CHAPITRE DIXIÈME
(i) Ua grtftd nombre da eolUgef t'ébs^^rnni auprè* des anivanittfi. Soui Philipp«-U-Belt qui fonda l'universiU d'Oridans, on vU •'établir la collège de la reio« de Navarre^ celai du cardinal Le Moyne, et celai de Montaigu, archevêque de Narbopine. Depoia le r^ne de Philippe de Valoia juaqu'à la fin du règne de Gharlea Y, on compte Tërection da collège dea Lombarde pour lea tfcoliera italienaf dea coll^gea de Toura, de Liaieux» d'Autan^ de VÀt^e Marin, de Mignon ou Grandmont| de Saint-Michel^ de Cambrai^ d'Aubuaaoa, de Bonnecoar, de Tournai» de Bayeux, dtê Allemandai de Boiaay, de Demvtlle, de Mallra-Gvrfaia, de Beauvaia, etc. (Histoire de VUnii'ersité^ t. III, liv. 3, /4ntiif» de Paris).
(a) F* Savigny, Lerminier, etc.
()) A cette opinion de MM. Savigny et Lerminier, tur Télat de l'univertilé et la auprtfmatie de celle de Paria i la fin du donaième aiicle, noua joindrona celle de M. Huater de Schaffhoaie» et noua citerona de lui un morceau furt intdreeaant de aon hiatoire d'Innocent 111, relatif à cet objet: «Le jeune Lu* thaire Conti ( Innocent IH plua tard) , auffîaamment prépare aux étudea aupif* rieareay ee rendit de Rome i Paria. Depuia longuea annéea c«tte capitale tftait cdlèbre par lee maltrea qui y enaeignaient lea arta libéraux.
« Plua tard toutea lea aciencea y furent accueîllieaet cuItiWea XTec aoin, auaii devittt^Ile le randf c-vona commun dea hommea déaireux d'obtenir dana leur patrie, au moyen d'une inatniction aolide, honneura et conaidération. Telle dtait l'ambilioa de Tuoiveraité de Paria, d'embraaaer lea diveraea branchée dea eonnaiaaancea humainea, que, dka que le droit canonique eût commencé d'être enaeigné avec aocoëa à Bologne et d'y attirer une foule de maitrea et d'élèvea, elle a'empreaaa de créer dea chairea, où plus d'un profeaaeur venait recueillir, en l'expliquant, lea applaadiaaementa de aon anditoire. La médecine pouvait ae faira gloire d'£gidiua de Corbeil, dont lea œuvrea n'ont point paru dépourvuea de mérite aux yeux de la acience moderne. De l'aveu général, nulle part la doctrine chrétienne et tout ce qu'on y rattachait alors, n'était enaeigné à la jeuneaae d'une manière auaai vaate, auaai profonde, anaai complète qu'à Paria, et, pour devenir un habile théologien, c'était là qu'on devait aller étudier. Sca docteurs jouissiient dans toute la chrétienté d'une haute réputation. De même
qii* d« Kraf«i qti»«iio«i d« droit civil «t canoDiqut 4Ui«iii «oumUtt k U d^ri- •iott de r«ut d« Bolugac, de même od l'edreiiail à mus do Périt pour r^êou'tre doa r.Ne imporlaot de ooii«ri<*ere, |>our terminer d«t dlff4r«ode «celdiUtii^uti, et 1m pip«i mémea d«miod«i«otleur avi« eurdei point tdt théologie ti de morilef un clerc difcolait il avea intenig«ofl» vt profondaur let aritcUf da la fui chrtftiennei !• plua grand 4loffa k lai donaar rftait calui*cli On dlrnii qnll • paaitf aa via à Tifcole de P«ria.
« Auaiî, d^a la milieu du douaiitma lîbrlt. rnfflaatea dai jounef gaDi y ^tait ai grande, que pauMtre jimaia oo n'vn vit nulta part da pareille. A ptiat pMttvaii-oB trirtftver d»a Ittgemanta. at plua d'una fola It sombra daf dtriDgtri aurptaat celui dea babitanla. «Tout ca qu'un payi a da prtfciattii» dlwotUi liiatoriena anlliouaiaatea de eetta époque, « tout et qu'un paupla a d'doBlaaBt, « toua !«• tr^auri da la acioneoi et tout laa biena de la tarre } [99 joulaitncri « da l'eiprit at du eorpai laa anaaignamanta da la «agAiaet !• fplendeur du « arta libiirausi l'eaptil chevalereique, rdMginea dea loaurif tout eeU •« « trouva à la foia à Parli. J4maia an Egypt», à Athbnef» tt daof toutai Ui • cii^a où fleurirent laa acîeneeai «eut qui allaient cliarohar la aigotM t«rrtitre ' m n'^lgtl^rvat an nombre eaui qui viennent puitier 11 aagaiia e^lMta à Pirii. « Atliènea n'a qu'un point de rciaemblinee avac lui r dam lai deui villta lai u- « vanta ^tvieut au prvmîer rang, m Pariât eontinuant-ili dîna l'irdeur de leur •ntbuuaîaime f « e<t la tourte da la aag»aae| l'arbra da via du paradia tarraitr^, « le flambeau de la m«iaon du Seigneur, n Catte villa avait an outra d«pai« long-t«npa le réputation da cii4 noble» populauia at commerfintOi de poiot da rtfuoion daa pruplea» da reine dei peyi» da tr^ior dea princat. L'agrdmant da ce a^ijour» Tabondanca dt toutea lei cltoata nrfeaaieiraa à U vlff, la dignité impoaantt du clergé, la gitlt^ du peuple attiraient et retenaient lea dti'tngera ; lia y oubliaient volontiera leur patriai Cet avnntagei acquéraient plua de prit enoore par une pait aana trouble, par la protection enAicala at la bienvelllanti* aollicitude d«« rnia. Luuia VU avait octroya à l'uni varaitd dte privUdgat qui reçurent une nouvelle eateniion pendant le long rkgnt de PhUipp«| aoa fila. Lea princea étaient fiera de cette inetitution, dontila faiaaiaBt l'objet da acine particuliera. Mali la pluê grand attrait da Parle, c'ait la réunion brUUalt dea doeleura illuatraa dont la eoniidtf ration nt la gloire rajaillUaaiant «ur lui. On voyait da bauti dignitiirea eccUaiaitiquei, it tenir honorda d'y ebtanir «ne rhilm. Dominante doetauraprii dam ion lein, dtaient «ilavda aui hooneura de r^gUae ; et, iina rabiodonnar toul-i-fait, dchangaaient U titra da proftaieur pour celui de paateur. Lei papei jetèrent laa yeui lur ploaleurt d'onlro eui, pvriuadea que l'édat de leur eavoîr eu de leur v«rtua aérait un orntmtut pour r<(gliia romaine.
« Uei libraire!, dont l'induatrie tloriaianti i donnd aou oook i une daa ruea delà ville, la chargeaient) loua U direction dei profeiiauri, da fournir lea ini-
trumenU «t Uê ol>j«U uéceuùreê aux études. De* bourgeoiti et turtoot des Jnifii, alorf comme aujourd'hui adounëa à ce trafic, prêtaient aux jennea gêna aar une denunde de leurs parentf , on moyennant «ùretëa. Dea bonraeay fondra par det roia et dea prineeaf procuraient aux pauvrea ëtndianta un entretien gratuit. Lee rapporta int^rieura étaient asaurtfa par lea ioununit^a que lea aourerainn avaient accordëes, par la participation dea ^oliera aux funëraillea de leurs camaradea défunte, et aux priërea de rjSgliae pour le repoa de leura âmea. Lea réglementa eiigeaient une miae décente, fixaient lea benrea de leçon dea profea- ■aura et lea exercicea oraux dea élèvea. Dëa le matin lea aallea de coure a'cmpliaaaienty.pnia commençait la leçon du maître. L'aprèa-midi, c'étaient dee diacoaaionayde nouvellea Iççona et dea conférencea ^ dea répéUtiona terminaient la journée.
« Cependant le aéjour de Paria n'était paa aana danger. Dea fillea de joie cherchûent k prendre dana leura fileta la jeuneaae légère et aana expérience, qui heureuaement ne a'éloigna jamaia asaea complètement dea bennea moeura, pour ne paa ae prêter elle-même à diminuer le danger. L'abondance engendrait la débaocbe, et dea orgiea auxquellea on ae linait dana dea cerclea ^'amia« détournaient quelqnefoia du but principal. La pétulante jeuneaae regardait avec hauteur lea bourgeoia, dont lea modestea occupationa faiaaient l'objet de aea dédaina; et aouvmt» alora comme aujourd'hui, de frirolea prétextée donnaient lien à dea rtxea aanglantea entre eux et lea étudiante unie par une aorte de point d'honneur de caatei Auaai à côté dea élogea prodiguée par lea auteure qui ne considéraient que l'éclat de la acience, entendona-nooa lea plaintea de ceux lux yeux deaquela la pureté dea moeurs était le premier ornement et le principal bien de la jei^neaae. «O Paria I » a'écrie l'un d'eux, « filet de toua lea vices, « piège de toua lea maux, flèche de l'enfer, qui perce le cœur de l'imprudent ! » Lea efforta de l'eaprit pour pénétrer lea profondeura dea doctrinea que l'homme peut aeulement croire avec humilité ou rejeter avec dédain, car il ne aaurait l^a comprendre, conduiaaient par la voie de aubtilitéa décoréea du nom d'explications, à des aberrationa déplorablea. Autre aujet de plaintes : beaucoup de jeunea gens élevés au grade de docteur, a'aviaaient d'enseigner lea autrea au riaque de lea induire en erreur. Cet abus provoqua plua tard une ordonnance qui défendait de professer la théologie avant l'âge de trente-cinq ana.
« Dea princea du sang royal venaient à Paria amuaer lea connaiaaancea aans leaquellea ilf croyaient ne pouvoir jouir dea fruits de la paix on de la guerre. Une foule de grande peraonnages de France et dea paya qui formaient alora la chrétienté en Eurc^e, imitaient leur exemple ; pair U ila exercèrent une salu< taire influence aur la civiliaation intellectuelle et morale dee populationa avec leaquellea ila furent en contact. Dèa lea première temps, de hauts dignttairea ecelésiaatiquea avaient jeté à Paria les fondements de leur savoir et de leur piété ; il en était de même alors : lea hommes les pina importants de l'époque