‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 37 sur 87 · VERSANT NORD DES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

VERSANT NORD DES PYRÉNÉES

tion de 1200 mètres et rayonnant autour de la Margeritle, aurait eu dans le bassin de la Garonne 10' W\ et dans celui de la Loire 6' 26", inclinaisons qui dépassent celle des rivières navigables, mais qui est moindre que celle des vallées alpines. En comparant la grosseur des blocs transportés dans les deux pays, on voit que ceux du centre de la France n'atteignent pas , en général , 1 mètre cube quand ils sont arrondis , tandis que ceux des Alpes sont énormes. Ainsi Tintensité du phénomène erratique est jusqu'à un certain point proportionnelle aux pentes et aux vitesses des courants, et, en comparant les causes et les effets , on peut conclure que les glaciers n*ont jamais dû jouer aucun rôle dans le phénomène erratique du nord de la France.

Malgré tout ce que celte explication a de séditisant, on reconnaît que, comme toutes celles du même genre, elle préjuge précisément la cause cherchée , c'est-à-dire l'existence de l'eau à une hauteur d'au moins 1200 mètres. Il semble donc qu'il eût fallu d'abord tracer l'emplacement de ces lacs , décrire leurs formes, leurs contours, leurs dimensions, les sédiments que de telles masses d'eau ne pouvaient pas manquer de déposer et dont , malgré le temps, il n'est pas possible que toute trace ait disparu ; une fois la présence de ces anciens réservoirs bien constatée, on concevrait qu'une secousse du sol , brisant leurs bords , l'écoulement des eaux ait produit tout ou partie des effets observés. Mais rien de semblable n'a été reconnu dans la région montagneuse en question, et les dépôts lacustres de la haute Auvergne et du Cantal qui , ne dépassant guère 1000 mètres d'altitude, ne justifient point davantage une explication générale du phénomène par une cause de ce genre. £n outre, le soulèvement des Alpes du Valais , qui serait un phénomène concomitant avec celui du Cantal et du Mont-Dore , a été séparé des véritables dépôts diluviens par toute la période quaternaire , car il en marque le commencement , comme ces accumulations détritiques en indiquent la fin, et il s'est écoulé entre eux un laps de temps dont on oublie souvent de tenir compte.

$ 5. Versant nord des Pyrénées.

Les vallées qui divergent en éventail du plateau de Lannemezan, dit M. Lartet (1) , sont creusées de telle sorte que leur pente orien-

(I) Considérations sur le diluvium sous- pyrénéen. [Compt. rend.^ vol. VI, p. 377. 1838.)

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taie est tonjoors abrupte. La pente occidentale, très douce, au contraire , est recouverte par le diinvium. Les effets du déluge pyrénéen rapporté à l'époque des ophltes varient suivant les vallées oà on les observe. Très prononcés sur la ligne du Gers et de la Baise, ils sont faibles dans les vallées de la Genione et de la Save. Dans celles qui sillonnent le département du Gers, les galets char« ries par les rivières sont semblables à ceux des hautes plaines de l'ouest; ils ont été détachés du contrefort septentrional des Pyrénées, et Ton n*y trouve point de cailloux granitiques. Il n'en est pas de même pour les dépressions que parcourent TAdour , la Garonne, le Gave, etc. , qui prennent naissance au pied de la chaîne principale et où les galets granitiques dominent dans le lit dos rivières comme sur les hautes plaines, tandis que ceux des coteaux proviennent de roches secondaires. Ce déloge local a détruit, suivant Tauteur, tous les animaux qui habitaient cette partie du continent tertiaire.

Le dépôt de transport de la plaine de Toulouse est composé de cailloux provenant des roches qui forment la partie centrale de la chaîne dont les eaux se réunissent à la Garonne , et iM. Frizac (1) a donné une notice intéressante sur le pavé de Toulouse , pour lequel ces cailloux sont employés.

M. £. Du()ont (2) a publié diverses observations sur les amas détritiques des premiers contre- forts de la chaîne, dans le département de l'Ariége. Il a essayé d'expliquer ce qui a dû se passer à la rencontre de deux courants , et il a signalé la position qu'occupent les blocs erratiques à divers niveaux dans les vallées de Yicdessos et d'Andorre. M. N. Boubée ;3) , qui s'est beaucoup occupé des applications de la géologie à l'agriculture, a fait connaître" la composition et les propriétés des dépôts meubles de la vallée de l'Ariége. M. François , dans une Note sur l'origine du fer limoneux et des sables aurifères de rAriége et de la Haute-Garonne (4), a décrit le gisement du fer hydroxydé dans les fentes et les cavités des roches près de la surface du sol , puis les veines ou les amas remplis par le haut, enfin les encroûtements des parois des fissures. Les paillettes d'or se rencontrent dans ce fer limoneux, mais plus

(\) Hist. et Mêm. de VAcad. de Toulouse^ vol. VI, p. 266.

(2) Ann. des mines, 4* sér., vol. V, p. 48i . 4 844.

(3) BidL, 2«sér., vol. IV, p. 816. 1847.

(4) Ann. des mines, vol. XVIII , p. 417. — Hist. et Mcm. de l'Acctd. de Toulouse^ vol. VI, p. 249.

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