‹ Histoire des progrès de la civilisation en Europe depuis l'ére chrétienne jusqu'aù XIXe siècle (volume 2)Chapitre 39 sur 44 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

(i) M. Magnin a parle avec étendue, notamment à propos de l'art populaire, des sculptures grotesques et satiriques qui se trouvaient dans les églises. L'art uce fois tombé dans les mains laïques, cflfre infiniœent plus de traces de ces représentations bouffonnes qui quelquefois deviennent satiriques ; mais c'est au quatorzième siècle que cette mode envahit l'architecture ecclésiastique. Le clergé commence à s'en plaindre ; nous avons vu ce qu'en pensait saint Bernard. Un carme saxon, nommé Joannes Hildes Hemensis, écrivit vers i370 un pofeme contre les artistes mal avisés. Scripsil, dit Fabricius, opiis melricitm de monstris inecclesia et in tiirpia pigentes. M. Magnin a déjà décrit, d'après d'Agincourt, plusieurs sculptures grotesques et satiriques qui représentaient, et cela dans une é3!ise, une figure de chien et de loup affublés d'un habit monacal, et lisant dans un livre ouvert. Si cette sculpture est réellement du treizième siècle, il est probable que c'est un trait de satire du clergé séculier contre le clergé régulier.

Mais, plus tard, au quatorzième siècle, on trouve, tant dans les bas-reliefs que dans les peintures des monastères et des cathédrales, de nombreuses caricatures dirigées contre le clergé. M. Magnin a cité, comme un des modèles les plus remarquables de ces peintures satiriques, celles de l'église abbatiale d'Alpirsbech, dans le duché de Wurtemberg, et celles du monastère d'Embrach, en Suisse.

Celles d'Alpirsbech ont^té publiées, quoique fort grossièrement, par Wolf, {Lect. mentor, et rec, t. i,p. 3n). Elles représentent un abbé assis sur un siège autour duquel sont rassemblés un agneau, un loup revêtu d'un cuculle ou capuchon, et lisant dans un livre, avec ces mots gravés en eiergue dans le rouleau obligé : Férus in rapinâ, et un ours jouant de la harpe, avec cette épigraphe : V^gus in Itido. Les secondes, celles du monastère d'Embrach, reproduisent en quatorze figures les désordres de tous genres auxquels se livraient les religieux de ce couvent. Elles ont été gravées à Zurich, en 1772. d'après la copie originale prise par Ilottiager. ( Blunstclili niem. figurht, p. îo, 3* édit. )

Quant aux sculptures satirique placées par les artistes libres dans l'intérieur nième des églises, M. Magnin a cité celles de la cathédrale de Strasbourg. Où a gravé plusieurs fois ces sculptures grotesques, qui depuis long-temps ont

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