IL
ossemonts de grands mammifères [Elephas primigeniuSy Ursus spelœus , Bos priscus , Cervus eurycerus ou megaceros , peut-être C. atces fossilis H. V. M.), avec la formation erratique proprement dite, laisse encore beaucoup d'incertitude, n'ayant été déterminée que sur un petit nombre de points.
Cependant, s'il était démontré, ainsi que nous l'avons déjà fait pressentir {antè, p. 248, nota), que le phénomène erratique des Alpes est postérieur au dépôt du lehm de la vallée du Rhin , lequel est lui-mêmo plus récent que les cailloux roulés qu'il recouvre ; comme ces derniers , dans tout l'ouest de l'Europe , sont caractérisés par la faune des grands mammifères propres à l'époque quaternaire , il serait également démontré que le phénomène erratique des Alpes est plus récent qu'aucun de ceux du même genre que nous connaissons , qu'il a été séparé du phénomène des stries et des surfaces polies d'une grande partie de l'hémisphère boréal , par tout le temps qu'a vécu la faune quaternaire, tant marine que terrestre , et qu'il reste ainsi, du moins jusqu'à présent, comme un fait à part dans l'histoire des dernières modifications de la surface du globe.
Bassin M. Blanchct (r a traité dos blocs et des cailloux du canton de
Rhône Vatid, et il a cherché quelle avait pu être la marche croissante et •upërieur. décroissautc de l'aucien glacicr du Rhône, auquel est attribué le transport de ces débris. Le même observateur (2) admet aussi , dans le bassin du Léman , des traces de deux périodes qu'il paraît rapporter ensuite à un seul phénomène. Celles de la première sont les débris situés à une élévation de 1000 mètres au-dessus du lac , les roches polies , les moraines , des dépôts non stratifiés , et le mélange de gravier, de blocs et de sable. Dans beaucoup d'endroits, surtout vers les points élevés, il ne reste plus que des blocs épars, les petits débris ayant été entraînés par les eaux. Les témoins de la seconde période, sous forme de dépôts étages, s'observent depuis les bords du lac jusqu'à 210 mètres d'élévation. Ce sont des lits alternatifs de gravier, de sable et de limon, et sur les bords, des blocs de toutes les grosseurs. Les fragments que l'on trouve à l'intérieur sont arrondis et anguleux ; ils sont striés et pohs comme
(1) Essai sur V histoire naturelle des environs de Fevay^ in-8, Lausanne, 4 843.
(2) Terrain erratique aUuvien du bassin du Léman ^ etc. Lausanne, 4 844, une carte.
MASSIF DBS ALPES. S59
ceux des moraioes actuelles. Cëfi dépôts ne se voient que dans ic voisinage des ruisseaux et des torrents , et4cur étendue est loujouis proportionnelle à Timportance du cours d'eau qui les avoisine. Au Signal de Bougy, à Touest d*Aubonnc, leur plus grande épaisseur est de 150 mètres. Ils seraient dus aux torrents que barrait le grand glacier qui est supposé avoir occupé remplacement du lac de Genève.
On doit regretter que M. Blanchet ne se soit pas prononcé plus explicitement sur les rapports ou les différences de sa manière de voir avec celles des géologues qui ont décrit avant lui et plus en détail les mêmes dépôts détritiques du bassin du Léman ; il conclut d'ailleurs de ses observations : 1 ° que l'hypothèse seule des anciens glaciers peut expliquer la distribution et la nature de ces dépôts, ainsi que le transport des blocs erratiques ; 2'' que le relief du pays a peu changé depuis le dernier soulèvement qui a relevé en même temps les Alpes et la mollasse ; 3° qu'il n'existe pasde terrain diluvien indépendantdu phénomène erratique. Ainsi la seconde de ces conclusions ferait rapporter la mollasse au terrain tertiaire supérieur , et la troisième se trouve contredite par les observations de MM. Escher, Studer et de Charpentier.
Mais, parmi les naturalistes qui se sont le plus occupés de cette question, nous devons distinguer surtout M. A. Guyot, qui, en se dévouant avec une persévérance et une sagacité bien rares à la recherche de la vérité, nous paraît avoir pris la routela plus sûre pour y arriver. La lâche qu'il s'était imposée était la plus pénible, la plus longue, et, disons-le, la plus ingrate, et il fallait une foi bien vive dans le résultat pour consacrer autant d'années et de courses laborieuses à examiner, pour ainsi dire, chaque bloc et chaque cailloa du bassin du Rhône et de la grande vallée de la Suisse jusqu'au Rhin. Après avoir interrogé ces muets témoins d'un phénomène depuis longtemps accompli, M. Guyot a suivi pas à pas leurs traces, en remontant les vallées par lesquelles ils étaient descendus, et, parvenu de proche en proche aux cimes élevées qui entourent le Mont-Blanc , le Mont-Rose et le Saint-Gothard , il a pu étiqueter sur place chacun de ces innombrables fragments de roche qu'il avait recueillis dans les plaines à 20, 30 et même 60 lieues de distance de leur point de départ.
Dans une première communication (1), l'auteur a traité des débris erratiques compris entre les Alpes et le Jura; mais là
(4) Bull, de la Soc. des se, nat. de Neuchâtel , n» 2. 4 843.
plupart des faits cités se relrouvîiil dans sa Note sur la distribution des espèces de roches dans le bassin erratique du Rhône (1) , nous passerons à l'exposé de ce travail , après avoir rappelé toutefois qu'entre Berne, Neuchâlel et Chambéry , il distingue trois régions de roches erratiques : celle du Rhône , celle de TArve et celle de risère. Le bassin du Rhône est de beaucoup le plus considérable , occupant la plaine jusqu'au Mont-de-Sion ; puis vient celui de l'Isère , et enfin le bassin de l'Arve , situé entre les précédents, et qui est peu étendu. La répartition des espèces de roches erratiques dans l'intérieur de chaque bassin est soumise à une loi constante pour les plaines comme pour les vallées, et, de plus, cette loi est la même pour tous les bassins.
Les roches que M. Guyot regarde comme caractéristiques du bassin erratique du Rhône (2) sont une espèce de granité ou syénite talqueuse (granité talqueux de M. de Charpentier, roche à sphène de M. de Bucb) ou arkésine de J urine , un gneiss très feldspathique avec chlorite , ou gneiss chloriteux et des chlorites. Ces trois espèces, constamment ensemble dans toute l'étendue du bassin du Rhône , forment un groupe désigné sous le nom de roches pennines, parce qu'elles ont leur gisement primitif dans les plus hautes sommités des Alpes de ce nom , telles que la Dent-Blanche , la Dent-d'Erin et la vallée de Bagnes. A ce groupe peut être réuni celui des roches du Mont-Rose , également composé de trois espèces , les euphotides de la vallée de Saas , les éclogiies de la même localité et les serpentines compactes et schisteuses du massif du Mont-Rose. Les débris de ces deux groupes de roches représentent dans la plaine la grande chaîne centrale ou penuine.
Les suivantes y représentent les massifs latéraux du Mont-Blanc et de roberland bernois. Ce sont les granités qui forment des blocs énormes épars sur les pentes du Jura , et que l'on a souvent regardés , mais à tort , comme la roche principale et la plus caractéristique du bassin du Rhône. Ces granités comprennent la pro^ogine de la chaîne du Mont-Blanc, avec ses variétés des aiguilles
M) Ihid, 1847.
(2) L'auteur entend par bassin erratique toute la surface sur laquelle se sont étendus les débris des roches qui ont débouché par une même vallée principale. Pour le bassin erratique du Rhône cette surface est beaucoup plus considérable que le bassin hydrographique actuel de ce fleuve, qui est limité au nord par le rivage du lac de Genève.
de Cbamouny el du vai Ferret , puis les granités qui , provenant du glacier du Rhône et du massif de l'Oberland bernois, descendent par les glaciers de Viesch et d'Aletsch et suivent le côté droit du Valais. Les poudingues de Valorsine sont encore une des roches particulières du bassin du Rhône. Outre la vallée de Valorsine , on les trouve en place sur la rive droite du fleuve , au-dessus d'Outre-Rhône, près de la Dent de Mordes et à la montagne de Foully. C'est de ce dernier côté que paraissent venir la plupart des blocs nombreux trouvés dans le dépôt erratique du bassin du Rhône que caractérise encore Textrême abondance, dans toute son étendue , de galets de quartz jaunâtre de toutes les grosseurs.
La répartition de ces espèces dans la plaine suisse n'est point accidentelle ni l'effet du hasard. « Telle espèce abonde dans une ré - » gion du bassin et ne se trouve que rarement ou pas du tout dans » une autre. Les blocs de diverses espèces, à partir du lieu de leur » origine, tendent à former des séries parallèles, et quand , arrivés » dans la plaine , ils s'étalent considérablement , ils n'en conservent » pas moins une disposition respective analogue à celle qu'ils avaient » dans leurs gisements primitifs. Les blocs du flanc droit de la 9 vallée occupent dans la plaine la rive droite du bassin ; ceux du » flanc gauche, la rive gauche; ceux des vallées les plus centrales » en couvrent les régions centrales. Des groupes composés chacun » d'une seule espèce de roche , comme l'a fait voir M. de Char- » pentier, se rencontrent çà et là au milieu des roches d'espèces » variées , en restant toutefois dans les conditions de la règle pré- » cédente.
» Ainsi les roches pennines ( l'arkésine , le gneiss chlorité et les » chlorites granuleuses ) sont de beaucoup les plus répandues ; elles » couvrent les trois quarts de la surface du bassin ; elles marchent » toujours ensemble et se comportent presque comme une seule » espèce. En les prenant à leur point de départ, depuis le débou- » ché de la vallée de Viége et du val d'Erin , on les voit suivre le à flanc gauche de la vallée du Rhône , sans jamais passer sur la » rive opposée. A l'issue des vallées d'Entremont et de Trient elles » recrutent les granités du Mont-Blanc, qui les accompagnent en » formant la lisière extérieure. Au sortir de la vallée du Rhône , » elles s'étalent dans la plaine en un vaste éventail et remplissent » le bassin du Léman et celui des lacs de Neuchâtel et de Sienne. » On les trouve à la fois le long des pentes extérieures des chaînes » du Chablais , au pied du Salève, dans toute la plaine de Genève ;
262 MASSIF DES ALPJiS.
» elles couronnent de blocs prodigieux le Mont-de-Siou. Ëliesconsti- » tuent la plupart des grands blocs suspendus au revirs du Jura, » depuis le fort de i*Écluse jusqu'au pied de la DôIe , ainsi que les » blocs moins nombreux épars dans les plaines du pays de Gex et « sur les hauteurs de la Côte jusque dans les environs de Lausanne. » Plus à Test , ces mêmes roches, mais eu blocs moins volumineux, » et relativement moins fréquents, jonchent les pentes du Jura et » forment , avec les granités du Mont-Blanc , la limite supérieure » de la formation erratique. Dans la plaine , où les granités pa- » raissent à peine, elles dominent de nouveau et couvrent de leurs » débris toute la plaine de i*Aar, les collines de mollasse entre So- » leure et Berne , et s'étendent jusque dans les environs de Zoffin- » gen etd'Arbourg, où des blocs métriques de chlorites peuvent » être considérés comme les derniers représentants des roches » penuines et marquent la limite extrême de l'extension du bassin » du Rhône. »
Les roches du Mont-Itose se comportent également comme une seule espèce , suivant les allures des roches pennines, et les accompagnant presque partout à Fétat de galets. Les deux régions dans lesquelles elles sont le plus abondantes sont Tune et l'autre sur la droite de celles où dominent les roches pennines; ainsi la disposition des roches erratiques de la plaine rappelle parfaitement la situation relative des vallées d'où elles sont descendues.
La répartition des granités du Mont-Blanc présente des caractères très remarquables. On les trouve à la fois à la limite supérieure de toute la zone erratique , le long de la rive gauche du bassin , sur les hauteurs du Chablais et le long des pentes opposées du Jura. Depuis la Dôle jusqu'au-delà de Soleure, dans les environs de Niederbipp et d'Aarwangen , non seulement les blocs de granité dominent par leur nombre et leur volume, mais encore ils sont disposés en bandes continues nettement limitées, et presque sans mélange d'autres roches.
Dans le Jura neuchâtelois, cette disposition est surtout bien prononcée. La limite supérieure des roches erratiques est formée par une bande de blocs de granité, dont le plus gros a 10 mètres de côté. On y trouve des blocs de roches pennines nombreux , mais peu volumineux. Au-dessous est un intervalle de [dus de 325 mètres de hauteur, tout à fait dépourvu de blocs, puis vient une seconde zone très large qui couvre les plateaux de blocs aussi gros et plus abondants que ceux de la précédente* C'est à cette zone
qu*appartient la Pierre à Bot, de 18 mètres de côté, et beaucoup d'autres presque aussi considérables.
Celte traînée de gros blocs est formée par la protogine du Mont- Blanc , provenant des aiguilles de Gliamouny, et par un gneiss gris qui se retrouve dans la chaîne des Aiguiiles-Rouges. La limite inférieure de cette zone , qui dans les environs de Neuchâtel se trouve à 160 mètres au-dessus de la plaine, est très nettement tracée.
Les granités du Haut-Valais ou du flanc droit de la vallée sont peu importants dans la plaine, mais les poudingues de Valorsine, avec les conglomérais rouge lie de vin , occupent à eux seuls la rive droite du bassin, depuis le débouché de la vallée du Rhône, et couvrent le plateau du Jorat jusqu'aux environs de Lausanne. Quant aux galets de quartz, ils se retrouvent partout et bien audelà des limites des blocs , c et lorsque , placé en dehors du bassin » erratique du Rhône , on s'approche des partie? qu'il occupe en » Savoie, dans le Jura, comme en Argovie, partout on rencontre » dans le voisinage les galets de quarlz comme premiers avant- » coureurs des roches alpines. »
M. Guyot résume ensuite la distribution des roches erratiques du bassin, en faisant deux coupes transversales. Tune à l'est et l'autre à l'ouest , et partant chaque fois des Alpes pour aboutir au Jura. La première coupe , s'étendant des environs de Bulle au mont de Boudry, près de Neuchâtel, montre qu'il existe, dans l'étendue de la vallée, trois régions principales : celle des poudingues de Yalorsinc le long des Alpes , celle des blocs du Mont-Blanc le long du Jura , et celle des roches pennines précédées de quelques granités du haut Valais et de roches du Mont- Rose au centre. La seconde coupe, des Fourches d'Aberre en Chablais au Marchairu , donne une série analogue. Les roches se succèdent dans le même ordre, et cet ordre est celui dans lequel elles viennent affleurer de bas en haut dans les vallées principales. « Ainsi , dit l'auteur, la répartition des espèces de ro- » ches erratiques est soumise à une loi selon laquelle les traînées » de roches de même espèce conservent dans la plaine une position » déterminée qui leur est assignée par la situation respective des » vallées d'où elles sortent. Les roches qui sortent des vallées laté- » raies les plus rapprochées du débouché de la vallée principale » gardent les bords sur l'une et l'autre rive ; celles qui proviennent y> des affluents les plus reculés tiennent le centre. '>
Après avdr montré l'analogie parfaite de cette disposition avec
264 MASSIF DES ALl'ES.
celle des moraines d'un glacier, M. Guyot reconstruit, à i*aide de ces éléments enaiiques, et en tenant compte de tous les accidents .du sol comme des lois connues du mécanisme des glaciers, le vaste glacier du Rhône, depuis son origine dans le massif des Alpes pennines et du Mont-Rose jusque sur les pentes jurassiques de Neuchâtel et de Soleure ; puis il fait voir que la disposition des moraines à sa surface , telle qu'elle a dû être , suivant la loi qui préside à Tarrangement de celles des glaciers actuels composés de plusieurs affluents , est parfaitement conforme à la répartition des diverses espèces de roches erratiques dans le bassin du Rtrône.
« Ainsi s'expliquent, dit-il en terminant , le groupement des » cs|)èces de roches en zones parallèles et linéaires , leur réparti- » tion dans des localités spéciales , leur situation respective toujours » conforme h la position des vallées d'où elles sont sorties. Ainsi, au » moyen de la loi des moraines centrales ou médianes , nous nous » rendons compte de ce fait si remarquable que les blocs qui pro- » viennent des vallées les plus reculées et des cimes les plus éle- » vées, comme les roches pennines, sont aussi ceux qui, malgré » leur volume souvent énorme , s'égarent le plus loin de leur gise- » ment primitif. Dans celte hypothèse la conservation des blocs , » leurs formes anguleuses ou leurs surfaces striées , leur passage à » travers des lacs, leur position élevée sur les Qancs des montagnes « dont aucune autre hypothèse ne rend compte d'une manière quel- » que peu vraisemblable , les phénomènes erratiques , en un mot , u ne sont plus pour nous un mystère impénétrable (1).
Dans une No(e sur la topogmphie des Alpes pennines (2) , M. Guyot a fait connaître les résultats de nouvelles exploiations sur les gisements primitifs des roches erratiques du bassin du Rhône, et après avoir parcouru toutes les vallées méridiouaies qui descendent du Mont-Rose, cl les avoir étudiées sous le même rap- |H)rt, celle d'Aoste lui a paru.offrir le plus haut intérêt. Il en décrit, avec sou exactitude habituelle, les caractères et les traces d'anciens glaciers que portent les montagnes environnantes , ce qui 1^ conduit î^ tTgartler cette vallée comme l'analogue de celle du Rhône. Elle serait, |>our le vei^nt méridional de la chaîne penniuc et le revers italien du Mont Blanc, ce quVi>t le Valais pour le versant septcn-
(I) Voyoi au*s^i» pour le retrait successif de Tancien glacier du Hh^«. \\m noie de M. Ë.Collikmb. (BaiLy 3« sér., yoK IV, p. 478. «au.)
(i) £Hii. </r h SfKs (ks M\ MaL Ue ytHiÂâid, Janv. 1847.
trional de ces deux chaînes; elle serait môme plus remarquable encore par le nombre , la disposition et Télendue des roches polies et moutonnées, et à ce dernier égard elle ne le cède pas même à la cla.isique vallée de TÂar (1).
Si nous jetons à présent les yeux sur d'autres parties des ^»j|'«" Aipes , nous trouverons encore des observations importantes à con- ^}^}^ signer, au point de vue des diverses opinions que les dépôts erratiques ont fait naître. Ainsi iM. Ch. Marlins, qui a exécuté dans celte chaîne de nombreux travaux de météorologie, d'hygrométrie et de physique du globe , a signalé les formes régulières du terrain de transport des vallées du Rhin antérieur et du Rhin postérieur (2). Il pense que ces espèces de terrasses, de caps , de cônes et de mamelons se retrouvent dans la plupart des vallées de la Suisse, surtout en amont et en aval du rétrécissement de ces vallées, et parmi ces formes il en distingue trois principales :
1° celle de delta incliné ou cône d*éboulement ( cônes de Deluc , cônes obtus de M. J. Yates (3), lits de déjection de M. Surell (^j , très commune dans la Suisse , la Savoie et les Haules- Alpes françaises. Ces cônes soi^t dus à des torrents intermittents qui, dans leurs crues subites, entraînent avec eux une grande quantité de boue, de sable et de pierres qu'ils déposent à la sortie de leur canal d'écoulement. L'origine première de ces accumulations est reportée par l'auteur au dernier soulèvement des Alpes , mais comme elles continuent de s'accroître, il les range parmi les dépôts de transport les plus récents.
2° La forme de monticule conique, à base elliptique et analogue à celle des oesars de la Suède. La hauteur de ces amas détritiques
(\ ) Voyez aussi : Le Blanc , Note sur les traces de glaciers anciens an Mnnt-Cénis. [Bull., vol. XIII, p. 125. \ 841 . ) — Studer, [Ibid., vol. XI, p. 49. 4 840. — Neu. Jahrb., 1840, p. 208.) — Gai , Sur les stries et les moraines de la vallée d'Aoste. ( BulL , 2«sér., vol. II, p. 728. 1845.)— T. A. CatuUo, Ossermzioni salle rocce, etc.. Observations sur les roches polies des Alpes vénitiennes. [Jtti délia adun. dclV I. R. Istit. Veneto, 18 ap. 1846.) — Nous renverrons aussi, pour beaucoup de détails intéressants, au mémoire déjà cité de M. de Collegno, Sur le terrain erratique du revers méridional des Alpes. [Bull.^ 2* sér., vol. II, p. 284. 1845.)
(2) Bull.^ vol. XIII, p. 322. \^k^. ^ Note sur quelques cchantillons de roches polies et striées. (Ibid., p. 163.)
Î3) Edinb. new philos, fourn. 1831.
4) Études sur les torrents des Alpes ^ in- 8. 1841.
varie de 10 à 30 mètres. Leur grand axe est dirigé dans le sens du cours des eaux. Ordinairement plus élevés et plus larges en amont , ils se terminent en mourant eu aval. Leurs contours sont arrondis et ils sont presque entièrement formés de sable fin.
S"" La troisième forme des dépôts de transport est celle de terrasse, composée d'une plate-forme ou partie supérieure, plane et horizontale , et d*un talus incliné , interrompu quelquefois par des ressauts ou banquettes parallèles à la plate-forme. Le plan du talus est toujours sensiblement parallèle au cours du fleuve. Au confluent de deux cours d'eau , la terrasse devient un delta horizontal.
M. Martins démontre ensuite que les terrasses, les oesars et les caps formés de matières alluviales doivent leur origine' à un régime des eaux diff^érent de celui que nous observons aujourd'hui; recherchant l'état de choses sous l'empire duquel ils se sont déposés, il croit que leurs matériaux peuvent provenir des moraines d'anciens glaciers dont la fonte inégale aura occasionné de grandes masses d'eau, dans lesquelles des courants disposaient les matériaux meubles sous les diverses formes indiquées. Ainsi l'existence de ces glaciers expliquerait l'accumulation de ces masses énormes de débris dans les hautes vallées, et leur fusion, les formes routières , la stratification horizontale et l'usure des éléments des dépôts erratiques.
De son côté, M. A. Guyot (1) , qui a étudié avec autant de soin le bassin erratique du Rhin que celui du Rhône , r^arde la ligne du Jura comme ayant servi de barrière sur toute sa longueur au dépôt erratique alpin qui ne Ta point franchie , même vers le confluent de l'Aar et du Rhin , où la chaîne s'abaisse beaucoup.
Les roches erratiques du bassin du Rhin proviennent des vallées du Rhin antérieur, du Rhin moyen et de l'AlbuIa. Ces deux der^nières se réunissent dans le Domleschy, pour se joindre, au-dessus de Coire, à celle du Rhin antérieur. Après avoir tracé les limites de ce dépôt , l'auteur fait voir que le phénomène erratique n'est pas nécessairement lié à la présence des roches cristallines , puisque des sommets et des vallées du Sentis et du Kurfùrsten sont de^sœndus les (ragmenls calcaires , anguleux ou arrondis » d'un dé-
(I) Xoft sHr te Intssm erraii^ae i/n Mim. {SuU, de la Soc. des se. 9i44t. de Nemeàdiei^ aui et déc. IS45.)
MASSIF DKS ALPBS. 267
pôt erratique dislinct de celui des hautes vallées du Rhiu supérieur. Quant à la distribution des diverses espèces de roches , on trouve que panui celles des Hautes-Alpes rhéliques, venues par la vallée du Rhi'i, trois surtout caractérisent ce bassin; ce sont les granités porphyroîdes de Ponteijas ou de Trons, les granités verts de Juliers, et les gneiss bruns de Montafnn. Chacune de ces roches correspond à l'un des principaux affluents de la vallée , et les deux premières sont accompagnées de talcschistes et de conglomérats roses et verdâtres.
Les granités de Ponteijas descendent de la vallée du Rhin antérieur, occupant toujours la rive gauche, conjointement avec les talcschistes roses et verts. Les granités de Juliers descendent dans la vallée d'Oberhallstein , suivant le cours de TAlbula, pour entrer dans le D«mleschy, sans qu'un seul fragment passe sur le flanc gauche de cette dernière vallée. Ils se mêlent aux granités porphyroîdes , au pied du Galanda , puis le long des bords du Rheinthal , et , arrivés au lac de Constance , deviennent les roches caractéristiques de tout res])ace situé entre sa rive méridionale et le bassin de Saint-Gall , de Turgovie, etc. I.es gneiss de Montafun descendent de la vallée de ce nom , où des blocs nombreux et d*un très gros volome couvrent les flancs des montagnes jusqu'à une hauteur considérable, mais ils ne paraissent point exister sur la rive gauche du lac de Constance.
Cette distribution est donc analogue à ce que Ton observe dans les bassins du Rhône et de la Reuss. Les granités de Ponteijas, qui proviennent de la vallée du Rhin antérieur, gardent partout la rive gauche; les gneiss de Montafun, la rive droite ; lesgrauiles de Juliers , lo centre. Une coupe transversale du bassin de Jonschwyl , sur la Thoor , au château de Walbourg, montre successivement les granités porphyroîdes sur les bords, les granités de Juliers jusqu'au lac, et au-delà du lac les gneiss de Montafun. La situation respective de ces roches est la même que celle des vallées d'où elles proviennent. Ainsi , toutes les conclusions déduites de la loi de distribution des roches, dans le bassin du Rhône, sont applicables à celui du Rhin , et l'identité des phénomènes généraux est com ^ plète : « Ici encore, dit l'auteur , c'est la loi des moraines qui peut » nous rendre compte de celte distribution , qui se montre régu- » lièie malgré le mélange absolu des espèces de roches que l'on
• aurait dû s'attendre à trouver dans une vallée aussj copipjiquée
# et aussi accidentée que celle du Rhin. »
•268 MASSIK DES ALPKS.
Lipetnoririucs. Plusà Test, M, Le Blanc (1) a décrit, dans les Alpes du Salzboucg, et suivant une coupe de la ville de ce nom au gros Glokner, les lacs et les débris erratiques accumulés dans leur voisinage. Le lac de Kœnigsee est terminé en aval par un amas de fragments surmontés de véritables blocs erratiques. £n amont, est un second amas représentant la moraine terminale d'une autre station du glacier, correspondant au lac d*Oberseequi vient immédiatement après. Deux autres petits lacs, le Grunsee et le Funtensee, sont aussi bornés par deux moraines bien caractérisées. Plus loin, la roche , qui est un calcaire jurassique , se voit presque entièrement à nu ; au-delà , sur une étendue de trois lieues , et jusque près du sommet delà montagne , il n'y a plus que des roches à surface polie : c'est leSteinernemeer ou iner de pierres.
Ces pierres usées , mais non roulées comme les cailloux ordinaires, ont une forme particulière. L'un des côtés, presque plat, est bordé par une arête un peu tranchante , et la face opposée est arrondie comme une portion de sphère peu régulière. M. Le Blanc suppose qu'elles ont dû être usées ainsi , parce qu'elles se trouvaient prises entre le sol et le glacier se mouvant sur son fond. Les lacs dont nous venons de parler marqueraient de même autant de stations du glacier de Steinernemeer dans sa marche rétrograde. Il y a d'ailleurs d'autres exemples de disposition semblable dans cette partie des Alpes, et beaucoup de lacs, depuis Constance jusqu'à celui de Neusidel, en face de Presbourg, présentent tout ou partie des circonstances qui doivent les accompagner d'après la théorie des anciens glaciers (2).
Sur le versant opposé de la chaîne, dans la Lombardie, les bords du lac de Garde et de celui de Côme offrent encore des faits analogues, et, comme l'avait démontré précédemment l'auteur (3), uu abaissement de 7 degrés dans la température moyenne du pays suffirait pour couvrir de glaciet^ toute cette partie des Alpes. On a déjà vu {antè.
(1) Sur la relation fjui existe entre les grandes hauteurs ^ les roches polies , les galets glaciaires , les lacs , les moraines , le tliluvfum dans les montagnes et dans une large zone autour des pôles de la terre. (Bull., vol. XIV, p. 600, pi. II. 4 843.)
(2) Voyei aussi : Fred. Simony, Sur les traces des glaciers an^ viens des Alpes de la haute Autriche, (Soc. des se, nat. et physico^ chimiques de Vienne y 4 et 11 mai 4846. — Bull, y 2« sér., vol. IV, (. 155. 1846.)
(3) BulL^ vol. XII, p. 13à. 1841.
p. 175), sur les lacs des Vosges, des observations fort ingénieuses* de M. Hogard, qui conûrmeraient parfaitement les déductions de M. Le Blanc, ainiii que celte grande quantité de lacs du nord de TEurope et de TAmérique, souvent bordés par des amas de fragments , qui semblent les avoir traversés sans les combler.
Eq résumé , les lacs des hautes montagnes sont toujours placés de manière à avoir en amont un point fort élevé , comparativement aux points environnants ; les roches en amont du lac sont polies et couvertes de sillons [Karrenfelders), si elles résistent à l'altération des agents extérieurs. Ces surfaces polies sont accompagnées de galets particuliers , usés mais non roulés, ou galets glaciaires (cailloux cyliolithiques , Agassiz ). Le lac est bordé en aval par plusieurs amas transversaux de débris de toutes les grosseurs, formant de véritables moraines. Ces débris viennent de la montagne située en amont, et ont passé par dessus le lac sans le combler; le lac est quelquefois entouré de cailloux roulés sur un ou plusieurs de ses côtés, mais on n*en voit pas sur son fond. L'obstacle qui sVst opposé au comblement de la cavité est contemporain du diluvium ; c'est le glacier qui la remplissait et la recouvrait. EnGn les lacs des montagnes sont d'autant plus nombreux que la latitude du pays est plus élevée.
M. Desor (1) s'est occupé de déterminer la relation des roches observation* dont la surface est moutonnée avec celles qui sont polies , et leur ***''•"'■• liaison est telle que ces deux eiïels lui paraissent devoir être attribués à la même cause. On rencontre des roches moutonnées jusqu'à quatre lieues de distance des glaciers actuels. Ces surfaces ne dépassent point une certaine hauteur , au-dessus de laquelle les roches sont hérissées d'arêtes vives, délitées ou éboulées. Ce niveau n'atteint pas au-delà de 2800 à 2900 mètres d'altitude dans la chaîne des Alpes bernoises , et au-dessous les flancs des mêmes massifs sont ordinairement dépourvus de blocs isolés. L'auteur attribue cette circonstance à l'agent erratique qui les a emportés, car, partout où une cime dépasse le niveau de la limite supérieure des roches polies, les blocs y reparaissent (2).
m Compt. rend., vol. XIV, p. 377. 4 842.
(2) Desor, Observations sur les parties anondies que présentent en Suisse les flancs des montagnes, et déductions tirées de ces faits relativement à l'origine des blocs erratiques. (Compt. rend. y vol. XVIII, p. 305. 4 844. —Bull,, 2« sér., vol. III, p. 650. 1846.)
M. Élie de Beaumont (1) a fait remarquer, à ce sujet , que les roches moutonnées de la vallée de TAar lui ont olTert des stries qui se croisent sous des angles de quelques degrés, et qu'une partie des cannelures semblent aller en remontant vers la partie inférieure de la vallée. En se dirigeant vers le col du Grimsel , on voit les roches moutonnées sur une hauteur de 400 à 500 mètres, et c*est à ce point que vient aboutir la limite supérieure déterminée par M. Desor. En cet endroit, la route suivie par les courants de blocs erratiques avait une double ligne de fond; d'une part le lit du laci et de l'autre le lit de l'Aar , plus étroit et plus profond.
Les traces laissées par le phénomène erratique, dit ailleurs le même savant (2), s'étendent rarement jusqu'aux sommets des montagnes. Elles sont concentrées dans une zone qui embrasse leur base^ et qui a une limite supérieure bien déterminée. Cette limite est très souvent marquée , soit par le passage des roches moutonnées aux roches anguleuses , soit par les dernières terrasses formées de matériaux erratiques , et elle s^abaisse doucement du centre de la région montagneuse vers les bords , en coupant les flancs des montagnes, suivant des lignes très différentes des lignes de niveau.
Cherchant ensuite à déduire des hauteurs connues qu'atteint la zone du phénomène erratique , la pente on rinclinaison de la surface limite, M. Élie de Beaumont trouve que, sur 19 exemples pris dans les Alpes, la plus grande pente n'est que de 2°, UT, Wi et que la plupart de ces pentes n'atteignent même pas un degré. Or les glaciers ne paraissent pas en général se mouvoir sur une certaine étendue avec une pente de moins de 3°. Si l'on compare à ces données la pente des rivières navigables , qui n'excède pas 3\ 26'', on voit que celles delà limite supérieure de la zone erratique sont intermédiaires entre l'inclinaison des glaciers et celle des grands cours d'eau navigables. Ces pentes seraient très considérables pour des rivières de quelques mètres de profondeur , et seraient énormes pour des masses d'eau d'une section égale à celle que les limites de la zone erratique déterminent dans les vallées des Alpes , et qui ont
(\) Compt. rend., vol. XIV, p. 377. 4 842.
(2) Notes sur les pentes de la limite supérieure de la zone erra^ tique et sur leur comparaison avec les pentes des glaciers et celles des cours deau, (Extr. des Procès-verbaux de la Soc.philomatiquej 13 août 4 842. — L'Institut, id. — Ann. des se. géol.^ vol. I, p. 560. 4 842.)
jusqu'à 800 et 1000 mètres de profoiuleur . Des courants d*eau et même de boue, dans de pareilles conditions , seraient donc suscepliblesd*unepuissancede transport très énergique et d'effets prodigieux.
La vitesse d'un liquide augmente avec la pente de sa surface et la profondeur de la section ; mais il est douteux qu'il eu soit de mCmc pour les glaciers. La vitesse acquise n'entre probablement pour rien dans leur mouvement si lent, et, en dressant trois tableaux comparatifs exprimant*, l'un les allures des glaciers , l'autre celles des cours d'eau , et le troisième celles du phénomène erratique , on y trouverait sans doute un puissant secours pour remonter à la cause de ce dernier.
L'absence de sédiments marins postérieurs aux marnes sub- conclusion. apennines, dans les plainesqui bordent au nord età l'ouest lepied des Alpes ainsi que dans les vallées qui en descendent, a fait douter longtemps de l'âge des dépôts de transport qui s'étendent sur ces plaines et ces vallées. Il paraissait rationnel, en n'envisageant que le massif des Alpes et les pays environnants, d'attribuer ces dépôts à l'effet du soulèvement qui mit fîn à la formation tertiaire supérieure; mais une étude comparative plus étendue ne permet plus d'admettre cette opinion, et force, au contraire, à reconnaître qu'un laps de temps considérable s'est écoulé entre ce dernier soulèvement des Alpes et les accumulations détritiques, dont la cause est encore contestée, mais dont l'âge se déduit de considérations générales, dont les unes sont en rapport avec celte cause , quelle qu'elle soit , et dont les autres lui sont tout à fait étrangères.
Nous avons vu, en effet, dans les diverses parties de l'Europe que nous avons étudiées , des phénomènes semblables, sauf quelquefois les dimensions, à ceux qui se sont passés dans la région des Alpes; en outre, ces phénomènes se sont manifestés dans chacun de ces centres, indépendamment les uns des autres, dans la même grande période, ce qui n'implique pas absolument que tous ont eu lieu au même moment. Dans chaque région erratique les détritus ne se mêlent point; ils ont des limites déterminées, et leur position par rapport aux dépôts antérieurs est toujours comparable. Nous avons dit , de plus, que là où le phénomène s'est exercé avec le moins d'intensité , sur une échelle moindre et non loin de la mer, il avait laissé des traces analogues à celles que l'on observe dans les parties élevées des Alpes ; or, dans la plupart de ces localités , excepté dans le voisinage immédiat de cette dernière chaîne , nous avons constaté que les dépôts erratiques meubles et non stratifiés,
comme les dépôts sédimentaires réguliers, postérieurs à ce phénomène , renfermaient les restes d'une faune également comparable sur tous ces points.
Le petit nombre des débris de cette faune recueillis dans la zone erratique des^Alpes avait pu ne pas frapper au premier abord, et être attribué à quelques animaux peu différents de ceux de la période tertiaire supérieure; mais tous les résultats que les nouvelles recherches permettent de grouper aujourd'hui doivent faire admettre que les détritus erratiques descendus des Alpes appartiennent à l'époque quaternaire et sont dus à une cause analogue à celle qui s'est étendue sur tout l'hémisphère nord. Cependant rien ne prouve encore que le phénomène ait été synchronique de ceux dont nous avons parlé, tandis qu'il y a, comme nous l'avons dit {antè, p. 258), de fortes présomptions pour croire qu'il est beaucoup plus récent (1).
Enfîn la détermination rigoureuse de ce fait , si important pour l'histoire des derniers changements survenus dans les conditions physiques de l'Europe occidentale , se déduira d'un examen comparatif et très détaillé de tous les dépôts postérieurs à la mollasse (terrain tertiaire moyen) qui s'étendent au pied des Alpes, depuis le lac de Constance jusqu'aux côtes de Provence.
Appendice bibliographique.
H. L. W18SMANN. — Essai d'une explication des blocs erratiques de la Suisse. [Neu. Jahrb.y 1840, p. 314.) L'auteur suppose qu'il y avait un grand lac au pied nord des Alpes et un golfe sur le revers opposé , puis que les glaçons détachés
(1 ) Si l'on se prévalait de la postériorité du phénomène erratique des Alpes par rapport aux dépôts avec débris de grands mammifères et coquilles terrestres et lacustres de la vallée de la Suisse, de celle du Rhin, etc., pour placer ceux-ci dans le terrain tertiaire supérieur, il en résulterait cette conclusion paradoxale, que le phénomène erratique qui a produit les stries et les surfaces polies du nordouest de l'Europe et des Iles-Britanniques , de même que les couches de coquilles arctiques antérieures aux grands mammifères appartiendraient à l'époque tertiaire supérieure. Il y aurait eu au même moment dans le nord de l'Europe une température plus basse que celle d'aujourd'hui, et dans le centre une température plus élevée, et ensuite c'eût été l'inverse. Les considérations physiques et paléontologiques, comme les caractères géologiques des dépôts erratiques pris dans leur ensemble, s'accordent donc pour rendre cette supposition inadmissible.
des glaciers et portant des blocs et des débris , venaient
flotter sur ces eaux et y abandonner leur charge. L. Agassiz. — Objections à V hypothèse précédente. [Neu. fa/trb, ,
4 840, p. 575.) J. FouRNET. — Résumé des discussions sur les blocs erratiques au
congrès scientifique de Lyon en 4 844 .
A. Deluc. — Objections aux opinions de MM, de Charpentier et
Le Blanc sur les glaciers anciens et sur le transport des
blocs erratiques, [Bull., vol. XIII, p. 368. 4844.) Ghamousset et Itier. — Grotte des environs de Chambéry^ dans
laquelle on observe des surfaces polies et striées, (Bull.,
vol. XIII, p. 467. 4 844.) L. Agassiz. — La théorie des glaciers et ses progrès les plus récents,
[BibL univ. de Genève j sept. 4 842. — Ânn, des se,
géol.j vol. I, p. 850. 4842. — Edinb, new phil.Journ,^
B. Studer. — Examen du pays entre Berne et Thun pour les blocs
erratiques. ( Verhand, d, Schweitz, naturf, Ges, zu Altdorf, 4 842, p. 475.)
Esche R de la linth. — Sur les sillons produits par les glaciers et sur les blocs erratiques apportés par ces derniers. [Neu, /fl//rô., 4 842,p. 276-279.)
Les surfaces que les eaux ont polies se distinguent de celles qui l'ont été par les glaces , par l'absence des stries fines qui accompagnent ces dernières. L'auteur pense que la théorie de M. de Charpentier rend compte de toutes les circonstances de la distribution des blocs , et il paraît admettre , comme M. Studer, que l'extension des glaciers a été séparée du dernier soulèvement des Alpes par une période de repos.
De Charpentier. — Traces de lavages et de décomposition sur le Karst, et absence de blocs erratiques en Tyrol^ en Au" triche y en Styrie et en Carinthie, [Neu, Jahrb,^ 4 843, p. 470.)
H. Ehhrich. — Sur des rochers de micaschiste chloriteux polis et striés dans la vallée de l'Oetzen en Tyrol, [Neu. Jahrb., 4844, p. 802.)
E. Frignet. — Du phénomène erratique en Tyrol et principalement dans la vallée de VInn. [Thèse de géologie présentée à la Faculté des sciences de Strasbourg ^ in -8 avec carte. 4846.)
G. BiscHOF. — Les glaciers dans leurs rapports avec le soulèvement des Alpes , avec la contraction des roches cristallines et avec les blocs erratiques. [Neu. Jahrb,, 4 843, p. 505- 536.)
L'auteur admet la première hypothèse de M. de Charpentier, celle d'une plus grande élévation des Alpes et de leur affaissement ultérieur, puis il y applique ses consi* II. 18
dérations théoriques sur la coutraction des roches ignées et des roches métamorphiques.
F. Fischer. — Blocs erratiques de schiste micacé près de Bâle. {^Ber, iih. d, Verh, d, ri a turf. Ges. in Basel ^ vol. VI, p. 57. 4 844.)
— Discussion sur les anciens glaciers , les moraines et les blocs erratiques de la Savoie, [Bull., 2* sér., vol. I , p. 638. 4844.)
Rendu. — Théorie sur les glaciers en général, (Bull. ^ 2" sér.j vol. I , p. 634. 4844.) Cette note de quelques pages est une des meilleures démonstrations que Ton puisse lire en faveur de l'ancienne extension des glaciers. •
— Sur les d^ôts erratiques des environs des Déserts et de plusieurs auties points aux environs de Chamhéry. [Bull. , 2«sér., vol. I,p. 622. 4 844.)
L. Agassiz. — Sur quelques roches stj'iécs de la Suisse. [Btdl.y
2«sér., vol. II, p. 273. 4 845.) EscHER DE LA LiNTH. — Sur quclqAcs phénomènes des glaciers de la
Suisse. [Bull., V sér., vol. ÏII, p. 231. 4*846.) DfesoR. — Sur le phénomène erratique, du Nord comparé h celui des
Alpes. [Bull., 2«sér., Vol. III, p. 482. 4846.) E. RoYER. — Note sur les glaciers. [Bull., 2' sér., VOl. IV, p. 462.
GHAPmS VI.
TËRRATN QUATERNAIftÈ: DE L^SUROPE MÉRIDIONALE, CENTRALE ET ORIENTALE.
^1. StiMip^ tiiér MUon Aw«
La panchina, dit M. P. $avi(i), est un calcaire coquiliicr, bien dévelqipé en Toscane, autour de Pomeraoce, de Bullera, de Lama etsuries pentes de beaucoup de collines. Ses caractères sont d'ailleurs asseE variables; tantôt c'est une roche arénacée, à ciment cakair<e, et remplie de coquilles; tantôt un calcaire grossier, blancjaunâtre, tnfacé ou compacte, de dépôt est non seulement plus moderne que Valberèse , mais encore que Targile cendrée ou mattajone (formation tertiaire sub-apennine ou supérieure). La joânchinajiSisèe insensiblement à la roche calcaréo-siliceuse avec vacuoles tapissées de calcédoines, qui forme des filons dans la masse serpentineuse des montagnes. Ces filons , dans lesquels on ne trouve ni coquilles, ni cailloux, «ut été remplis de bas en haut Le carbonate de chaux se serait aussi épanché au dehors par ces fentes préexistantes de la serpentine et aurait cimenté les dépôts plus ou moins sablonneux du voisinage.
Des sources minérales abondantes , sortant par les fissures nombreuses du gabbro des environs de San-Dalmazio , déposèrent des couches sur les roches voisines et finirent par boucher les fissures elles-mêmes. Tels sont les filons de dolomie (msVmtVe) qui, à Miemo, dans le Yi^crrais, liavorsentle gabbro et le terrain tertiaire modifié. La dolomie est cristallisée sur les parois des filons, ou bien y forme de petites couches qui, alternant avec celles de quartz ou de calcrdoine, tapissent ainsi de plaques superposées le mur et le toit de ces mêmes filons. Les belles calcédoines employées dans les arts proviennent de gisements semblables.
Non seulement ces phénomènes ont eu lieu dans une grande
(1) MemnrJc jy^r scri'ire , etc. Mémoires pour servira l'étude de la constitution physique de la Toscane. Pise, 1837-1839. — Nnnvo giornalc de' Ictterati. 1837 à 1839.
Tuscauc
partie de la Toscane , mais encore dans tout le reste de l'Italie méridionale. Lorsqu'ils sont éloignés des roches serpenlineuses, ils sont toujours favorisés par la proximité de quelques autres produits ignés ou volcaniques. Ainsi les roches analogues de la maremme de Piombino, de l'île d'£lbe , des États de l'Ëglise , les tufs de Messine, les dépôts quaternaires de la Sardaigne, des îles Baléares et de la Corse, auraient la même origine.
Les masses de serpentine ont altéré les roches sédimentaires d'abordmécaniquement, puis chimiquement, dans leur densité, leur couleur et leur texture , en y introduisant de nouveaux éléments. Elles se sont fendillées ensuite , et , par ces fentes , ont donné passage à des eaux chargées de substances pierreuses en dissolution. Ces dernières, ainsi qu'on vient de le dire, ont alors cimenté le sable et le gravier de la côte ou du fond de la mer, dans les endroits où ces phénomènes avaient lieu , et il en résulta un dépôt stratifié qui est hpanchina, M. de la Marmora pense , au contraire, que tous ces sédiments de la dernière période ont été , comme les autres , formés sous la mer, dont les eaux laissaient déposer le carbonate de chaux qui agglutinait les sables, les cailloux et les coquilles.
M. Savi décrit ensuite les travertins si répandus en Toscane, à Monte-Catini,àPignano, près de Volterra, à Massa Maritima , à San- Filippo, etc., et surtout dans les Etats-Romains, à Civila-Vecchia, aux cascades de Terni, de Tivoli, du lac de Zolfo, etc. Comme la panchina, ils ont été déposés par les eaux qui sortaient et qui sortent même encore de l'intérieur de la terre ; seulement les circonstances sont différentes. Les unes sourdant près du rivage, ou sous la mer, ont produit une roche calcaréo-sablonneuse et coquillière [panchina) ; les autres, sourdant à l'air libre et loin des côtes, ont produit les tufs et les travertins. L'auteur distingue d'ailleurs parmi ces derniers les anciens et les modernes. Les travertihs anciens, dus aux mêmes causes que la panchina et les tufs, sont, comme ceux-ci , antérieurs à l'époque actuelle. Ils ont été formés après l'apparition des serpentines et après les marnes sub-apennines ; mais , à ce dernier égard , M. Savi paraît conserver quelques doutes. Souvent on voit ces dépôts dans leur position première ; quelquefois aussi ils ont été brisés et soulevés par les causes mêmes qui ont disloqué les masses serpenlineuses.
M. H. deCollegno (1) qui regarde \?ipamhina de Yoiterra et de
(4) BitlL, vol. Xin,p. 275. 1842.
EUROPE MÉRIDIONÀLB. 277
Yerrua comme intercalée dans les sables jaunes sub-apennins, a mentionné les couches quaternaires (1) sur lesquelles est bâtie Livourne, et que M. de la AJarmora avait déjà séparées de celles qui se forment encore aujourd'hui en Sicile et à Livourne même. Elles constituent, depuis le Lazaret jusqu'à la tour d'Antignano, un grès grossier exploité, passant tantôt à un poudingue avec de petits galets, tantôt à un calcaire concrétionné , puis , au dessous , à un calcaire à grains de quartz. En cet endroit , les bancs suivis ne s'élèvent pas à plus de 5 mètres au-dessus de la mer. Sur plusieurs points de Vile d'Elbe le même savant a reconnu (2) , avec M. Savi , des couches arénacées qui semblent être de l'âge de ces grès de Livourne; mais, revenant sur l'opinion qu'il avait émise, il croit devoir les placer toutes dans la formation tertiaire supérieure (subapennine) qu'ont précédée les ûlons de granilc dirigés PS., S., à travers les granités porphyroïdes, les serpentines et les roches sédimentaires.
M. L. Pareto(3) a remarqué que, danslesEtats-Romains, legravier Étaii-Romaim. tertiaire^quoique composé principalement, comme le gravier quaternaire, de cailloux provenant du calcaire des Apenninset quelquefois de silex pyromaques, ne renfermait aucun fragment volcanique. Il contient en outre quelques ossements roulés de pachydermes, et repose sur les marnes sub-apennines, ou bien se trouve à un niveau plus élevé que le gravier quaternaire. Celui-ci et les sables avec lesquels il alterne offrent au contraire une grande quantité de gravier volcanique et de grains ou cristaux de pyroxène. On y trouve les mêmes ossements que dans le gravier tertiaire, mais beaucoup plus roulés, et de plus d'autres débris de mammifères d'une conservation parfaite et provenant d'espèces plus voisines de celles qui vivent actuellement [U), Ce gravier occupe seulement le fond des vallées excavées dans le terrain tertiaire.
[\) Le savant géologue italien a commis ici une méprise en désignant la formation ncwer pliocène de M. Lyell , comme synonyme du terrain quaternaire de M. J. Desnoyers. Ce dernier correspond à la formation tertiaire moyenne {miocène) représentée parles faluns, la molasse , etc.
(à] Bull., 2« sér., vol. V, p. 30. 1847.
(3) Osservazioni ^eologiche , etc. Observations géologiques depuis le mont Amiata jusqu'à Rome (extr. du Giornale arcadico , vol. C, juillet 1844). — in-8 avec cartes et coupes. Rome, 1844.
(4) On a trouvé récemment sur le monte Rosato , près du Tibre , une défense d'éléphant très grande et contournée , des ossements
En se dirigeant de Rtme vers Civita-Vecchia elCorneto, on Toît affleurer consiamnient les couches tertiaires; mais au-delà de cette dernière ville , et même près de Civita-Vecchia , la distinction des terrains tertiaire et quaternaire devient plus difficile. On observe , en effet , le long de la côte , et surtout au pied des collines de Cor* neto, des bancs de sable endurci avec cailloux ou panchina^ puis non loin du Mignone des bancs avec Huîtres, et de nombreux strates de marnes sablonneuses et de gravier fossilifère. Ceux-ci , par leur position au bas des couches sub-apennines, par la nature de leurscailloux souvent d'origine volcanique et par leurs coquilles plus récentes , doivent être postérieurs aux roches sub-apennines , ainsi qu'aux roches et aux tufs volcaniques dont la formation a séparé les deux dépôts marins et de gravier.
Au pont de TArrone , il y a sur une hauteur de 25 mètres, à partir du niveau de la mer, des alternances de gravier en partie volcanique, de marnes et de sable coquillier, avec des lits subordonnés de pu mile. Les 25 espèces de coquilles que M. Pareto y a recueillies sont toutes vivantes sur la côte. Ces couches s'étendent d'ailleurs sur beaucoup d'autres points et se rattachent à des tufs et à des marnes lacustres. Elles sont du même âge que le poudingue ou grès grossier des côtes de Livourne , etc. , et nous verrons plus tard qu'elles se lient également aux tufs volcaniques qui accompagnent les roches ignées des États- Romains. M. de la Marmora (i) les avait fait d'ailleurs connaître depuis longtemps , de même que
d'hippopotame, de cerf, de bœuf, etc., associés à des coquilles la^ custres (a). M. P. Pianciani [ù) a réfuté l'opinion qui rappor» Uit à l'époque romaine des débris de ces mêmes mammifères recueillis sur le mont Aventin , et il a fait voir que la couche qui les renfermait n'avait jamais été remuée , et qu'aucune trace de l'industrie humaine ne s'y était rencontrée.
M. Bertrand Geslin (c) a rapporté le dépôt de transpprjt à ossements du val d'Arno supérieur au terrain d'atterrissemf nt aocûsn éa Daupbiné et de la Provence , mais il semblerait le regarder comme quaternaire, car il dit aussi , quelques lignes plus haut (p. 470) , qu'il suppose ce dépôt contemporain de celui qui, dans 1^ FiAi«aiitiii et le Siennois recouvre les saÛes jaunes tertiaires supérieurs.
(4) Mém, del'Acad, r. des se, de Turin ^ vol. XXXYIU, ». pl ,
(n) i/lMlUul , 9 scipl. 4846.
X^) McAo, ^5 jaiiv. «843.
It:) iVi^. de ta Soc, g/ôi, de France, vo). I, p. 190. i%K,
celles de Monlalto, près Canino, de Luligiiauo, de Livouriie, de Sainle-Hospice , près Nice , de Cagliari , etc.
MM. Orsini el A. Spada Lavini (1) rapportent à celle époque le Iraverlin ou dépôt lacustre , qui occupe* de grandes étendues dans la province d'AscoIi, depuis Acqua-Santa jusqu'au-delà de Civiiclla. Ses caractères sont ceux du travertin de Rome et de Tivoli ; il est employé aux mêmes usages, et renferme des débris de plantes et de coquilles dont les espèces appartiennent à la faune el à la flore actuelles.
M. Parcto (2) a donné une description succincte du dépôt de cail- iies de Cuise , loux roulés qui s'étend au pied du versant oriental des montagnes "'^ j*js"* de la Corse ,* recouvrant la plaine , de Bastia à Fembouchuré du '*'"""'"• Fiumallo et se prolongeant au sud jusqu'aux rivières de Travo et de Soleuzara. Les roches schisto-lalqueuses ont fourni la plus grande partie des matériaux de cette vaste accumulation de débris, et quelques lambeaux du niêtne âge existent vers le haut de la vallée du Golo et au fond du golfe d'Ajaccio. On remarque encore des amas de cailloux au débouché de plusieurs torrents, elle savant géologue italien ne serait pas éloigné d'attribuer leur origine à d'anciens glaciers.
£n Sardaigne, les sables de cette époque reposent sur les marnes sub-apennines, non loin de la côte actuelle. Ils sont analogues à ceux d'Anlignaiio , près de Livourne , et du mont Pellegrino , en Sicile. Sur qiielqqes points , ils ont été dérangés et élevés à 20 mètres audessus de la mer. On les observe aussi dans cette île comme en Étrurie, au-dessus des laves qui recouvrent la formation tertiaire sub-apennine (3).
L'île de Pianosa (4), située à l'est de la Corse et au sud de l'île 4'Elbe, est sub-triangulaire et élevée de 20 à 25 mètres au-dessus de la mer. Elle est composée de couches peu anciennes , et sa sur-
m Bull., 2« sér., vol. II, p. 408. 1845.
Cenni geognostici sulla Çorsia , etc. (Sans date ni lieu fJ'içpression , mais probablement de 4 844 ou 1845.)
(3) De la Marmora , {Jtti délia secunda rmn., çi.c, 5-124. Turin, 1840.)
(4) Le marquis L. Pareto. Sidla costltazlonc , etc. Sqr la cjçnstitution géologique des îles de Pianosa, Giglio, .Giannytri, Monte- Cristo, etc. (5* Rcuiùon des savants italiens ci} 1843. Pise, 1845. — Ann, dcll' 1. et Ji. un i vers i ta di Pisa ^ vol. I, avec partes et coupes. 1844-1846.)
face est horizontale. Les falaises de Tansede la Botte, au nord-ouest, montrent de haut en bas : l"* calcaire compacte, jaunâtre, vacuolaire; 2<» calcaire grossier poreux avec fossiles ; 3° sable calcaire endurci avec Pecten , iierpules et un lit de cailloux à la base ; k"* marne ; 5* argile marneuse et bitumineuse; 6- marne grise; V argile bitumineuse avec des parties marneuses; S*" marnes au niveau de la mer et dont on ne connaît pas le svbstratum,
Cesassises, déjà mentionnées par M. de la IVIarmora, représentent ce qu'il a nommé en Sardaigne le calcaire méditerranéen , calcaire qui occupe , en effet , d'assez grandes surfaces sur les côtes de la Méditerranée, dans Tîle de Malte (1) , et qui peut-être existe en Corse , près de Bonifacio. Elles sont aussi du même âge que la panchina que nous venons d'indiquer en Toscane , et qui se montre mélangée de cailloux volcaniques le long de la côte des États de l'Église. Ces dépôts ne se séparent pas toujours nettement de certains bancs tertiaires sur les points où les éruptions volcaniques ne sont pas intervenues, et une étude plus complète de leurs fossiles est encore nécessaire. Ils ne s'élèvent pas ordinairement à plus de 30 ou hQ mètres au-dessus de la mer , et marquent un phénomène assez récent dans le bassin méditerranéen.
Royaume M . Pompeo Intcrlandi (2) a signalé aux environs de Catane
ivapies. etc. dcs couchcs sédimcutaires , dont toutes les coquilles appartiennent à des espèces qui vivent encore dans la Méditerranée. Il en est de même de celles dont madame J. Power (3) a fait connaître les fossiles'aux environs de Melazzo.
Dans son Essai comparatif des terrains qui composent le sol de l'Italie {k), M. L. Pilla a distingué un dépôt de transport diluvien dans le Piémont , la Lombardie , les Apennins et la Pouille , puis des blocs erratiques qui le surmontent (5). Le premier serait dû à
(4 ) On a recueilli dans Tîle de Gozo deux portions d'une molaire de VElephas primrgemus, incrustées dans une stalagmite adhérente au rocher. Cette Ile et celle de Malte auraient-elles été autrefois réunies au continent? (Z'//î^ftYttf, 30 juin 4 847.) — La description très détaillée qu'a donnée M. Spratt de l'île de Malte (voyez postch au terrain tertiaire) n'y indique pas cependant l'existence de dépôts quaternaires.
(2) Atti delV Accad,, gioen. di Catania^ vol. XIII , p. 207. K 839.
'Z\ Ibid., vol. XIV, p. 421. 4839.
I 4 j Saggio comparat'wo^ etc. in-8.Pise, 4 845.
1 5) M. Tenore a indiqué des blocs erratiques de roches cristallines, reposant sur les calcaires crétacés de la Basilicate. (5* Congrès scien^
des agents aqueux, et les seconds auraient été lancés dans les airs lors du soulèvement du Mont-Blanc, du Mont-Rose, etc., pour retomber là où nous les trouvons aujourd'hui. Ainsi nous avons vu que, suivant les uns, ces blocs avaient été transportés par des masses solides , suivant d'autres , par des courants semi-fluides ou boueux , ou bien tout à fait liquides; enfin M. Pilla , se ralliant à ridée de Deluc, les fait arriver à travers les airs, sans doute , par Timpulsion des gaz !
Les dépôts quaternaires stratifiés sont en partie d*eau douce et en partie marins. Les premiers sont les travertins anciens du royaume de Naples , des États de l'Église et de la Toscane ; les seconds se trouvent dans tout le royaume de Naples (Pouzzoles, Ischîa, Tarente, Sicile méridionale). Ala montagne de l'Ascension, il y a de ces couches qui atteignent jusqu'à 965 mètres d'altitude, d'après M. Pilla (1). Sur certains points , elles recouvrent la formation tertiaire sub-apennine et renferment des coquilles et des débris de végétaux, dont les espèces vivent dans le pays; sur d'autres , la cause qui les a produites agit encore et en forme de semblables (2).
M. T. -A. Catullo (3), qui s'est beaucoup occupé des diverses parties de l'histoire naturelle des provinces Vénitiennes, n'a point négligé ce qui se rattachait aux cavernes à ossements, et ses publications sur ce sujet contiennent beaucoup de renseignements p5,,j;o,|îJ,,^,gi précieux qui seront consultés avec intérêt. Son dernier ouvrage surtout , dans lequel , après avoir rappelé les diverses opinions des naturalistes, il décrit successivement toutes les cavernes à ossements du Bellunais , de l'Alpago, du Yéronais et du Yicentin, ainsi que les débris de mammifères qu'il y a recueillis, se recommandée l'attention des géologues et des zoologistes.
Cavernes
ossements ,
brèrhes
osseuses
tîfiquc des savants italiens à Naples <?/H 845. — U Institut^ 1*"^ avr. 1846.)
(1) Nous avons supposé que la mesure employée par l'auteur, qui donne 3678 pieds, était le pied de Naples, lequel équivaut à 0™, 26367.
(2) Sopra una singolare formazione ^ etc. Sur une formation singulière de calcaire lacustre au milieu des ApenniDs de Mainardi. (Ann. civili ciel regno délie Due Sicilie ^ fasc. 4.)
(3) Caverna os si fer a di Cerè nel Veronese, Padoue , 4 842. — Sulle caverne di Costoza nel Vicentino. (ISuovi ann, dellc se. nat. di Bologna. 4 840.) — Sulle caverne délie province Venete^ in-4 avec 9 pi. Venise, 4 844.
282 EUflOPË MÊRI010N4UE.
M. F. de Tchihatcbeff (1) a meplionné 4e uouveau les dépôts récents et les brèclies osseuses des environs de Nice , dont ppus avons vu que M. Nodot s'était aussi occupé {antè, p. 221), et que plus anciennement M. T. de 1^ BècbiB ^vait également décrits.
Les calcaires grisâtre, blanchâtres, ou ferrMStP^M^ d" ^^^ Pisano, enTo.scane, calcaires que !)(. Savi (2) regarde comme appartenant au lias, offrent io grandes cavités , de véritables cavernes, ou des fentes, souvent remplies d*un ciment rouge$tre , spathique , enveloppant des fragments de rqches et constituant uqc véritable brèche où se rencontrent aussi de nombreux ossements. La formation de ces brèches parait remonter k la c<)tastropt)e qui a amené Tètat actuel de la montagne , et , d*après leurs fossiles , elles appirticndraiciUèrépoque quaternaire. M. Agatino Longo (S) a émis Tétrange opinion que les ossements fossiles de la grotte de San-Ciro, près de Palenue , provenaient d'aoimau^ transportés de TAsie par un cataclysme postérieur à Tépoque diluvienne , et qp'à ce moment rhomme existait déj^ {U). M. L. Pilla (5) a rappelé dans l'ouvrage que nous venons de citer celles de ces groitçs qui avaient été signalées par divers auteurs , telles que la grotte de fiiiUemi , près Pêierme, celles des environs de Syracuse, les grottes de Paliiiuit» , dans la Basilicate , etc.
Déjà M. P. Pbilippi (6) , après avoir recueilli 92 espèces de co-
[k) Coup dWil sur la constitution gèoiogi^uc du royaume de NofUrs^ etc. Berlin, IS12.
(t) Mcmoric pcr scn^irc , etc. Mémoires pour servir à Tétude de la constitution physique de la Toscane. Pise, 4837-1839 — Sopra una cacema^ etc. [Xuooo^om, dei Irtterati di Pfsa^ toJ, II, lasc.
(3) G,'or/i. di se. , Ictt, ed arti per la Sicilia j vol, LUI , n* 1 57, p. «24. 4836.
(l) M. H. de Meyer {a) a décrit les ossements de mammifères de la caverne de Mardoice près de Païenne , et M. C. MaraTigna (b) a publié des recherches géologiques et chimiques sur les os fossàles trouvés dans Syracuse, — Voyei anssi : G. C. Alessi, Sur çudqacs ^"^ fossiles découverts en Sicile [Âtti delV jtccad. gioen. di Catania, vol. Xin , p. 34 . 4839). — Cristie. [Philos. JUagaz, et ^nn, des si\ nat.^ déc. 4 834). — Delà Bêche. Minnuel géo/ngiqUe , tradnct. franv^isc, p. 239.
iH) Srif^if) conwmaftvo , etc. Pise, 4 845.
(«^ lî«//., vol.\X,p.
p. 25. 4837. — Voyez aussi : Sortes mollus-
n) \tH. J^hrh,, 1H45, I». 181.
(//; Mti tlHl M.^^4. fiùen, di dummiu , voL \1 , p. SD. f S36.
EUROPE MÉHIDIONALC. 283
quilles dans une couche d'argile exploitée et provenant de la décomposition de cendres volcaniques , avait conclu de leur examen que riled-Ischia avait été soulevée depuis la période sub-apennine, car trois seulement de ces coquilles ne s'étaient pas rencontrées dans la Méditerranée; depuis lors, la comparaison de toutes les espèces tertiaires d« la Sicile et de Tltalie méridionale lui a fait admettre que le passage de Tépoqne tertiaire à l'époque modprne a été par* hitemcnt graduel , et que , sans l'intervention d'aucun bouleversement ni d^aucun changement brusque , certaines espèces avaieql disparu de temps en temps et d'autres s'étaient développées jusqu'à l'existence complète de la faune actuelle. Aussi , ce zoologiste distingué n'a-t-il pu établir aucune division dans cette série de dépôts, ni tracer de limites pour séparer les époques tertiaire, quaternaire et moderne (1). Nous reviendrons d'ailleurs plus en détail sur ces conclusions dans la seconde partie du présent volume.
Toute la plaine de la partie sud de l'Ile de Majorque est occupée ues suiearei. par un dépôt quaternaire , dans lequel M. de la Marmora (2) a reconnu les mêmes circonstances de gisement et la même variété de composition qu'en Sardaigne. Près de la côte c'est un grès calcaire avec un ciment argileux rougeâtrc ou jaunâtre et des coquilles semblables à celles qui vivent encore sur la plage. Cette roche et ses variétés sont également identiques avec celles qui leur correspondent en Sardaigne, en Sicile et en Toscane. Au sud-est de Palma elle s'élève à 10 mètres au-dessus de la mer , et die sert de fondement à la ville d'Alcudia. £n s'éloignant de la o^te , le grès, comme dans d'autres localités, devient compacte et passe à un
corum Siciliœ^ tiim vivcntium cum in tellure tertiariâ jossilium, Berlin, 4 836. — Bull., vol. IX, p. 25. 4 838.
(4 ) Remarques sur les mollusques de ï Italie méridionale relatif vement q,ifp mollif^qucs tertiaires {Quart. ^Qi^n, geol. Soc. qf Zondon, vol. II, p. 4. 4 8*6).
(2) Observations géologiques sur les . iles de Majorque et de Minorque [Mém. de VAcaa. des se. de Turin , vol. XXXVHI , p. 55, avec cartes. 4 835. — Voyez aussi : Risse , Hist. nat. de l'Europe méridionale, yo}. I, p. 4 43. — Journ- de géologie j yk)}. JUf p. 309-34 6. —JPulL, ypl. l\l , p. 4 4 $. — T^rgioni Toz^setti , Yif^ggf^ in Toscana. — Dans le golfe de Viticcio et au cap Alla vita , dans l'île d'Elbe, il y a encore des dépôts du même âge [Nuov. giorn, dei Icttcrati ^ n°» 70 et 71 , p. 31). Le grès de Messine ne serait qu'un ajccident local dû à des sources minérales sous-marines.
calcaire lacustre rougeâlre avec des Hélices et des Gyclostomes. Dans le voisinage des montagnes, il forme un véritable poudingue, et Ton y trouve, près de Palma, des brèches osseuses à pâte rouge, semblables à celles du midi de la France et de Palerme.
A Ciutadela , dans Tîle de !\Jinorquc , le terrain tertiaire horizontal s'élève à UO mètres au-dessus du niveau de la mer , et est recouvert , dans les parties basses , par des lambeaux de couches plus récentes. £n résumé Fauteur conclut : 1° que le grès quaternaire appartient à une formation géologique particulière, probablement limitée au bassin de la Méditerranée, où il paraît se montrer partout, mais principalement sur le littoral des continents et des îles ; 2"* qu'il est distinct du terrain tertiaire sur lequel il repose transgressivement ; S"" que dans les pays volcanisés il est séparé de ce même terrain tertiaire par les grandes coulées basaltiques qui recouvrent celui-ci (Sardaigne , Sicile], ou bien qu'il fait partie des assises supérieures de tufas ponceux reposant sur les strates tertiaires ( iMontalto de Ganino ) ; près de Palerme, où il n'y a point de lave , il est séparé des sédiments antérieurs par un lit de galets du calcaire secondaire de la montagne de Sainte-Rosalie ; U"* que lorsque ce grès prend un développement un peu considérable , il passe, à une certaine distance du rivage actuel, à un calcaire rougeâtre avec coquilles terrestres, tandis que sur la côte les coquilles sont marines ; 5° que malgré son âge géologique comparativement récent , il n'en appartient pas moins à une époque fort ancienne sous le rapport historique, puisque ses couches étaient déjà disloquées lorsqu'on y creusa des tombeaux qui , en Sicile, appartiennent aux temps les plus reculés.
Ce dépôt s'est étendu sur toutes les côtes de la Méditerranée et et des îles, et les dislocations qu'il a subies sont à peu près les mêmes partout où elle se manifestent. Ces dislocations remonteraient à l'apparition des volcans éteints , ou à cratères encore existants, et qui, probablement contemporains en Portugal, en Espagne, en France, en Italie, en Sardaigne, en Sicile, en Grèce, dans l'Asie mineure et la Syrie, « sont caractérisés, dit l'auteur, par ces longues » traînées de bouches ignivomes postérieures aux grandes éruptions » basaltiques et trachytiques , phénomènes dont les derniers » anneaux en Italie semblent se lier à l'époque ténébreuse des » migrations pélagiques. »
Gibraltar. Les rochcs quaternaires sont très nombreuses et fort intéres-
santés aux envirous de Gibraltar. L'assise la plus importante , dit M. J. Smith (1), est un grès rouge avec coquilles récentes, et atteignant jusqu'à 100 mètres d'épaisseur. Il est très dur et composé de grains de quartz cimentés par du calcaire spathique. La brèche qui couvre les flancs de la montagne est formée de fragments calcaires cimentés de même. Certaines parties du sol et des vases agglutinées aussi par du carbonate de chaux renferment des ossements et des coquilles terrestres. Parmi ces brèches osseuses les unes sont fort anciennes et contiennent des débris d'espèces perdues ; les autres plus récentes montrent des os humains et des dé* bris de l'industrie humaine. Une fissure située en face de la falaise à Rosia-Bay est la principale localité où se trouvent les ossements. Elle parait avoir été en relation avec une caverne qu'habitaient les animaux carnassiers , et les eaux qui s'écoulaient par cette cavité remplirent successivement la fente de boue et d'ossements , puis des infiltrations calcaires consolidèrent le tout ; mais plus tard des dégradations naturelles ont fait disparaître la grotte. Indépendamment des restes d'animaux déjà connus dans cette brèche (2) , l'auteur y cite des os d'éléphant et de l'ours des cavernes.
M. Smith signale des dépôts avec coquilles récentes juqu'à 180 mètres au-dessus de la mer ; ils sont en couches horizontales et Ton n'aperçoit point de dislocations en rapport avec ce changement de niveau. Nous avons dit ( antè vol. I , p. 663 ) que des changements du même genre avaient été constatés dans l'époque moderne. Quant aux phénomènes quaternaires de la péninsule Ibérique, nous possédons encore trop peu de documents pour en parier ici.
§ 2. Europe centrale.
D'après M. G. Fromherz(3), les dépôts de cailloux roulés occupent Grand duché dans la Forêt-Noire trois positions différentes. On les trouve dans les Bade.
(4) On the geology of Gibraltar^ etc. [Quart. Journ. geol. Soc. oj London, vol. II, p. 42. 1846.)
f2] Delà Bêche , Manuel géologique y traduct. française, p. 239.
(3) Geognostische BeobachCungen^etc, Observations géognostiques sur les terrains diluviens de la Forôt-Noire et sur les dépôts de cailloux roulés dans cette chaîne , dépôts qui appartiennent aux périodes anté-historiques les plus récentes, in-8 avec'cartes. Fribourg, 1842. — Congrès scient, de France à Strasbourg en 1842. — ^nn. des se. géoL, vol. I, p. 791. 1842. — Bull.^ vol. XIV, p. 234. 1843.
286 BUROra CBNTRALS.
vallées, sur lés iMulcurs et sur la peale des montagnes. Dans les vallées ils couvl^Bt souvent tonte la largeur du bassin et sont à k surface du sol , excepté lorsqu'il y a des tourbières. Le volume des débris augmente à mesure qu'on remonte les vallées; ils sont mélangés sans aucun ordre et nulle part ne sont 8(ratifié& La puissance des dépôts atteint Jusqu'à 12 et 15 mètres. Ils se présentent dans beaucoup de cas sous forme de digues ou de collines , soit barrant les vallées « soil parallèles à leur axe. Souvent les débris sont irrégulièrenent iemassés derrière les promontoires ou dans les sinuosités d^une vallée> ou encore accumulés à l'ouverture d'un rameau latéral
Sur les iabcs des vallées on en trouve jusqu'à 400 et 125 mètres M dessus des cours d'eau. Les amas sont d'autant moins puissants q»e les pentes sont plus rapides, et ils manquent dans les rétrécissements de la vallée. Ils sont aussi fort épais dans les vallées qui descendent des hautes montagnes, faibles au contraire dans celles qui ne sent pas dominées par des massifs élevés. Les circonstanoes qui ont été le plus latorables à ces accumulations sont les vallées dont les roches se désagrègent facilement et dont ia pente, très forte dans le haut, diminue sensibicment vers le bas«
Cm débris sont composés de gneiss, de granités, de syénites, de serpentines , de diorites, etc. , qui constituent la chaîne , et tout prouve que c'est dans la Forêt- Noire elle-même qu'il faut chercher l'agent qui les a transportés (1).
L'auteur attribue la formation des dépôts erratiques à des débâcles de lacs aujourd'lrai disparus. Il signale particulièrement douze ou treize de ces lacs, ainsi que la direction des courants qui en sont partis lors de la dernière débâcle. Ces courants ont dû provenir d'un débordement des lacs qui occupaient les hautes vallées avant et f)etidatit la pfetnièt^ formution des atterrisseurents dtttiv&ens. Il ne parait exisinr dans la Forêt-Noire aucune trace d'anoioDs glaciers ni de blocs erratiques, et les amas de gravier qu'on y observe n'ont rien de commun avec les moraines déposées par les glaciers , sous le rapport de la composition , ni sous celui de la forme. Quant aux roches polies des pentes inférieures des vallées» elles n'ont point le catuctèire de celiez qui ont été usées et frottées par des matees de glaces. L'amas de blocs situé près de GèroMsdu, iion iolii de fiifden»
(i) Nous devons à VeiLtrême obligeance de M. Ch. Martins l'analyaa de poUo prt>mièro partie de Touvroge de M. Fromherz.
n*ëst point pour M. FttJliihèVz ma, anfcl^HC ttionHirt;, comme Ta pensé M. Agassiz , mais une simple accdhiélaWon VUtUc de débris dlfô \ 1*iaclîrt^ dés ^tl*. L'atil^lrt- « ïnslslé tn oulrfe avec beaucoup de détâlfe sut tes caràctl&if^ Ses «vwseï^ espèces de surfaces polies où Criées ^foduitéi par tes ^a«i* -, par les (aillés oto Iw glissements de cbùchei, pât les ghcîëi'S, èlc.
tt Serait à désirer ()iè« féS oMméH géotognes pusseât étudier à la fois ta Fbyêt-îïiôi% tt tes TdÊges j car W est peu probable que les ^ISnomètl^s, ^î Wit kccwWWilé WMt de d«ris au pit?d de ces deux petites chaînes si serr^blables , ^\ ^Sïin pourrait appeter jumelles, issoîeht dt»S h dtiS causes difféi-eiites. Tout porte à présumer que la ibéortè t^ui sera traiepom* Vmtè le serli également pour l'autre. Un point sur iequel nous nvons d^à insisté aussi est la nécessité de chercher qiîiels sont ks rapports de position des détriius erratiques des Vosges et de la Forêt-Noire avec le lehm et avec le dépôt de cailloux roulés de la vallée du Rhin , pour arriver à connaître l'âge relatif et l'âge absolu des uns et des autres.
He possédant que peu de renseignements sur les publications qui traitent du terrain diluvien des divers États de l'Allemagne , nous les énumérerons de la manière suivante :
Gengenbach. — i)ent rf'Ursus spelœûs dans le loess du Brîsgau, {Verk. d. Basel naturf. Ges,, Ï838-40, p. 81.)
H. DE Meyer. — Sur des 05 6?'Ursus àrvernensis dans les dépôts arénacés de lUosbach. [Neu. Jahrb, , 18il , p. 458.)
P. Mertan. — Sur quelques ossements supposes de baleine dans les alluvions du iïhin. [Èer, ub. d. Verh. d, naturf. Ges. in Basel 1842, p. lol Bâie. 1845.)
H. DE iMeyer. — Sur le^ ossements de mammifères et d'homme^ des sables de Kfosbach qui font partie dû loess. {Neu, Jahrb,, 1839. p. 7è. — 7lA^hi/p. 241. —A/., 1843, p. 582.)
D'Althaus. — Sur des restes de toriûe \Emys) y de cerf, de buffle , etc. y trouvés dans Ses tourbières près de DurrJieim. (Neu, ^ahrk , \Wi , p. 5âl — Ib., 1835, p. 63.)
H. DE Meylr. — Sur les ossements de mammifères, etc., des amas de minerai de fer en grains H'Altstatt près de Moes^ skircJf , et sur les ossements des tourbières d'Enkheim
et de Durrheim (Neu, Jahrb,^ 1836, p. 59. — /rf., 1841 , p. Û59.) — — Des restes de Marmotte qui paraissent se rapporter à l'espèce des Alpes ont été trouvés dans le diluvium de Mosbachprès Wiesbaden et de Kœstrich près Mayence^ et sembleraient prouver que ces animaux ont vécu dans diverses parties de l'Allemagne , qui n'étaient pas à plus de 300 mètres au-dessus de la mer, {Neu, Jakrb., iSklt p. 181. — Bibl. univ. de Genève , vol. Y, 383. 1847. — L'Institut, 10 nov., id. )
KILIAN. — Défense de Mammouth trouvée dans une île du Rhin, vis-à-vis d'Altripp. {Neu. Jahrb., 1835, p. 524.) pru$»e Begks. — Caverne ossifère découverte dans des roches calcaires "'"** entre Brillon et Elberfeld. {Taschenb. de Leonhardy
vol. I , p. 98. )
H. DE Meyer. — Sur les os fossiles des cavernes de la vallée de laLahn. {Neu, Jahrb., 1844, p. 431. —Ib., 1846. — L'Institut j 23 juin 1847.) L'auteur a reconnu 53 espèces différentes près de Stetten. Sur 30 espèces de mammifères recueillies dans les cavernes, 12 ont disparu du pays; 15 espèces d*oiseaux, 7 espèces de batraciens, et 1 espèce de poisson sont probablement identiques avec celles qui existent encore en Allemagne. Dans les caractères généraux de celte faune on reconnaît ceux des animaux de Thémisphère oriental, et M. de Meyer conclut que la faune diluvienne de la vallée de la Labu , et probablement celle de toute TEurope, se compose : 1° d'espèces identiques avec celles qui vivent encore aujourd'hui dans le même pays; 2'' d'espèces dont les identiques ne vivent plus que dans d'autres régions; 3° d'espèces éteintes dont les analogues se trouvent aussi à l'état fossile en Asie et en Afrique , mais avec d'autres espèces qui vivent en Europe. Ces faits sont donc directement contraires à l'hypothèse qui admet que les espèces ont disparu par des catastrophes violentes et des changements subits de température, et ils s'accordent au contraire avec les conclusions auxquelles deux autres zoologistes très distingués, M. Bronn {antè, p. 243) et M. Philippi
{antè , p. 283) étaient aussi arrivés chacun par des voies différentes.
Rëcks. — Observations sur une nouvelle caverne à ossements dans le calcaire carbonifère^ entre les rochei's du Moine et de la Nonne {vallée de la Lenne, Westphalie, {Neu. Jahrb, , 18^1, p. ikZ,) — — Sur la présence d'os fossiles de pachydermes , de ruminants et de solipèdes dans le sol alluvial du pays de Munster. {Arch, fur Miner, de Karsten, vol. VIII, p. 390, pLIVel V.)
Dans un mémoire sur les sédiments meubles du nord de l'Aile- Région du hmi. magne, et en particulier sur ceux qui s'étendent au nord des montagnes du Harz, mémoire dont il n'a encore été publié qu'un court extrait, M. L. Frapolli (1) a fait connaître l'existence de 5 dépôts non stratifiés , résultant de phénomènes distincts et appartenant à des époques différentes. Le premier ou le plus ancien comprend divers amas de blocs de quarzites anguleux ou débris éboulés à la suite d'une des dénudations postérieures à la période crétacée. Le second, produit par une inondation venue du sud , renferme des galets du Harz , ou de roches situées plus au sud. Ces détritus sont accumulés sur les coteaux qui bordent les grandes vallées occasionnées par des failles , ou sur les pentes inclinées au sud et au sudouest des collines. Ils cessent de se montrer au delà du Hackel et du Huywald. Le troisième dépôt, composé de galets venus du nord, a été apporté par les courants de la période arctique. On y trouve des sables et des cailloux provenant de roches des hautes latitudes , mélangés avec d'autres que les courants ont rencontrés sur leur passage. Ces accumylations de détritus , si puissantes dans le nord de l'Allemagne, n'offrent d'ailleurs que des plaques isolées au nord et au nord-ouest du Harz.
Le lehm et les blocs erratiques du nord qu'il renferme dans sa masse, ou qui sont répandus h sa surface, constituent un quatrième
[\) Compt, rend., vol. XXVI, p. 200. 4 848. — Voyez aussi : Quelques mots sur la théorie des ridements de la croûte terrestre , sur la nature des terrains meubles et sur la théorie des glaces flottantes. [Bull., 2« sér., vol. V, p. 100. 4 847.) La première partie du mémoire de M. Frapolli vient de paraître dans le Bulletin de la Soc. géologique (vol. V, p. 210), au moment où ces pages s'impriment, et nous regrettons vivement de ne pouvoir en rendre compte d'une manière plus complète.
dépôt meuble produit par les courants sous-marins de la période boréale. Il recouvre les pentes inclinées au nord et mieux encore au nord-est, et même les plateaux les plus élevés de la contrée. Enfin, M. FrapoUi nomme loess un dépôt différent du précédent et qui résulte d'une inondation plus récente venue du sud, peut être dans Tépoque moderne. Il est composé de lehm remanié par les eaux , de bandes de petits fragments anguleux provenant du Harz ou de roches situées plus au sud^ et de quelques galets très roulés , d'origine septentrionale. Il existe d'ailleurs un rapport constant entre le relief très accidenté et très varié du sol et la direction supposée des divers courants qui en ont balayé la surface.
La succession de ces dépôts a été établie par des superpositions que l'auteur a observées avec le plus grand soin , et il resterait à rechercher acluellemeni leurs synchronismes avec des couches d'un âge bien déterminé, pour s'assurer s'il n'y en aurait pas qui fussent antérieures à l'époque qualernairo , cî pour distinguer ceux qui peuvent être dus à des causes locales de ceux qui se rapportent à des effets généraux déjà bien constatés; enfin, il serait intéressant de mettre ces divisions géologiques en rapport avec les considérations paléontologiqucs qui se rattachent à l'époque diluvienne et auxquelles ces divers dépôts ne sont sans doute pas tout è fait étrangers.
M. Fr. Ad. Roemer (1) n'a point reconnu dans le Harz de rochers que l'on puisse regarde r comme ayant été striés par les glaces, mais il a constaté dans le zechstein d'Osterode beaucoup de surfaces polies par suite de glissement.
P. Grey Egerton. — Lettre sur les cavernes ossifh^es du Harz et de la Franconie. (Proceed, geoL Soc, of London, vol. II, p. 9/1.) Bavière. ^ Wagner. — Sur uïie caverne ossifere dans la dolomie de Itahenstein près de Muggendorf, [Arch, f. Naturgesch. de Wiegman, vol. II, p. 96, pi. VI. 1835.)
hï, AlUNSTER. — Os de rhinocéros découveiHs dans la caverne de Rabenstein, [Neu. Jahrb., 183^, p. 538.)
A. Wagner. — Sur les restes fossiles de mammifères dans les cavernes de Muggendorf. {Muenchner GeL anzeig., 1839, p. 998.) Ce travail est une indication complète des ossements recueillis dans les cavernes des roches doiomitiques.
[^) Neu. Jahrh., 4 844, p. 58.
Althaus. — Sur l'existence des surfaces polies et striées dans le HeHc grès bigarré des envir'ons de Marbourg ; mémoire précédé d'une préface de M. de Léonbard sur le même sujet. {Neu. Jahrb., 1837, p. 536.)
Ph. Braun. — Sur les accidents de stratification et les surfaces polies et striées du grès bigarré de Marbourg. {Neu. Jahrb., 18^2, p. 89.)
— — Observations sur les surfaces polies des roches et en particulier' sur celles du grès bigarré de Marbourg. (Neu. Jahrb., 1842, p. 656.)
— — Théorie générale sur les surfaces polies. {Neu. Jahrb., 1842, p. 757-812.) Dans le premier de ces mémoires, l'auteur décrit avec beaucoup de détails les divers polissages que Ton observe sur les roches, et discute leur origine. Il y distingue les effets de la contraction de la matière polie, ceux de son endurcissement et ceux du frottement. Les premiers produisent des surfaces polies par attraction, tandis que les mouvements des roches ignées en produisent par friction. Une troisième classe de surfaces polies résulte d'oscillations occasionnées par les effets de la pesanteur, de l'affaissement ou du glissement des masses.
Dans le second mémoire lM. Braun donne l'historique des roches polies et striées déjà signalées, et présente beaucoup d'observations nouvelles sur ce sujet. Les différentes théories que l'on a proposées jusqu'à présent peuvent, suivant lui, se diviser en théorie chimique, mécanique (actions de l'eau, de la glace ou du frottement), en mécanique modifiée et en chimico-mécanique. On distingue de plus le poli intérieur, le poli extérieur, le poli du plan de séparation des couches, le poli de remplissage et le poli de métamorphose. Ces surfaces polies sont recouvertes d'un enduit métallique ou non métallique , simple ou composé. Les polis sont encore vrais ou faux. Ils existent depuis l'origine de la roche ou lui sont postérieurs; enfin ils sont d'origine ignée ou sédimentaire.
— — Caverne dans le calcaire jurassique de la montagne Wuiumberg. du Firn [Heuberg] dans le Hahenzollem-Sigmaringen. [Neu.Jahrb, 1838, p. 571.)
— Découverte d'une caverne à ossements près d'Erpfin-
S9-2 ECROPE CENTRALE.
qen, dans le calcaire jurassique, [Neu, Jahrb., 183/i, p. 581). On y a trouvé des ossements humains et des débris de grands mammifères.
Plieninger. — Lehm diluvien , supérieur à la mollasse. ( Wurtemhergische naturwiss, Jahres,, 1847, p. 261.) On a trouvé, en creusant des fondations à Sigmaringen, une dent d'Ursus spelœus et des fragments de molaire de Rhinocéros tichorhinus, dans un dépôt diluvien reposant sur la mollasse.
G. F. JjEGER. — Uber die Fossiles y etc. Sur les mammifères fossiles du Wurtemberg, part, l""', in-fol., avec 9 pi. Stuttgard, 1835. Part. 2, avec 11 pi. 1839. —L'auteur a réuni dans Tune et l'autre de ces parties un très grand nombre de documents importants sur les mammifères de l'époque quaternaire , trouvés tant dans les cavernes du calcaire jurassique que dans les dépôts d'alluvion.
H. DE Meyer. — Sur les ossements de mammifères éteints et d'homme , etc. , dans les dépôts superficiels de minerai de fer en grains de VAlbe , de la Souabe. {iVeu. Jahrb.^ 1837, p. 675.) Saxe. Frtesleren. — Sur les gîtes d'os et de dents fossiles de mammifères et d'amphibies y en Saxe, (son Magaz. f d. Oryktog. V. Sachsen,\o\. VII, p. 276. 1836.)
Rehbock. — Découverte d'un Rhinocéros lichorhinus d Obm*- Gebra. [Neu, Jahrb., 1840, p. 686.)
De Gdtbier. — Sur une nouvelle localité d'ossements fossiles près d'Oelsnilz. {Neu. Jahrb., 18^2 , p. 127, 2 pi.)
— — Sur les dents de 'Rhinocéros lichorhinus trouvées à Oelsnitz {Neu. Jahrb., 1843 , p. 480.)
ZiMMERMANN. — Sur le quadersandstein de la Suisse saxonne, et sur l'origine des alluvions de la bruyère de Lunebourg. {Neu. Jahrb.^ 1842 , p. 705.) Certaines parties du quadersandstein, entraînées lors du creusement des vallées, auraient été former des dunes dans le nord de TAllemagne.
C. F. Naumann. — Sur le vernis opalin des rochers polis et striés de Kollmen. {Neu. Jahrb., 1844, p. 680.)
— -^ Sur les rochers polis et striés dans VErzgebirge, {Neu. JoJirb., 1844, p. 557.) Additions ^ par €olta. (70., p. 560. — y*., p. 685. ) On observe ces traces
tUHOPE CENTRALE. 293
priiicipalenient sur les porphyres de Kolliueii, de Wurzen, etc., dans les endroits où les argiles alluviales ont empêché raltération de la surface. Ce sont des cannelures peu profondes, parallèles, de 2 pouces de long. Leur direction est en général celle des crêtes et ordinairement N.-O., S.-K. Il y a aussi des blocs erratiques de porphyres et de grès quartzeux qui présentent des surfaces polies et striées. L*auteur ne voit dans ces effets que Taction des courants déterminés par les soulèvements. Les stries sont antérieures au dépôt du loess. iM. Cotta , qui semble adopter Thypothèse des glaciers pour la Suisse, hésite cependant à l'appliquer au nord de TEurope.
F. Unger. — Observations géologiques sur la cavei^ne à ossements de Badel, près de Peggau. [Neu. Jahrb,^ i^kk , p. 226.)
GOEPPERT. — Sur une forêt souteiTaine découverte près de Bres- siié«ie. lau, [Ubers. d. Arb. d, Schlesisch Ges.^ p. 81. 1841.)
BOGRSCH. — Les dépôts de cailloux et de sable entre Waldenburg et Friburg. [Arch, fur Miner, de Karsten^ vol. XV, p. 129. 18/i0.) L'auteur s'est attaché à l'étude détaillée des fragments de roches et des fossiles des dépôts de cailloux roulés pour retrouver leur origine et leur point de départ.
— — La nouvelle caverne de Rossitten ou Kolowrat, dans ^w»f«che. l'Untersberg en Salzbourg, Vienne, 1866.
AUG. Mandel. — Les cavernes de Grasel Hoehle et de Katerborh près de Weitz (cercle de Cilly) Styrie. [Steyermark Zeitsch 1837 n. s., p. 137.)
J.-J. HcoT. — Voyage dans la Russie méridionale^ vbL II, p. 259. L'auteur décrit le diluvium des environs de Vienne comme composé de cailloux roulés provenant des derniers chaînons des Alpes. Dans les vallées et dans les plaines il repose sur les marnes bleues ; dans les parties élevées du sol , sur les marnes sableuses coquillières , et dans quelques localités sur le calcaire de Leitha. On y a recueilli des ossements d'éléphant.
ZiPSER. — • Découverte de deux cavernes ossiferes dans la vallée Hongrie. de Hermann près de Neusohl. {Neu. Jahrb.^ 1839, p. 686. — yrf., 18/iO, p. 88 et 210. —/</., 1841, p. 346.)
— — Sur des os de rhinoceroi et d'élép/iant trouvés dans le comitat de Sohl, et sur les ossements de mammifères répandus sur une étendue de 8 lieues dans le loess de la Theiss. [Neu. Jahrb., I8Z1I . p. 3i^6.)
WiMMER. — Quatorze cavernes en Hongrie et en Transylvanie, {Ann. de BerghauSy vol. XIV, S^sér., vol. II, p. 156.)
ScHULER. — Cavernes dans des calcaires près de Baja d'Arama {Petite- Valachie). [Neu. Jahrb., 1838, p. 33.)
§ 3. Europe orientale.
Grèce. |vi. Trevelyaii (1) a signalé sur des rochers, dans le voisinage du
Mont-Parnasse , des stries et des surfaces polies qu*il attribue à des glissements; et quant aux autres traces d'une ancienne action des glaciers , observées au-dessus de Daulia et que Ton pourrait prendre pour des moraines transverses et longitudinales, elles paraissent résulter de phénomènes atmosphériques de Tépoque moderne. Près deThèbes, d*après la relation qu'en a donnée M. Russegger (2), les conglomérats diluviens forment des collines basses.
Des os fossiles de cheval et de cerf ont été trouvés dans le limon jaunâtre de la vallée de Marathon, limon semblable à celui qui occupe le pied du Pentelikon , où Ton avait recueilli des débris de Galeotherium. Cet animal éteint, décrit par M. Wagner, diffère d'ailleurs de celui que M. Jaeger a fait connaître dans TAIbe du Wurtemberg (3). Lors de la réunion des savants italiens à Turin , M. Domnando a signalé , dans un dépôt de transport près deStarvati, à quatre lieuesd'Athènes, deux espèces de singes et des os de chien, chat , rhinocéros, cochon , cheval , bœuf, cerf et chèvre. M. de Filippi a pensé que les débris rapportés à des singes devaient probablement appartenir à la famille des Lémuriens. Turquie A quclqucs mlUes au nord de Constantinople , de grands dépôts urupe. j*3|.gj|g^ ^q ^^^^^ ^^ ^^ cailloux recouvrcnt les schistes siluriens. Les cailloux roulés et les blocs de quartz et de grès sont enveloppés dans des argiles ferrugineuses. Il n*y a point de stratification distincte, et ces accumulations de débris, bordant le côié méridional
M) Proceed. geoL Soc. of London, vol. IV, p. 203.
(2) Neu.Jahrb., 4 839. —A/., 4 840. — BulL, vol. XII, p. 200.
(3) Nm. Jahrh.^ 4846, p. 639. -• Ulnstitut, 40 févr. 4 847.
du petit Balkaii, se dirigent vers le N.-O. M. Strickland (1) leur a trouvé une grande analogie avec le diluviuni d'Angleterre.
i>J. A. Boue (2) a fait remarquer que jusqu'à présent aucune ca verne de la Turquie ni de la Valachie n'avait présenté d'ossenjents fossiles, quoique quelques unes renferment du limon rougeâtre, et que le mode de remplissage des cavernes ossifères soit encore démontré par les Kaiavoihrons du pays. Le même savant signale , dans les vallées principales de la Bosnie ( p. 285 ), des poudingues puissants le long de la Drina, de la Bosna, de la Laschva et du Verbas. La plaine est couverte d'argile limoneuse ou lehm. Les dépôts de cailloux roulés se voient surtout au débouché des grandes rivières, dont la plupart ont laissé, près de leur embouchure, des traces des changements survenus dans leur cours. Le lehm se montre aussi très étendu dans le bassin de la grande iMorava ; il recouvre le terrain tertiaire Serbe le long du Danube, et à l'est deJagodin et de Tchoupria il forme des espèces de terrasses disposées en gradins.
Le bassin de No\ibazar est rempli d'alluvions anciennes et paraît avoir été pendant longtemps un lac fermé vers Doukim-Potok. Le bassin de Pristina est encore une dépression occupée par un dépôt de transport. Le long do l'Adriaticiue (p. 296), l'Albanie maritime offre, à l'embouchure des grandes rivières, des accumulations considérables de débris et de conglomérats que M. Boue regarde comme postérieures au terrain tertiaire. Les bassins de Prilip et de Bitoglia et tous ceux que décrit le savant voyageur dans la Servie, laHaute-Mœsieet la Macédoine ont une composition peu différente sous ce rapport. La plaine de la Valachie est recouverte d'argile et de gravier, suivant la localité et le voisinage des montagnes, ou des cours d'eau; au-dessus vient le lehm qui se montre sur les deux rives du Danube. Dans la Thrace, ce dernier dépôt n'est bien marqué que le long des grandes rivières , et d'après les caractères du pays et les trois terrasses que l'on voil autour de la plaine d'Andrinople , on doit penser que cette dépression a éié , comme les autres, occupée par des lacs d'eau douce, jusqu'à une époque très récente et peut-être même historique.
« A la sortie des Dardanelles (p. 323 ), sur le rivage de Téné- » dos et de la Troade , derrière Abydos , dans la baie de Sestos , il » y a de ces agrégats coquilliers que l'on connaît sur tout le pour-
ri) Transact. geol. Soc. of London , vol. V, p. 394 . (2) La Turquie (V Europe , vol. I , p. 265. 4 840.
296 EUUOPE OUIENTALE.
» tour de la mer Méditerranée, et qui y indiquent ou un abaisse- » ment des eaux ou un soulèvement des terres. Comme ils ne reu- » ferment que des coquillages vivant encore dans la mer voisine, » cela ne peut être qu'un dépôt alluvial très moderne ; nous en » avons retrouvé des blocs pétris d* Huîtres au nord-ouest de Rodosto » et au nord d'Erekli (Tancienne Heraclea), sur la mer de Mar- » mara. Ils contrastent, par leurs fossiles et leur petite élévation » au-dessus des eaux , avec les collines tertiaires des mêmes lo- » calités. »
« En Macédoine, dit M. A. Viquesnel (1), la base du Kara-Dagh » supporte une corniche formée de marne grise et d'argile rougeâ- » tre , contenant des fragments de quartz , de schiste argileux , de » micaschiste, etc. Ce dépôt, dont la puissance peut avoir 50 mètres, » recouvre le travertin et le terrain tertiaire de la plaine. Un con- » glomérat de Tépoque alluviale , composé de fragments calcaires , » existe dans la vallée du Raetz , au-dessus du terrain tertiaire , à la » hauteur de 812 mètres , et se montre au même niveau sur le » revers opposé du col de Pléfar. Le pourtour du lac d'Ostrovo se » trouve aussi encroûté d'un conglomérat calcaire dont les restes » démantelés subsistent à l'altitude de 617 mètres, sur les flancs du r Nidjé, et forment le contrefort de Vladova. Dans la même cavité, » des sédiments moins grossiers se rattachent presque sans inter- » ruption aux précédents, constituant, entie Konouïé et Kaïlari, » une colline qui s'élève à 32 mètres au dessus de la plaine, dont la » hauteur absolue est de 520 mètres. A l'époque où ces roches se » déposaient , les eaux de Kaïlari et d'Ostrovo se déversaient dans » le lac de Téiovo par-dessus la colline de Vladova qui sépare au- » jourd'hui complètement les deux bassins. £n Albanie , ces cou- » glomérats à fragments calcaires se sont formés sur les bords du » lac de Skoutarl , dans les vallées de l'Hismo , du Desnitza , du » Konitza , etc. »
(léridionaie. ^''^' ^uot (2j ot M. Blédé (3) ont donné quelques détails sur
(4) Journal (Vun voyage dans la Turquie d'Europe ^ â'' partie. [Mém. de la Soc. gcol, de France, 2« sér., vol. I, p. 291. 4846. — Bull., vol. XIV, p. 287. 4 843.)
(2) Bull., vol. X, p. 230. 4839. — P^oya^e dans la Russie méridionale sous la direction de M. A. Demidoff, vol. II , p. 460. — Précis de géographie universelle ,yo\. III, p. 597. 4840.
(3) Ànnu. du Jour n, des mines de Russie^ vol. VI, p. 4. 4 839 (publié en 4 842). .
les dépôts marneux ou argilo-sableux et noirâtres qui recouvrent Terreau noir les couches tertiaires delà Moldavie et de la Bessarabie, et M. R. Her- tschomoisem, raann {\) a fait connaître la composition du terreau noir, ou tschornoizem^ qui constitue , dans le midi de la Russie , une vaste nappe, peu épaisse, mais d'une remarquable uniformité. Elle suit, au nord, à peu près la limite du terrain tertiaire, et s'étend depuis le pied des Garpatbes, à Kamenitz-Podolsk , jusqu'à TOural, constituant ainsi une surface de plus de 80 millions d'hectares du sol le plus fertile. C'est le champ, et en quelque sorte le potager de la Russie , qui nourrit plus de 20 millions d'habitants et qui verse ensuite annuellement à l'étranger et sur les autres parties de l'erapire 20 millions d'hectolitres de céréales (2).
Le tschornotzem , dit sir R.-J. Murchison (3), est limité au nord par une ligne sinueuse, passant près de Kief et de Tchernigof , un peu au sud de Lichwin. Il se montre vers le 5i^* lat. N., s'avance k l'E. vers le 57° long. , et occupe la rive gauche du Volga, entre Nijny-Novogorod et Kasan. On le trouve le long de la Kama , et autour d'Ufa, puis au pied oriental de l'Oural, et il se prolonge à l'est dans les plaines de la Sibérie , jusqu'h des distances inconnues. Sa limite, au sud, n'est pas non plus très bien déterminée. Ainsi il n'existe pas entre Orenbourg et l'embouchure du Volga , au moins dans la partie que le célèbre géologue a parcourue avec ses collaborateurs, MM. de Verneuil et de Keyserling, ni au sud de Tzaritzin, et, sauf quelques lambeaux, il manque également sur le versant méridional de l'axe d'élévation ou steppe granitique située entre le Dnieper et le Don. M. Strangways a observé le tschomoïzem à l'embouchure du Danube , en Podolie et dans l'est de la Gallicie , sur les basses steppes du Caucase et à l'est de la mer d'Azof, ou entre cette mer et la Caspienne, et surtout à l'embouchure du Kuban et du Terek , autour des marais salés.
Le terreau noir repose sur des roches de tous les âges , se rencontre à tous les niveaux , sur le sommet des plateaux ou sur les
U) Journ. d' Erdmann , vol. XII, p. 277.
(2) Extrait d'imc lettre de M. le baron de Mcrendorf a M, Elle de Beaumont. [Ann. des mines , vol. XX , p. 233. 4844. — Bull, de la Soc. de géographie , vol. XV, p. 379. 4 844.)
(3) Journ. roy. agric. Soc. of England^ vol. III, p. 4. 4 842. — Proceed. geol. Soc. oj London , vol. III, p. 74 3. — T/ie gcology of Russia in Europe , par MM. Murchison , de Verneuil et de Kevserling, vol. I, p. 557. 4 845.
298 KUROFt ORIENTALE.
pentes des vallées, et , sur la limite méridionale de la grande formation erratique du nord, il recouvre les cailloux et le gravier qui y constiiuenl celte dernière. Partout les escarpements des ravins montrent qu*il est plus récent. Son épaisseur est très vailable et atteint quelquefois 5 à 6 mètres. La terre noire de la Hongrie paraît en être le prolongement occidental , et ses propriétés ont la plus grande analogie avec celles du regur ou terre noire à coton de l'Inde, dont nous parlerons ci-après.
Le tschornoïzem est noir lorsqu'il est humide, et prend une teinte ferrugineuse quand il est sec. Il se compose d'une très grande quantité de silice (environ 3/4), puis de -^ d'alumine, d'un peu de chaux, de -^de fer, et d'une portion notable de matières végétales. L'analyse a donné 6,95 de matières combustibles et 93,05 de substances inorganiques. La matière organique combustible a fourni 2,45 d'azote, proportion très considérable, et à laquelle est due sans doute la grande fécondité du sol.
L'opinion générale en Russie , opinion qui a été adoptée par plusieurs savants, est que ce sol résulte de la destruction de forêts ou de végétaux: mais MM. Murchison , de Verneuilet de Keyserling, en faisant remarquer l'uniformité de ses caractères, sa position à diverses hauteurs , et l'absence de toute trace de racine ou de fibre végétale , rejettent complètement cette explication. Ils ne pensent pas non plus qu'on puisse le comparer au lehm de l'Allemagne ou à l'alluvion ancienne de la Belgique et du nord de la France , comme l'a dit M. Élie de Beaumont(l), et comme nous serions porté à l'admettre nous -même.
Aucun fragment roulé ne se trouve dans le terreau noir; sa composition diffère decelle du lehm, et il ne renferme point de coquilles fluviatileset terrestres, si fréquentes dans ce deinierdépôt; aussi les autenrssupposentUsque, pendant que la formation erratique du nord s'accumulait, le tschomoïzem se déposait au-delà, vers le sud, comme une vase , sous des eaux peu profondes et tranquilles où les éléments du drift (blocs, cailloux et gravier) ne pouvaient plus arriver. La teinte du dépôt serait due à la destruction des argiles jurassiques qui sont noires dans tout le nord et le centre de la Russie, et qu'auraient charriées au sud les courants qui avalent abandonné les plus petits graviers. L'absence de coquilles marines s'expliquerait par cette raison , qu'après leur émersion , les parties centrales de la
(1) Compt, rend., vol. XIV, p. 99. 1842.
Russie, lentement soulevées, ont pu rester longtemps sous forme de vase ou de boue avec peu d'issue pour les eaux , de sorte que les débris de testacés, s'il en a existé, ont pu être décomposés par l'action de Teau et de l'atmosphère. Ce serait , en un mot, un dépôt d'origine aqueuse, et qui , une fois au contact de l'air, aurait été modifié , et cela avant l'établissement des hommes dans le pays. Aussi iM. Murchison n'udmet-il point la manière de voir de Huot, qui rapporte ce dépôt à l'époque actuelle et l'attribue à la décomposition à l'air libre des végétaux qui se sont succédé à la même place, pendant un laps de temps très considérable (1). Mais, un moyen peut-être plus sûr de déterminer le mode de formation du ischomoïzem serait de rechercher, indépendamment de sa superposition aux cailloux roulés du nord, ses rapports avec les dépôts meubles dont nous allons parler, et dont l'âge et l'origine, des deux côtés de rOural,ontétési parfaitement exposés par les auteurs de la géologie de la Russie d'Europe.
Aux environs d'Odessa, Huot (2) a signalé des argiles rouges ^v^'f" avec des cailloux composant un dépôt fort étendu qui paraît se pro- <ie
I >, . , , .. . r . , -T .^ , lu Caspienne
longer en Crimée, où il atteint une épaisseur de 7 à 10 mètres, et de Des ossements é'Elepkas primigenius y ont été^ rencontrés, et le * "^'^ remplissage des nombreuses cavernes de cette presqu'île serait aussi du même temps.
Après l'élévation du calcaire aralo-caspien , auquel nous conserverons le nom de calcaire des steppes que lui avait d'abord imposé M. de Yerneuil (3), et qui constitue la formation tertiaire supérieure de la Russie méridionale, la mer Caspienne s'étendait sur une surface beaucoup plus considérable que celle qu'elle occupe aujourd'hui, car elle était réunie à la mer Noire (U). Elle couvrait, en effet , la steppe inférieure d'Astrakhan , entre l'Oural ou Jaîk et le Volga , puis se prolongeait à l'ouest sur le pays des Kalmouks, entre les mets Caspienne et d'Azof , et jusqu'au-delà de Kherson. Au sud, cette mer baignait encore le pied du Caucase.
(4) Loc. cit., p. 460. — Voyez aussi : Sur îe terrain de transport de la Russie, les blocs erratiques et le terreau noir; M. Wolkoff, Introduzione ad uno studio geologico , etc. Introduction à une étude géologique de la chaîne de l'Oural, p. 33, in-8. Naples, 1844?
(2] Loc. cit., p. 457.
(3) Mém. géologifjuc sur la Crimée, [Mém. de la Soc. géol. de France, yo\. III, p. 12. 1838.
(4) The geology of Russia in Europe^ vol. I , p. 314.
300 EUIIOPE OUIENTALE.
La slcppe située au nord d'Astrakhan , entre l'Oural et le Volga , n'est probablement qu'un fond de mer desséché. Elle est occupée par des sables de diverses souries et par des argiles sablonneuses avec des débris de coquilles dont quelques unes vivent encore dans la Caspienne ( Mytilus polymorphus , Adacna edentula , Ëichw. , Didacna trigomoides^îà. ), Le niveau moyen de celte plaine n'est pas à plus de 15 mètres au-dessus de la Caspienne, et par conséquent à plus de 9 mètres au-dessous de l'Océan. Des cavités très évasées, résultant de l'action des vagues et que l'on voit à deux niveaux différents sur le côté oriental du mont Bogdo , prouvent que celte ancienne dépression , occupée par la mer , a été soulevée à deux reprises.
La steppe basse du Caucase paraît être composée comme la précédente. Elle renferme beaucoup de sel, mais qui n'aurait pas la même origine que celui de la steppe d'Astrakhan. Les portions les plus salifères , tels que les bords de la Kama , doivent cette propriété à des cavités remplies de boues marines, dans lesquelles une certaine quantité de sel est disséminée. Après les grandes pluies, et dans certaines saisons , elles donnent lieu à des efflorescences salines. Ce caractère des marais salés de la côte occidentale de la mer Caspienne, qui ne produisent jamais de bancs de sel comme les lacs de Bogdo, d'EIton et d'Inderk, avait été déjà signalé par Pallas.
Les dépôts meubles des basses steppes, plus récents que le calcaire des steppes, sont intimement liés à la faune actuelle de la Caspienne, et des ossements de Mammouth [Elephas primigenius) y ont été recueillis. Les Mytilus et autres coquilles adhérentes qui les recouvraient prouvent assez que ces grands animaux vivaient sur les rivages voisins , lorsque la Caspienne occupait la steppe d'Astrakhan (p. 384). Au nord de cette dernière, M. Jasikoff a découvert un dépôt de la même époque , et qui , situé sur la rive gauche du Volga, entre Stavropol et Spask , aurait formé le bassin de Bulgar, complètement séparé de ceux du sud par les roches carbonifères et permiennes.
D'après les fossiles qu'a rapportés M. Badiner , les couches marines de la partie élevée du plateau d'Ust-Urt, qui sépare la Caspienne de la mer d'Aral , seraient du même âge que les dépôts tertiaires moyens de la Podolie , de la Bessarabie et de Taganrog, et devaient former une île entourée par la grande Méditerranée aralo-caspienne. Les bancs qui renferment les coquilles actuelles de la Caspienne s'élèvent à 50 et 65 mètres au-dessus du niveau
de la mer d'Aral et forment une sorte de falaise ou banquelte inférieure, à la base du plateau d'Ust-Urt. Leur élévation s'accorderait aussi avec celle des couches contemporaines sur les côtes de la mer Noire et de la mer d'Azof (p. 526). M. Khanikoff pense qu'il n'y a point de différence entre les niveaux de l'Aral et de la Caspienne, tandis que , suivant d'autres observateurs ( p. 321 ) , la première de ces mers intérieures serait à 35"", 66 au-dessus de la seconde , ou à 10", 11 au-dessus de la mer Noire.
Des débris d'éléphants et d'autres quadrupèdes éteints ont été rencontrés dans la Russie d'Europe , sur de très grandes étendues (p. 5U1 ) comme dans diverses parties du globe ; les races éteintes y présentent quelques types qui rattachent ces anciennes terres à celles de l'ouest , et qui sont associés en même temps à des formes propres au pays. Ainsi, tandis que cette région de l'Ëuropea VElephas primigenius eu commun avec l'Amérique, VElepkas primigenius , le Rhinocéros tichorhinus , le Trogontherium , le castor, l'ours, l'élan, etc., sont communs aux îles Britanniques, et elle possède exclusivement le Mert/cotherium et V Elasmotheriunu
Les parties centrales et méridionales de la Russie n'ayant point de chaînes de montagnes élevées, et par conséquent de détritus incohérents , grossiers , semblables à ceux des flancs de l'Oural , le dépôt de transport avec débris d'éléphant prend le même aspect que dans les plaines de la Sibérie, où il est également éloigné des causes perturbatrices. Cependant il n'en constitue pas moins des accumulations de débris considérables sur les bords des principaux cours d'eau et sur les plateaux. Quelquefois le dépôt de transport argileux passe vers le haut à un limon qui, sur certains points, peut être représenté par le terreau noir. EnGn, la falaise de Taganrog offre une bonne coupe des couches avec ossements d'éléphant. Leur épaisseur est de 15 mètres, et elles reposent sur un banc sablonneux rempli de coquilles fluviatiles peu différentes, si même elles ne sont les analogues de celles qui vivent encore dans les eaux du Don. Le tout recouvre le calcaire des steppes qui vient effleurer à la base de l'escarpement (1).
(4) Note paléoutologique. — Sur les gisements connus d'osse^ ments fossiles dans la Russie méridionale ^ par M. A. Nordmann, suppl. au Rapport sur les travaux de V Académie de Saint^Péters * bourg pour 4 8421. — ' V Institut, 4 4 sep. 4 843. L'auteur avait
I.es mêoies phénomènes que M. Homoiaire de Hell (1) a?ait obserf es sar les côies septentrionales de la mer Noire ont été reconnus par loi sor le littoral de la Bulgarie, de la Romélie et de l'Anatolie. Partout il y existe des traces d'une plus grande élévation de nifean dans les eaux de la mer Noire , traces qui se composent de dépôts modernes, tous à peu près à la même hauteur ( 25 à 30 mètres ) et renfermant des coquilles qui TÎTent encore sor la côte. Aussi le siTant foyageur admet-il l'ancienne fermeture du Bosphore, puis sa rupture , de préférence à un soulèTement complet et régulier de tout le périmètre do Pont-Euxin et de la mer d'Azof.
adressé une note sur ce sujet à l'Âcadéinie des sciences, mais tous les détails qui lui donnaient un véritable intérêt ont été supprimés dans le compte rendu de la séance du 4 8 oct. 4 847 (vol. XXY, p. 553). Les ossements recueillis proviennent de 4 60 individus, appartenant à 27 espèces. Les noms de localité et de genre rapportés ailleurs [L'Institut, 20 oct. 4 847) n'indiquent point oon plus la distribution de ces genres dans chaque couche. — * Fischer de Waldheim, Ossements nombreux de Mammouth ti'oui*és en 4 839 non loin de Nedrigaïlojf, sur les limites des gouvernements de Kharhojf et de Poltawa. — Coup d'œil fièogrws tique sur le nord de l'Europe y etc. Berlin, 4 839. — Bull. Soc, imp. natur, de Moscou, 4840, p. 57. — H. Rathke , Sur les os jnssiles du mont Smeinogorsk ou montagne des Serpents, Moscou , 4 834. — Débris de baleine et d'éléphant dans la presqu'île de Taman , ilans la montagne île Takal , à 7 vers tes des ruines de Otroconan. ( Mém. de l'Acad, île Saint- Pétirsbourg, vol. II, 4 833-35. --L'Institut, 24 déc. 4 836.— Ed. Eichwald, De pecorum et pachydermarutn reliquiis Jossilihus in Lithuania , Volhynia et Podolia repertis. ( i\ m», art. phys, nat cur. nat., voL XVJI , p. 675. 4 835.) — Comte de Keyserling , Restes r/'Elasmotherium trouvés h Surico , non loin de la mer Caspienne, [Ann. des se. géol., vol. I, p. S\6.^ L'Écho, 48 sept. 4842.) (4) Compt. rend., vol. XXVI, p. 4 45. 4 848.