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CHAPITRE VII

TERUAIN OUATEaNAIRE DE L'ASIE.

aurifères.

S 1. Ohatns de l'Oural.

On attribue à Faclion des agents atmosphériques la destruction Aiiaviom successive des sommités de l'Oural et Faccumulation dans les vallées dëpôu qui en descendent des amas de détritus que Ton y observe (1). C*est dans ces dépressions*quc Ton trouve des alluvions ou dépôts aurifères et plali infères, débris des ûlons que renfermaient les roches des sommets et que la nature a pris pour ainsi dire le soin de bocarder elle-même, et d'offrir à l'homme dans l'état le plus favorable à l'exploitation.

Les alluvions d'or et de platine se rattachent visiblement aux points qui les ont produites et dont elles s'éloignent fort peu. Les principaux gisements sont groupés autour de certains centres particuliers. C'est ainsi que les alluvions aurifères de Bogoslofsk forment un système à part ; celles de Néviansk et de Goroblagodat également ; celles de l'Isset et de la Pischma se relient aux exploitations d'or en roche de Berczofsk, comme les sables aurifères de l'Oural méridional sont réunis autour de Miask, où se rencontrent aussi des indices d'or en roche. Les alluvions aurifères sont d'autant plus rares, que l'on s'éloigne davantage de la chaîne principale dont le versant Oriental est infiniment plus riche que le versant opposé.

Comme la plupart des découvertes du même genre, celle dessables aurifères de l'Oural est due au hasard ; ce fut en réparant des appareils de la mine de Clutchefsk que la première indication en fut signalée. On n'y donna point de' suite d'abord ; mais, en 1823, les exploitations prirent une certaine extension ; elles devinrent productives, et depuis lors elles n'ont fait qu'augmenter rapidement.

Les alluvions aurifères occupent les dépressions voisines de la

(1) Annu. du fourn, des mines de Russie^ vol. I, Introduction. \ 835 (publié en français en 4 840). — Remarques pratiques sur les sables aurijères , ih, , vol. VI , p. 4 22 (4 839-4 842). — Voyez aussi : de Humboldt, Asie centrale , vol. I, p. 433, 489 à 600. 4 843.

304 CHAÎNE DE l'OURAL.

chaîne, et y forment des couches où l'or est mélangé mécaniquement avec des débris de roches et de Targile auxquels se joignent presque toujours le sable magnétique , puis le platine , Tiridium osmié et naiif, le cinabre, la pyrite de fer, le fer oxydé hydraté, le fer oxydulé lilanifère , le fer chromé , le fer oligiste , le titane rutile, Tanatase, le manganèse, la pyrite cuivreuse, le cuivre sulfuré, le cuivre natif et le plomb sulfuré. Quant aux minéraux non métalliques, ce sont : le cristal de roche, la cornaline , la calcédoine , la magnésie carbonatée, l'amphibole, i'actinole, l'épidote, le grenat, la serpentine, l'asbeste, le diallage, le corindon et le diaspore. Les diamants n'ont été trouvés que dans trois localités (1). L'or est en morceaux ou pépites de diverses grosseurs et de diverses formes , puis en grains et en paillettes, soit isolés, soit adhérents à des morceaux de quartz.

Ces alluvions reposent directement sur toutes les espèces de roches, mais plus rarement sur le granité et la «yénite que sur les autres. Les sables sont au fond des vallées , des deux côtés de la ligne de faîte , et constituent trois ou quatre bandes parallèles à la direction de la chaîne, sur une longueur d'environ 106 lieues. Dans chaque exploitation il n'y a ordinairement qu'une couche aurifère ; lorsqu'il y en a deux , elles sont placées immédiatement l'une au dessus de l'autre. Dans le sud de l'Oural les vallées sont à pentes escarpées , mais partout ailleurs les dépôts aurifères occupent des dépressions à fond plus ou moins plat. Outre les fragments de roches environnantes , les sables en contiennent d'autres apportés de parties éloignées de la chaîne. Les premiers sont anguleux et souvent d'un volume très considérable; les seconds, au contraire,

('1 ) La première découverte du diamant dans TOural remonte au 5 juillet 4 829 , et a été faite par M. Schmidt sur le versant occidental de la chaîne , à 200 verstes à Test de Perm , dans le domaine de la princesse Butera (district de Bissersk ). La couche aurifère qui renferme des diamants a été signalée à tort, par M. Rose, comme étant une dolomie presque noire avec carbone, etc. {yoyezposteà p. 308). De 4 829 à 4 834, 41 diamants ont été recueillis dans le ravin d'Adolfskoï. On en a trouvé ensuite dans les terres de M. Medger et dans les mines de Goroblagodat. ( Gazette de Saint-Pétersbourg , 9 nov. 4 839. — De Humboldt , Asie centrale , vol. I, p. 520. — Gornoï Journ.^ vol. II, p. 44. 4 834. — Annu, du Journ. des mines de Russie^ vol. V, p. 373. 4838; Id., vol. VI, p. 404. 4839. — Mém. de r /tead. des se. de Saint-Pétersbourg ^ 6* sér., vol. I II. — L'Institut^ 24 févr. 4 836. — Jetés de la Soc, /tehét. des se. nnt\ 4 837.)

CHAÎNE DE l'OIKAÎ.. 305'

sont roulés ol pins ou moins arrondis. On y rencontre aussi des blocs dont les surfaces sont polies , mais poitit de coquilles fossiles ni de débris d'animaux de Tépoque moderne , au moins d'une iiianière certaine. Les objets d'industrie humaine, les bois de cerf, etc., n'ont été signalés qu'au dessus des alluvions aurifères proprement dites. L'épaisseur des couches est assez constante ; elle ne dépasse pas 2",13 et n'est pas moindre que 0™,18. Leur étendue en longueur est de 20 à 600 mètres, et leur largeur n'excède pas 20 mètres. La quantité d'or varie d'un point à un autre, et l'on n'exploite pas les alluvions qui contiennent moins de ^^j^^qq d'or. Les exploitations se font en général à ciel ouvert.

L'arrondissement minier de Bogoslofsk, où les sables ont été exploités pour la première fois en 1823 , a donné son plus grand produit en 1830 ( S5 ponds, 3/i liv. , 5 zoion, ) , par le lavage de 65152/!i3 pouds de sable. Depuis lors la teneur a constamment diminué. Les produits de l'arrondissement de Goroblagodat ont aussi diminué, tandis que dans celui d'Ekaterinbourg, où l'on avaitcommencé àexploiter en 181^, ils se sont soutenus, et que dans celui de Zlataoust la quantité d'or a toujours été supérieure à celle des autres arrondissements. De 1831 à 1835 inclusivement, cette quantité a atteint les 2/5 de la totalité produite par toute la circonscription minière de l'Oural , laquelle a été pendant ces cinq années de 768 pouds, 10 liv, , 53 zoion. ( 12196 kilogr. 54 gr. ). De 1827 h 1834 , les usines particulières de la même circonscription avaient donne \ 5 {2 pouds , 34 liv., 78 zolon. (24780 kilogr. 578 gr. ). En 1837 les usines de l'Oural ont produit ^iU pouds , 23 liv,, 70 zolon, d'or, et 118 pouds, 28 liv,, 63 zolon, de platine (1).

(1) Anna, du Jouni. des mines de Russie, vol. V, p. 335. 4 838. — Voyez aussi : de Teploff , J perçu général de la richesse minérale de Vempire russe. [Compt. rcnd.,^ vol. I, p. 32G. 4 835. — Produits de l'or dans l'Oural et dans la Sibérie pendant l'année 4846. [Kommertscheskaja Gazeta, etc. Gazette commerciale russe publiée parle ministre des finances, févr. 4 847. — Arch. de Erman, vol. VI, p. 348. 4847. — Quart, fourn. gcol. Soc. oj London , n° 43 , p. 25. 4 848.)

En explorant les fondations de l'usine de Mia.sk , on a recueilli le 26 oct. 4 842, dans le sable aurifère qui recouvre le diorite, une pépite d'or pesant 36 kilogrammes. C'est la plus grosse qui .soit connue jusqu'il présent. D'après M. de Humboidt, le plus grand morceau de platine que l'on ait encore trouvé à Nijny-Taguilsk pèse IL 20

30f> , <:HAiNK DE I/OURAI..

M. Engelmanii (1) pense ({ue la destruction des roches qui a donné lieu aux alluvions aurifères est beaucoup trop considérable pour être uniquement attribuée à Faction des phénomènes atmosphériques ; aussi a-t-il recours à celle des vapeurs d*eau qui seraient sorties de la terre lors de l'apparition des roches ignées et des gîtes métallifères. Ces alluvions auraient été déposées pendant l'écoulement des lacs de la chaîne et ne seraient point le résultat du cataclysme qui a enseveli les restes d'éléphants et de rhinocéros dans les immenses alluvions de la Sibérie septentrionale. Age MW. Morchison , de Verneuil et de Keyserling (2), par suite de

m^ode ^^^^^ explorations sur les deux versants de l'Oural , ont été amenés **« '"j^"*'"" à des considérations générales fort importantes sur le sujet qui dépôts nous occupe, et nous essaierons de les exprimer en peu de mots.

f)e même que dans la série des terrains une couche succède à une autre couche , de même dans la chaîne de TOural certains phénomènes ignés se sont succédé à diverses époques, et les conglomérats auxquels ils ont donné lieu se sont successivement déposés sur les pentes; de même encore, si la production du fer magnétique a été contemporaine de l'apparition des porphyres dioritiques , ceux-ci ont été suivis par les minerais de cuivre et les serpentines, et ces dernières roches enfin ont donné passage aux granités et aux syénites. Parmi ces nombreuses perturbations nous avons à .rechercher ici Tépoque à laquelle les roches de la chaîne ont été imprégnées d'or, et celle pendant laquelle les alluvions aurifères ont été déposées.

Les principaux gibemenis métallifères et les principaux gisements de minéraux sont situés sur le versant oriental , dans des roches pyrogènes et dans les roches sédimeniaires qu'elles ont traversées; les unes et les autres constituent de nombreux chaînons peu élevés, parallèles à l'axe central. Une seule exception existe sur le versant occidental et encore s'y présente-t-elle avec les mêmes circonstances,

tO //Vr. russes 34 zoio/i. (8 kilogr. 335 gr.) — Voyez pour plus de détails sur d'autres pépites remarquables, Compt. rend., vol. XXI, p. 81. 4843. —Bull., vol. XIV, p. 225. 4843. — Ici., vol. IX, p. 400. 4 838. — Ann. des mines, 4« sér., vol. lïl, p. 54 . — De Humboldt , Exanu n critique de la géographie du nouveau continent^ vol. III, p. 330.

i\\ Anna, du Journ. des mines de Russie ^ vol. V, p. 24 3.

(2) The geology of Russia in Europe , etc. La géologie de la Russie d'Europe, etc., vol. I , chap. XIX , p. 474 et suivantes. — Proceed. geol. Soc. ofLondon , vol. lïl, p. 749.

CHAÎJIK DE lAuRAL. M)7

c'est-à-dire la proximité des chaînons parallèles de roches ignées. M. de Humboldt , qui avait déjà fait cette remarque , pensait en outre que les veines d*or devaient être d'une formation assez récente et peu antérieure à la destruction des éléphants et des rhinocéros.

Le versant oriental et la Sibérie n'offrant point de couches du système permien , on peut en induire que les plaines de ce côté étaient émergées pendant cette période, et que la mer était bordée par la chaîne de l'Oural, qui ne renfermait point encore de platine ni d'or comme elle renfermait déjà du fer et du cuivre ; car aucune trace des premiers de ces métaux n'a été rencontrée dans les dépôts cuivreux de l'ouest, ni dans les couches tertiaires de l'est. Si le relief de la chaîne avait été tel qu'il est aujourd'hui , les matériaux des conglomérats permiens et carbonifères n'auraient pu être entraînés à l'ouest, et les cailloux de diorite , de porphyre, de lydienne , etc. , se ser.iient accumulés au pied du versant oriental où ces roches se voient en place; mais cela n'ayant pas eu lieu , on est amené à conclure que les minerais d'or et de platine doivent appartenir à ime époque de soulèvement très récente, celle où furent élevés les plus hauts pics, lorsque la ligne actuelle de partage fut établie et que les granités syénitiques et autres roches comparativement peu anciennes apparurent le long du versant asiatique.

L'or et le platine en grains n'ont été trouvés, jusqu'à présent, que dans les dépôts où l'on a recueilli des ossements d'éléphants et de rhinocéros, et si l'on joint à celte circonstance que les veines aurifères manquent , comme on vient de le dire , dans les anciennes couches détritiques de la chaîne , on ne pourra douter que l'or ne soit la substance minérale la plus récente et la moins éloignée de l'époque historique. La nature et la disposition du sol , dans les endroits où les détritus aurifères ont été accumulés, montrent que ces dépôts diffèrent de ceux de l'époque permienne en ce qu'ils se sont formés après que la chaîne eut acquis une grande partie de sou relief, et seulement sur sa pente est, lorsque les vallées actuelles existaient déjà et qu'elles étaient habitées par de grands quadrupèdes très voisins des nôtres. Avant que la chaîne eût atteint le relief que nous avons sous les yeux , l'espace occupé par l'Oural était une ride basse dirigée N., S. , et formant la côte orientale d'un continent sur lequel vécurent pendant longtemps ces grands mammifères.

308 CHAÎNE DE LOITRAL.

( p. Iil6.) Quoi(ii]c le gravier aurifère se ircuve principalement aux affluents des cours d'eau , on ne doit pas en conclure qu'il a été transporté par eux ; il résulte seulement des débris de certaines niasses détachées des flancs des montagnes et qui ont rempli partiellement les dépressions voisines. Les pentes de l'Oural sont tout à fait dépourvues de détritus ou de blocs transportés de loin, et tous les amas de fragments sont purement locaux. Nous rappellerons cependant ici que, d'autres observateurs {antè, p. 106-305) ont constaté dans les alluvions aurifères des débris anguleux des roches environnantes et des débris roulés provenant de parties plus ou moins éloignées de la chaîne.

M. Murchison décrit ensuite l'alluvîon aurifère dans le voisinage de la mine de Berezofsk, seule localité où l'or ait été exploité dans la roche. Des os et des défenses d'éléphant ont été trouvés dans le sable et le gravier. Celui-ci est recouvert d'une couche d*argile, puis viennent un lit de tourbe imparfaite et le sol superGciel stérile. Les sables aurifères existent dans les vallées transverses et longitudinales du versant oriental , mais ils sont surtout riches le long de la zone où les diorites , les porphyres et les serpentines ont traversé les calcaires anciens. La seule exploitation un peu importante du versnnt européen est celle de Chrestovodsvisgensk, dont les couches sont d'ailleurs dans des conditions semblables à celles de l'est. Elles ont une épaisseur totale de 12 à 15 mètres sur les bords du ruisseau d'Âdolfskoî, où ont été trouvés les diamants dont nous avons parlé. La gangue primitive de ceux-ci serait , d'après M. Helmersen , un schiste quartzeux micacé , semblable à l'itacolumite du Brésil et à la roche diamantifère de l'Inde , et non , comme on l'a dit d'abord , la dolomie noire sur laquelle repose l'alluvion aurifère et diamantifère. Les sables de Peshanska , près de Bogoslofsk, ont aussi présenté des ossements d'éléphant et de rhinocéros, qui, de môme que ceux d^irus, sont également fort nombreux sur les bords de plusieurs affluents du Tobol.

D'après M. Hoffmann , l'or est disséminé sur une grande partie du versant oriental , non seulement dans les roches granitiques et dans les autres roches ignées, mais encore dans de grandes masses de schistes argileux. Le platine trouvé sur divers points n'est encore exploité que sur le territoire de la famille Demidoff. M. Ro.se ne le cite qu'une seule fois associé à l'or, et il ne Ta jamais rencontré avec des fragments de veines de quartz ni de minerai de fer magnétique si répandus dans les alluvions aurifères. La plus grande partie

CDALNE DE L'oLUAL. 309

des détritus de roches associés au platine proviennent des serpentines.

La circonstance signalée par M. Leplay (1) , autour de la montagne de la iMartiane, dont toutes les alluvions sont platinifères, circonstance qui Ta porté à penser que le platine de Nijny-Taguilsk n'était point en veine, mais disséminé en parties extrêmement ténues dans toute la roche cristalline (serpentine et diorite), ne semble pas prouver cependant que tous les gisements de platine soient semblables à celui-ci. Ce métal paraît avoir été apporté dans les roches de la même manière et au même moment que Tor, qui est quelquefois en veine, mais plus ordinairement disséminé dans toute la masse.

Les auteurs de la Géologie de la Russie admettent qu'à l'époque des éléphants et des dépôts aurifères, il existait beaucoup de grands lacs qui furent mis à sec lors de la formation du relief actuel. Leurs eaux, en sYxoulant, déposèrent les sables aurifères et les ossements d'animaux qui avaient vécu dans le voisinage. Peut-être pourrait-on s'étonner de ne point retrouver ici, non plus que dans les autres pays où la même hypothèse a été invoquée, tout ou partie des dépôts stratifiés qu'ont dû former ces anciens lacs, ni aucune trace des coquilles d'eau douce ou terrestre qui ont dû les peupler, d'autant plus que la couche argileuse qui recouvre les alluvions de l'Oural ressemble au lehm des vallées du Rhin et du Danube, lequel renferme aussi des ossements des mêmes grands mammifères et des coquilles fluviatiles et terrestres.

Sur les limites de l'Europe et de l'Asie on voit le nombre de ces ossements augmenter à mesure que l'on s'avance dans la Sibérie et que l'on descend les affluents et les vallées de l'Ob et du ToboL On connaît les opinions- émises par Pallas, Guvier, M. Buckland et M. Lyell sur l'organisation des Mammouths et les conditions climatologiques sous lesquelles ils ont vécu ; nous y reviendrons tout à l'heure en parlant du nord de l'Asie.

D'après les vues de M. de Humboldt , le soulèvement en masse de l'Oural, de l'Altaï et de tout le continent asiatique, doit avoir tellement refroidi la Sibérie, que les forêts où vivaient les éléphants et qui s'étendaient jusque près de la mer glaciale se sont reculées vers leurs limites actuelles. Lors du dernier soulèvement de l'Oural,

(1) Cowjjt. rend., vol. XIX, p. 853. 1844. —-Voyez aussi: Joiirn. (le Sai/U-Prtcrsboitrg, 14-16 sept. 1833. — VlnstUut, 4 janv. 1834.

310 CHAÎNK DE l'OURAL.

la débâcle des lacs a pu cnlraïucr les grands mammifères dans les rivières qui les auront transportés ensuite avec les alluvionset les boues jusque sur les bords des grands fleuves et de la mer Glaciale, par rob, l'Yénisseï et la Lena. ÎM. IMurchison fait remarquer que, longtemps avant la création des éléphants, les contreforts septentrionaux de TAltaî circonscrivaient à leur origine les principales rivières qui descendent de la chaîne et se dirigent vers le N. Les embouchures actuelles de ces fleuves étaient sous les eaux puisque Pallas signale des débris d'animaux marins dans ces dépôts à mammifères ; et en résumé Télévation en masse de la Sibérie à 30 ou 60 mètres au dessus de son niveau à Tépoque des éléphants suffi-i rait pour expliquer le dessèchement des côtes nord, dans les vases desquelles les ossenienls sont enfouis , de même que l'abaissement de température sur cette vaste surface continentale.

Partout où les restes de pachydermes ont été rencontrés , depuis les pentes supérieures des deux versants de l'Oural jusqu'aux embouchures des grandes rivières de la Sibérie , tout annonce que ces mammifères ont vécu dans le voisinage de lacs et d'estuaires , où , pendant longtemps , leurs débris se sont accumulés et ont été parfois entraînés jusqu'à la mer, puis mêlés avec les animaux marins. Ainsi de l'Oural et de la Sibérie à l'est , de la Crimée et du Caucase au sud , comme des Carpatbes à l'ouest , ont été charriés les restes de cette faune terrestre qui a précédé l'époque actuelle , et la quantité de ces débris est en rapport avec l'étendue des surfaces émergées que ces animaux ont habitées et par conséquent avec la quantité de nourriture qu'ils pouvaient y trouver (1).

On pourrait objecter aux idées que nous venons de rappeler, que si ces mammifères ont vécu dans le voisinage des lacs et des estuaires , c'est que le sol était alors à un niveau très bas , et , comme aujourd'hui , les alluvions g]acées<dans lesquelles ils sont enfouis se trouvent aussi très peu élevées au-dessus de la mer , on ne voit pas en quoi a pu consister le soulèvement en masse que l'on a invoqué, car le relief actuel du sol n'accuse qu'un très faible changement. De plus , ce soulèvement de la Sibérie , en le suppo-

(1) Voyez aussi : sir R. I. Murchison , Sur rhabitatîon et la destruction des Mammouths. [Edinb. new phiL Journ., i846, p. 244. — L'Institut, 23 sept. 1846. — Bihl. univ. de Genève ^ 1846.) — Rhinocéros tichorhinus trouvé sur les bords de la mer Glaciale, [Acad. de Saint-Pétersbourg ^ sept. 1843. — V Institut , 22 févr 1844.)

CHAÎNE DE L OlUAL. ' ?Ai

saiu de 30 ou 60 mètres , n'aurait occasionné , suivant la loi du décroissement , qu'un abaissement Je température d'à peine 1/3 de degré centigrade, abaissement qui n'a pas dû produire de modification bien sensible dans les productions végétales du pays qui i*a subi (1). Il est donc difficile de comprendre d'une part un soulèvement de quelque importance , et de l'autre l'effet qu'on lui attribue.

Quant aux applications que l'on serait tenté de faire à l'Oural de la théorie des anciens glaciers , elles seraient dénuées de toute espèce de probabilité, car cette chaîne, dont les pics s'élèvent à 1525 mètres, quoique située sous un climat froid, où la neige persiste pendant huit mois de l'année et ne fond même pas complètement sur quelques sommités, ne présente aucune des traces que nous avons vues résulter de l'action des glaciers, et tout annonce qu'elle n'en a jamais été couverte d'une manière permanente (2).

D'après ce court exposé, on voit que les travaux géologiques Résumé, exécutés récemment en Russie ont beaucoup avancé nos connaissances sur les dépôts de l'époque quaternaire ou diluvienne, mais on voit aussi qu'il reste encore des questions importantes à résoudre relativement à la contemporanéité de certains d'entre eux et à la succession de certains autres, de même%|ue par rapport à leur mode de formation et à leurs limites respectives. Quanta présent, nous pouvons distinguer les résultats de six phénomènes principaux, contemporains ou successifs , qui sont : 1^ la formation erratique du Nord dans laquelle on trouve vers l'est des débris de grands mammifères; 2", mais peut être plus anciens, les dépôts coquilliers marins arctiques des bords de la Dwina et de la Petschora ; »3** les accumulations de détritus de la Russie méridionale, où sont enfouis des ossements d'éléphants (Taganrog, etc.); U"" les alluvions aurifères de l'Oural , caractérisées par la présence des mêmes ossements , mais dont l'origine est presque exclusivement locale ; 5** les atterrîssemenis meubles des steppes inférieures dont la faune est intimement liée à celle de la Caspienne actuelle , et où des ossements de pachydermes éteints ont aussi été rencontrés ; 6 • enfin le tschorhoizerriy ou terreau noir, postérieur au diluvium du Nord qu'il

(1 ) Les évaluations encore très diverses du décroissement de la température en hauteur sont comprises entre 160 et 225 mètres pour \° cent.

(2) Procecd, gcol. Soc. of Landon , vol. lil , p. 749.

312 SIBÉRIE ET NEUSANT NORD DE l'àLTaÏ.

recouvre , el dont il ne peut être par conséquent la prolongalioa au sud comme on Tayait |>ensé ; il n'a point encore présenté de débris organiques , el son âge n*est indiqué que par sa soperposition à la formation erratique, sur les limites cxtrêmesde cette dernière. Ainsi trois de ces dépôts renfermant les mêmes débris de mammifères terrestres ont une origine erratique et ont été formés par des eaux animées d'une plus ou moins grande vitesse ; deux se sont accumulés sous des eaux tranquilles, marines au nord, et au moins très sauroâtres au sud, et dans ces derniers sédiments existent encore les mêmes traces de grands pachydermes , tandis que le terreau noir , sans débris organiques , a une origine encore incertaine. Des études ultérieures très détaillées sont donc nécessaires pour préciser les rapports de ces dépôts que nous continuerons à examiner en nous avançant vers l'est.

S 2. Sibérie et vertant nord de T Altaï.

Aiiiivioi» Il n*y a point de blocs erratiques entre FOural et la ciiainede dé|>ô(s TAltaî (1) , et nous décrirons les dépôts détritiques du dernier de

"' "^de ces grands massifs montagneux et des plaines qui s'étendent au ^ ^'"' nord jusqu'à la mer glaciale , en parlant d'abord des alluvions aurifères qu'on y a découvertes et qui appartiennent aussi à l'époque donl nous nous occupons.

Les sables aurifères avaient été exploités en 1830 avec peu de succès dans la chaîne qui sépare les eaux du Tom de celles de i'Ob, mais sur le revers oriental dcl'Alataou, qui sert de limite à la circonscription des mines de F Altaï, ils ont été reconnus plus riches et plus développés (2). Les substances qui accompagnent l'or, ainsi que la disposition des lieux , sont les mêmes que dans l'Oural , mais l'étendue el la puissance des dépôts y sont en général plus considérables. Ceux-ci sont recouverts d'une couche d'alluvion stérile plus épaisse , ce qui conduit à penser que les actions qui les ont produits ont été aussi plus énergiques ou plus prolongées que dans la chaîne méridienne qui sépare l'Europe de l'Asie La richesse

(n De Humboldt, Jsia centrale , vol. I, p, 300.

(2) Anna, du Jourii. des mines de Russie, vol. I , Introduction, p. M6. 1835 (publié en français en 1840). — Strolman , Obsnvnlions f;vo^n()s tiques dans les montagnes de la cliaine Savane , ib. 1835. — Hentaif/ues /n (/tiques sur les sables nurijvres , ib. , vol. VI , p 1 22. I 839. — SomeiiolT, Description des f^isenie/its aurifères , ib., vol. ÏV, p. 83 (1837), et vol. V, p. 263. 1838.

SIBÉHIE ET VEKSAiNT NOBD DE l'aLTAÏ. 3l3

des dépôts aarifèi es sur le versant oriental de i'Alataou et leur pauvreté sur sa pente occidentale sont en rapport avec la constitution géologique de ces deux versants. La surface exploitée du côté de Test a 100 verstes de large et 150 versles de long, du N.-O. au S.-E., et, de 1829 h 1838, plus de 300' gîtes aurifères ont été reconnus dans cet espace. Pendant ce laps de neuf années les exploitations particulières ont produit ti96p(nids, 31 liv. 59 zqlon. d*OY, et celles de la couronne de 1 830 à 1 838 ont fourni 627 poiidSy 53 liv. 155 zolon.

Les lits des alluvions aurifères sont composés de détritus déroches granito-syénitiques , de quartz, de jaspe, de diorite, de serpentine, de porphyre dioritique, de calcaire et de géodes de fer hydraté. Ils reposent sur des calcaires de transition etdesdiorites, plus rarement sur des schistes argileux , des schistes micacés , des porphyres et des syénites. Les divers gisements situés dans les montagnes de la chaîne Tomsko-Yénissesk paraissent provenir de granité , de sycnite, de porphyre dioritique, de serpentine, de schiste talqueux, siliceux ou chloriteuxavcc filons de quartz, roches qui constituent la partie supérieure et les flancs des vallées où les dépôts d'alluvion se sont formés. L'or y est en grains plus ou moins gros , ronds ou irr^uliers. Les pépites y sont plus rares que dans l'Oural. D'autres sables aurifères ont été reconnus au pied des montagnes qui s'étendent entre la circonscription de l'Altaï et celle de Nertchinsk à l'est, mais de 1831 à 1835 , les gîtes de ce dernier district n'avaient encore produit que ^Uliv, 91 zolon, d'or.

Dans la chaîne Sayane, les dépôts aurifères découverts en 1833 se trouvent près des sources mêmes du Kitoï. Le quartz et le diorite étant peu répandus sur les contreforts de la chaîne, il est probable que l'or provient de ses parties centrales; aussi a-t-on rencontré des sables contenant de l'or dans l'arrondissement de Minoussin. Sur le ruisseau Yanga , affluent du Kane , il y a un gisement assez différent des précédents. Le dépôt est formé de sable de rivière et se trouve placé sous le gazon de chaque côté du cours d'eau.

En 1839, Yakine RazanoiT, laissant derrière lui les gisements très riches découverts depuis peu sur les bords de la Berouzka (frontière du gouvernement d'Irkoutsk) , pénétra dans le nord jusqu'aux vastes régions arrosées par la ïongouska supérieure (Verkhnaïa), moyenne (Srcdnaïa) et inférieure (Podkaniennaïa), et découvrit, en 18'40 et 1841 , un grand nombre de gisements aurifères très

'314 SIBÉRIE El VERSANT NORD DE LALTAÏ.

remarquables par leur étendue et leur richesse , et qui paraisseol surpasser tout ce que Ton avait rencontré jusque-là.

Les dépôts aurifères les plus importants de la Sibérie se trouvent sur les versants des contreforts qui s'abaissent au nord, et d'oà partent de nombreuses ramifications moins élevées. Sous le rapport des gisements aurifères, ces montagnes peuvent se diviser en trois systèmes, suivant qu'elles s'élèvent entre l'Ob et le Tom, entre cette dernière rivière et l'Yénisseî, puis entre ce fleuve et la Lena. Tons les caractères de ces dépôts prouvent qu'ils se sont formés là où on les observe aujourd'hui et qu'ils n'y ont pas été transportés d'une r^ion éloignée par quelque grande inondation (1). La progression rapide des produits du lavage des sables de la Sibérie a été indiquée dans un tableau publié en 1843 [2), où l'on voit que depuis 1830 , époque x laquelle le produit de l'or n'était annuelle* ment que de 5 pouds, 32 liv. 59 1/2 zolon., jusqu'en 1842, où il s'est élevé à 631 pouds, 5 liv. 21 1/4 zolon,^ le toul des treiie années a été de 2093 pouds, 38 liv, 66 zolon, (34299 kilogr.) d'or. Jusqu'en 1847, les documents statistiques (3) ont constaté l'accroissement annuel du produit des lavages dans les mines de la Sibérie comme dans celles de l'Oural.

Cependant cette richesse des alluvions est une ressource qui devra s'épuiser d'autant plus vite que l'exploitation est plus active, et peut-être , dit sir R. -I. Murchison (4) , serait-il d'une sage prévoyance de ne pas trop provoquer son extension , car rex|)érieDce a prouvé que les veines métallifères qui s'élèvent du sein de la terre sont plus riches en or vers leur extrémité supérieure que dans le reste de leur étendue. Presque toutes les parties les plus élevées des roches ayant été désagrégées et entraînées pour former les alluvions aurifères, il en résulte que les têtes des filons qui étaient la

(4) Gazette du commerce de Saint-Pétersbourg. — Ann. des mines, 4» sér., vol. 111, p. 49. 4843.

f2) Ib. — Compt. rend,, vol. XVIÏ , p. 4096. 4843.

(3) Kommertscheskaja Gazeta. Gazette du commerce de Russie, publiée par le ministre des finances . févr. 4 847. — Quart, Journ, geol. Soc. oj London, n*» 4 3, p. 25 des Notices. Févr. 4 848.

(4] Address anniv, Meet. roy. Gengr. Soc. ofLondon, 28 mai 4 844, p. à\. — Edinb. ncw phil. Journ., vol. XL, p. 240. 4 846. — Voyez aussi : de Humboldt, Des oscillations de la production de Vor et de la fluctuation des métaux précieux entre V Europe , l'Asie et le NoweaurMonde. [Deutsch. Vierteljahrs Schrift,^ left 4 , p. 26. 1838.)

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portion la plus productive sont aussi détruites , et qu*il y a peu d*espoir de trouver plus tard dans les roches en place des filons assez riches pour être exploités, lorsque ces mêmes alluvions seront épuisées.

Les exploitations de sable s'étendent vers Test dans le cercle de Nertchinsk. Aux environs d'Irkoutsk, le sol renferme aussi deTor^et, plus à Torient, on rencontre encore ce métal non loin des côtes de la mer d*Okhotsk. Ainsi, dit M. de Humboldt(l), une bande aurifère , sans doute interrompue , traverse , entre le 50'' et le 60° lat. N. , tout l'ancien continent, sur une étendue plus vaste de moitié que la plus grande largeur de l'Afrique , et cette abondance ou cette dissémination de l'or mêlé au platine comme au fer magnétique contraste singulièrement avec la rareté des alluvions stannifères dans les mêmes régions. L'illustre savant fait voir en outre (p. 221) que, s'il y a une liaison intime entre la direction des filons et la nature des métaux qu'ils renferment, il parait en être de même des massifs montagneux sous le rapport de leur richesse aurifère, surtout eu ce qui concerne les alluvions du versant oriental des chaînes méridiennes. Ainsi l'Oural, les monts Kousnetzk (Alataou) , la chaîne d'Oudskoï, au sud-Quest d'Okhotsk , celle du Bolor , et dans la Péninsule au-delà du Gange , la chaîne d'Ava , etc. , en sont des exemples , comme aussi celles des Andes , du Brésil et des Alleghanys méridionales. Il y a par conséquent une prédominance sensible d'alluvions aurifères dans les chaînes méridiennes et une sorte de liaison entre la direction d'axes plus ou moins parallèles et les éruptions métallifère&, sur des crevasses très rapprochées.

M. Pierre de Tchihatcheff , dans les chapitres IX et XII de son Dépôts magnifique ouvrage sur l'Altaï (2) , a décrit avec soin plusieurs des *"»*»^"*»' gisements aurifères qu'il a rencontrés, mais nous passerons de suiteà quelques considérations générales du chapitre XIX (p. 393), plus particulièrement consacré aux produits de l'époque quaternaire. Les dépôts de transport diluviens du versant nord de l'Altaï sont composés , comme partout ailleurs , de fragments triturés provenant des roches qui constituent la chaîne. Ils occupent vers son pied des espèces de golfes ou bassins, dont les plus remarquables sont

(1) Asie centrale ^ vol. I, p. 387.

(2) Voyage scientifique dans C Altaï oriental ^ p. 4 97 et 285 , in-4 avec atlas in-f. Paris, 1845.

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celui de Barnaoul, formant au-delà de cette ville une baude étroite le loDg de la Biya jusqu'aux environs du fort Sandypsko! , et celai qui sépare rYénisseî de la crête de TAlataou.

Dans l'Altaï, comme dans FOural , les sables aurifères sont toujours en relation avec les roches dioritiques (1), « et c'est ainsi, dit » M. P. de TchihatchefT ( p. 395 ) , que le vaste dépôt aurifère qui » commence sur la créle même de l'Alataou, et qui s'étend tout le » long du système du Tchoulyme , est criblé de diorites souvent » associés aux mélaphyres ou aux syénites et aux porphyres d'une » nature évidemment éruptive. Il en est de même des dépôts auri- • fères de la chaîne de Salaïr et de ceux de la Mrassa dont les der- » piers se trouvent au sein d'un des plus vastes domaines que le » diorite occupe dans l'Altaï.

Si d'une part (p. 397) les ossements fossiles, dont tons les at-

» terrissements aurifères de l'Altaï sont plus ou moins remplis, leur

» assignent un âge très récent, de l'autre, la nature du terrain qui

» les supporte se rattache à l'époque la plus ancienne des dépôts

» sédimentaires. £n effet, partout où les alluvions ne reposent pas

« sur la roche qui semble les avoir produites, elles se trouvent

» constamment supportées par des terrains anciens ( silurien , dé-

» vonien ou carbonifère) qui forment la plus grande partie delà

» masse solide du pays (p. 398) ; et si par la pensée on faisait dis-

» paraître tous les détritus inorganiques des atterrissements auri-

» fères , en ne laissant subsister que les seules dépouilles animales

» qu'ils renferment , on aurait le spectacle vraiment curieux de

» cornes à' élans et de cerfs encore existants se mêlant aux Spirifer

tt et aux Productus des dépôts anciens ; on verrait les représentants

» des deux époques extrêmes de la création franchir l'abîme inson-

» dable qui les sépare , comme pour attester que , pendant cette

» myriade de siècles , il n'y avait ici d'autres représentants de la

» vie organique que ceux qui tiennent de près au commencement

» de la série des êtres et ceux qui semblent la terminer de nos

» jours. »

Ainsi tout le terrain de transition a été redressé avant l'époque secondaire , et il est resté au dessus des eaux jusqu'au dépôt des alluvions aurifères contemporaines des éléphants et des rhinocéros.

(1) Erman, Arvh. fùv tvissenscluift. Ktwdc i\ Russland^ vol. II, 4 842 ; et vol. III , U" livr., 1 843 . avec une carte intitulée : Esquisse géognostifjue du nord de rjsic.

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