et empreints d'un esprit de critiqae malveillante que nous ayons puisé nos documents. Nous joindrons à ceux que nous avons déjà donnés l'assertion de saint Sernard luimême : « Le venin , s'écrie-t-il en chaire, circule aujourd'hui dans toutes les veines de l'Eglise ; plus il s'étend , plus ie mal est sans espoir, et d'autant plus dangereux qu'il est intérieur ; car, s'il s'élevait ouvertement un ennemi hézétioue, on le pousserait dehors , et il serait desséché; si c'était un ennemi violent, on l'éviterait en se cachant. Maintenant qui chasser? de qui se cacher? Tous sont amis, et tous ennemis ; tous sont les siens et ses adversaires ; tous dans sa maison , mais en guerre intestine ; tous sont près d'elle , et tous ne cherchent pas son bien ; ils sont les ministres du Christ et les serviteurs de l'antechrist ; ils marchent honorés des biens du Seigneur et sans souci d'honorer Dieu. Delà cet éclat de courtisane qui frappe nos yeux; ces vêtements d'histrions, cette parure royale; de là ces freins, ces selles, ces éperons dorés et plus
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LrilUcts que les autels ; de là ces laljles «pleDili Jes par l«s met» et les coupes ; »le.li ces loDgi repas et ces ivresses ; de là ces cilliares , ce» lyre» et ces (lù'es ; lie là cespressoiia e'cumants qui vomissent leurs vias dans ces celliers si bi^o garais; ces barriques de parfums, ces bourses qui regorgent d'or. C'est po\Mcela qu'ils veulent èlre et qu'ils S')nt doyens, archidiacres, ëvcques , arclie- ^ ûqucs. Ces hunncurs ne sont pas donnés au mérite , mais à la chose qui marche dans les ténèbres , à l'Iiypoerisic.
« Il a e'Ié prédit au(reiliis et les temps sont arrive's : voici dans la paix mon amertume h plus amère. Amcre d'abord dans la mort des martyrs , plus ambre iiiaa \i lutte des liéiétiqucs , plus amère encore dans les mœurs de ses enfauts. £lle ne peut ni les mettre en Tuile ni les fuir, tant ils ont pris de force , tant leur ntmbrc s'est multiplié. Le mal de l'Église est intérieur et incurable , et c est pour cela que dans la paix son amertume est la plus amère. «
(3) Le principe du christianisme est une intervention si directe de l'Elrt-Supiénie dans les afTjires de l'homme , qu'«.n peut la nommer en quelque sorte une incarnation de Dieu. Â ce principe te rattachent toutes les théories fondamentales de l'Evangile ; intervention dans la pensée , révélation ; intcrTcntion dans la volonté, grâce; intervention dans l'action, sanctification.
Se pcul-il rien concevoir de plus sublime à la fois et de plus simple, de plus digne d'être accepté par la raison?
Miij voyons ces tliéuries fondamentales dans leur application à la vie ; le christianisme , ici encore , peut-il prétendre à la perpétuité , à l'immortalité ?
Qu'est-il? Que fait-il "
11 s'adresse à l'iiumanité eutiùre , dans quelque région, à quelque degré de civilisation qu'elle se trouve , il s'adapte à toutes les formes de la vie sociale , il s'unit avec toutes Its institutions morales et politiques.
II parle à l'homme tout entier, à sa raison , ù sa conscience , à toutes les pensées , à toutes ses alFeciions. Il le reçoit à son berceau tt le guide au-delà de sa tombe.
Le gardant parmi toutes les circonstances de la vie, il modère toutes ses j'jies, console toutes ses infortunes et l'appelle sans cesse de la terre aux cieux, où il lui réserve, après la mort, cette destinée infinie que le mortel porte dans son cœur comme le aigoe sacré de son origine.
Celte immense mission , dont le clirisliauisme est chargé auprès de nous , il ne la p-rd jamais de vue. ]l nous convie à tous les genres de grandeur, nous pitsciil toutes les vertiiset nous ouvre toutes les voies de tous les peifeclion* uients. C'est la condition nécessaire pour aller à nos tins dernières. Le dévelof'priiieut de toutes nos facultés intellectuelles et morales , Ir clirisliauisme ne se lionie pas îi le porroellre, il le commande...
La philosophie cl la leligi.'U qu'où a touvcut voulu confondre ont chacune
— k8\ — leur mission, leurs devoirs et leurs droits, pour expliquer l'homme et ses faculte's , pour enseigner les droits qu'elles donnent et les devoirs qu'elles imposent, pour organiser la vie privée et la publique , pour conduire toutes les afFaires de ce monde : la j'hilosophie.
Pour expliquer l'autre monde, pour y conduire l'homme et lui assigner son rang parmi les êtres intelligents , destine's comme lui à l'immortalité ; pour lui donner ce degré de lumière et de force qui le rend digne de s'élever dans les régions où aspire sa foi , pour le soutenir dans toutes ses luttes , pour le consoler dan* toutes ses épreuves et lui adoucir tous les maux, même la honte et la misère ; pour lui faire voir, dans tout ce qu'il y a de plus douloureux ou de plus liumiliant, un sujet de joie et de glorification : la religion.
On le voit , rien ne peut remplacer la religion , rien ne pouvant remplir sa mission.
Or, la religion , pour le monde moderne, n'est pas autre chose que le christianisme. Le christianisme est donc encore la foi du monde.
Et le christianisme prétend conserver son empire tant que la philosophie gardera le sien , c'est là sa perpéluilé.
Et le christianisme gardera pour fidèles tous ceux qui comprennent ce que c'est qu'une religion , ce que c'est qu'une philosophie. C'est là son universnlilé.
Quand son fondateur a Hit : Mon empire n'est pas de ce monde , il a dit à tous les chrétiens le secret de la perpétuité et de l'université de ses doctrines j de ses institutions.
Sous quelles formes le christianisme sera-t-il universel et perpétuel ? La forme, c'est la part du temps; le fond seul est la part de l'éternité
{V. Degérando , Matler, etc.).