ST PLATI4U CENTRAL DB LA FRANCK
Les atterrissemenls diluviens, depuis les contrées arctiques jusqu'aux plus méridionales de TEurope (p. 227 ) , ont prouvé Texisteoce Gootemporaine d*espèces animales identi(|ues à quelques uues de celles qui vivent encore exclusivement dans les régions les plus froides de notre hémisphère ( le renne , le lagomi/s , le spcrmophile , le gloatOD, etc.) avec des animaux dont les congénères, mais d'espèces différentes et qui paraissent avoir été appropriées à un climat plus froid , sont de nos jours exclusivement propres aux régkNM tropicales. Ces faits, joints à ceux qui ont été exposés, impliqueraient donc un abaissement considérable de la température, qui viendrait appuyer l'extension des anciens glaciers en même temps qu'il rendrait compte de la disparition des espèces de la faune tertiaire supérieure , laquelle présente dans son ensemble un caractère méridional. L'auteur en déduit également que Fcxtension des glaces, démontrée pour certaines contrées, n'a pas été le résultat d'une plus grande altitude de ces pays pondant l'époque diluvienne , et que la foule des glaciers n'a pas été non plus le résultat de leur abaissement local , mais bien celui d'un phénomène général qui , ramenant dans nos latitudes dos températures plus élevées , a relégué soit vers l'extrême nord , soit sur dos cimes plus hautes, les glaciers et les espèces qui habitent exclusivement leur voisinage.
Mais ici M. Pomel, comme la plupart de ses devanciers, ne s'est pas bien rendu conipte de la succession de phénomènes distincts et non contemporains, savoir : l'époque présumée d'un très grand froid, celle pendant laquelle a vécu la faune quaternaire, enûn, le phénomène qui a détruit celle-ci. Quant à la preuve d'une température plus basse, pendant l'époque quaternaire, ou plus exactement pendant que vivait la faune qui la caractérise, preuve tirée, soit de l'existence d'animaux qui aujourd'hui sont relégués dans des contrées plus septentrionales, soit d'animaux éteints qui paraissent avoir été organisés aussi pour un climat plus froid , et il n'y a guère que le Mammouth et peut-être le rhinocéros, pour lesquels cela ait encore été constaté, cette preuve, disons- nous , est fortement balancée par l'association avec une faune d'un caractère septentrional
bouc fossile (Capra Rozeti) découvert dans des atterri ssements ponceux au sud-ouest d*Issoire , avec des ossements d'éléphant , de rhinocéros et de cerf. [Conipt. rend., vol. XIX, p. 225. 4844.) — Pichot-Duhazel , Note sur des mammifères fossiles [éléphant^ bœuf , cheval, cerf, rhinocéros"^ aux environs du Puy. {^ Bull. y vol. XJV, p. 569. 4 843.)
(respèccs 1res nombreuses appartenant à des genres qui ne vivent plus que dans les régions intertropicales ou dans leur voisinage plus ou moins immédiat , et dont il n'est pas établi que l'organisation fût différente de celle de leurs congénères actuelles. Ainsi rien n'autorise à croire que le lion , le tigre , le léopard , la hyène , rhippopotame et enûn les quadrumanes de l'époque quaternaire aient pu exister sous un climat plus froid que celui de l'Europe, où leurs congénères ne peuvent plus vivre. La faune des mammifères quaternaires, prise dans son ensemble, ne justiûedonc pas suffisamment, comme celle des mollusques marins, l'idée d'une température plus basse que celle d'aujourd'hui, sous les mêmes latitudes, et, si l'on songe à la richesse et à la variété de la flore qui devait servir d'aliment premier à une pareille faune , on y trouvera encore une objection grave à l'hypothèse en question. Il suffit d'ailleurs , pour en être frappé, de transporter par la pensée tous ces grands pachydermes, ces grands carnassiers et tous ces ruminants sous la zone glacée qu'habitent actuellement le renne, le glouton, le /û^omy^, le spermophile, etc. , et de se demander comment ils y pourraient vivre ?
L'absence, au moins jusqu'à présent, de traces d'anciens glaciers sur le sol de l'Auvergne, où, comme l'a observé M. Rozet, les scories sont toutes à leur place sur les cratères , où les aspérités des laves , des basaltes et des trachytes sont aussi marquées qu'elles ont dû l'être dans l'origine , et où les dépôts erratiques multipliés ne présentent nulle part les caractères de moraines , mais bien ceux d'inondations brusques , violentes, passagères et successives, a fait penser à M. Pomel que peut-être les actions volcaniques, dont l'intensité a été si grande dans ces montagnes, y ont empêché la formation des glaciers, en fondant les neiges accumulées à chaque paroxysme , cause probable des inondations si fréquentes dans ce pays. Mais des massifs montagneux bien plus considérables que celui de l'Auvergne et situés plus au nord n'ont point encore présenté non plus de traces d'anciens glaciers; en outre, l'explication ne pourrait guère s'appliquer au Cantal ni au Mont-Dore, et quant à la chaîne des Dômes, les volcans actuels des régions polaires, comme ceux des régions équatoriales, prouvent que la présence des neiges et des glaces permanentes n'est point incompatible avec celle des feux souterrains.
On doit regretter que M. Lecoq (1), dans une dissertation à propos
(i) Jnn, littér. et scient, de V Auvergne^ vol. X, p. 23. 1837.