‹ Histoire des progrès de la civilisation en Europe depuis l'ère chrétienne jusqu'au XIXe siècle (volume 3)Chapitre 37 sur 44 · IV · texte numérisé non relu

IV

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•llaieat s'y pripartr à lear àddom fature ««r le monde. D«« p«p«t, rarwtmtaA àvk aitfge do faut Pierre par leur digeité grave, leurp lomi^rea profottdn ei leur coarage aornaliirol ; dea cardinaux, leurs aides et coopërateurs par leur sagesse et leur irasis eipériesce ; des patriarches e& qm rOiient poaTÛt aaftre la majeslë de IVglise pins libre d'Occident) des arche1r^ae0, les beaux -d'an troupeau nombreux ; des érètfOMj pënëtris de la hauteur de knrs fondions $ de pieux abbds places à la tête de inonast^res fameux, augmentairnt de jour en jour sa r4»pntation d'école féconde, d'où partaient les rayons qui allaient éclairer l'univers. Des amitiéa s'y formaient, dont l'effet était de neserrer plus intimement l'union de la grande sociifté chrétienne, union qui était le principe vital de l'Europe, et d'en répandre l'heurenae influence mar chaqoe paya en particulier. Aiaai la citilisation française, la magnificence du service divin, l'amour des sriences et des arts étaient portés dans tout l'Oeddent par cette institutrice du monde.

« Etait*on doué des avantages de la naisiaoce, de la fortune on du talent; aapir«it->on , non pas seulement à revêtir les hantes dignitée de l'Eglise, nBaîa à se rendre capable d'en remplir les fonctiona , on courait à Paris où la foule d'ctndianta et de peuple ne pouvait ae compter. Par tous les pays d'Europe r^nùt cette croyance que , pour avoir droit dana sa patrie à la cossidéralîott et aa crédit, il fallait avoir pas«é sa jeunesse i Paris et suivi les leçons des professeurs de son école. Ausai , outre le grand nombre d'cvêques français , dont plusieurs y fursnt sncceaaivement disciples et maftres, besucoup de prélats des royaumes étrangers lui durent leur instruction. Le pape Alexandre Jll y envoya une légion de jeunes clercs italiens.Yenise en envoya auasi qui acquirent «nsuils une haute illustration. L'Angleterre ae plaignait que Oxford était dé* sert; et k mesure que celte école déclinait par auite de l'oppression et de lodiense tyrannip de Henri II à l'égard du clergé, s'élevaii celle de Paris. Les AUrmanda y brillaient 1^ la fois par leur naissance et leur rang , par leur esprit et leur savoir. Peut-être élaient-ce les vieux souvenirs des Normsnds qni y avaient d'abord attiré quelquea Danois ; mais plus tard des fondations assuréfcntà un grand nombre uneeiiatence libre de tout souci. Absalon , nrchevêqoa de Lund , envoyé en ambaaaade à Paria , en 1 1 70 , transporta dans »m patrie des chanoines de Sainte«6enevikve, et établit ainsi entre les deux royaumes des rapports religieux. Par \k ausri durent se former les liens d'un commerce scîeatifique , et s'sngmenter le nombre dea jeunes Danoia qui venaient à Paris se préparer k leurs carrières diveraes. Eofin ce nombre s'accrut encore par suite de l'alliance des maisons royales des deux pays. Le Danemark ne fut pas Je seul I y envoyer des princes du sang ; la Hongrie vit auasi partir on des fils dtf son roi. La SuMe elle-même ne se trouve point trop distante de cette capitale de la ririlisation européenne ; et les pays slaves ne lui demeurèrent pas étrangers. l^ci , évêqus de Crscovie , y vint chercher ce qne jamais il n'eût pu acquérir

•B Pologne. Tel tfttit Parli reri l'is 1180 , quind Loth»ire (iDBoeo&t Vil) y arrivft pour étudier à l'aBivertUrf. »

{Gesckichu pabst Innocens II J und telner seilgenossen\

(4) Peat-étre a« serait-ce pat une raiaoa conTaincante , car Abtflard aTail aMem l'habitude de eoutonir lea deux thkfea. On connaît ton fameux traittf, Sio 01 non, dans ie^el il prétendait démontrer qu^ n'y a guëredeaujet en philosophie sur lequel on ne puisse soutenir le pour et le contre...

(5) L'Anglais Occam profeasait que lldée générale n'a pas de sujet. « Elle n'est donc pas , disait*il y subjeetÎTe dans l'âme : c'est une fiction objective , comme l'objet même auquel elle se rspporte eiiste dans son sujet. L'esprit connaît un objet et il en imagine nn autre semblable , mais qui n'est en lui-mémo qa'une fiction ; alors il pourrait eoneevoir l'objet correspondant hors de lui. La fiction contient tous les objets de cette espèce , et a par conséquent le etractire de l'idée générale , en sorte qu'on peut la mettre & la place de touto idée individuelle réelle. »

Parmi les disciples de ce redoutable adf ersaîre des scoiistes « on distinguo Gauthier Burleygh, professeur de philoiopbie à Oxford, et Buridan ^ qui 9» rendit célibre par %tê doctrines sur la liberté. « La volonté | disait ce dernier y toutes choses égales d'ailleurs » peut-elle choisir entre deux actions diamétralement opposées ? Si on répond par l'affirmative | il o'y a point de détermination ; car la volonté flotte indifféremment entre ces deux actions , et il manqua une nison déterminante. Si on répond par la négative | on détruit le libre ar-> . bitre. » Buridan, ssns résoudre les dîfiieultés que la solution du problème sur la liberté présente, s'attacha eusuite à démontrer que le déterminisme peut très bien se concilier avec la morale.— Yoyes, pour les divers sujets traités dsnt la première partie de ce chapitre , Savigny, Bmckery , Grevier, Lerminier, Halter , de Gérando , Malbouche , Millon , Laurent, et V Histoire 4» l'unie versité»

(6) Toutes les gloires eonteroponines rayonnent en effet' autour d'Âbélardy et retracer son histoire c'est retracer celle de son époque. • Abélard , dit M. Yillenave, qui s'est spécialement occupé de la biographie du moine philosophe , Abélard est la figure la plus saillante du deuiiëme libele. Ecclésiaatiqae, chanoine et docteur; amant, pire et époux; philosophe et novateur » théologien et hétérodoie , poète et moine ; reportant dans son caractère l'effer- Toseence ^un sens éteint , et dans son esprit les chagrins de son cœur; fondateur d'un monastère et directeur de congrégations des deux sexes ; chef d'école et condamné dans deux conciles ; poursuivi par deux saints , et absous par un autre; non moine traversé danaaa théologie que dans ses smours ; toujours sgité et inquiet , toujours renommé et malheureux : tel fut l'amant dHéloïse. 11 eut pour ami Pierre»le-Yénérable , et pour ennemis saint Bernard et saint Norbert. Il fit de la femme la' plus célèbre de son siècle, de celle qui en fut la plus ai-

mf«U| la ploa i|iriUcUe et b plof êclairëe, aoa élève, sa MailnaK, c ftMSM : il ra fil avaai oaa prieure , nae abbcaae , ooe aava&U îhéohipaat ti oo ëcriTaw ëlofoest.

Les ■ooM d'Ab^ard et d'Hëloisc sont naia par le nsallienr et par la ^tt . comaae leors ceadres le soat dsM le mèm» tombean ; et ces deox mam» taBèfinhitê oat àé^k trarera^ ploa de hnit sikcle* aaaa eeascr d'eiciUr mm latérêi %*' et paisasat. •

(7) C'est à pev pris vers cette époque que Foulques dcrivait è Abdard :« Rcb* t'eavoyait aes eafiuile à iaatraire ; et celle qu'oa avait eateadw e«aeigacr lootM lea aricacea asoBtrait , ca te passaat aea disciples , que toa savoir dtait cacore sapërieur an siea. Ni Is distaace t ai la hauteur des moatagnes , ai la profctdeur des ▼allées , ai la dificnUtf des chemias paraemés de daagvra «t de bnfaada , ae pouvaicat reteair ceux qui s'empressaieat vers toi. La jeuaeaae taglsise ae se laissait effrajer ai par la mer placée eatre elle et toi , ri par u terrear dea tempéteai et à loa aoni aeal, méprisaat lea pdrila, elle ae prédpitait eu foole. La Bretagae reculée t'eavoyait aes bsbitaats pour loa îastraiR-. ccut de rAaion reasieat te soaaiettre leur férocité adonde. Le Poilim , la Gtitofae , liberté , la Nomuadie , la Flaadre 1 les Teutoaa y lea Suédois « aidntt I te célébrer, vaataieat et proclaaMÎeat sans rel&che toa-géaie. Et jo •• dis rvt è9ê bsbitaats de la ville de Paris, »

Ls lrsducti<m de la lettre de Foulques, que nous veaoas de citer, est d* Madame Guisot. Ls rapprocbemeat ri aalnrel qui ae présentait i die « récrivsat devait aaimer sa plume et faire battre aoa c«eur d'au jaste orgueil...

(8) ... O maiime coBJux !

O thalamis iadigae aaeis ! hoc joris habebat la taatam fortuaa caputi car ioapia aupri , Si miioram factura fui ! noac aecipe pœnaa , Sed quas spoatê Inaro.

(PA«rsa/., Xi*, f 7//).

' (9) Le prenûer ca 1 1 19 , Taotre en 1 1 16.

(10) Les bistorieas ae rapporteat paa comme Abélard ce qui •• psaaa >< concile , cependant tout porte à croire que, sauf rexagération et la partialité du rédty le fond dea choses est vrri. Abélard n*eût d'ailleurs paa avancé det faussetés que tsat d'écrirsias suraient pu coafoadre, daas un paiail drc'' surtout.

(11) Mémoirts éP Abélard, on Letire sur sa vie , divisée eu quiasa dnpitrr* et datée du monastère de Saiot-Gildaa 1 «• Lea points iatermédiairea indiques: les passages que nous svons laÎMés de côté , comme inutiles au anjet que •< traitoDa. La tradoction de cette lettre , intéressante surtout en es qu'elle rr> produit les mœurs moHacdesde l'époque, est due ^M. Vnieaave*

(la) VUIenive. — Parmi let coBtemporaiai dUcluice on peut citer I« témoif^agna irrécusable de Pierre-le-Ytf Durable. II Privait à Uêloïie eUc-méme : •A'ons aires vaincu en savoir toutes les fammes, et vous avci tuqpasstf presque loua les hommes. »

Hëloise lisait les livres saints en gre« et en h^reu.

£lla les lisait aussi philosophiquement , comme on le voit parles XUI jtrobième* dont elle demanda la solution k Abdlard , et qu'on trouve dans les œuvres de ce dernier. — Htfloïae fut le meilleur poète latin : c'est le tëmoignag* de plusieurs auteurs contemporains , entre autres de Hugues Metel , de Tout , cittf par dom Mabillon , dans son édition des OEuvret d» saint Bernard»

(i 3) Cette lutte , dans Isquelle quelques auteurs n'ont vu qu'une Tsine livslitëd'amour-propre, avait des bases plus profondes et plus nobles. Saint Bernard M l'avait point provoquée , il s'y résigna , et craignant la parole puissante de aoB antagoniste , il nss de tous sas moyens pour assurer la victoire \ IVgliae qu'il défendait ; mais lorsque le concile eut prononcé et qu'Abélard se fût soaaais > la réconciliation de cas deui nobles caractères , ne se fit pu sttendre ; saint Bernard prouva surtout par ce retour sincère qu'il n'avait d'autre passion que le désir de l'unité calhoHque.

( i4) Galliarum Socratcs i Platô maximus Hesperiarumi

lYoster Aristoteles ; logicis quicumque fuerunt A ut par sut melior ; studiorum cognitus orbi Princeps ; ingenio varius , snblilis et acer. Omnia vi snperaas rationts et arte loquendi. Abelardus erat , etc.

( i5) Héloïse avait placé les restes d'Abélard dans une petite chapelle de son monaatère. Ces! là que , dans les heures silencieuses de la nuit , et lorsque le sommeil était entré dans les cellules de Mtu compagnes , Héloïse venait pleurer celui qu'elle avait taat aimé. £t après vingt ans de deuil et de regrets , elle alla reposer avec lui dsns le même tombeau...

(t6) « In Kgritttdine poaità pnecepit ut mortua intra mariti tumulnm ponerelur y et sic eàdem defunctâ | ad tnmulom apertum deportstà « maritus e]us qui, multis diebus ante eam defunctus fuerat, elev»tia brachita aam recepit, et it» eam ampleaatus brachia sua strin&it. »

(Chron, TURON.)

(17)11 parait cependant qu'en 1497 ^"^ P^^^ ^''*^P *^^'^^^ ctaaya de séi>arcr ce que Dieu avait uni : les ossements d'Abélard et d'Iléloïae furent mis dans deux tombes placées aux deux côlét du cliorur ', mais le temps avait méU let cendres I et les os seuls peuvent être diitingu^i. £a iC3o, M^rie de Laroche-

i«Mi vnigt-teoiniM* ibbewe du Paradct, fit transporter lesdeos toabn la rWiflU et la 2>teil«. En 1766, va* «atra Maria da Larochafoocaul^?. ahhfwa , coaçat le projet d'un BMnraawiit qui fat iii^i apr^ u et qai a a« aacora bien daa Tidanludea de fortiuie ; la deraière de cet rrffolatiai l'a eafia eoMdait an p^ Lachaiie, oà mi repos étemel l'atlea^- Qaaiqaoa yjageur» cnrieaz de ▼iâtcr les marbres historiques irieaBfeBt seoli I de rares iatarfalles tnmltler le silsnee du mausolée. On y iroit cependant parfais des c—ronnee fralchet d'iasmortelles | tribut tonchant payd , apiès tant ic •ièdet» I la mteoira des deos smaaU...

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