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Or, c'est ainsi que doivent avoir été déposés les amas de débris que ]*on remarque à la sortie des vallons de Gripet des Claus.
M. de Gollegno conçoit que Télévation de température , causée par Tapparition des ophites et la sortie des gaz qui Font accompagnée, a pu fondre les glaces et les neiges de la partie centrale des Pyrénées, et produire ainsi le transport des matériaux erratiques des vallées d'Ossau , de Lavedan , de la Nesle , de la Garonne et de l'Ariége; mais il n*en aurait pas été de même au Ganigou , qui parait n*avoir été soulevé qu'après le terrain tertiaire. Les détritus accumulés sur la pente de cette montagne résulteraient de grands éboulements occasionnés par le soulèvement et façonnés ensuite par les eaux atmosphériques , de manière à former des talus d'entraînement, tandis qu'une partie des débris transportés à l'est jusqu'à la mer, dans laquelle avaient vécu les mollusques de Nefiach et de Banyuls, faisaient reculer ses eaux jusqu'à leurs limites actuelles. Peut-être enfin les dépôts meubles de la vallée de l'Adour doivent-ils en partie leur origine à des éboulements analogues à ceux du Ganigou ?
L'hypothèse qui attribue le transport des détritus erratiques à la fonte subite des glaciers, appuyée de la haute autorité de M. Élie de Beaumont (1), fut vivement contestée par M. de Charpentier (2). Ge géologue pense que non seulement les glaciers des Pyrénées sont tout à fait insuffisants pour que leur fonte ait pu produire l'effet exigé , mais encore que le relief de la chaîne s'oppose à ce qu'il y ait jamais eu une accumulation de glace et de neige qui pût y satisfaire. En outre, les glaciers n'existent que vers le haut d'un petit nombre de vallées, tandis que les détritus se trouvent dans toutes, et les faits paléontologiques ne confirment point davantage un abaissement de température vers la fin de l'époque tertiaire. Prenant ensuite pour base les calculs de M. Mousson (3), le même savant (4) conclut , de leur application à l'hypothèse proposée , qu'elle est inadmissible , 1° parce qu'elle exige le concours d'un degré de cha-
(4) Bull,, V sér., vol. II, p. 406. 1845. — Bibl. itnw. de Genève, vol. LVI, p. 126.
(2) Atti délia sesta reunionc , etc. Actes de la sixième réunion des savants italiens, p. 5.39. — Bibl. univ. de Genève , vol. XLV, janv. 1845. ^BulL, 2« sér., vol. Il, p. 405. 1845.
3) Bull., V sér., vol. IV, p. 269. 1846.
Ib., p. 274
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leur qui o'a pu être produit au moins «lepuisi la solidificaiiuu duglob<*; T parce que cette chaleur, convertissant immédialeincnt l'eau en vapeur, n'aurait pu donner naissance à des courants; y parce que les effets des courants ne sont nullement identiques avec les phénomènes erratiques en question.
M. Fargeaud (1) parait être le premier qui ait reconnu des traces Tnces d'anciens glaciers dans cette chaîne. M. F. Angelot (2) a signalé en- * "•" ** suite des surfaces polies et striées sur son revers méridional, dans la gûcî^».* vallée de Vénasque. Ces surfaces, qui semblent enduites d'un vernis, se voient sur un phyllade luisant, brun-noir , très dur, et s'étendent sur one longueur de 10 à 20 mètres. D'après M. N. Boubée (3), qui a fait one étude spéciale des Pyrénées, on y observe les mêmes traces de glaciers que dans les Alpes. Sur les deux versants, dit-il» on remarque des roches polies et striées et de grandes moraines qui se retrouvent jusqu'au-dehors de la chaîne même, et qni démontrent que uon seulement ces montagnes en entier, mais encore une partie des plaines environnantes sont restées longtemps couvertes de glaces, comme les Alpes et les régions polaires actuelles.
Les surfaces polies et striées se rencontrent dans les vallées de la Pique, du Lys, du Larboust, d'Arran, de Vénasque, du Louron, de Gavarnie , etc. Il y a aussi des moraines dans toutes ces vallées et dans plusieurs autres, où l'auteur n'a pas vu de surfaces polies. Les moraines les plus remarquables seraient celles deGareu, près Bagnères-de-Luchon , celles de la vallée de Vénasque , sur le versant espagnol, celles de Labroquère, de Tibiran, de Grip, d'Argellez, des vallées de Héas et de Gavarnie, d'Arudy, près de Pan, celles du confluent de la Taule, de Tarascon et d'Orgeix , dans l'Ariége, enfin celle du Veruei, au pied du Canigou.
De son côté, M. Durocher (4j n'a trouvé sur les deux versants des Pyrénées que les trois sortes de faits principaux qui caractérisent pour lui la formation erratique du nord et le diluvium alpin , c'est-à-dire le polissage des roches , accompagné de stries et de sillons , le transport des blocs erratiques et le dépôt de cailloux roulés entassés en amas sur les flancs des vallées dans leurs par -
(i) Bull., 4" sér. vol. XI, p. 65. 1839.
(2)/^., vol. XII, p. 32. 4 840.
(3)/^., vol. XIII, p. 346. 4 842.
(4) Compt. rend,, vol. XIII, p. 902. 4841.
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lies hautes , et sous forme de terrasses horizontales dans les parties basses qui aboutissent à la plaine. Il a signalé (1) des surfaces polies et des stries dans toutes les vallées qui renferment des roches granitiques, schisteuses, ou calcaires un peu dores et difficiles à désagréger (vallées de la Têt , d*Andorre , de la Sègre , de FAriége, deVicdessos, de Luchon, d'Essera, de Gèdre , de Baréges, de Cauterets et d'Ossau). Mais les surfaces polies et cannelées ne s'observent pas sur de grandes étendues , comme dans les Alpes et dans le Nord. Les stries et les sillons suivent d'ailleurs la direction des vallées , et la force qui les a tracés a dû agir sur les deux versants en partant de l'axe de la chaîne.
M. de Boucheporn (2) a mentionné aussi des restes d'anciennes moraines vers le pied de son versant nord; et enûn M. Max Braun (3) a reconnu dans toutes les vallées des roches polies, striées, moutonnées ainsi que des moraines ; mais les dernières traces de glaciers se confondent avec le diluvium, et il n'y a pas de blocs erratiques pyrénéens sur les pentes méridionales des Corbières, de la montagne Noire ni dans l'Agénais. Ainsi les glaciers des Pyrénées n'auraient jamais dépassé les limites de la chaîne elle-même.
$ 6. Bassin da Rhône.
Par le même motif qui nous a fait limiter quant Si présent le bassin du Rhin à l'extrémité occidentale du lac de Constance, nous ne considérerons ici le bassin du Rhône que depuis la sortie de ce fleuve du lac de Genève.
vaUée La vallée de la Saône prend naissance au pied du versant sud de
la&iône. ^^ partie méridionale de la chaîne des Vosges, et elle s'étend directement au sud pour s'ouvrir dans celle du Rhône , bornée à l'est par le Jura et à Touest par la Côte-d'Or et les montagnes du Charolais. M. Rozet {U) regarde le dépôt de transport ancien qui occupe la dépression comprise entre la chaîne du Jura et celle de la Bourgogne comme pouvant se diviser aux environs de Dijon en deux assises bien distinctes, l'une inférieure, composée de galet3
(4) Voyage de la corvette la Recherche. Partie physique ; Obser^ imitions sur les phénomènes diluviens ; objections aux théories dans lesquelles on attribue leur origine à des glaciers, p. i 40.
(2) Etudes sur l* histoire de la terre, p. 4 21 , in-8. 4 844.
h)Neu. Jahrb., 4 843, p. 80.
(4)^/4//,, vol. IX, p. 450. 4838.
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calcaires provenant des montagnes voisines, l'autre supérieure, conslituani une marne argileuse, plus ou moins sablonneuse avec des amas de sable , subordonnés et assez étendus. Des ossements d'éléphant, de rhinocéros, de mastodonte et de Canis, y ont été découverts sur plusieurs points. Des lits irréguliers de pisolithes de fer, agglomérés par un ciment calcaire et ferrugineux, et des bancs de calcaire lacustre avec Lymnées et Planorbes, y sont également subordonnés au sable et aux cailloux roulés. Une mâchoire inférieure d'hyène a été trouvée dans le calcaire lacustre de Binge, et les bancs ferrugineux et oolithiques avec Paludines et Unio à l'étal de fer hydroxydé de Cuisery, prés Toornus, sont intercalés dans les marnes quaternaires de l'assise supérieure. Celte dernière parait correspondre à i'alluvion ancienne ou au lehm du bassin du Rhin , dans lequel M. Rozet signale aussi des bancs de fer pisolithique semblables à ceux de la vallée de la Saône. Peut-être le minerai de fer exploité dans un calcaire lacustre reposant sur la craie entre Mirebeau et Esselone (Côte -d'Or) serait- il aussi du môme âge (1) ?
Dans son mémoire sur les montagnes qui séparent la Loire du Rhône et de la Saône (2) , le même savant est revenu sur ce sujet et a cité de nouvelles localités où le calcaire lacustre , quoique lié au dépôt erratique de graviers et de cailloux roulés, lui est cependant inférieur en général ; aussi Ta-t-il rapporté au terrain tertiaire. La colline du calvaire de Vesvrolte , aux environs de Dijon , est formée par un calcaire lacustre rempli de Lymnées et de Planorbes et comprenant un banc de fer pisiforme de 1 mètre d'épaisseur. Près de Corberon, une argile gris- bleuâtre , brunâtre / plus ou moins sableuse , est remplie de coquilles d'eau douce , identiques à celles qui vivent dans la Saône (Paludina achaiina, P, vivipara , Cyclas palustre ^ C. cornea, Cyclostoma vitreum , Uniopictonmi^ U, littorcdis^ Planorbis carinatus^ Lymnœapalustrts), Plus à l'est, dans le village de Pouilly-les-Seurre , cette marne argileuse coquîl-lière renferme beaucoup d'ossements de mammifères. Nous retrouvons ainsi , dans cette partie de la France , une association de dépôts avec fossiles, tout à fait comparables à ceux que nous avons vus dans les comtés de l'est de l'Angleterre, sauf la dernière assise, qui ne paraît pas exister de l'autre côté du détroit ; aussi avons-nous cru ,
1| Bull., vol. IX, p. 150. 4 838.
2j Mém. de la Soc. géol. de France, vol. lY, p. 428, 424 . 4 840.
quant à présent, devoir placer le tout dans le terrain quatcrnaire« En reprenant , sous le nom de ter?mn diluvien , Texamen des deux assises qu'il a établies, M. Rozet fait remarquer qu'il n*ya point de blocs erratiques dans le massif montagneux placé entre la Loire et la Saône, ni dans la vallée que parcourt cette dernière rivière, et jusqu'au Jura , quoique tout l'espace qui sépare cette chaîne de celle qui borde à Touest la vallée de la Saône soit occupé par le dépôt de transport ancien composé de ses deux assises. Cette formation erratique se trouve sensiblement au même niveau (216 à 220 mètres] sur le versant occidental du Jura, comme sur le versant oriental de Ja Côte-d'Or ; elle s'abaisse graduellement, quoique sa surface soit un peu ondulée jusqu'au lit de la Saône « où elle n'atteint plus que 180 à 185 mètres de hauteur absolue et forme deux bourrelets qui bordent le lit de chaque côté.
M. AV. Manès (1) , qui s'est peu occupé de ces dépôts , les range sans distinction dans le terrain tertiaire supérieur. Le foragis exécuté à Châlon et poussé jusqu'à 159 mètres ne les a point entièrement traversés et n'a présenté qu'une série de 33 alternances d'argiles jaunes, grises, vertes, brunes ou rouges quelquefois avec graviers, de sable de diverses couleurs et de marnes. M. J. Ganat (2) ne s'est point prononcé définitivement sur l'âge de ces sédiments ; mais les espèces de coquilles lacustres qui vivent encore dans le pays {Lymnœapalustris, L, auricularis, PlanjorbismarginatuSy P. vertex var. b, Succinea amphibia ^ S, elongata^ Paludina vivipœra^ P. impura, Vcdvatapiscinalis, Cyclaspalmtris, C. cornea) et qu'il a recueillies tant dans les sables que dans les argiles grises et les marnes bleues, ainsi que les ossements de cerf, de rhinocéros, de cochon , de bœuf, de cheval et de renne trouvés dans les sables sont encore des inotifs qui confirment le rapprochement que nous venons d'indiquer. La présence de quelques dents de Mastodonte , dont M. Pomel a dû contester l'origine première et qui avaient été mentlonnéesaussi par MiVL Rozet et Manès, pourrait à là vérité faire naître quelques doutes si de nouvelles découvertes venaient à constater qu'elles n'ont pu provenir de couches tertiaires plus anciennes. En outre , un coin en silex taillé, rencontré à 5 mètres de profondeur dans le sable de Saint-Gosme , paraît à M. Ganat prouver la contem-
U) Statistique mi/iér., géol, et miner allurg. du départ, de Saôneet'Loire^ in-8 avec carte. Mâcon, 1847.
(2) Bull., 2^sér.vol.IV,p. 1085. 1847.
(1) V. Bernard, Notice géologique sur le terrain de transport e( f es puits artésiens de la Bresse^ in- 8. Bourg, 4 842.
(2) Voyez aussi : Voltz, Dépôts de minerais de jer a j os sites de Voolithe , du lias , de la craie, avec des Orthocératites , des ossements de Mastodonte , etc. ^ alternant avec du calcaire d'eau douce , en Bourgogne et en Alsace [Neu. Jahrh., 4 838 , p. 669 ).
(3) Bull., vol. IX, p. 4 09. 4 838.
(4) Premier mém. sur les sources des environs de Lyon [Ànn. de la Soc. d'a^ric, etc., de Lyon. 4 839).