‹ Histoire des progrès de la civilisation en Europe depuis l'ère chrétienne jusqu'au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 22 sur 44 · partie de la France , et voit son roi couronne dans Paris · texte numérisé non relu

partie de la France , et voit son roi couronne dans Paris

Durant ce long intervalle et cette lutte opiniâtre qui change de terrain^ les langues indigènes des deux pays se sont mélëes ; le français a d^abord prëvalu comme langue du vainqueur^ et comme langue savante ; puis le vieil idiome anglais a refleuri sur la souche teutonique, d'abord tout ébranlée par le glaive des Angevins et des Poitevins qui suivaient Guillaume.

Les divers genres de la poésie anglaise sont les fabliaux satiriques, dictés par les conquérants contre les moines du pays, les poésies religieuses, les légendes destinées à lutter contre Finva^on guerrière ecclésiastique et civile des Normands ; les poésies populaires à la gloire des plus hardis braconniers ; mais rien ne marque encore la naissance d^une littérature ; les romans de chevalerie sont les seuls ouvrages de quelque importance. Encore la poésie en était-elle rude et sans aucun art*

Ce n'est qu*au milieu du quatorzi^e siècle que la littérature anglaise possède enfin un écrivain en qui Ton ne peut méconnaître Part de conter et ce mélange d'érudition et de naïveté qui rend si piquants les éctivains firainçais de la même époque.

Ghaucer , né à Londres en iS28 , fut d^abord

page d'Edouard III, et entra ensuite dans la diplomatie , qui lai donna Toccasion ' de voir en Italie les trois grands ëcrivains du siècle. Homme du nord, il vint puiser à la belle civilisation du midi : il emprunta à Boocace, il emprunta à Pétrarque, et fut à son tour, en faisant -la parodie des romans de chevalerie^ le précurseur de Cervantes.

Son seul rival de gloire Gower faisait alors paraître un grand ouvrage en trois parties : spéculum meditantis '^ vox clamantis — confsssio oman/i^.G'estun poème polyglotte, écrit en français en latin, en anglais, et parfaitement ennuyeux dans les trois langues. C'est de la poésie scolastique, sorte de réponse de Gower à Richard II, qui lui d^nandait du nouveau. Le poète répondit à Tinvitation en envoyant trente mille vers !.. Le sujet est un dialogue entre un amant et un con* fesseur. Ce confesseur est un prêtre de Vénus déguisé, qui s'appelle Genius. Ceci conduit à une analyse approfondie des sentiments de l'amoureux pénitent, et, dans les entr'actes de sa confession sentimentale, il lui glisse un cours de scolastique. Enfin la scène se termine par un trait assez comique: cette confession se prolonge tellement que les années s écoulent, et^ près de l'absolution, le pénitent perd patience, et déclare qu'il est tel-

Iftoent yieoKj que sa belle nialtreafle lui est à pm I»èi indifférente* Toute négociation ee trauTe elors rompue, et le poème finit*

Rien nW en effet plus original 9 el Richard II dut être satisfait.

Après ces deux poètes, rien de réellement grand et puissant n'existe dans la littërature anglaise dont le grand monument ne commenœ quil la réforme. Peut-^tre Robert Langland^ Jean Barber et quelques autres méritaient-ils une place dans celle revue, mais notre marche est trop rapide pour nous arrêter si souvent et pour si peu. JDans oe coupd'ceil à vol d'oiseau^ les sommités seules sont aperçues* •*- Entrons maintenant dans rAllemagne.

Les Groiaés revenaient de la Palestine, ils avaient parcouru le midi de FEurope , ils s étaient imprégnés des fables orientales et des poésies pro* vençales, ils rapportèrent toutes leurs impressions dans la rêveuse Allemagne, et la littérature Souabe, jusque là somnolente, s'éveilla à ce concert dis* parate et singulier»

La poésie fut alors un mélange de chanU d'amour empruntés à la Provence, de récits cbe^ valeresques pris à Jà*usalem, et de philosophis, de sèche et froide scolastique importée des villsi savantes de TEurope.

Au milieu de cette littérature d'empnuit etqm appartient à la haute classe de la sôciëtë^ des chanta populaires se font entendre et seuls contarvent un caractère national.

Le monument le plus imposant des poésies réellement allemandes, c'eat le fameux poème dea Niebelungen; les critiques modernes de l'Aile-magne s'accordent à Taltribuer à Gonrard de Wurtzbourg , Tun des plus célèbres minnesmger qui vivait sous le règne d'Adolphe de Nassau. Le poème des Niebelungen n'est pas, comme presque tous les ouvrages épiques de l'époque , un mélange de contes accumulés sans goût» sans ordre, ettens but marqué: une idée fondamentale présidiô à cette conception ; elle se montre à toutes les pagts du poème, et en opère le dénoûment. Un brave chevalier a succombé en vengeant la fierté otteu^ êée de sa maîtresse. L'amour anime celle-ci à la vengeance^ et ne lui laisse aucun repos ^ jusqu'à oe qu'elle ait immolé dans son ressentiment^ et avec la plus horrible cruauté, tout oe qui a*opposé à ses desseins, innocents ou coupables, adversaires ou amiât tel est le nœud de ce poème qui se développe dans une double suite d'événements bi«* zarres et d'aventures extraordinaires. L'analyse complète de cet ouvrage, pourrait seule f^ire cunnaftre avec quel génie lepoète a traité oe sujet.

la force et la naïveté des caractères quUl a mis en scène, la variëtë et la richesse de ses tableaux, et cependant sa simplicité vraiment homérique. La rudesse de cette vieille poésie romantique, pourrait choquer, il est vrai, les esprits si délicats de cette époque ; mais Fhomme supérieur^ et le poète surtout, découvriraient mille beautés sous cette ëcorce grossière.

Je ne dirai rien du liseré des Héros, recueil de récits chevaleresques, qui font suite aux Niebe^ lungen et les complettent, non plus que d'autres poèmes moins célèbres.

Le siècle des Souabes fut moins fécond en prosateurs qu'en poètes. Le langage souabe, en usage dans la poésie, n'était cependant pas devenu d^un usage général en Allemagne, dès Tépoque où les wirmesinger commencèrent à se faire connaître. Il parait que, sous l'empereur Frédéric II, qui fit publier, en 1235, la paix publique en langue allemande, on s*e£força d'établir un langage commun à tous les peuples de T Allemagne. C'est dans ce temps que le Miroir de Saxe^ ou droit public des Saxons, fut publié parEcke ou Eike de Repgow» qui avait d'abord composé ce recueil en langue latine.

Parlerons^nous des Hongrois encore dans l'enfance, de leur littérature si lente à se développa

au milieu des guerres incessantes qu'ils eurent è soutenir contre les Allemands, les Grecs, les Vénitiens et les Bulgares 7 Toutefois la civilisation se fit jour sous la dynastie de Louis4e-Grand« Ce prince, aime des Hongrois, fonda la première uni* versitë à Funfliirchen^ en 1367 ; la langue hon-* groise devint d'un usage général à la cour ; plusieurs villes s'agrandirent sous son règne , et de simples citoyens reçurent des lettres de noblesse. Mathias Gorvin, le plus grand roi de la Hongrie ^ seconda ce mouvement^ et bientôt, en .dëpit des luttes criminelles qu'il eut à soutenir contre l'empereur, la Bohême, la Pologne et la Turquie , les arts et les sciences , qu'il cultivait lui-même, flemîrent sous son règne. Sa mort arrêta de nou« veau la marche du progrès. Ce fut en vain que Ferdinand I'% frère de Charles V, mettait un terme aux guerres civiles, en assurant la couronne à la maison de Habsbourg^ les disputes savantes des sectaires religieux, qui bientôt se changèrent en querelles sanglantes, entravèrent la civilisation- Cet état continua jusque sous le règne de Joseph P', mais alors les victoires du prince Eugène sur les Turcs, le règne de Marie-Thérèse et celui de Joseph II, donnèrent une ère nouvelle à la Hongrie , en y rétablissant l'ordre et la sûreté.

Cependant , au milieu de cette longue nuit, BOUS soyons briller quelques éclairs : la poésie •st honorée et cultivée par les grands ; des riian^ tons guerrières, des airs nationaux ^ composés dans les différents dialectes des tribus hongroises , sont chantes à la cour. Les riches s'attadioot les trouvères , les enrichissent par leurs largesses et leur donnent des t^res, La coutume de ehanier pendant les repas se conserva jusqu'au quiiuième aièole : ces chants étaient généralement des aujeb gnerriors ^ et quelquefois des sujets religieux. Les ienis qui nous restent sont un hyome à k Vierge , et «n chant en Thonneur du roi Zadislaus ^.

Quel était à cette époque Tétat du théâtre} Qitels progrès a-t-il faits depuis Hrowista , et les mystkes du onzième siècle?

Après ces premiers essais , après les épttres fiir« eies et le drame hiâ'atique appliqué à des sujets temporels ^ on vit le drame hiératique composé et représenté par des laïques hors de TÉgltse, Le premier exemple de ce fait important dans Vhis^ bnve de Tart^ se trouve dans le lieu le plus voisin du sanctuaire , dans les écoles annexées aux ëvé* diés, aux couvents , mais tenues par des laïques.

Avant que le théâtre reçût seulement en garme la forme que nous lui voyons j il a passé par bien

de$ essaii i des t&bDimemetttii ^ <)es ëpien^es. De mâmB que Tart hiératique s'était divisé «a den braiiolies^ rum aérieiiae, Taiitre groUscpie» île même les airtiBle& coofràrea se^partagèrent e» daiOE €aia|i6 9 les confivrw ^érimses et lea ùQnfréri^S ^Qnri^iUfiS^ La plus aaaeaae de ces deiweiw, e*iift /e JRoyamms ou Confrém âe la Bamohe^ La £sHMlatioQ de oeUe sociiite » date de la fia du trebâème ou du commencement du qu^tôr^oie Âède» alors que le parlement de Paris deTÛt aëdentaire. £a i3S9 sel<m lea uns, en iâ03 «dop d'^ilrea» les procureurs, qui étaient eneoriî en petit nombre^ obtinreut la permission de prendre des jewes genspour leur servir d'aides ; on les nomina olems^ Ce titre se donnait alors aux laïques tant soit pea litres et même aux étudiants des univenâtés. Philippe-le*Bel aqeorda à œtte corporation de jeunes clercs à peu près les mêmes privilèges dont jouissaient les aub*es owporsriioBSi savoir , le droit de se nommer uti dke£ annoel portant le nma de ^\ et le droit de seju|^ entrera. Delà k jofidic^on de la Bawcke.

•Ilious le r^oe de Charles VI , y«rs ilSO, m fimna la société des enfantis de Sana^^oo^ dont le ohef prenait le titre de Prince dos Sols. C'est de celle confrérie que vinrent les SaUises ou Soties^ Apria ks soi^és des Sots^ vinrent ks

d66 Fûus. Il y avait là le Prince des Fàus , le Prince d'Amour^ le Princedela Bhéiorique ,

etc Aux pièces représentées se joignaient des

courses d'ânes ^ des courses de femmes nues et autres jeux aussi dwertissants , dans lesquels le burlesque surpassait encore Tindécence. On en jugera par les deux faits suivants empruntai à rAllemagne et à la Provence vers la iBn dn quatorzième siècle.

Une fête fut instituée à Nuremberg par un brevet de Tempereur Charles Y pour récompenser la communauté des bouchers et celle des couteliers qui 9 seuls dans une émeute , étaient restés fidèles à Tempereur. Dans les premières années la cérémonie avait de la gravité i et ne consistait qu'en une espèce de danse avec des épées nues. Mais elle dégénéra bientôt en une danse et une course grotesques. Les danseurs se tenaient liés au moyen d'anneaux de cuir sous la forme de saudssons. Plus tard on y ajouta une ooorse* Quelques hommes masqués , travestis en fous de cour 9 marchaient en tête $ ils étaient suivis par un homme pareillement en habit de fou qui por* tait un grand sac plein de noisettes qu'il jetait aux enfimis. Après lui venait un homme à cheval por* tant une corbeille remplie d^œufs , qui, vidés auparavant^ contenaient de l'eau dérobes. Lorsqu'il

rencontrait une femme , ou qu41 en apercevait une à la croisée , il lui jetait un œuf, qui , casse en tombant ^ répandait au loin une agréable odeur. Puis venaient les hommes du Schenbart avec leurs patrons , leurs capitaines et leurs musiciens* Leur habit était presque toujours de la même forme , mais la couleur en variait tous les ans ; quelquefois il s^ mêlait quelques masques grotesques , des hommes avec des têtes de loup , une femme dont Fhabit était fait avec des marrons. Le cortège se terminait ordinairement par un enfer , c*est-à-dire une machine qui contenait un feu d'arliâce destiné à être tiré devant Thôtelde-yille à la fin de la fête. Plus tard , elle s'augmenta encore d^une espèce de carrousel appelé Gesellenstechen (carrousel de garçon). Les bouchera j au lieu d'anneaux de cuir , confectionnèrent de véritables andouilles d'une étendue demesurée. La dernière qu'ils firent en 1658 , avait six cent cinquante-huit aunes de longueur. Ces folies étaient fréquentes dans les villes d'Allemagne pendant le carnaval. Les bouchers de Kœnisbeig portèrent entriomrhe, au carnaval de 1583, une andouille longue Se cinq cent quatre-vingtseize aunes j pesant quatre cent trente-quatre livres; elle fut portée par quatre-vingt-onze garçons bouchers sur des fourches de bois ; mais la plus IV. as

monstrueuse fut celle de l'an 1601 -, elle avait nulle cinq aunes , pesait près de neuf cents livres; elle fut portée au son de la musique , et -mangée avec la corporation des boulangers qui^ piqué d'une noble émulation, avaient fait des pains de cinq aunes chacun*

Passons de Nuremberg à Aix : le roi René fa* tigué de combats et de défaites s*était retiré dans la Provence , et tÂcbait d'y vivre joyeusement. Les cérémonies extraordinaires étaient fort de son goût p et Ton ne sait trop ce qui lui a donné l'idée de la bizarre procession qu'il inventa pour Aix. n faudrait un volume in-^folio pour décrire con* venablement cette procession ^ qui avait lieu à Tépoque de la Féle-DIeu , et se continuait pendant huit jours. Le prince d'amour ^ avec son habit de moire et d'or , sa toque de velours et de plumes 9 sa fraise de dentelles ^ son épée de soie et de diamants , représentait le corps de lanoblesse; après lui , le roi de la Bazoche , roi de serge et dliermine ^ représentait la justice ; Vàbhé de la ville y la bourgeoisie: ces trois chefs aratent chacun sa coiu* , ses officiers et ses hérauts d^armes. La cérémonie , divisée en scènes dialoguées ^ en intermèdes, en jeux et en danses, sWvrait par un pasdVmes. Le vieil olympe défilait le premier^ Jupiter, MarSf Silène sur son tonneau, Heixade

arec sa massue , les Faunes elles Naïades , VÈcn-^ ture sainte marchait arec les rob Mages guidés par leur étoile; les ap6tres, b râne de Saba^ accompagnée d*un estafier qui portait un dbâtean de carton planté au bout d'une épéè; Hérode tourmenté par une phalange de diaMes^ pois arriraient les épisodes politiques , e^ébnent les XalEOtSf cél^res dans les guerres intestines de la Prorence. Le duc et la duchesse dIJrbin j contre qui René avait des motifs particuliers de haine , étaient livrés à la risée publique , juchés sar des Anes et ridiculement accoutrés* Ensnite venaient les jeux les plus popubires en Provtmce ^ tAs que \ejeu du chat , le jeu des chevimx frisquet ^ et quelques autres ; chaque groupe ^ chaqne'eaoooade s'arrêtait quand le moment était venu ^ jouait aa scène > disait son mot^ chantait aa chanson^ et dansait dans son ballet. Le clergé, le parionent rt tous les dignitaires de la ville aasistaient & la prcv cession et y prenaient part*

Revenons au théâtre : c'est à Padone^ en 12Mf

que Von trouve la première indication Xxm mys*

tère joué en plein air; on les retrouve à Limoges

en 1290, à G\^ita VeccJna en ISOft, à ÇkeiXet en ^

1268, et plus tard à Yorck, Coventry, eXc.

Les théâtres du quatorzième siècle, étabib en

plein vent, avaient à peu près la même forme que ceux d'aujourd'hui ; mais le fond était différent; plusieurs ëcliafauds, nommes établis ^ les remplissaient. Voici conunent un auteur contemporain décrit ces établis. Pour un mystère de rincarnation et de la Nativité, représenté à Rouen en ïhlh. «Premièrement est paradis ouvert faict en la manière de throsne et reçons d'or tout autour. Au milieu duquel est Dieu en une chaire parée et au côté dextre de \aipaixj et soubzelJe miséricorde , au censtre justice , 'et soubs elle véritéy et tout autour d'elle neuf ordres d'aages les uns sur les autres;

« La maison des parents de Notre-Dame;

« Son* oratoire ;

« La crèche èz bœufs;

« Enfer faict en manière d'une grande gueuUe se cloant et ouvrant quand besoin est. »

Sur les côtés de ce même théâtre, étaient des espèces de gradins en forme de chaises, sur lesquels les acteurs s^asseyaient lorsqu'ils avaient joué leur scène. Jamais ils ne disparaissaient aux yeux des spectateurs qu'ils n'eussent achevé' leurs rôles. Ainsi lorsque le mystère commençait, les spectateurs voyaient sur-le-champ tous ceux qui devaient y jouer. Une espèce de niche avec des rideaux foimait une chambre, et celte chambre

Bervait à cacher aux spectateurs certains dëtaik qu^on ne pouvait leur présenter | tels que raccouchement de sainte Anne, etc. *'.

Lesid^ les plus extravagantes semblaient s^étre donne rendez-vous à cette époque ; aux danses obscènes des vivants, on mêla les danses des morts. Quand les confréries exploitèrent les arts et le théâtre, aiitrefois réservés au clergé seul, elles s^emparèrent de ces danses des morts comme des antres sujets de drames, et les exécutèrent dans les cimetières malgré les protestations du clergé et la défense réitérée des conciles ^.

On trouve dans un manuscrit de la Bibliothèque royale 9 un catalogue fort curieux des mystères ou drames représentés par les confréries aux treizième et quatorzième siècles. Ce recueil forme deux volumes in-folio. Nous nous contenterons d'en citer les sujets les plus remarquables.

« 1 * Gy oommenee un miracle de N.-D, , d'un cnbnt qui fat àomé au DyaUe quand il fut eDgendré. Personnages : 1*' et S* dyable. — La yoisiiie , sabt Michel , saint Gabriel, le fils I deux sergents^ deux cardinaux, le pape^ trois lier* mites , Dieu, chœur des anges, t* i.

« 18® Une femme nommée Théodore par son peçhië se met en habit d*homme , et , pour sa penanoe fnyre, devient moyne » et fut tenu pour homme jusqu'après sa mort. Tt i.

fi 7« Ckmiment U fille du roy de Hongrie se eopa la muin ,

piroe fue son père la volait eipouser ( et un Murgoon la girii lept ans an tesmokts). t. 9.

« 19^ Cy commence un miracle de N.-D. et de sainte Baolheucky femme du roi Glodoyeus , que pour la rébellion de ses deux enfimtslenr fit cuire les jambes^ et redevinrent religieux, t. S.

£n voilà bien assez pour connaître le genre de sujets (pn se traitèrent sur les théâtres en plein yent. On y mêlait parfois comme intermèda des processions d'animaux que le peuple aimait beaucoup. La plus originale est celle du hareng, qui se faisait à Rbeims. Les chanoines étaient ranges sur deux files et tous traînaient un hareng qu'ils tenaient attaché par un ruban; chacun d'eux n'était occupé que du soin de marcher sur le hareng qui le précédait, et de sauver le sien des surprises de celui qui le suivait.

La procession du renard» s'il faut en croire Sauvai j n'était pas moins célébra à Paris. On voyait figurer au milieu du clergé un renard vêtu d'une espèce de surplis fait à sa taille » ayant la mitre et la tiare sur la tête. On avait le soin barbare de mettre de la volaille à sa portëe. Cet animal, naturellement vorace^ oubliait parfois sos pieuses fonctions pour s.e jeter sur les poules qu^il dévorait en présence des assistants. On assiu*e que le roi Philippe-le-Bel aimait beaucoup celte procession î il prétendait que les ravages causés par

le renard étaient le symbole de9 vexations du pape, dont il se plaignait amèrement ^,

Tous ces détails qui tiennent plus à la peinture des mœurs qu'à celle du théâtre , achèvent de faire connaître l'esprit de Tépoque , esprit moqueur, tourné au grotesque, à Tirréligion, esprit en travail , mais qui avait besoin que des génies supérieurs vinssent le féconder. Quant au théâtre en lui-même, on le voit, il a fait peu deprôgrèe, il roule toujours autour d'un même cercle. Chaque classe de la société a le sien, théâtre de sacristie, théâtre de confréries, théâtre d'écoliers, théâtre d^ la noblesse, etc. Nous avons peu parlé de ce der^ nier , qui comportait moins de burlesq^^e» et raoon« ti^it surtout les aventures dievaleresques dutemp^*

Voici pour en finir sur ce sujet, les premières, pages de la traduction d'un drame aristocrçtiqii0 flamand, de la fin du treizième siècle.

« Ls IV3 D'EsMORiE, FILS DU ftOI BS SiClLB , lia^ll JV II-

mand par M. Sert uie.

Personiïages. ^- le roi de Sicile ou le roi chrétien , ta reine son épouse ; Esmoree , leur fils unique ; Robert j neveu du roi de Sicile; le roi de Damas ou le roi Maure ; Damieite^ safiUe;Placus, astrologue du roide Damasé^ La scène se fasse tantôt en Sicile et tantôt à Damas.

Exposition du sujet. — a Autrefois régnait en Sicile un frince dont tous allez entendre des meryeilks. Son épouse mit ««

mméâ on fili« Le roi irait «tiprb iê lai tm m^lunt lioniiiia noinin^ Robert ^ lé fil» âe «oo tthre. CAêii 1 ki qoo U fùyâmam dorait <fcIioir , »I lo roi rooait h inottrir mus poaléiié } maii la oaiMumco do cot eofaot excita daoa la eour do Robert mio oolke et 1100 jalousie implacable*. Voui allez eotendre ce qui adriot an Jeune boiutne^ eommeiit Robert ^ en le rendant aux SÊnuzin», le plongea dana l'infortttoo et Taffliction , et eommtnt la mire , qni le porta daoa ion leifi , réent ringt ani prirée de la litmiire dit ioleil et dea aatrea f aana que le «onrire parât aur im lkfre§^ Tout cela lut Tonirre de Robert* Silenee , et ^contez le coiiiiBeii« cément de cette hiatoire« «•««)»

On ignore^ et là date préciae de la ccmpùgition de ce drame f et le nom de la ville oh il a été repréient^. Mais il n^a pas été joué lur une place publique» L'épilogue nouâ apprend que le apee* tacle ne ae bornait paa & un aeul jour, puiaqtt'on engage le public à revenir le lendemain* CTeat Taatrologue Placuâ qui parle:

« Qoe perioone ne qaiue aa place pour retoamer cbex lai , car oooa allona jouer une êotihf qui aéra courte^ Cependant , ai qadU qu'un d^entreroua «at preai^par la ftini ou la aoif, qt^il aillo prendre dea rafralcliiaaemeoa eo deacendaat par cet cacalicr* Si voua roua ttealiiooaoïuaà^, revene9(fouadiiiiaia^* »

Après ces considérations sur la littérature du nord et du midi de TEurope, il nous reste peu de place II donner aux écrivains moins célèbrest mail

qui se sont cependant disdngnés. Nous avons dëjà donne (dans les notes) la nomenclatore chronologique des auteurs italiens. Nous la com[^ ferons en compulsant, <lans les bénëdictins de Saint-Maur, dans la KbSaAèque sacrée^ et d*aiitrès bibliographies, les noms des anteon de cm trois siècles et les titres de leurs onvw^es *^

Un seul de ces ouTruges màîfe une phœ à part, le meilleur sorti de la main des ImmmffSi rimTATiOR DB JisDB-GmusT. Mais le nom de Fauteur est encore un prd>lème. Cet admiraUe Yolumei le plus souvent rAapnmé^ le jJiis nui-' versellement traduit, est d^ anlear iatomm^ On Ta attribué à J. Genon, œ dianodier de runiyersitë qui a si TiyemaA combattu le Botman de la Base; à Kenqpis, chanoine dn mont Saisie Agnès; à saint Bernard, et à d*antres encme; mais la première suppontion sans être ctfffaine a acquis le plos grand degré de pndbabilité^ Tos' jours est-il que cet anonyme était rédUment chrétien, et par son anuNir, et par sos génie^ €t par cette abn^;ation si pea commnoe.

L^iMiTATioH n^est ni un Xxjte de dogmes^ ai m livre d'interpréUtion. Cest seulanent la plus \^n^ chante effusion de T^bne dirétieone, ploi^ dans la contemplation de son Dien« UMnowr le plus épuré, celui de la créature pom^ le créateur,

n*a jamais parle un langage plus tendre } et comme Fauteur le dit lui-même, il faut avoir aimé pour entendre et pour goûter ces paroles. Les aièdes suivants ont vu briller de nouveaux âges classiques où la littërature sainte a retrouve les secrets de Tancienne éloquence , et donné des rivaux aux Dëmosthènes de TÉglise; mais la douce piété d'un cœur pénétré de charité, embrasé dedévonementy emporté, sur les ailes ardentes de la foi» du séjour des épreuves à celui des ravissements éternels, est un bienfait de la Providence plus rare peut-être que le génie ^.

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