CHAPITRE HUITIÈME
(a) On trouve dtm Itl (hvottkiaet de* «iMBplea frëquetkU de crnautét exercées per !«• TÛoqueurt sur le* bourgeoit vaiaciu, nouf n'en citerons qu'as passage : « Novam genus spectaculi i conlinuo namqae arnuti limen sanctiistioia wlit abtqna f tvêrMitiia Oioclo rrrumpentes , alios ioterfecenut , aliot trnncatis maoibas et p«4ibu» demetthimniiit : qttUmsdlaiii irei6 ocalos fodiebaat,
quiboidam TroalM leriw Ardente attUdiâfit. »
( Ckromie. BAloxaici. )
C3) Thierry,
(4) Ce mot nouvem de conmane oa àommumojif asseciitioli pour la défense
mutuelle des bourgeois i était en Iiorreur au clergé et ï la noblesse da dt>antee
sitele. « GoananMO (dit MB auCsnr ecdésisstiqne du ddaiiëme siècle) anlcni,
Boynm as pessimam w>men , ne se babetj ut capité censi omnei solHnm ser-
ritutis debitum dominis semel in anno solvant , et si quid coBtra jara delinqne-
riat , penslotte legali emendenit Gntera «eosmittt esactiones , qaœ servis inflip
soient omBÙBiodls Tscent.
(GuiBERTUS AbbAs, de uitâ nd.)
(5) Ainsi, en 1189, le roi approuva la révolte de Nantes, aUendu la ùvp grande oppression du peuple ; celle de la Rochelle , attendu les injares et insultes qu'éprouvaient fréquemment les habitants , etc., etc. C'est celte approbation que la plupart des historiens prennent pour une concession complète , attribuant ainsi à la politique de Louis-le-Gros » Philippe-Auguste ou saint Louis , ce qui n*est que le résultat de rinsurrection populaire, et travestissant en réforme administrative ce qui n'est qu'un énergique mouvement de l'esprit de démocratie qui eut été droit \ la république s'il y avait eu à cette époque les lumières nécessaires pour la conatituer.
(6) V- Guiaot , Thierry, Sismondi et Baraate , qui ont remonté soz sources et ont su les comprendre. En parlant des historiens qui sont restés dans Ter» reur, c'est Méseray, Anquetil,YeIly, Yillaret, Gamier et antres que je veu surtout désigner.
(7) Thierry.
(8) y. le Recueil des ordonnances des rois.
(9) Voyez, dans le chapitre «uiraot , les ëlecliont muaicipale« k Sommièree en Languedoc etailleure.
(10) C'est en Italie seulement que le priacipe eammuDal s'est élevé k la heuleur et & la clarté d'un régime politique ; c'est doac là qu'on on peut recoa* naitr* U vraie nature , et saisir toutes les conséquences*
Qu'arriva* t-il en Italie? U liberté politique y succomba sons ses propres excès , faute de pouvoir procurer la sécurité sociale* Ces turbnienies républiquns tombèrent rapidement sous le joug d'une aristocratie fort concentrée et de ses chefs. C'est là l'histoire de Venise y de Florence , de Gènes t de presque toutes les cités italiennes.
(11) Pendant que de petites communes s'affranchissaient , se formaient à grand'peine en France, les républiques Italiennes étaient déjà constituées et fortes et imprégnées de l'esprit de Tancien régime municipal, nuis elles contenaient peu de germes d'amélioration, d'eitension et de dur^e. 11 y msnquait deux choses essentielles, la sécurité de la vie et le progrès des institutions ; il y msnquait de plus la force d'union contre les sgressions étrangères.
Le midi de la Franco ressembla à l'Italie jusqu'à la croissde des Albigeois , qui y rétablit le régime féodal pour un certain temps.
(11) « La royauté du dousième siècle , dit M. Guisot à qui j'emprunte quelques-unes de ces idées , n'est plus ni royauté barbare , ni royauté religieuse, ni royauté impéiiale, elle ne possède qu'un pouvoir borné, incomplet , accidentel, le pouvoir en quelque sorte ( et je ne connais pas d'expression plus exacte), le pouvoir ^de grand juge de paix du pays. » (i3) Foj; Uallam, Yelly et Pasquier.
(14) Forcés de nous renfermer dans un cadre peut-être trop restreint pour notre sujet, nous laissons de c6té l'Angleterre, et la lutte qui depuis la conquête jusqu'à la fin du troisième siècle fut engagée entre l'aristocratie et la royauté pour obtenir, d'une part, des chartes ou dtê confirmations de chartes; de l'autre part, pour les refuser,les modifier, les violer ou les rétracter. Celte longue histoire des chartes, qui semble finir à la dernière eonfirmalion obtenue d'Edouard 1", n'offre d'événement vraiment remarquable que la guerre des barons contre le roi Jean) et l'on ne peut nier que la grande charte ne soit le plus important des actes de ce genre. Les autres guerres et les autres chartes ne sont que des répétitions affaiblies de celle-ci. Qaand le roi avait besoin d'argent ou qu'il n'était pas le plus fort, les barons lui faissient la loi, et il signait. Quand il avait de l'argent et qu'il se trouvait fort, il révoquait et annulait tout, en disant qu'il n'avait pas joui de sa liberté. Le quatoraième siècle vit comme en France les premiers essais des formes roprésentstives. (i5) Ordonfumces du Roi^ tome 1".
(16) Voy. Bodin, Hallam, et surtout Pasquier, Recherches de la, France. Voici en quels termes psrle ce dernier des assemblées nationales et du parti
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i|ue le« rots fureot «a tirer, ï partir cle Plnlippe*l«-Bel : « Celuy t bien f.ote d'yêvx, ajoute Pasquier, qui no voit que i« roturier fut ezprèa adîouté cvatrc lattcieii ordre de France, & cette aasemble'e, non pour autre raiaon, sinon d'autant que c'eatait ccluy sur lequel devait principaleinent tomber tout le fais et charge, afio qu'estant en ce lieu engagé de promesse, il n'eust puis aprèe o€ca»ioa de rectifier ou murmurer. invention grandement aaige et politique; car, eomne ainay soit que le commun peuple trouve toujours à redire sur ceux qui soot appelés aux plus grandes charges, et quM pense qu*en découvrant aea doléancta on rétablira toutes choses de mal en bien, il ne déaire rien tant que loaverlaie de telles assemblées. D'ailleurs se voyant honoré pour y avoir Jieu, et chatouillé du vent de ce vain honneur, il se rend plus hardy prometteur de ce qu'on luy demande. Mais ayant une fuis promis, il ne luy est pas puis loisible de résilier de sa parole, pour rhonneate obligation qu'il a contractée avec soa prince en une occasion ai aoleonelle. D'avantage, qui «al celuy qui ne trouve aa ruy plein <de deboonaireté, lequel par huoneates remoulrances veut tirer deaea aubjects ce que quelques esprits hagirds penseraient pouvoir eslre exigé par une pxiissaoce absolue? Tellanaent que soubs utg beaux et doult appâts Ion n'duvre jamais telles assemblées, que le peuple n'y «ccourre, ne les embrasse, ne s'en eajoiiysse infiniment, ne considérant pas qu'il n'y a rien quHi dust ta&t rraiodre, comme estant le général refrain d'iceulx de tirer argent de luy. £b ce lieu, dit encore le même auteur, quelques bonnes ordonnances que l'un iMse pour la réformation générale, ce sont belles tapisseries qui servent seulement de parsde à une postérité. Cependant l'impôt que l'on accorde au roy est f«.rt bien mis à reffect. •
(17) Migdet, Des Institutions de saint Louis.
(18) Voy, le troisième volume de cet ouvrage. Depuis lors, le dael ata-t changé de face; mais malgré les institutiona de saint Louis, cet usage barbare que rien n'a jamaia pu déraciner de nos mœurs existait encore.
JNous citerons & ce sujet un passage intéressant de l'histoire des Franrain, par M. Monteil: «Une jeune demoiselle, fille d'un gentilhomme, étant allée à un château voisin , est insultée psrun homme dont le visage était couvert. Elle croit reconnaître un jeune écuyer, et l'accuse. Le jpune homme nie, elle peraiale, il n'y avait paa de témoins, la bataille a été ordonnée entre l'aecnsé et le p^re de la derooiielle qui soutenait l'accusation.
<c Le gage est jeté et relevé: le jour est pri^.
« Yuus connaissez 1s grande esplanade gazonnée, aituée pr^s de notre couvent entre les murs de la ville et la livière. C'est U que le combat a eu lieu. D^s le point du jour le peuple de la ville et de la campagne avait couvert d'abord les échafauds dressés autour des lices, ensuite le hsut des rempsrts , des tours et des clochers. Midi est près de sonner; une cavalcade arrive ila porte des lices. Le héraut crie : Qm V appelant viegne ! Le père de la fille se* présente : confort
mémeot 3i l'ordonnance, il était i chevali armtf de toutei piîraet, réeu penda i eoa cou, la viaière baitttfe, portant I la main rim*ge de attint Jacques. La porte e'uuf re ; il entre, et il eat tondait à aon pavillon. P«tt de tempe apria uae seconde cavalcade ae prëaente. Le hëraut crie: Que- V appelé viegnei La porte des licef ae rouvre. Le jeuoe homme arme aoati de toutes piëeee, la vi- •ière baiaaëef tenant à la main l'image de aaint Martin de Tours, enire, et il est de même conduit i son pavillon. Alors le héraut, vêtu de sa robe armoriée de fleura de lis , t'avance vers le milieu des lices et crie de toutes ses forces : Or ocz / or oez .' seigneurs chevaliers^ écuyerSj gens de tout état, notre souve^ rain seigneur, par la grâce de Dieu, roi de France, défend sur peine de vie et de la con^scation des biens, de qfier, de parler, de tousser, de cracher, défaite aucun signe, Aosiitôt règne un profond silence. On n'entend plus que le sifllcment du vent, le bruit de la rivière et le cri drs oiseaux. Les deui champions •orient successivement de leur pavillon, pour faire séparément les deux preroiere serments. Au troisième, ils viennent ensemble et Te maréchal du camp prend ii chacun la main droite, dépouillée du gantelet, et la pose sur la croix. « Ici commencent, suivant l'usajçe, les fonctions ecclésiaitiqueSt « L'appelant et l'apptilé ayant peraisté, on leur a fait jurer qu'ils soutenoîent une cause juste, et en outre qu'r/j^ n^-avoieni sur eux ni sur-leur cheual aucune parole, pierre, herbes, charme, charroi ou invocation d'ennemi, et qu'ils ne voulaient combattre que par leur corps, leur chevalet leurs armes. Alore pour la dernière foia, je leur ai présenté i baiser le Te igitur et le crucifix , et je me suis retiré, en même temps que les deux champions rentraient dans leure pavillons»
■ Un moment apr^, le héraut est venu faire le dernier crti FnHes'Vos devoirs! a-t-il crié par trots fuis. Aussit<^t les deux combattants environnés de Ifurs conseillers sont sortis de leurs pavillons, qui i l'instant ont été enlevés et jetée iiors des lices. Enfin, le maréchal du camp ayant crié ; Laisses-les aller! lotssez'les aller! laisse t-les aller! les conseillers se sont retirés. Tout de suite let drux champions sont montés lestement \ cheval, rt, i un signal donné, ont foodu l'un aur l'autre.
• Tout le monde a remarqué l'extrême fureur du p^re, qui, à,;;é de' plua de soixante ans , mais encore plein de vigueur, n'a pas voulu se faire remplacer partin jeune avoué, qui pour une somme raisonnable se seroit battu pour lui. 11 ne faiaoit que porter des coups sans vouloir perdre de temps i parer ceux de son adversaire, tandis que celui-ci, jeune homme d'une compiexion délicate, mais d'une adresse rare, paroit et frappoit en même tempa. Après une demiheure de combat au plus , le père ayant voulu profiter de la supériorité de sa taille pour asséner un grand coup d'épée sur la tête du jeune homme, ceTui-ri fait une passe i. droite, et jetant aa grande épée il saisit avec la promptitude de réclair sa petite épée appelée miséricorde, dont au déf-iut de raisaelière il
trantperce U bras du père en rentraiont aobaa da cheTtl, il «aote ligèremeat à terre, et* retirant «a miséricorde du braa du père, ^11 tieat eooe l«i, il U lui porte à U gorg^i lui fait ciier merci, et loi accorde la vie.
Au même inatant ud bruit confue de cria, de voix et d'acclamatioDS a'eiève autour dealicea, eta^êteod daiia la ville et danala campagne. En uMme Ccunfs que iea gardea du camp trauaporleut le vaincu , et a'aaaurent de aat pereosne, ponr attendre Iea ordrea du duc de Touraiye, qui aeul a le droit de loi faire grâce ; un nombreux cortège auivi de tout le peuple reconduit en triomphe le vainqueur.
« Peignea-Toua maintenant une aràne bien différente. Tout à côté det lires, dana un pavillon ^tait détenue la demoiaelle, jeune peraonne d'environ seize ' ana, Iea maina liées, ayant autour de aon cou la corde deatinée à l'étrangler si dans le combat celui qui aoutient aa cauae a du pire; aux premiers cris elle apprend que aon père est vaincu. Elle voit approcher la mort sana montrer \t moindre faibleaae. Un moment apiéa on lui apprend que le vainqueur a fait gi àce, qu'il y a tout à eapérer de la clémence du roi. » (19) Mignet.
(ao) Pendant la période féodale, quatre-vingts aeigueura battaient monuaie dana leurs terrea, et pour leur propre compte, et les monnaies avaient successivement baisaé de valeur. Le aou de Charlemagne valait un tiera de moins sons Philippe I", il baiasa de moitié aoua Louis YI, des trois quarts sous Philippe- Auguste, et enfin aoua aaînl Louia il ne lui reatait plua qn'un cinquième de aon ancienne valeur.
Le roi, aoaai plein de jugement que de bonté, comprit li nécessité de mettre la monnaie à Tabri de cra fi éqnentes variationa, utilea pour un moanent au prince, mais funestes à Fétat, dont ellea bouleversaient tous les rapports.
Il fabriqua pluaieura eapécea, et en fiia la valeur. Le denirr d'or, appelé agnel, peaant soixante-dix-aept grains, valant donie sous le denitr tournois; le sous tournois, appelé gros denier d'argent, pesant aoixante-dix-nenf grains, valaot duuae deniers tournois ; le petit tournois, appelé maiUe d'argent, pesant la moitié on le tie a du f^ros tournois; le denier, alliage d'argent et de cuitrr, ne contenant dn premier que aix grains et demi ; enfin Tubole, ne valant qoe la moitié du dvnier, et la pougeoise, que le quart.
Cea monnaica aoffisjint ' à tontes les opératiooa par leur diversité, restèrent long-teotps dana cet état. Saint Louis, dans son ordonnance de ia65, déaigoi celles qui auraient cours en évaluant leur prix d*aprés celui des tournois, et condamna Iea autres, qui étaient trop altéréea pour être admises. Il donna quelque temps pour les porter à la monnaie, et preacrivit de les retirer dans les domaines royaux et dans les terres des aeigneurs qui n'avaient pas le droit de battre monnaie , obligeant en même temps ceux qui avaient ce droit de ne pins les recevoir.
(»i) Voyei lea ëtablUtemtnU de fatnt LouU , Beaumanoir, Bucangr^ Joînville , DéfoDtaJne, Lauriëre, ete.| etc. » Parmi lea cootemporainai MM. Siamondi , Beagnol et Mignet. •— M. Guisot a'eat nalheurenaerneot arréitf avant de parler dea inatitutiong de aaiot Louie^ il eût plus que peraonne contribue à jeter la lamièr.e jiiir çetU ëpo^a ap int^qeaaanle daot Tliisioira de l'ordre «ocial.