‹ Histoire des progrès de la géologie de 1834 à [1859] (volume 2)Chapitre 66 sur 87 · DES ÉTATS-UNIS DU NORD · texte numérisé non relu

DES ÉTATS-UNIS DU NORD

voit par place des concrétions argilo-calcaires de toutes les formes, quelquefois cylindriques et jointes les unes aux autres. Ces couches ne sont pas continues sur le pourtour du lac Champlain, mais disposées par petits bassins de 2 à ^ milles d'étendue. Du côté de Vermont , elles sont plus développées et s'étendent depuis le lac jusqu'au pied des montagnes Vertes où elles atteignent 61 mètres d'élévation. Cette circonstance conduit Fauteur à croire que les sables et les argiles d'AIbany et des rives de l'Hudson , si diSQciles à classer à cause de l'absence des fossiles, sont du même âge que les couches des bords du lac Champlain. La mer qui déposait ces dernières occupait non seulement le bassin actuel du lac, mais encore la vallée de l'Hudson, de sorte qu'un long bras de mer existait depuis le çolfe Saint-Laurent jusqu'à New- York. Le niveau du lac Champlain étant à 27'",96 au-dessus de la mer, un soulèvement du continent, d'au moins 89 mètres, aurait isolé le lac de la vallée de l'Hudson (1). Des traces de l'ancien séjour de la mer se voient encore sur les roches anciennes des bords du lac, à 50 mètres au-dessus de son niveau actuel. Toutes les coquilles qu'on y trouve appartiennent à des espèces vivantes.

Sur les bords est et ouest du même lac , à Port-Kent et à Burlington , M. Lyell (2) a également signalé des coquilles dans des dépôts du même âge que ceux de Québec. Les roches sous-jacentes sont polies et sillonnées, comme l'avait déjà remarqué M. Emmons, et comme nous l'avons vu sous les vases coquillières de l'Ecosse et de la Scandinavie. Elles le sont aussi sous le dépôt de blocs et de gravier qui occupe la vallée de Saint- Davids, entre les lacs Érié et Ontario. Les espèces fossiles sont en petit nombre, et, à une seule exception près , vivent encore , mais dans des mers situées sous des latitudes plus élevées. La plupart des coquilles sont identiques avec celles d'Uddevalla et cônfi limeraient ainsi cette idée déjà émise de l'existence d'une température plus basse à cette époque.

M. H.-D. Rogers(3) pense que les terrasses de l'Amérique du

(1) ^.a profondeur, du laQ Cbaçp^plain est de 4Ç2",98; p^r Qp^^séquant son fond est à i 54°*,è6 aii-dèssbus du niveau de rÂtlj^ntiqué.

(2) Procecd, geol. Soc, df Londô/i, vol. IV', p. 20.' — Jttier. Journ., vol. XL VI, p. 24 4. — Travels in North Jmerica , vol. It, p. 451.

(3) Third annual Meet,^ etc. Troisième réunion annuelle d© l'Association des géologues américains. {Amer, Journ.j vol. XLIII, p. 453. 4842.)

356 DÉPÔTS MARINS tT LACLST.ltS DEa ETATS-0M5 Dl NORD.

Nord ne résultenl |)as d'un soulèvement graduel , mais qu'elles sout dues à une succession de soulèvemeuts partiels; sans quoi les fossiles devraient s'y trouver à tous les niveaux , ce qui n'a pas Ucn. Plus tard, le même savant a réstmié comme il suit le sujet qui nous occupe (1).

Un grand dépôt d'argile bleue borde un certain nombre de riTières et de lacs , depuis les côtes de l'État du 31aine jusqu'à celui de Michigan et du parallèle de l'embouchure de THudson à celui du bas Saint- Laurent. Sur les bords du lac Champlain , c'est une argile bleue surmontée d'une argile brun-jaunâtre et de sable de même couleur. Au-dessus de ce dernier , dans plusieurs parties de la vallée de l'Hudson, M. Maiber cite un dépôt de gravier avec plus de 20 espèces de coquilles marines qui vivent encore sur les côtes du Massachusetts et de la Nouvelle-Angleterre, et qui sont aussi presque toutes identiques avec celles des couches correspondantes des bords du Saint- Laurent et du lac Champlain. Près de ce dernier le dépôt quaternaire a 30 mètres d'épaisseur, et à Hudson 56. Dans le premier cas, il s'élève à 60 et 90 mètres au-dessus du niveau du lac et à plus de 120 au-dessus de la mer, hauteur qui s'accorde avec celle qu'il atteint dans la vallée de l'Hudson. On a vu à quelle élévation il avait été porté autour de Montréal ; ainsi , pendant cette période, une grande partie du continent jusqu'au 42' degré lat. N. était au-dessous du niveau actuel de l'Océan. Pour M. ll.-D. Rogers, la contemporanéité de beaucoup de ces dépôts n'est pas suffisamment prouvée , et peut-être l'auteur n'a-t-il pas tout à fait saisi la pensée de M. Lyell relativeuieut aux preuves d'une température plus basse pendant cette même période.

MM. Hitchcock, 31ather et Emmons avaient déjà établi que l'aiple avec blocs et coquilles est postérieure à la formation des sillons et des surfaces polies des roches qui constituent le sol de la partie septentrionale du continent, car elle les recouvre immédiatement, ou repose sur un lit de gravier et de blocs qui fait partie du drift loi-même. H paraît en outre que dans les vallées de l'Hudson , de Champlain et ailleurs , il y a , audessus de l'argile quaternaire dénudée ou ravinée , un autre dépôt erratique composé de gracier , de cailloux et de sable. Par le volume de ses blocs ce second dépôt de trans}>ort serait le résultat

(<) Afltlrcss fielU'cred, etc. (Amer, Journ., vol. XLVll , n** 2, p. 260.4844.

rOUMATION ERRATIQUE DE L'AMÉRÎQtTE DU NORD. 367

de causes aussi énergiques que le premier ; et si Ton compare Fanclenneié relative des argiles du Nord avec celles du Sud qui renferment le Gnathodoncunealm contemporain du Mastodon giganteus et des autres grands mammifères postérieurs au drift, on jugera que les couches coquillières du Nord sont probablement plus anciennes que celles du Sud, et qu'elles en ont été séparées par le phénomène du second drift.

Mais nous ferons remarquer au célèbre géologue à qui nous empruntons ces considérations , que les limites du second drift qui a succédé h Targile coquillière du Nord ne paraissent pas avoir été déterminées vers le Sud avec assez d'exactitude pour qu'on puisse rffirmer que le phénomène qui a détruit les grands mammifères n'eu soif pas le prolongement dans cette direction. Nous ne voyons pas non plus que l'on ait établi la superposition h ce second drift des sables et argiles à Gnaihodon et à débris de mammifères» ce qui serait une condition essentielle, et nous insistons sur cette observallon |)arce que, ainsi que nous l'avons dit en commençant, c'est particulièrement en cela que consisterait, jusqu'à présent du moins, la principale différence des phénomènes de l'époque quaternaire des deux côiés de l'Atlantique.

Knfin, pour M. H.-D. Rogers, l'époque du drift constitue un seul et même tout. La dispersion des matières transportées au loin a é!é interrompue par un intervalle de repos, lorsqu'une partie de la région septentrionale était plus basse qu'aujourd'hui d'au moins 152 mèires , et que les eaux de la mer entraient dans les vallées. Pendant celte interruption les eaux du Nord avaient une température aussi froide qu'elle l'est actuellement à la même latitude, et après le dépôt du second drift l'adoucissement de la température favorisa le développement des Mastodontes sur le continent, ainsi que l'existence dans les eaux, au moins jusqu'au nord du Maryland,de certaines coquilles du golfe du Mexique; plus tard ces mêmes coquilles furent reléguées au Sud, et un faible soulèvement de la côte de l'Atlantique concourut à l'extinction des grands mammifères t circonstance assez analogue à ce que nous avons mentionné pour le nord de l'Asie.

§ 3. Formation erratique do l'Amérique du Vord.

Nous comprendrons sous ce titre , non seulement les dépôts de trans|)ort sablonneux, caillouteux et argileux avec des blocs soit enveloppes dans leur masse, soit isolés à leur surface, mais encore les rcihes polies, striées et sillonnées sur lesquelles ces maté-

3S8 FOEMATION BRRATIOUB

riaux ont été accumulés. Nous avons quelquefois décrit sëpârémént ces derniers effets, maïs ici nous croyons devoir les ré'ii'nîr aux précédents pour éviter les répétitions et nous conformer à la mu*'che adoptée par les àuleurs qui en ont parlé. I^éiis signalerons en même temps les coquilles fluvlatiles et terrestres et les ossements de grands mammifères qui ont été découverts dans leâ accumulations détritiques du Nord , parce qu'ordinairement les observateurs se sont bornés à des indications qui ne jpermettent ^ toujours de décider auquel des deux drifts ces fossiles appartiennent; mais en général on doit penser qu'ils font plutôt partie dld sècoâd que du premier.

Tmnont. M. G.-B. Adams (1) a remarqué que dans la vallée de Winôdski les roches étaient polies sur la pente occidentale des montagnes, et n'avaient éprouvé aucun frottement sur le côté opposé ou orfentaL Maioc. M. Ch. Jackson (2) mentionne les sillons diluviens comme très

fréquents et très distincts dans l'État du Maine , siîrtoàt 5 Hope et à Appleton. Ils ont jusqu'à 0°',30 de profondeur sur O^ylS de large, et leur direction N.-O. , S.-E. ne coïncidant pas avec celte des roches , ils ne peuvent être attribués à la désagrégation de cèà 'dernières. Ils paraissent résulter d'un courant qui , suivant l'autettr , aurait marché du N. au S. ou du N.-O. au S.-Ë. Dés digues semblables à celles dont nous avons déjà parlé, compoâéed de sable et de gravier, existent à New-Limerick et à Honlton (p. 65). Elles sont allongées du N. au S. , et beaucoup de fragments de roches qu'on y trouve ressemblent aux calcaires schisteux situés plus au nord , le long de la rivière Saint-Jean. Comme les sillons , ces amas ' de détritus seraient dus à des masses d'eau puissantes venant dû N. ou du N.-O., et qui auraient balayé jusqu'aux plus hautes montagnes du Massachusetts.

Autour de Portland les sillons sont dirigés S. 10 à Id*" £. Il y ^ a également à Westbrook et à Yarmouth , et les blocs erratiques 'de granité et de gneîss, que l'on suppose venir du N.-O. , ne sont pas moins fréquents. Autour d'Augusta il existe des traces d'un ancien courant, et aux environs de Bangor (3) le terrain tertiaire, recouvert de cailloux roulés, est profondément raviné çà et là par

U) Amer. Journ. , 2« sér., vol. V, p 410. 4 848.

(2) First report, etc. Premier rapport sur la géologie de l'État dn Maine, p. 59, in-8. 4 837.

(3) Second report, etc. Second rapport sur la géologie du Maine, p. 22, in-^. Augusta, 4 838.

DE L'AMÊRtOtJB DU NORD. 359

des torrents qoi ont charrié les dêbHs dd N; ati S. Oti ^ remarque, cottiihe à Alkihsôn , les rocheà schfstedses bburant N;-E.j S.-O; av\st une inblitiàisioii dis 70<» i 80^ au S.-Ë. ; cdupéeà ^it des ^illbhs parallèles, anguleux ; 1res réguMeiris, dirigés N; 15° O; à 8. 15*» É. Dés foibts etràtiqUeS Wùt hombr^ut )et fbrméâ die rocfies ^rimaik^ dridt le gisenient test au nord ; et Tott observe une coiicdrdaiicé ffat)panre entré là ditectioii des amaé dé caillddx aniquels il^ appâirtièhh'eht et télié des slUoris. Ces diehiicrS; dads la Tille dé Richelii'ônl; tbÙrietttN-. ,S; (p. 96), et iM. lHitchc<J'clc(l) a été frtippé die leui^ état de conservation aux environs de Pdrtland , où ils font souvent des ângfes de 50° à 70" avec la direction des coUcheS; Lés blocs de granité et de syénite du Maine vienneni du N. ou dû N.-E; Il en est de même dans la Nouvelle-Ecosse , et depuis ce dernier pays jusqu'aux bords occidentaux des grands lacs , on a prcsqd'à chaque pas, sor ùdé étendue de 1200 à 1500 milles , dfes t)réuves d'un immense Courant.

EniVe JDurham let Liée {2) , le dépôt diluvien comi^osé dé sabTe New. grauilique forme des collines coniques et régulières de 60 à 90 mè- "■"p''*"'*' ttfes d'élévalién. Sur \*^ne d'elles sont accumulés de nombreux btbts de Inanité syénitiqùe qui ont jusqu'à 5 mètres de haut.

Dans les comtés de Plymouth et de Barnstaple (3) fe ihême dé- MaMachuieut. pôt lest composé de sable blanc, de qùelqUies cailtou)c et d'une très gra'ndiB quiantité de Wots de roches f)rimaires ( grattilé -, syénite , gneiss , dongtomérafe die ta grauwacke , feldspath tompacle et porphyre), qui se retrouvent Idoutes en place le long dé la côte , aut environs die Boston )et du caj) Anne. La formation erratique constitue presque toujomi^des tttonifculés et des déprtessions qui donnent à la isurfacè du ^ol un ^aspeà ondVilé assez particuiiien Ces ondulalions ont quelquefois jusqu'à 100 mètres de hauteur, et, de Boston au cap Anne , le nombre des blocs erratiques est prodigieux. Quelques mis y)nt jusqu'il 9 fet 12 métrés de diamètre , et ces détritus s'^obsèrVe'nt ùiëmi i^ lé ià^tè^es les ^luii idodlddérabtés du payl

M. ttttchcb'c^, l''ii'à dèb^^àiogues américains ïés plus idstruitsèlt

{^) 'Sketch '&f the getdâ^ vj Pàrttàhd, tXt\ {Bài^oh ffntrn, nat.

(2) Ch. 'Jackson, !Ff>ii inMaJ rèpûrt\ etc. l^rémiet Va^pbH annuel sur la géologie du New-Ham¥feîiiï''e. tSûtocord., 4 8 41-.

(3) Ed. Hitc'hcofck, ÎC^ùA â)i Hlie gécfld^, etc. Rà^j^rt sur la géologie, la minéralogie, etc. du Massachusetts, in-8. Amherst. 4 833. — 2- éd. 4 844. — Amer. Journ.^, vol. XXVIU fr. 34^. 183«.

360 FORMATION ERRITIQCC

les plus jmiirîeKx, paraît être le premier qui, aiix Etats-Unis, ait donne une attention sérieuse aox stries, aux sillons et aax surfaces polies des roclies en place. Il a particulièremeot signalé des surfaces polies et rayées sur le gneiss de fiillerica. La direction des sillons est presque N. , S. , direction la plus générale dans toute la partie du Massachusetts, située à l'est da mont Hoosac Sor beaucoup de points où le phénomène a été obsenré , la direction des sillons s*accorde arec celle des blocs erratiques ; ainsi dans Fonest de TÉtat ils courent presque N.-C, S.-E. L'auteur a d'ailleurs parfaitement distingué ces résultats d'autres qui leur ressemblent à certains égards, mais qui sont dus à l'altération des roches schisteuses, ou à des veines dans les roches cristallines.

La direction des courants , dans le Massachusetts comme dans rÉtat de New- York, a étéN.-O., S.-E., sauf deux exceptions que l'on peut attribuer à Tinfluence de causes locales (i). Toutes les rainures diluviennes auraient été produites par les grands blocs , épars aujourd'hui à la surface du pays, où ils conservent les traces d*un frottement très énergique. Comme tous ces fragments se trouvent à présent au sud et au sud-est des roches en place d'où ils proviennent, il ne peut y avoir d'incertitude sur la direction suivie par Tagcnt qui les a transportés.

L'auteur combat ensuite l'hypothèse des causes actuelles , appliquée à l'explication de ces faits, de même que la supposition qu'ils seraient dus au retrait de la mer, lors du soulèvement du conti* nent ; puis il fait remarquer que dans l'Amérique du Nord , entre la Nouvelle-Ecosse et le lac Huron (2), les mêmes traces annoncent l'existence de courants venant da N. En outre , comme , dans l'ancien continent (3) , des dépôts diluTiens et les blocs erra-

(4 ) Voyez aussi : Description d'une circonstance singulière de la dispersion de blocs et de pierres au-dessus du drift flans le comté de Bervkshire (a) , où M. Hitchcock décrit une traînée de blocs de quinze milles de longueur, et qui, sans dévier, traverse obliquement les vallées et les montagnes. — H. D. et W. B. Rogers. [Boston Joum. nat. hist.y vol. V, p. 310. 4 846.)

(2) Voyez aussi : Bigsby , Transact. geol. Soc, of London , 2* sér., vol. I, p. 475. — Lapham, Amer. Joum.^ vol. XXII. — Jackson et Alger, Mem. on the mineralogf, etc. Mémoire sur la minéralogie et la géologie de la Nouvelle -Ecosse.

(3) On a vu cependant que dans la Sibérie rien n'indiquait une

(«) jfOT«r. Jomrm^ nA, XUX, p. 9S8. i84S.

M L'AMéRtQtTR DU NORD. 361

lîqnos paraissent aussi avoir été charriés des régions scptenlrionalcs, M. Hitchcock est porté à conclure que ce déluge, dont la direction semble être la inônic des deux côtés de l'hémisphère, a pu être occasionné par le soulèvement d*nne portion considérable du fond de la mer arctique. M. de la Bêche (1) serait plus disposé h placer le centre de perturbation dans le nord de l'Europe ; mais le savant géologue du Massachusetts regarde Taclion diluvienne en Amérique comme le simple résultat de vagues puissantes provenant d'un centre commun; or, les traces du phénomène étant encore plus frappantes en Amérique qu'en Europe, on doit naturellement en induire que ce centre de mouvement était plus rapproché du nouveau monde que de l'ancien , quoique la direction générale des effets semble indiquer qu'il n'était pas fort éloigné du pôle.

(P. 169.) Les digues ou terrasses qui, dans les États de FEst, ont été regardées comme des fortifications ou des remparts élevés par d'anciens peuples indigènes , et sur lesquelles il n'existe d'ailleurs aucune tradition certaine , résulteraient aussi de l'action diluviale et fluviatile. Leur nombre et leurs dimensions ne permettent pas , suivant l'auteur, de les attribuer au travail de l'homme, et, de plus, toutes sont composées de plusieurs lits de terre toujours horizontaux de chaque côté de la digue. Ce seraient des accumulations produites par les courants, ou bien des restes d'une formation tertiaire en partie détruite par ces mêmes courants. On conçoit que ces accidents du sol, dont il existe encore beaucoup d'exemples dans la Nouvelle-Angleterre , aient été choisis par les aborigènes pour s'y retirer comme dans les forêts, ou pour servir de lieux de sépulture; et ces circonstances les auront fait regarder comme des remparts élevés de main d'homme. Mais, à cet égard , nous ajouterons que les recherches de M. R. C. Taylor (2) sur les anciens monuments en terre du Yisconsin ont été reprises et continuées avec beaucoup de soin par J.-N. Nicollet (3), qui ne doute point que ce ne soient réellement des ouvrages de l'homme.

action diluvienne venue duN. Les matériaux de transport semblent, au contraire , être descendus vers le nord de cette immense ride flexueuse qui s'étend des monts Stanovoï , sur les bords de la mer d'Okhotsk, à l'est , jusqu'à la steppe des Kirghiz , à l'ouest.

(1j Manuel géologique ^ traduct. française, p. 217, 24 8.

h) Amer. Journ., vol. XXXIV.

(3) Report to illustrate , etc. Rapport pour accompagner une carte du bassin hydrographique du Mississipi supérieur, p. 4 36, pi. 1-i. Washington, 1843.

362 FORHATIO!! KEElTIOTl

Dans l'État do CoDoecticot, dit SI. J. PercÎTal (1), les amas détritiques ont été déposés par on courant dirigé du N.-N.-O. au S. >S.>K Les blocs, épars à la surface du sol ou enieloppés dans une terre diluTienne, proTiennentde roches situées au nord-ouest ou à l'ouest. Les comtés de New-London et de Windham (2) sont en grande partie recouverts par ces mêmes détritus composés de sable , de graîier, de cailloux et de blocs erratiques sur une épaisseur de iô à 12 mètres. Au-dessus est un limon ou terre jaune qui s'étend en nappe continue. A Berlin , là milles au sud-ouest d'Harfort, des vertèbres de Mastodonte ont été découTeries dans un tuf lacustre avec des coquilles semblables à celles qui Tirent dans les eaux douces du voisinage. Sur deux autres points des ossements fosâles ont également été recueillis (3).

«ew-Tork. Des Wocs dc diverses grandeurs et dont quelques uns sont d'un poids très considérable se trouvent, dans le comté de Suffolk, placés sur des chaînes de collines et entre celles-ci et la côte. On en rencontre aussi dans une couche subordonnée à des accumulations de sable, de gravier et d'argile, et quelques uns , lorsqu'ils en ont été dégagés, montrent des sillons sur plusieurs de leurs faces. Des roches en place , semblables à ces blocs, existent dans le Connectient et le long de l'Hudson; aussi M. W.-W. Mather (À) pense-t-il que les blocs erratiques proviennent de ces mêmes roches. Comme ils sont aujourd'hui au sud de leur place originaire, et que la direction qu'ils ont dû suivre n'est pas celle des couches , leur position actuelle doit indiquer la direction de la force qui les a transportés, force attribuée par l'auteur, non à des courants puissants , mais à l'action des glaces.

Le$ blocs erratiques sont épars à la surface de l'île Longue et dà Iles voisines, ou bien enterrés dans des couches meublés constituant ime chaîne de collines qui se prolonge à travers les îles Staten , Plum et Fischer. Dans l'île Longue les blocs se trouvent rarement au sud des collines, mais ils abondent toujours sur leur Versant

(4) Report on the Geoiog^y etc. Rapport sur la géologie de TËtat du Connecticut, in-8. New-Haven, 4842.

(2) W. W. Mather. Sketch of the GeologXy etc. Esquisse de la géologie des comtésde New-London et de Windham. Norwich, 4 8di.

/3) Jmer. Journ., toI. XXVIl, p. 4 65. 4 834.

(4) First arm, report, etc. Premier rapport annud du premier district géologique de FËUt de New-York, in-S. Àlbany, 4B37.

DE fc'AMÉWQUE bu NOBD. 363

septentrional et jusqu'e sur la côte. Ce sont , comme on Vient de le dire pour le SufFolk, (tes débris de roches cristallines situées vers le noird; puis quelques grès et des fragments de calcaire fossilifère du terrain de transition des bords de rHudson et de ses âf&uents. L'île Longue , ainsi qu'une grande partie de celle de Staten , est formée de sable et de limon alternant avec des lits subordonnés de gravier, de cailloux, de blocs et d'argile (1).

D'après M. £mmons (2), les débris de roches fetdspathiques avec labradorite, que l'on trouve dans le comté de Saint-Laurent , proviennent du Labrador, et ils auraient été apportés par un courant dirigé N., S. Ceux du comté d'Orange proviendraient du comté d'Ëssex. Le sable , les cailloux et les blocs qui reposent sur les argiles coquillières des bords du lac Champlain semblent appartenir au second phénomène erratique, car le même géologue a très bien fait remarquer qu'ils sont plus récents que l'époque du frottement et du polissage des roches de transition , et en particulier des calcaires. Les surfaces polies , dit-il , passent toujours soiis les argiles et les sables coquilliers, qui les ont ainsi préservées de toute altération. Cependant il regarde le soulèvement de ces couches comdie le dernier phénomène qui ait affecté la vallée du lac Champlain , et cela sans avoir occasionné de secousses violentes (5) .

Les blocs de la roche d'hypersthène du comté d'£ssex se montrent tous dans la vallée cle la l\lohawk et jusque dans le comté d'Orange, suivant des lignes situées presqu'au sud de la roche en place. Les blocs de roches analogues que l'on rencontre à l'ouest sur les bords du lac Ontario et du Saint-Laurent semblent plutôt venir du N. {t\).

Des collines composées dé gravier, de sable et dé caillouk rôùîéà s'élèvent à une hauteur cohsîdérâble datfs le comté de y^ayûe et dans

(1) State of New-York j etc. Communication du gouverneur dans rassemblée du 20 février 1838; rapport de M. W. W. Mather, p, 4 24. — Voyez aussi : Lyell , Travels in North America , vol. I , p. 238. 4845.

(2) First annual report, etc. Premier rapport annuel du deuxième district géol. de l'État de New-York, p. 97. Albany, 4 837.

(3) .Ç^flr<? o/iVc'w'-rorA- , etc. Communication du gouverneur, du 20 fév. 4 838, p. 240. Rapport sur ïe 2^ district géol. de l'État de New-York.

(4) Ed. Emmons, Geoiogy of Neiv^Yotk , part, ty in-4. Albany,

364 FOEMATION ERRlTlOCK

la |)arlie oriciKalc de celui de Monroe (1). Partout ailleurs, da Genesseeau Niagara, le sol est. seulement couvert de débris erratiques souvent mélangés de blocs étrangers au pays. Lorsque le calcaire est à nu ou y remarque des surfaces polies et sillonnées. Tantôt ces sillons ne sont que de simples stries à peine visibles , tantôt ils sont nombreux, profonds et de plusieurs pieds de longueur ; leur direction générale est du N.-\.-E. au S.-S.-O. Ces effets résulteraient, suivant M. J. Hall, de courants océaniques qui ont traversé le pays soit avant, soit depuis la dernière élévation du sol, dont la surface n'a pas d'ailleurs éprouvé de changements notables. De plus , des dépôts de cailloux et de blocs recouverts d'argile , de sable et de limon constatent qu'il y a eu des courants violents dans des directions opposées ; car sur le même point on rencontre à la fois des blocs de roche venus du N. et d'autres du S. La quantité de ces débris et l'étendue de l'espace qu'ils occupent prouvent une action prolongée pendant un laps de temps considérable, et qui, dans l'opinion de l'auteur, serait analogue à celles qui ont lieu dans les mers actuelles.

M. 0. Hubbart (2) a signalé aux environs de New- York des blocs erratiques qui paraissent provenir du N.-O. et du S.-E. Le gneiss sur lequel ils reposent est couvert de sillons. Près de Manhattaville, sur le chemin de Bloomingdale , un sillon de 0"%06 de profotideur et de O^.lô de large se trouve placé entre h route et le bloc auquel il aboutit , et semble avoir été produit par le mouvement de sa masse. Sur le côté occidental de l'île de New- York les blocs , fort nombreux aussi, atteignent de grandes dimensions. Gomme dans les parties adjacentes de l'île Longue , les sillons et les rainures que montrent les roches en place , toutes les fois qu'elles sont à découvert, sont sur les pentes ouest et nord-ouest, tandis qu'on n'en voit aucune trace sur les pentes sud et sud-est également dénudées. On peut conclure de celte circonstance que lecourant venait du N. 45° 0. avec des variations extrêmes de SS"", coïncidant ainsi avec la direction des sillons tracés sur les diorites qui traversent la rivière et se prolongent dans le New- Jersey. Les sillons ont depuis 2 millimètres

(1) State of ISew'York , etc. Communication du gouverneur, etc., p. 287. J. Hall , second rapport annuel du 4® district géologique.

(2) Notice oj the third , etc. Notice du troisième rapport annuel sur la géologie de l'État de New-York. {Amer. Journ,, vol. XXXIX, p. 95. 4840.)

DE LAMEKlgUE DU NOàD. . 365

jusqu*à 0'",45 de large sur 0"\08 de profondeur, et depuis O^.ôO de large jusqu'à l^^SO el 2™,40 de profo|ideur. On peut les suivre s*éle?aDt de dessous le niveau des eaux de la basse mer jusqu'à 21 mètres de hauteur, et à la dislance de 100 et 130 mètres du rivage.

La surface do calcaire de iraDsition de la vallée du Genessee est souvent polie de la mauière la plus complète sur un grand nombre de points et sur des étendues considérables. Ces surfaces polies sont en outre marquées de sillons, comme si un corps raboteux et pesant , dit M. C. Dewey (1) , y avait imprimé sa trace en se mouvant. Ces sillons sont presque parallèles entre eux, et leur direction est N.-E., S.-O. Plus tard, le même observateur (2) a décrit d'autres traces du même genre qu'il croit pouvoir attribuer à des glaciers ; mais quant aux blocs erratiques de plusieurs localités , cette cause lui paraît insuffisante , parce que ces blocs sont actuellement séparés des roches en place, d'où ils proviennent, par des chaînes de montagnes beaucoup plus élevées que ces mêmes roches; aussi admet-il l'inlervention des glaces flottantes charriées par de puissants courants.

£n creusant le canal de la vallée du Genessee, au point où il traverse la rue Sophia à Rochesler, on a découvert des débris de Mammouth (3), et M. Lyell (4) y a trouvé associées des coquilles lacustres qui vivent encore dans le pays. Des dents et des défenses du même Elephas primigenius, rencontrées sur les bords de l'Irondiquot-Creek , dans la ville de Perinton, non loin du lac Ontario, étaient ensevelis dans la masse de sable diluvien mêlé de cailloux et de blocs de roches primaires venus du nord. La surface du sol est en ouire couverte de nombreux blocs erratiques. Des os de Mastodonte avaient été observés eu 1785 dans la ville de Montgomery, comté d'Orange (5), et des dents du môme animal, avec des débris d'autres mammifères , furent recueillies au débouché du lac Cbau-

[\] Sur les calcaires polis de Rochestcr. [Amer, JoUrn.y vol. XXXVII, p. 240. 4 839.)- — Transact. Assoc, amer. Geologists , 1840, 1842, p. 264. — Sur les surfaces polies et les sillons de Black- Rock. [Amer.Joitrn., vol. XXXV, p. 191. 1838.)

(2) Amer. Journ., vol. XLIV, p. 146. 1843.

(3) Ibid., vol. XXXIIl, p. 201. 1837.

(4) Travcls in North America y vol. I , p. 23 et 65.

(5) Amer. Journ., vol. XXXI, p. 171. 1836.

laiique,à 7 milles au dessusde Buffalo (1). A Newburgh, un squelette très complet de ce grand pachyderme a été retiré d'une marne coquillière de 1 mètre d'épaisseur (2). Enfin une dent de Megatherium, découverte par M. Enfus Raymond (3) dans un gravier diluvien du comté de Franklin , est la première trace de cet animal qui ait encorç été signalée aq nord de la Géorgie et de la Virgii^é. " Plus récemment, M. Desor (û) a découvert dans le drift de la colline de Brooklyn, près de New- York , un 9ssez gran^ nombre de coquilles, la plupart roulées et dont les analogues vivent encore, à une seule exception près, sur les côtes de la baie de New-York. Ce gisement , situé à plus de 40 mètres au-dessus de la nier, est surmonté par un dépôt de sable stratifié de 10 mètres d'épaisseur, alternant avec du gravier et recouvert de limon superficiel. Le drift des environs de Boston a présenté au même savant des coquilles semblables placées à 12 mètres de hauteur. Ces espèces paraîtraient indiquer un climat peut-être plus chand que celui d'aujourd'hui sous la même latitude, et contrairement à ce que l'on aurait dû s'attendre à trouver d'après ce que nous avons dit plus haut ; mais, à cet égard, M . Desor, d'accord avec M. Gould , ne pense pas que les coquilles des marnes sablonneuses du lac Champlain et du Saint-Laurent marquent, comme l'avait admis M. Lycll, une température plus basse que celle de nos jours, et cela, parce que toutes ces coquilles, une seule exceptée , vivent encore à la même latitude sur les côtes de la Nouvelle- Angleterre.

M. W.-C. Redfield (5), en continuant ses recherches, a rencontré à deux milles au nord de Brooklyn les mêmes coquilles, également enveloppées dans le drift. D'après ce naturaliste , elles prouveraient que les espèces actuellement les plus communes sur la côte sont antérieures à ce dépôt. Elles n'indiquent pas non plus l'existence d'un climat plus froid, et appartiendraient à une époque plus ancienne que celles des argiles du Saint-Laurent et du

(\) Amer. Jour/?., vol. XXVII , p. 4 65. 4 834.

(2) rinstitiit., 1«' juillet 4 846. — Ihid., 16 sept. — Jmer. Magaz. nat, hist.^ mars 4 846. — Lettre de M. J. C. Warren à M. R. Owen, L'Institut, 30 sept. 4 846. — Amer. Journ., 2' sér. , n°2, p. 268. 4846.

(3| Amer. Journ., vol. XL VI, p. 294. 4 844.

(4) ^tt//.,2«sér.,vol.V,p.89.4847.— Cow/?/.r<?/2£/.,vol.XXV , p. 684.4847.

(5) Amer, Journ,, 2* sér., vol. V, p. 4 4 0. 4 848.

DE l'amérioub du nord. 367

lac Ghamplain, conclusion opposée à la nôtre, les coquilles de Brooklyn, quoique surmontées par un dépôt détritique, étant probablement contemporaines dea grands mammifères et des coquilles fluviatileset terrestresidin tiques avec celles qui vivent encore sur les lieux.

Dans les comtés du nord-est de la Pennsylvanie et les districts Penns^iTanic adjacents de Tétatde New- York, on remarque, dit M. H. D. Rog^rs (1), que les sillons , très fréquents sur le sommet de toutes les chaînes de cette partie des Apalacbes, sont dirigés presque N., S., comme Tindiquerait leur trajet , à travers la Nouvelle- Angleterre et kl région des lacs. Ceux qui ce trouvent sur les flancs et au fond des vallées suivent avec une grande exactitude les contours de ces vallées, se conformant ainsi à toutes les inflexk)ns d'une masse d*eau en mouvement , qui aurait parcouru lessommet^ et les dépressions de ces chaînes. Les stries résulteraient du frottement des matériaux du drift venus du N., sous l'impulsion rapide qu'une ou plusieurs inondations soudaines leur auraient imprimée.

Dans le Maryland (2) la formation erratique constitue une bande Mai^iand très considérable de matériaux meubles dont le volume diminue à Neiv-Jeney. mesure qu'ils s'éloignent de la chaîne primaire située au nord-ouest. C'est dans le voisinage de celle-ci que se montrent toujours les plus grands blocs et le plus gros gravier. Des ossements de cinq Mastodontes ont été récemment découverts dans l'État de New-Jersey (3).

Sous le dépôt de transport de la vallée de l'Ohio, M. J. Loke (U) ohio. a fait connaître l'existence d'une couche épaisse et fort étendue formée de débris de conifères , et que l'on atteint à des profondeurs qui varient de 10 à 20 mètres. M. Lyell (5) a décrit les terrasses sur lesquelles est bâtie la ville de Cincinnati, et, d'après leur analogie avec le terrain diluvien de la vallée du Rhin, il propose , pour leur mode de dépôt, r«xplication que nous avons indiquée en parlant de cette

('1) Thirdojin. Meet,, etc. Troisième réunio.n an nuelle de l' Association des géologues américains. [Atner^ Journ. , vol. XLIII , p. 1 80.

(2) J. T. Ducatel, Report oj the gcology^ etc. Rapport sur la géologie du Maryland. 1836.

(3) London , Edinh. and Duh. phil. Ma^az. y^oX. XXVI , p. 453.

(4) Transnct. Jssoc, amer. Gcologists ^ 1840-42, p. 240.

(5) Travels in North America , vol. II, p. 58. — J. Hall et Jeffries Wyman , Sur la position géologique des ossements du Castoroïde de t Ohio, [Boston Journ, nat. hist., vol. y, p. 365. ^846.)

â6S rORMATiON ERKATiQUË

dernière (flM^6', p. 181), VEleplias pinmigerdus^ que 1*011 a vu si répandu dans toutes les couches détritiques de l'Europe et de F Asie, a été cité daus ces terrasses avec des osseineuts de iVlastodonte et des coquilles fluviatiles et terrestres dont les espèces vivent dans le voisinage.

indiana. La formation erratique est tellement puissante à Indianopolis qu'aucun puits ne Ta encore traversée. Les blocs de roches primitives y sont' très nombreux , surtout dans la partie nord de la région de Prairie (1). Une tête de Mastodon giganteus 2i éié trouvée dans le comté de Crawford , dans une marne lacustre qui occupe la partie occidentale de l'État. Au-dessous est une argile bleu foncé reposant sur le calcaire de transition. Ces deux assises qui renferment des cailloux roulés ont une épaisseur de 45 à 60 mètres. Les blocs erratiques qui sont plus récents se voient à la surface. Une dent d'éléphant a été rencontrée dans l'argile bleue inférieure du comté de Jackson, et des os de Mastodonte et d'éléphant ont été découverts ensemble dans celui de IVluskingum (2).

iviissunri, D'après une communication de M. Dickson (3), on aurait trouvé, isswsipi, etc. ^^^^ j^ voisinage de Natchez , le Megalonyx Jeffei^sonii dans une argile bleue, tenace, inférieure au dépôt erratique de l'est delà ville, où il y a beaucoup de débris de Mastodon giganteus. Avec les ossements de Megalonyx se montraient des débris de bœuf , d'ours, deux cerfs , un ou deux chevaux et plusieurs genres d'animaux inédits. A 2 pieds au-dessous un os illaque humain aurait été rencontré; mais nous ignorons si ce dernier fait a été constaté avec toute l'attention qu'il mérite (6).

coieaa Plus à l'ouest , cutrc la rivière de Saint-Pierre et le Missouri , le

pruiîic, plateau est formé par un grès quartzeux rouge, parfaitement ho-

{]) D. DaleOwen. {Jmer. Jour/i,, vol. XXXIV, p. 4 93. 4 838.)

— First report y etc. Premier rapport de la géologie de l'État d'Indiana eu 1837. Indianopolis, 1839.

{%\ Amer. Jaurn., vol. XXXVl , p. 189. 1839.

(3) Acnd, des se. de Philadelphie ^ oct. 1846. — U Institut, 23 juin 1847. — Ann, and Magaz. oj nat. hist., n® 125, avril

(4) Voyez aussi : Ossements de Mastodonte trouvés à 22 milles au sud de Saint^Louis. [Amer. Journ.^ vol. XXXVII, p. 191. 1839.

— R. Harlan , Description de /'Orycterotherium missouriense , recueilli dans les sables de In rivière "Pomme de terre" or "Bigbone River", tributaire de celle des Usages dans le canton de Benton,

. [Amer.Journ., vol. XLIV, p. 69. k^i^'à.^ L'Institut ^b cet. 1843.)

DE L*AMÊRigUK W tiOKD. 360 ,

rizonlal. La direction, N. un peu O., du plateau, indique celle du Bassin

. , . . supëiicur

torrent diluvien dans cette région , et les blocs erratiques, épars le du long de sa base, semblent provenir d'un point situé à plusieurs ôrëgoD!* centaines de milles au nord. Le sommet et les flancs du Coteau de Prairie sont couverts de sables et de cailloux granitiques. M. G. Gatlin (1) signale particulièrement la surface polie des roches de quartz à la carrière de Pipe-stone» Ce caractère est tellement prononcé que l'auteur le regarde comme résultant de la fusion de la roche qui serait passée à l'état de verre ; supposition qui semble peu fondée et qu'il eût été d'ailleurs facile de vériûer.

Dans le vaste espace que comprend le bassin hydrographique du Mississipi supérieur et sur lequel J.-N. Nicollet f2) a donné dos détails si intéressants, un grand dépôt de sable, de gravier, de cailloux et d'argile, arrangés par zones et accompagnés de blocs plus on moins volumineux, occupe presque toujours les dépressions du sol. Il se montre constamment entre la terre végétale et les roches de divers âges qui constituent le pays. Au nord et au sud de la partie occidentale du lac Supérieur, et jusqu'à la moitié de la distance de la rivière de Saint-Pierre , le dépôt recouvre les roches primaires; au sud de Saint-Pierre, à l'est et à l'ouest du Mississipi, il s'étend sur les couches siluriennes , tandis que dans le Missouri supérieur il surmonte la formation crétacée. Partout il se mêle a>ec les détritus des roches en place sous -jacen tes. Son épaisseur très variable atteint quelquefois /i5 à 50 mètres. On le trouve avec les blocs erratiques au sommet des collines, sur les plateaux élevés, aussi bien que dans les plaines et les vallées. Il a nivelé ou modifié les anciennes irrégularités du sol , et sa surface a été modifiée ellemême ensuite par les eaux et les agents atmosphériques.

£n général , les blocs erratiques ne sont point arrondis , et ceux qui présentent ce caractère le doivent à la décomposition qui a eu lieu depuis leur transport. Ils paraissent avoir été amenés du nord, et abondent particulièrement sur les bords des grands lacs et sur les flancs des vallées. Leur volume a depuis quelques centimètres j usqu'à un mètre cube environ, et les plus gros, souvent placés sur les points

(1) Account oj ajourney, etc. Relation d'un voyage au Coteau de Prairie. [Amer. Journ,, vol. XXXVIII, p. 138. 1840.)

(2) Report to Qlustratc , etc. Rapport pour accompagner une carte du bassin hydrographique du Haut-Mississipi , p. 8, in-8 , avec carte et planches de coupes et de fossiles. Washington, 1843.

Page 1