ET PLATE4U CENTRAL DE LA FRANCE
nous le dirons, tend aussi à classer dans le terrain tertiaire plusieurs de ces mêmes dépôts. Une troisième assise meuble , également distincte des précédentes et des allnvions modernes, occupe tout l'espace compris entre le pied de la chaîne du Puy-de-Dôme et rAliier, depuis Clermont jusqu'aux rives de i*£mbenne , entre Brioude et Lamotte, etc. Ce sont des marnes argileuses, grises et noirâtres, avec peu ou point de cailloux roulés, mais avec une assez grande quantité de fragments de laves et de scories des volcans à cratère. La partie supérieure , très noire , est presque entièrement composée de cendres et de lapilli volcaniques. On retrouve ces dépôts sur quelques plateaux , dans toutes les grandes vallées , dont ils forment le soi, et au débouché de celles-K;i jusqu'à une certaine distance. Ils sont superposés aux basaltes de la Tour de Bonlade, près d'Issoire, où ils renferment beaucoup d'ossements de mammifères fossiles. Aux environs de Brioude , des couches de lignite assez étendues sont subordonnées aux marnes.
« Les grands courants d'eau, dit M. Rozet (p. 129) , qui , à difnférentes époques, ont accumulé dans la Limagne cette immense » quantité de débris des montagnes environnantes , ont suivi les » vallées primordiales des chaînes, absolument comme les rivières actuelles, qui n'en sont que de faibles rcsles. Des traces de leur passage laissées sur les flancs de ces vallées jusqu'à une grande » hauteur, alluvions, roches polies, striées (1), la grande quantité » de sable et de cailloux roulés accumulés devant l'embouchure , '» montrent que le volume de leurs eaux était considérable. Ces eaux ne se sont cependant jamais élevées à 200 mètres au-dessus du » fond actuel de la vallée de l'Allier ; il n'y a ni cailloux roulés , ni n sables , ni aucun dépôt d'alluvion , sur les plateaux de Mont-» » Celet, de la Chaux-du-Broc , de Pardines, de Corent, de Ger- «govia, des côtes de Clermont, de Châleau-Gay, etc., qui de » vraient en être couverts si les courants diluviens avaient passé » par dessus (2). »
M. A. Pomel (3) s'est beaucoup occupé des débris d'animaux
m BulL, ^''sér., vol. 11, p. 306. 1845.
Voyez aussi : Observations sur la présence du sable aurifère dans le gisement de la galène de Saint-^Santin Cantalès (Cantal) , par M. Becquerel. {Cowpt. rend,, juillet 4 840. — Jnn. des mines , vol. XVII, p. 664.)
(3) Nouvelles observations sur la paléontologie des terrains meubles de la Limagne d'Auvergne. [Bull. vol. XIV, p. 206. 4843.) — II. 13
fossiles de la classe des mammifères , que renferment les as^ses tertiaires et diluviennes de l'Auvergne, et nous y reviendrons à la Qn de ce chapitre; mais nous dirons ici que l'auteur, après avoir reconnu l'existence de deux faunes, Tune de la période tertiaire moyenne, conservée dans les couches lacustres de la Limagne , et L'autre de la période tertiaire supérieure, enfouie dans les plus anciens conglomérats ponceux , ajoute : « La troisième faune , la plus ré-
• centc, comprend les espèces de tous les gisements connus ac- » tueliement , autres que ceux précédemment cités ; ces gîtes sont » nombreux , accidentels , éparpillés sur le sol de l'Auvergne dans » la vallée de la Limagne. Ils sont bien certainement synchronlques » du grand phénomène diluvien ou erratique; car ils renferment
• les mêmes espèces que les terrains de ce dernier genre, quoiqu'ils » ne présentent nulle part leurs caractères géologiques et qu'ils
• soient le plus souvent le résultat d'éboulements lents et partiels de » certaines parties peu cohérentes du flanc des collines calcaires on » basaltiques. » Les accumulations de fossiles que Ton trouve en outre sous les basaltes les plus récents , sous les laves , dans leurs fissures y dans les travertins et le limon de quelques grottes , font encore partie de la faune quaternaire , qui aurait commencé avant les derniers épancbements basaltiques, et qui s'est continuée jusqu'après les éruptions des volcans à cratère.
M. Pomel , qui avait fait voir en outre combien était inadmissible la supposition de plusieurs faunes locales contemporaines sur un aussi petit espace que l'Auvergne, a également démontré le peu de fondement de la distinction proposée par M. Bravard entre une faune éléphantique et une favjie diluvienne^ lesquelles ne sont en réalité que les parties d'un même tout (1).
Descript, geol. et paléont. des collines de la Tour-de^Boulade et du Puf'dU'TeiUer{ib., 2* sér., vol. I, p. 579. 1844). — Quelques nouvelles considérations sur la paléontologie de l'Auvergne {ib., vol. III, p. 198. 1846). — Indications des genres et des espèces fossiles de vertébrés découverts dans les terrains tertiaire et diluvien du Bourbonnais (/Z»., p. 365. 1846). — Voyez aussi : Bravard, Considérations sur la distribution des mammifères terrestres fossiles dans le département du Puy-de-Dôme. (^Jnn. scient, et littér. de V Auvergne, vol. XVI, p. 402. 1843.) — Ch. Lyell , On the âge , etc. Sur l'âge du courant de lave le plus récent de l'Auvergne , avec des remarques sur quelques fossiles tertiaires du pays. (Quart, /ourn. geol. Soc. of London , vol. II , p. 75.)
(1) BulL, V sér., vol. III, p. 202. — Voyez aussi : Note sur un