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r;ision c[ le pre'lexle de couronner leur vengea lire.
Dans les premières anne'es du treizième siècle , les Croises français , indigne's à la vue d'une mosqne'e éleve'e par un empereur grec , y mirent le feu , el l'incendie consuma tout un quartier. Cette catastrophe amena une révolution. Les Latins , aidés par le pape , assiégèrent Conslantinople ; après un sie'ge de trois mois, les murs ébranle's cédèrent et la ville de Constantin, abandonnée à la fureur des soldats, siil)it tous les maux que peuvent accumuler la guerre , la haine et le fanatisme. Les vainqueurs se partagèrent le butin immense qu'ils avaient fait (buis la ville la plus riche du monde, et le peuple de Constantinople disparut au milieu des troubles qui suivirent sa défaite. Yille-Hardouin , qui nous a laissé des mémoires curieux sur cette époque, eut en partage la principauté cl'Acliaïe , et le marquis de Moul-Ferrat échangea >«a souverainetés partihus contre le royaume de ïhessalonique , qui était tout ac(juis. Ces divisions territoriales affaiblirent l'empire et excitèrent de sanglantes querelles parmi les seigneurs. Baudouin ne put modérer ni l'avidité de ses chevaliers, ni linubilion de ses rivaux. La domination des Latins ne put s'établir d'une manière fixe. Elle était minée par l'ambition
inquiète des anciens princes grecs autant que par des troubles intérieurs. Michel Paléologue , issu de l'une des plus illustres familles de Gonstantinople , brûlait d'arracher cette capitale aux Latins, et , après bien des combats et des de'fections, il parvint au but de ses désirs. Il s'e'tait écoulé soixante ans depuis l'incendie de la mosque'e.
Pale'ologue n'avait pas vaincu sans être aide' par une grande àme, un esprit supe'rieur et un noble caractère. Il travailla à consolider son empire, à la re'union des églises; il repeupla Gonstantinnpie , devenue presque déserte sous la domination étrangère; il essaya de lui rendre sa splendeur el ses manufactures; mais les Vénitiens, les Géno>s. les Pisans et les Florentins s'étaient emparés de la fabrication des étoffes de soie, et cette branche d'industrie , qui était pour la ville impériale une source inépuisable de richesses , lui fut ravie pour toujours. Paléologue tourna ses armes contre les seigneuries ou fiefs érigés par les conquérants français; il récupéra la Macédoine, la Morée et les plus belles îles de FArchipel... Mais cette splendeur passagère de Gonstantinople ne survécut pas au grand homme : les désastres au dehors , les troubles et les infamies au dedans , succédèrent à la paix et à la gloire. Un demi-siècle de bonheur avait brillé connue un météore fugitif
dans les horribles annales du peuple grec... Rien de plus affligeant que le tableau de cet empire sous les deux successeurs de 3Iichel Pab'ologue ! Jean et 3Januel. Le premier vit Anuu-al-le-Fa rouche , khan des Turcs , établir le siège de son empire aux portes de sa capitale, à Andrinopld , après avoir envahi la llomauie , la Servie et la Bulgarie ; le second vit les Génois et les Vénitiens débattre jusque sous les murs de Conslantiuople leurs querelles de commerce, sans respect pour le faible souverain qui l'habitait. Des aventuriers de toutes les nations occupaient les îles de la mer Egée , où Marc Sanudo , \ ('uitien , avait pris le titre de duc de TArcliipel. Corfou et les six autres ilcs nommées depuis Vénitiennes , obéissaient à Venise, ainsi que la Crète, Négi-epoiit , partie de l'Attique, de l'Epire et de l'Etolic. Il n'y avait plus de revenus, plus de domaines ni pour l'empire, ni pour l'empereur. Le territoire di:s (jrccs était borné strictt'ment à Teticeinte de leur capitale, et le sultan ne leur permettait pas même il'en réparer ou d'en agrandir les ouvrages de défense. Alors, tandis que tout («lait perdu sans jetour , et que l'énergie de leurs ancêtres n'aurait jx'uL-étre ])as sufli pour les sauver, les misérables habitants de Constantinople s'occupaient de controvtMse : ils vM' disputaient , s'égor-
gaient entre eux , et , dans leur funeste dëlire , ils s'accordaient tous à implorer le joug des Turcs comme une grâce, si les Latins exigaient la réunion des églises pour prix de leurs secours.... Ces tristes années étaient les dernières du qua torzième siècle et précédaient de bien peu la chute définitive de l'empire grec ^K
Tel était l'état politique de l'Europe pendant cette période de trois siècles. Maintenant que nous en avons fini avec les faits, recherchons avec plus de soin et de sollicitude encore quel était son état religieux et social , son état moral et matériel , car c'est là la partie importante de notre œuvre.
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