II
(lis, malgré la distance où ils se trouvent de leur origine..Dans la Laponie et la Finlande les blocs sont très voisins de leur point de départ , mais il n'en est pas de même de ceux des grandes plaines de la Russie, de la Pologne et du nord de TAllemagne. Depuis Saint-Pétersbourg et Moscou jusqu'au Niémen , M. Durocher signale des blocs de 1^ variétés de roches dont il indique le gisement originaire en Finlande. Tels sont les blocs de granité glanduleux {rapakivi)^ qui ne peuvent venir que du gouvernement de Viborg et que Ton trouve le long de la route de Saint-Pétersbourg à Moscou. A Twer ils sont déjà moins nombreux , et Ton n'en voit plus au-delà de l'ancienne capitale de la Russie. Ils ont été ainsi transportés à 1^0 et 150 lieues de leur origine. Ceux que l'auteur a trouvés en Pologne auraient parcouru 250 lieues. Des blocs de grès des environs de Memel sont venus des bords du lac Onega situé à une distance de 2^5 lieues.
£n Pologne, outre le granité glanduleux de Viborg, il y a des blocs de syénite et de trapp, les uns venant de Finlande et de Suède, les autres de Suède seulement, puis des gneiss, des porphyres, du quartz grenu et, plus rarement, des conglomérats, des micaschistes et des basaltes. A l'exception des micaschistes et des gneiss qui peuvent provenir de la Finlande, les autres blocs appartiennent à la Suède. £n se prolongeant à travers la Silésie et jusqu'en Saxe, les roches de la Finlande diminuent peu à peu , et celles de la Suède deviennent plus abondantes. £n Danemark, les blocs paraissent être venus des côtes voisines de la Suède et de la Norwège ; et , en général , dit M. Durocher, ceux de granité sont partout les plus gros el les plus nombreux , tandis que ceux de gneiss sont peu fréquents , quoique en Suède cette dernière roche soit dominante ; mais sa facile destruction ne permettait sans doute pas qu'elle produisît de gros blocs.
L'auieur a remarqué aussi que la région recouverte par des blocs partis d'un rocher donné forme le tiers et quelquefois la moitié d'une circonférence; telle est celle qu'occupe le granité glanduleux dont nous avons déjà parlé et que l'on rencontre depuis Kostroma jusqu'en Poméranie. Outre celte disposition rayonnante, les blocs en présentent encore une autre par zones concentriques. Le granité , qui a été transporté plus loin que les autres roches , se montre presque seul dans la zone extérieure, tandis que les blocs calcaires sont ceux qui se sont le moins étendus. La limite de dispersion des blocs errati"* ques, qui est par conséquent celle des granités, ne semble point dé*