BT PLATEAU CENTRAL DE LA FRANCE
d'un oarsin fossile d'origine secondaire , rencontré aux environs de ClermoDt , n'ait pas pu démontrer que ce fossile appartenait au même dépôt que les cailloux de quartz des environs, ni constater parmi ceux-ci des débris de roches contemporaines ou analogues è celle de la gangue de cet oursin , car il en serait résulté sans doute quelque éclaircissement sur la direction et peut- être sur la cause du courant qui les a transportés. Les cailloux roulés étrangers au pays, et que l'on trouve sur les nappes basaltiques et les (rachytes fort élevés au-dessus de la plaine , seraient pour le même géologue une noQvelIe preuve que le soulèvement du Mont- Dore a eu lieu entre l'épanchement des basaltes et la sortie des laves modernes, et ce diluvium se rapporterait au dernier soulèvement de la chaîne des Alpes , dont il serait la conséquence. Nous ferons remarquer à ce sujet que rien ne prouve que les basaltes soient antérieurs au soulèvement des Alpes du Valais; ils en seraient tout au plus contemporains, comme Ta établi M. Rozet.
Les dépôts quaternaires de l'Auvergne et du Yelay semblent exiger encore un long et minutieux examen , car ils ne se présentent point avec les caractères généraux que nous leur avons quelquefois trouvés sur des espaces considérables. D'une part, l'absence de couches marines ou lacustres, et de l'autre l'identité des matériaux meubles avec ceux des époques précédentes, puis la succession ou l'intermittence des phénomènes volcaniques , tantôt sur un point , tantôt sur un autre , sont les causes de cette difficulté à établir des horizons constants et nettement tranchés parmi toutes ces accumulations de détritus dans les vallées de l'Allier, de la Loire, et de leurs affluents. Aussi M. Pomel (1) a-t-il cru pouvoir dire qu'il n'y avait point de diluvium en Auvergne, mais c'est une assertion qui, pour être admise, demanderait une démonstration plus complète, et qui , si elle était fondée , ferait de ce massif montagneux une véritable anomalie.
Dans le Vivarais , sur le versant sud-est des Cévennes , où les Momagne»
des
agents ignés de l'époque des volcans à cratères ne sont pas interve- cé^enwi, nus dans la formation des amas détritiques, déjà ceux-ci offrent leur disposition habituelle. « Les dépôts diluviens, dit M. de Malbos (2), » sont composés des mômes roches que celles que les rivières » actuelles entraînent dans les vallées , et sont des débris des seules
il!
Bull., 2« sér., vol. III, p. 139. 4 846.
Ib,, p. 63i.
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» montagnes de Ja Lozère , du Tanargue et du iMézenc , qui en- B tourent ie bassin du Vivarais. C.hacun de ces courants a laissé pour » ainsi dire sa traînée de dépôts, non seulement dans les vallées , mais » encore sur les plateaux des montagnes. L'irruption a été brusque, « puisque , sur les trois points de Chassezac , des masses énormes » de 12 à 16 mètres de hauteur ont été enlevées et déposées à » 200 et 300 mètres des plateaux d*oà elles furent arrachées. Il » n'y a point d'autres blocs erratiques. Un fait bien remarquable, » c'est que ces dépôts diluviens ne renferment aucun fragment » calcaire, quoique tous ces débris aient traversé des formations » calcaires de plusieurs lieues d'étendue ; serait-ce parce que les » premières masses d'eau balayèrent tous les fragments calcaires , » et que les roches cristallines ne formèrent de dépôts que lors- « que le courant devenait moins fort? »
Peut-être est-ce à l'époque quaternaire que l'on doit rapporter le remplissage de certains lacs qui auraient existé sur les plateaux calcaires des Coirons et auraient été recouverts de cendres, de laves et de basaltes? On y remarque des couches de pouzzolane, de tripoli et de scories très légères. Les empreintes de végétaux du pays (châtaignier, peuplier, saule, persicaire, etc.), y sont fréquentes, et le tout est recouvert par des basaltes. Ces tripolis, associés à des grès, des lignites, des ocres et des conglomérats, ont été décrits avec beaucoup de soin par M, Fournet (1). oAntniic. Pour expliquer d'une manière générale la formation erratique ou diluvienne de la France centrale , M. Fournet (2) a supposé que de ses points élevés ont dû s'écouler deux grandes nappes d'eau suivant deux plans principaux, l'un méditerranéen, l'autre océanique. Entre IVlende et Langogne, une chaîne qui s'étend de l'E. à l'O., depuis le grand Tanargue jusqu'aux montagnes d'Aubrac, sépare les Cciux de TAllior, le plus étendu et le plus méridional des afflucntsde la Loire, d'avec celles du Lot, qui est l'un des plus longs affluents de la Garonne. Cette chaîne se rattache à la Margeride, au Cézallier, au Mont-Dore et au Cantal, formant au-delà, vers le N.-O., la ligne de partage des eaux de la Loire et de la Garonne. C'est du haut de cette crête rocheuse que l'auteur fait déverser simultané-
(i) Compt. rend., vol. XIV, p. 788, 1842. — ^nn. des se. géoL, Tol. I, p. 425. 4 842.
(2) Sur le diluvium de la France. Ann. des se géol. , vol. 1, p. 981 . i 842. — Revue du Lyonnais. Lyon, i 843.