DE L'AFRIQUE
ancienne et du calcaire tertiaire supérieur. £n traitant du terrain tertiaire nous parlerons des observations pleines d'intérêt qu'a faites M. de Yerneuil aux environs d'Alger.
Les brèches osseusessituées entre Oran et Mers<-el-Kebir ont les mêmes caractères que celles du midi de la France. On y trouve , suivant M. Milne Edwards (1), des débris de bœuf, de cheval, d*ours, etc. , comme dans les cavernes. Plusieurs de ces dernières ont été observées par Al. Levaillant (2) , qui a cru, à cette occasion, pouvoir émettre Topinion que les ossements proviennent d'animaux tombés par accident dans des fissures en communication avec les grottes où ils auraient été entraînés ensuite , puis recouverts par le limon que charriaient les eaux pluviales. M. Goquand (3), dans une note fort intéressante sur la géologie de la partie nord de l'empire de Maroc , a aussi donné quelques détails à ce sujet. Il rapporte d'ailleurs hpanckina d'Italie au terrain tertiaire supérieur, tout en décrivant sous le nom de formations modernes des travertins, dont une partie, comme il le dit lui-même, est certainement plus ancienne.
L'île de San-Iago, la principale de l'archipel du cap Vert, est d'ori- Afrique gine volcanique, mais antérieure à l'époque historique. Du côté du port de Porto-Praya, la mer est bordée d'une bande blanche de 15 mètres de hauteur et de plusieurs milles d'étendue , formée par un calcaire peu solide , enveloppant une grande quantité de coquilles semblables à celles qui vivent dans les eaux environnantes. Ce calcaire repose sur des roches volcaniques anciennes et a été recouvert par un courant de basalte. Au contact de celui-ci le calcaire est endurci , et sur certains points passe à l'état de marbre pur et parfaitement cristallin. Des portions, enveloppées par des lambeaux scorifiés delà roche ignée, ont pris une structure fibreuse, rayonnée et ressemblent à de l'arragouite Qx).
£n remontant le fleuve du Sénégal , jusqu'à 5 ou 6 lieues de Saint-Louis , M. E. Robert (5) a rencontré un dépôt formé par l'accumulation d'une grande quantité d'Huîtres employées à faire
(i ) Ann, des se. naU , vol. VII , p. 21 8. — Soeiété philomatique, 4 5 avril 4 837. — L Institut, id.
(2) Bull., 2«sér. vol. I, p. 447. 4 844.
hS Ibid., yol IV, p. 4 238, 4 847.
(4) Ch. Darwin , Narrative of the Surveying voyage, etc. , vol. III, Journal et remarques , etc., in-8. Londres. 4 839.
(5) -5^^//., vol. VII. p. 4 84. 4 836.
occidenlale.
mëiidionale.
34o TEnnAiN ouaternaire de l*akuique.
de la chaux. Ce banc est à 2 mètres au-dessus des eaux où vivent aujourd'hui le CeritMum noduiosum et VOstrea parasittca. Plus loin , et surtout dans le royaume d'Acar (Gayor?) , on trouve, au milieu du sable, des bancs puissants composés d'une espèce d*Arche {Arca senilis) qui vit encore sur la côte. L'île de Saint-Louis est entièrement composée de sable coquillier marin , où l'on distingue aussi des débris de la même Arche.
Afrique Dans le voisinage du cap de Bonne - Espérance , M. W.-B. Glarke (1) a reconnu des traces d'un soulèvement peu ancien , et avant lequel False-Bay et la baie de la Table étaient réunies par un canal ou bras de mer de plus de 120 mètres de profondeur. Le promontoire du Gap était alors une île. La séparation de la montagne du Lion et du Diable de celle de la Table , ainsi que les fentes de cette partie du pays , ont été produites lors de l'élévation de la contrée. Dans l'intérieur des terres , on remarque également des preuves d'un changement de niveau, et il est facile de voir que le sud du continent africain a été autrefois un archipel. Nous n'avons d'ailleurs, jusqu'à présent, aucune certitude que cette émersion appartienne plutôt à l'époque quaternaire qu'à celle qui l'a précédée.
Sur la frontière orientale de la colonie du Gap , à 500 milles environ de cette ville , il y a près de la côte un conglomérat de grès rouge sans fossiles, reposant transgressivement sur des grès anciens. Dans d'autres endroits, on remarque des bancs remplis de' coquilles dont les espèces vivent sur la plage. Un squelette qui paraît avoir appartenu à un Bufllc a été trouvé , près du fort de Beaufort , dans un dépôt détritique puissant qui se prolonge vers le nord, au-delà de la rivière Orange (2).
[\ ) On thc geol. phœnomena^ etc. Sur les phénomènes géologiques do la ville du Cap [Proceed. geoL'Soc, of Londoriy vol. III, p. 418).
(2) And» G. Bain [Quart, Journ, geol. Soc, oj London ^ vol. 1, p. 347. 4845. — Transact., id., 2« sér., vol. VII, p. 53. 4 845).