‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 27 sur 87 · TERRAIN QUATERNAIRE DE LA HOLLANDE ET DE LA BELGIQUE · texte numérisé non relu

TERRAIN QUATERNAIRE DE LA HOLLANDE ET DE LA BELGIQUE

le nom de limon ^ raliuvion aucienne telle que nous l'avons indiquée. £n constatant en outre (i) la position des cailloux roulés diluviens au-dessus des sables de la Campine, probablement parallèles au crag, et au-dessous de Talluvion ancienne de la Hesbaye , il a précisé, de la manière la plus heureuse, les rapports de ces divers dépôts meubles; il a fait voir que la dispersion des débris de TArdenne, qui a produit la couche de cailloux roulés, avait eu lieu non seulement au nord , où nous Tavons observée jusqu'à présent, mais encore au sud , dans la Champagne et la Lorraine , « ce qui » annoncerait, dit ce savant (p. 59), qu'à cette époque, comparan tivement récente , le sol de TArdenne a non seulement été le » théâtre d'une grande débâcle , mais encore qu'il a été de nouveau » soulevé et agité par de fortes secousses qui ont produit de vio- » lentes dislocations, et que par conséquent il y aurait lieu d'ad- » mettre l'existence d'un déluge ardennois tout comme on admet » un déluge alpin , etc. »

Cependant M. d'Omalius. remarque que l'Ardenne n'étant plus, comme certaines parties des Alpes, couverte d'eau à cette époque, son soulèvement n'aurait pas suffi pour produire une débâcle; d'où il est porté à ne considérer le déluge ardennais que comme une dépendance du déluge alpin; c'est-à-dire que l'Ardenne aurait éprouvé le soulèvement et la dislocation principale du pays, au moment où le grand soulèvement des Alpes orientales avait fait refluer les eaux qui couvraient une portion de leur emplacement. Mais nous douions que celte explication justifie pleinement la distribution rayonnante des débris de l'Ardenne. L'examen du bassin de la Seine ne confirme pas davantage l'existence de courants sillonnant le sol, des Alpes vers l'Océan au N.-O. , et nous démontrerons en outre que le phénomène erratique , tout à fait étranger à ce même soulèvement , lui est de beaucoup postérieur.

L'origine de l'alluvion ancienne, si remarquable par son étendue , l'uniformité de son aspect el son indépendance , puisqu'elle recouvre indiiïéremment tous les autres dépôts meubles ou non, antérieurs à l'époque actuelle, a beaucoup préoccupé les géologues , et i\L d'Omalius , frappé de la difficulté de l'expliquer par un vaste amas d'eau douce qui , au lieu d'être encaissé dans

(i) fb. , p. M9. — Note sur 1rs dernières rcvolittions géologiques qui ont agi sur le sol de la Belgique. [Bull., vol. XIII, p. 5&.

CAVBRNIS A OSSEMENTS DE LA BELGIQUE, ET PALÉONTOLOGIE. l47

un bassin , a dû s^élever à plusieurs ceiuaines de mètres au-dessus du niveau de la mer, suppose, en présentant toutefois son liypothèse avec réserve (p. 61), « qu*à Tépoque où les eaux , mises en » mouvement par le dernier soulèvement des Alpes et de TArdenne, » n'étaient pas encore rentrées dans le lit de TOcéan , mais où les » cailloux transportés par les eaux étaient déjà déposés sur les lieux » où ils se trouvent maintenant , de puissantes éjaculations de li- » mon sont sorties de Tintérieur de la terre dans les contrées où » nous voyons ce dépôt , et ont été arrêtées dans leur expansion par • le reflux de la mer, de la même manière que les alluvions que » transportent nos fleuves sont arrêtées à Tembouchure de ces der- » niers au lieu de se précipiter dans les profondeurs de la mer. »

Nous aurons occasion de revenir sur cette manière de rendre compte de la formation de certains sédiments problématiques, laquelle consiste à étendre à un phénomène superficiel assez général les effets restreints de causes purement locales et bornées , tels que le remplissage des filons, les dépôts des sources thermales, les éruptions bcueuses, etc. Mais Texamen que nous ferons de ce limon dans les bassins de la Seine , du Rhin et du Rhône , ne semble pas appuyer cette explication.

Les surfaces polies , striées ou sillonnées , n'ont pas encore été Snrfaces signalées sur les roches de transition des Ardennes, de TEifel ni du ^**** ia**"*" Hundsruck ; quant aux roches des formations plus récentes, leur •*"®"»^»peu de dureté aurait larement permis aux traces de celte nature de parvenir jusqu'à nous. (Cependant M. Élie de Beaumont (1) a remarqué près de Spa quelques amas de détritus qui rappellent l'aspect des œsars.

|i$ 2. Cavernes à ossements de la Belgique, et paléontologie.

Dans le Jiésumédes sciences géologiques pour 1833, M. Boue (2) a exposé , sur les cavernes à ossements de la province de Liège , diverses généralités extraites du premier volume du grand ouvrage de P.-C. Schmerling, intitulé: Recherches sur les ossements fossiles découverts dans la province de Liège (3). Depuis lors, ce travail »i

(i ) Rapport sur un Mémoire rie M. Durocher. ( Compt. rend. , Tol. XIV, p 78. Nota, <842.

(2) Bull. , vol. V, p. 436.

(3) 2 vol. in-4" avec atlas in f« de 74 pi. Liège, 1833-34-36. — Voyez aussi Bull., vol. VIII , p. 17. 1837. — H. Dumonl, Mém. sur

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